‹ La Morale du bonheurChapitre 85 sur 106 · I. XÉNOPH., Mém., T, VI, 1-4, ëd. Tauctinitz, Leipzig · texte numérisé non relu

I. XÉNOPH., Mém., T, VI, 1-4, ëd. Tauctinitz, Leipzig

organisme ' . » 11 y a des artistes en matière de vol qui ne se laissent jamais prendre, ni même soupçonner ; il y a des ambitieux qui savent commettre les plus grands crimes tout en conservant la plus grande réputation de vertu. « Le chef-d'œuvre de l'injustice est de paraître juste sans l'être » ; et ce chef-d'œuvre se réalise à tout moment. Le public ne découvre que les maladroits. Soyez un Machiavel; et le vice deviendra votre meilleur appui dans la lutte pour l'existence. Qu'est-ce d'ailleurs que cette étreinte du remords que les moralistes et les poètes se plaisent à nous décrire ? On y souffre, disent-ils, a comme le groupe de Laocoon enlacé par les serpents » ; il nous fait des blessures « qui ne tuent pas, mais ne guérissent jamais- ». En réalité, ces belles paroles ne sont que des phrases sonores. Le remords diminue à mesure que l'on y prend moins garde ; il s'éteint à la longue. Dès lors, n'est-il pas dérisoire de le considérer comme une sanction? Il s'efface d'autant plus qu'il devient plus nécessaire : il s'exerce au rebours de la justice.

Voilà une harmonie à la thébaine; mais il n'est pas impossible de la calmer.

La première difficulté roule sur une équivoque. On nous dit que le devoir nous fait jouir et souffrir tout à la fois, que ses effets sur la sensibilité forment une sorte de budget qui s'équilibre. La question n'en est pas encore là. Le point qu'on soulève ici viendra plus tard. Il s'agit

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