‹ La Morale du bonheurChapitre 82 sur 106 · I. Loc. cit.j p · texte numérisé non relu

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serve ni caractère moral ni rapport avec la moralité. « Toujours moins de douleur, toujours plus de plaisir » : c'est le cri de tout être qui sent ; c'est le cri des bêtes aussi bien que le nôtre ^.

Écartons d'abord la seconde des preuves sur lesquelles M. Guyau prétend établir sa tbèse.

Après son effort pour montrer que la nature est complètement indifférente à la moralité, M. Guyau revient à son idée favorite. La volonté, dit-il derechef, est deux fois à l'abri de toute sanction : elle l'est en vertu de son essence qui la rend «. insaisissable « ; elle l'est au nom de la moralité elle-même qui ne peut être que désintéressée. D'autre part, la sensibilité ne peut être sanctionnée non plus, vu qu'elle est par nature incapable de mérite et de démérite. L'homme, par suite, se trouve toujours soit au-dessus soit au-dessous de toute récompense et de tout châtiment.

On a vu plus haut ce qu'il y a de puéril dans cette smffulière distinction . Le libre arbitre et la sensibilité ne constituent pas deux centres d'imputabilité morale; ce sont deux facultés d'une seule et même personne. Par conséquent, l'être qui fait le bien ou le mal, est aussi l'être qui jouit ou souffre. Et ce point est si clair qu'il n'y a pas d î sophistique au monde qui le puisse ébranler pour de bon. De plus, la jouissance et la souffrance dont je parle ici.

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