‹ La Morale du bonheurChapitre 9 sur 106 · I. Jpoc, V, i-i · texte numérisé non relu

I. Jpoc, V, i-i

— Le positivisme a fait son temps ; ce n'est guère plus qu'un tremplin politique. Ce qui s'agite maintenant, ce sont des questions d'âme, et par là même d'expérience intime et de haute raison. Nous le pensons avec Aug. Sabatier ' ; nous le pensons avec M. Em. Boutroux " et bien d'autres qui n'ont pas écrit sur la matière en question, mais dont le témoignage ne laisse pas de compter au premier rang : le positivisme ne suffit à rien; il ne traduit qu'une partie de notre pensée, et la moins profonde. Sous les phénomènes et leurs lois se cache une réalité qui les déborde; derrière la zone scientifique de notre raison, il y a le domaine où se discutent le prix de nos âmes et celui des choses. « Plus la science progresse et se rend compte de sa vraie méthode et de ses limites, plus elle se distingue aussi de la philosophie et de la religion. Autre, en effet, est la recherche scientifique, uniquement voué9 à la détermination des phénomènes et de leurs conditions dans l'espace et le temps ; autre est le besoin philosophique de comprendre l'univers comme un ensemble intelligible et d'expliquer tout ce qui existe par un principe de raison suffisante ; autre, enfin, le besoin religieux qui, à le bien comprendre, n'est qu'une manifestation, dans Tordre moral, de l'instinct qu'a tout être de vouloir persévérer dans l'être ^ . «

Le positivisme n'a rien à dire sur ce que Renan appelait « les questions vitales », celles qui, de près ou de

1. Esquisse ctiine philosophie de la Religion^ Fischbacher, Paris,

2. Science et Religion, p. 354-368, Em. Flammarion, Paris, 1908.

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