‹ La Morale du bonheurChapitre 68 sur 106 · Ibid.^ p. i-ig-^; cf. p · texte numérisé non relu

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l66 LA MORALE DU BOKHEUR.

Cette solution est la vraie : elle l'est au point de vue naturel, comme au point de vue chrétien; car ici Dieu n'est que l'éternel exemplaire de la loi morale et le principe suprême qui la fonde : volonté divine et règle du bien n'y font qu'une seule et même chose.

D'ailleurs, cette doctrine à la fois si noble et si pure, l'évêque de Genève ne l'a pas inventée. Elle se trouve dans la tradition de l'Eglise, qui n'en a jamais eu d'autres. Notre-Seigneur la formulait déjà, lorsqu'il prononçait devant ses disciples ces paroles si austères en apparence : « Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n'est pas digne de moi '. » Que signifie donc une telle formule ? Sinon que chacun de nous doit être prêt à sacrifier aux exigences de la loi morale et ses biens, et ses affections, et ses sympathies intellectuelles, et sa propre vie ? que signifie-t-elle ? Sinon que le devoir ne souffre aucune préférence et qu'à ce titre, il le faut accomplir par intérêt pour lui-même.

Si Kant s'était rendu compte de cette réponse au problème, il eût évité une erreur histoi'ique qui ne peut être que regrettable sous la plume d'un si grand homme.

Le précepte où se résume le christianisme est celui de l'amour. D'après Rant, ce précepte n'a pas de sens, lorsqu'on le prend au pied de la lettre. La sympathie ne dépend pas de notre liberté; et, par suite, elle ne peut être l'objet d'un commandement. Vous prescrivez à quelqu'un d'aimer ses semblables : c'est

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