‹ La Morale du bonheurChapitre 64 sur 106 · I. Ihid., p. i35-i · texte numérisé non relu

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MOBILE DE LA MORALITÉ. lOy

pie des chevaux, des chiens » ; elles peuvent aussi nous inspirer « de la crainte, comme la mer, un volcan, une bète féroce ». Nous ne leur accordons jamais du respect. On peut admirer « les montagnes qui se perdent dans les nues, la grandeur, la multitude et l'éloignement des corps célestes, la force et l'agilité de certains animaux ». Mais cela n'est point du respect. Le talent, le génie, la richesse et la puissance : autant d'avantages d'où provient aussi quelque sentiment d'admiration, et même parfois d'étonnement. On ne les respecte point. « Devant un grand seigneur, disait Fontenelle, je m'incline, mais mon esprit ne s'incline pas. » Cette parole si fière est en même temps l'expression fidèle de la vérité ; il n'y a que des esclaves à n'en pas sentir la justesse. Soit, au contraire, « un homtne de condition inférieure, loturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moimême, mon esprit s'incline, que je le veuille ou non, et si haut que j'élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité. Pourquoi cela? c'est que son exemple » m'apparaît comme la loi morale en action. « Le respect est un tribut » que nous accordons au mérite et rien qu'à lui'.

Mais déterminer le sujet du respect, sa cause et son objet, ce n'est pas encore épuiser le concept qui lui correspond. Qu'est-il en lui-même? quel trait distinctif y trouve-t-on, lorsque l'on ne considère plus que sa nature intime ? Kant, à cet égard, semble moins ferme que sur tout le reste.

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