‹ La Morale du bonheurChapitre 95 sur 106 · I. V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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LES SANCTIOjVS. ^S')

rôle de la sanction chrétienne dans la vie morale, et l'éternité du châtiment que subissent les damnés.

C'est de ces deux points que je voudrais savoir s'ils s'accordent avec les exigences de la raison.

L'unique affaire, pour le chrétien, consiste à « sauver son âme » : c'est un fait qui ne souffre aucun doute. L'enseignement du Sauveur lui-même est formel à cet égard. « Celui qui voudra sauver son âme, la perdra; celui qui perdra son âme à cause de moi et de l'Evangile, la sauvera. Et que peut servir à l'homme de conquérir le monde entier, s'il vient à perdre son âme*? » Même pensée, et formulée avec la même vigueur, dans samt Matthieu-, saint Luc' et saint Jean, qui en fait ressortir à l'aide d'une image la signification morale : « En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de froment ne meurt après qu'on l'a jeté en terre, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. C'est ainsi que celui qui aime son âme la perd, et que celui qui hait son âme en ce monde, la conserve pour la vie éternelle \ » Bienheureux ceux-ci; bienheureux ceux-là... Pourquoi? où va donc ce cortège de béatitudes? A.u ciel, l'unique patrie du bonheur, au ciel qui est le salut des âmes. « Gaudete et exultate : quoniam merces vestra copiosa est in cœlis\ » De là ces paroles si fières que Jésus a prononcées à diffé-

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