W, VI
282 DEUXIÈME PAHTLE.
rond-point. La pensée humaine, au contraire, est mdbile comme le caprice, voulant tantôt le bien, tantôt le ma), aujourd'hui le salut, demain la perdition. Mais il nous appartient, en définitive, de modeler notre pensée sur celle de Dieu, de la diriger invariablement vers le bien, en faisant, comme dit le traité d*Âboth, notre volonté de la sienne (1).
La conclusion à tirer de toutes les considérations qui précèdent, c'est que la vitalité et Tintégrité de la morale procèdent avant tout de Tintelligence. Seule, elle peut communiquer à nos actes un grain de ce sel divin qui est l'élément de conservation par excellence. Qu elle renonce au gouvernement des facultés humaines, qu'elle se laisse enlever le sceptre du commandement, et le trouble et le désordre, venant usurper une place abandonnée, s'emparent du gouvernail pour le livrer sans défense à la furie des vagues, aux orages et aux tempêtes qui soulèvent le cœur du méchant (2).