I. Lnc. cit.. p
ig8 LA MORALE DU BONHEUR.
ne sont nullement exclues par la loi morale. Bien au contraire, elle les appelle comme l'accomplissement de la justice; et, par suite, elle les appelle comme son propre achèvement ; on se demande même ce que pourrait signifier la loi morale, s'il ne s'y joignait quelque bien de ce genre. Ceux qui prétendent supprimer de leurs actions toute joie et toute espérance de joie, ne peuvent être que des naïfs ou des gens dont il faut se défier; et cette dernière catégorie n'est sans doute pas la moins nombreuse. Il en va le plus souvent des vertus farouches comme de ces chevaux de luxe qu'on garde à l'écurie pour ne pas les enrhumer. On parle sans cesse de son bel attelage; mais on ne sort jamais qu'en fiacre'.
Laissons donc de coté les subtilités où se joue l'ingéniosité de M. Guyau et qui ne peuvent concourir qu'à révéler la faiblesse de ses principes.
Abordons le point vif du débat. Il soulève deux questions qui sont les suivantes : Premièrement, est-il vrai ([ue la pratique du bien ait pour nous des suites agréables, et la pratique du mal des suites fâcheuses? Secondement, si ces conséquences existent et de parla nature des choses, faut-il les considérer comme des récompenses et des châtitiments ? Faut-il y voir de véritables sanctions?
Mettons ces deux questions à l'examen, afin de voir la réponse qu'elles appellent.
Evidemment, il ne faut pas chercher d'harmonie entre le monde purement physique et la moralité. De ce monde