I. V. sur ce point, loc. cit., p
igo LA MORALE DU BOKHEUR.
tlal saura voir par lui-même tout ce qu'elles ont d'artificiel, de forcé et de froidement pervers. Attaquer de cette sorte l'idée traditionnelle de sanction, c'est sûrement lui donner le beau rôle.
Heureusement pour la mémoire de M. Guyau, son argumentation renferme des parties plus sérieuses. Comment la sanction se rapporte-t-elle, non plus à la loi morale, mais à la moralité? C'est un point qu'il examine à diverses reprises, et dans le dessein d'y découvrir une preuve en faveur de sa thèse. Il est bon, je crois, de démêler ce qu'il dit à cet égard. Notre pensée y trouvera peut-être l'occasion de se préciser davantage.
« Le caractère essentiel d'une vraie sanction morale, écrit M. Guyau, serait de ne jamais constituer une fin, un but; l'enfant qui récite correctement sa leçon pour le simple but de recevoir ensuite des dragées ne les mérite plus, au point de vue de la morale, précisément parce qu'il les a prises pour fin. La sanction doit donc se trouver tout à fait en dehors des régions de la finalité, à plus forte raison de V utilité ' ». Par suite, elle n'a plus de place dans le processus de notre activité morale; si elle y entre, c'est comme en contrebande, c'est pour le vicier. « Yves, frère prêcheur, vit un jour à Damas une vieille femme qui portait à la main droite une écuelle de feu, et à la main gauche une fiole pleine d'eau. Yves lui demanda : « Que veux-tu faire de cela ? » Elle lui répondit qu'elle voulait avec le feu brûler le paradis,