Ibid., p. i38-i3ft
2. Fond. Met. moeurs^ p. 2/1; cf. Ciit: R. prat., p. l43-i47.
MOBILE DE LA MORALITÉ. 1 Sq
bien que ces cléfinitions s'accordent dans le fond, au moins par l'esprit qui les suggère; mais, en fin de compte, elles ne donnent pas la note différentielle de leur objet. Si rationnel qu'il soit dans sa source, le respect est plus que la « conscience » d'une chose; c'est un mode émotif de cette conscience. En quoi consiste ce mode ? voilà le point qu'il faudrait éclairer. Mais alors peut-être y trouveraiton quelques fâcheuses surprises.
' Le {/ornai ne du dei'oir.
Telle est la théorie de la moralité, d'après Kant. Faut-il l'admettre de tous points ?
Il me semble d'abord que Kant ne pose pas bien le problème.
Kant ne parle que du devoir; il ne voit que le devoir . il est comme hypnotisé par l'idée du devoir. Cette manière d'envisager la question est beaucoup trop étroite. Comme l'observe fort bien M. Landry, le sentiment d'obligation « n'est pas le tout de la vie morale » ' . Ce sentiment se manifeste, il est vrai, dans une foule de nos actions. Nous comprenons, par exemple, qu'il faut respecter en soi la dignité de la personne humaine, qu'il ne faut pas nuire au prochain sans raison valable, qu'il faut obéir