Importance dogmatique et morale de Valimentation
L'importance dogmatique de la nourriture et de l'intervention providentielle qui l'accompagne a été, de notre part, l'objet d'un long exposé qui nous dispense d'y revenir (2). Il a été démontré qu'au point de vue de la doctrine révélée, la question des subsistances se lie intimement à celle de la Providence. On a le choix entre les textes théoriques et les récits
(i> Itale, XI, 8. (t) Voy. notre Propideuee et Rémunéré^
tioMf p. 89«-99«
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bibliques : les premiers nous offrent la déclaration cent fois r,épétée que Dieu s'est réservé la disposition directe des biens alimentaires, qu'il les convertit en principe rémunérateur,' accordant à la piété et à la vertu la multiplication des produits terrestres, punissant la désobéissance, la rébellion à sa volonté, par la sécheresse et la stérilité (1). Nous avons sur le même sujet la prière de Salomon, prononcée lors de Tinauguration du temple, et dans laquelle il sollicite le secours du Ciel contre la famine, Tinfécondité du sol, les ravages causés par les ouragans ou par les rongeurs (2). Nous avons encore les iiivocations sublimes du chantre des Psaumes, reconnaissant en Dieu le dispensateur de la nourriture, Tintelligent et juste répartiteur des aliments nécessaires à toute chair, le pourvoyeur de tous les êtres vivants, de l'homme, de la bête, du plus infime vermisseau (3). Nous avons enfin le livre de Job, qui, dans la réponse d'Ëlihu comme dans l'interpellation directe de Dieu, fait ressortir la redoutable puissance des forces physiques et météorologiques, ne cédant qu'à un pouvoir suprême qui en fait les serviteurs de sa bonté infinie (4). Imprimant à ces affirmations le cachet de la précision doctrinale, la Tradition les réduit à des propositions comme celles-ci : a Les a subsistances sont un miracle égal ou supérieur au passage a de la merj^Rouge (5). — Un jour de pluie équivaut au jour de la délivrance nationale (6). — Les subsistances constituent l'un des trois trésors dont Dieu ne confie la clef à personne (7). — Les subsistances sont d'une réalisation aussi pénible que le plus laborieux enfantement (8). » Les témoignages de l'histoire, à son tour, ne sont ni moins clairs ni moins nombreux : ce sera la manne tombant du haut du ciel, l'eau qui jaillit de l'aride rocher en plein désert, la viande si ardemment désirée et si chèrement payée par le tombeau de la convoitise^ les famines s'échelonnant tout le long du cycle biblique et se dénouant ha-
(l) Exode, Lévit. et Dealer., pa««im. (s) Talmad, Pesia'him, 118.
•(«) I Rois, VIII, 57. (6) Ibid.
^3) Piaamef, CXXXVl, iS; CXLV, 16- (7) Talmad, Taanith, S.
CXLVn, 9; CIV, 25-19. (8) Ibid., 7.
(4) Job, XXXVI, 37, 38-47. *
bituellement par ane interventioa surnaturelle, depuis celles qui viennent éprouver les patriarches jusqu*aux cruelles disettes appelées et gouvernées par les Élie et les Elisée. Ce sont enfin celles de la période postbiblique, telles que nous les racontent les légendes du Talmud et qui sopt également ramenées à des causes morales (1). Quel sera le premier résultat de cette mise en scène, de ce constant appel fait à Dieu, comme producteur et distributeur suprême de la pâture universelle? C'est évidemment la notion de la sainteté de Talimentation, due à cette intervention providentielle, purifiant et sanctifiant par la part qu'elle y prend les produits les plus matériels, les fonctions les plus terrestres.