Ibid., p. 35.Î-355. • ' y
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autre caractère et qui le spécifie : souvenons-nous que le bien est obligatoire. Rappelons-nous sans cesse qu'il le serait encore, quand même tous les hommes auraient acquis assez de noblesse d'ame pour suivre indéfectiblement le charme de la beauté morale.
« L'honneur, d'après Alfred de Vigny, c'est la pudeur virile... C'est le respect de soi-même et de la beauté de sa vie porté jusqu'à la plus pure élévation et jusqu'à la
passion la plus ardente Tantôt il porte l'homme à ne
pas survivre à un affront, tantôt à le soutenir avec un éclat et une grandeur qui le réparent et en effacent la souillure. D'autres fois il sait cacher ensemble Tinjure et l'expiation. En d'autres temps il invente de grandes entreprises, des luttes magnifiques et persévérantes, des sacrifices inouïs lentement accomplis et plus beaux parleur patience et leur obscurité que les élans d'un enthousiasme subit, ou d'une violente indignation; il produit des actes de bienfaisance que l'évangélique charité ne surpassa jamais; il a des tolérances merveilleuses, de délicates bontés, des indulgences divines et de sublimes pardons. Toujours et partout il maintient dans toute sa beauté la dignité personnelle de l'homme ' . »
L'honneur suffit; et c'est le seul point d'appui qui nous demeure au milieu de l'effondrement des autres notions morales.
« Puisse, dans ses nouvelles phases, la plus pure des leligions ne pas tenter de nier ou d'étouffer ce sentiment
I. Servitude et grandeur militaires^ p. iSq-Sgo, H. Dellove, Paris i838.
(le l'Honneur qui veille en nous comme une dernière lampe dans un temple dévasté ! Qu'ellese l'approprie plutôt, et qu'elle l'unisse à ses splendeurs en la posant, comme une lueur de plus, sur son autel, qu'elle veut rajeunir V » Tout n'est pas erroné dans cette page si fortement venue. Sans doute, l'honneur ne peut se substituer à la morale. Mais il en devient un élément, et riche d'énergie, quand il demande à la raison la règle qu'il ne porte pas en lui-même. Aussi ne faut-il pas craindre que l'Eglise n'enlève de son sanctuaire cette lampe d'élection. La Religion ne supprime pas l'ordre naturel; elle ne fait que le purifier.
A plus forte raison convient-il d'admettre et la morale de la perfection, telle que Malebranche l'entendait déjà, et la morale du devoir telle que Rant l'a formulée. Ouvrons et laissons couler à pleins bords ces deux fontaines de vie ; elles apportent avec elles la vigueur et la beauté. Il est vrai que ces deux théories ne vont pas jusqu'au fond des principes dont elles sont l'épanouissement logique. La première ne nous apprend point comment s'étaie la valeur interne des choses; la seconde s'enferme dans une sorte de formalisme qui lui barre le chemin vers le réel. Mais les idées dont elles partent et qui les inspirent, seront toujours deux pièces maîtresses de toute science morale digne de son nom.
L'eudémonisme rationnel, mais avec une fenêtre ouverte sur l'Lifini. c'est le système auquel nous a conduit