RÉSUMÉ GÉNÉRAL DE LA MORALE MYSTIQUE ET CONCLUSION
La conviction qu'un exposé de la morale du Judaïsme serait incomplet s'il ne contenait le sommaire de la doctrine mystique nous a décidé à donner ces longs extraits, sans lesquels le système de la Kabbale serait pour nous lettre morte. Ceux qui préfèrent à des notions superficielles une étude consciencieuse et parfois minutieuse du sujet ne nous en sauront pas mauvais gré, d'autant moins que la morale générale n'a rien à perdre, mais beaucoup à gagner, en s'inspirant des principes dominants de cette conception, que nous allons résumer sous le double rapport théorique et pratique.
1° Harmonie des mondes. Connexité des éléments divins avec les éléments humains. Le principe dominant du mysticisme judaïque, le souffle qui l'anime et le parcourt tout entier, la chaîne qui en relie les différentes parties, l'empreinte dont sont marquées toutes les pages de cette Bible mystique appelée
(1) Guide j ne partie, chap. LXl , 65; (2) DenUr., XXVUI, 58.
cf. notre Théodicée, u. s.
Zo'har, c'est incontestablement Tidée de rharmonie des mondes, de celte union intime des existences supérieures avec les existences inférieures. Quelle que soit Topinion que Ton se forme de cette conception originale, on ne pourra pas ne pas rendre hommage à Tennoblissement de la matière, qu'elle élève à la hauteur des créations spirituelles. Mettre la matière en rapport constant avec le divin, établir une relation permanente entre le Créateur et cette inQme créature terrestre, découvrir le fil invisible qui rattache non-seulement tout individu, mais tout acte individuel et corporel, à Fauteur des existences, attribuer à Thomme le périlleux pouvoir de consolider ou de troubler rharmonie universelle, et, par ce fait, élever la responsabilité humaine à une puissance inconnue, voilà certes un monument que Ton ne saurait ranger parmi les édifices vulgaires. Les spiritualisles ne peuvent que rendre hommage à une doctrine qui abonde si pleinement dans leur sens. Nous leur proposons d'ailleurs le dilemme suivant : ou la spiritualité n'est qu'une notion vague et confuse, une abstraction dépourvue de toute influence déterminante sur la réalité, ou bien elle doit aboutir à la divinité. Or, en pareille matière, la philosophie a besoin du concours de la théologie lui apportant le tribut de ses révélations et imprimant h ses meilleures données une sanction que la première ne trouvera ni en elle ni hors d'elle-même.
Mais, pour nous renfermer strictement dans le domaine de la morale proprement dite, nous mettrons la morale mystique en regard de la morale indépendante, avec laquelle elle forme un si frappant contraste. Celle-ci tend avant tout à se séparer complètement de la religion, et, se berçant du chimérique espoir de se suffire à elle-même , elle ne veut suivre d'autre lumière que la pâle et tremblotante lueur de la raison individuelle. Celle-là va juste à l'extrême opposé, se jetant entièrement dans les bras de la Divinité, aspirant à s'identifier avec elle. Il est vraisemblable que la vérité se trouve entre les deux pôles, c'est-à-dire dans la morale révélée qui, tout en émanant du souffle de Dieu, ne laisse pas de se développer sous les auspices de l'expérience et de la raison. Quoi qu'il en soit, et
LA MOKALE HTSTIQUE.
quand même on [iendrait à Faire ses réserves contre celte thèse de l'unification du céleste avec te terrestre, contre celte sorie de pendule dont chaque vibration ici-bas réfeillerait un écho là-liaut, on ne saurait se refuser à reconnaître que nos actes internes et externes, autant par leur origine que par le mobile intellectuel qui leur sert de point de départ, ne sont pas tellement matériels qu'ils se confondent avec les faits de la nature organique et inorganique. La piété, la sainteté, la cbaritë, le dévouement, la chasteté, le désintéressement, font de nous quelque chose de plus el de mieux qu'un animal k deux pieds et sans plumes, cet homme de Platon. Que ces actes soient ou ne soient pas de nature à ébranler les cieux, à rendre la divinité joyeuse, à répandre la satisfaction et l'allégresse au sein des régions sereines et immaculées habitées par les esprits purs, cela ne peut se prouver en deliors de la foi. Mais ce qui est démontrable et démontré, c'est que ces actes répandent les joies du ciel, de même que leurs cooiraires excitent le remords, ce tourment de l'enfer, dans notre propre cœur; c'est qu'ils ne cessent d'agiier, de remuer, de soulever le sein de cette humanité qui se laisse tantôt dégrader par le vice, tantôt exaller par la vertu. !l y a donc réellement action et réaction, haimonie et discordance, sinon entre la terre et le ciel proprement dits , du moins entre l'esprit et la matière, entre les nobles passions et les sensations grossières. A tout prendre, le mysticisme ne fait autre chose que généraliser, en les exagérant, les données de l'anthropomorphisme. La révélation biblique prête à Dieu la langue et tes passions humaines pour en faire un modèle à la portée de notre intelligence; la tradition mystique forge une chaîne indissoluble entre le Uni et l'inSni, afin de nous mieux inculquer la pureté, la sainteté et tous les sentiments élevés. De cette idée féconde découlent des conséquences pratiques que nous allons indiquer brièvement.
Conséquences de la morale mystique. A moins de se refuser à l'évidence, on doit reconnaître que la doctrine qui vient de se dérouler devant nous, à savoir que nos actes, suivant qu'ils
sont conformes ou antipathiques à la volonté divine, produisent une impression joyeuse ou triste sur le maître suprême, cette doctrine est propre à exercer une influence salutaire sur notre condition morale. Notre fidélité à observer et notre disposition à violer la Loi sont en raison directe de l'importance que nous y attachons, de la sanction qu'elle nous offre. Autre chose est de prendre pour règle de conduite les inspirations boiteuses de la raison, de la raison si prompte à baisser pavillon devant les injonctions impérieuses de la passion , autre chose de subordonner nos facultés à une raison supérieure, tenant d'une main sûre, infaillible, l'échelle mystérieuse par laquelle nous pouvons arriver jusqu'à la source de l'être. Cette morale, prétend-on, est inaccessible au vulgaire. C'est une erreur: elle lui est plus abordable, plus sympathique aussi que la morale froide et guindée de la raison. Le dernier des hommes se sait supérieur au plus noble des animaux; ce qu'il ne sait pas moins, c'est que cette supériorité git dans l'intelligence , c'est-à-dire dans l'invisible, dans l'immatériel. Mais l'invisible et l'immatériel ne sont-ils pas les traits caractéristiques de la notion de Dieu? Là est, par conséquent, le véritable trait d'union entre la divinité et l'humanité, leur essence commune, si l'on peut dire ainsi. Il s'ensuit que tout ce qui tend à la perfectibilité de celle-ci ne peut que plaire à celle-là, de même que tout ce qui contribue à l'avilissement humain doit causer de l'affliction et de la répugnance à celui qui est l'idéal de la perfection. Remarquons encore que cette pensée que nos agissements ne sont pas indifférents à Dieu, qu'ils ne restent pas confinés dans le cercle de notre activité terrestre, qu'ils prennent leur essor vers les hauteurs de l'Empyrée, grâce à Télincelle du feu sacré, inextinguible, qui les anime, constitue l'un des plus puissants mobiles du bien. Quoi de plus propre, en effet, à nous relever à nos propres yeux, à nous faire sortir de temps en temps de notre existence terre à terre, de cette vie de déceptions et de misères, que la conscience de cette liaison permenante, irréfragable, de l'homme avec le spirituel parfait? Quoi de plus salutaire, de plus consolant et de plus
encourageant qne cette persuasion que la corde que nous tenons par le bout inférieur ne peut pas casser, qu'il n'y a pas de ciseaux d'une Parque quelconque capables de la trancher? Quand l'homme peut se dire : « Ce que je fais, ce que je pense, ce que je rumine en moi-même, n'est pas chose indifférente, purement phénoménale; le moindre de mes actes, la plus insignifiante de mes paroles, ont de l'écho là-haut, et montent comme monte la vapeur pour s'identifier avec son élément propre. J'agis non-seulement sur la terre, mais aussi dans le ciel; j'y provoque l'ordre ou le désordre, l'harmonie ou le trouble, suivant la prédominance accordée en moi comme tout autour de moi au spirituel ou au temporel, » n'est-il pas porté par ce tour donné à la pensée à fortifier en lui cette sollicitude et cette vigilance sans lesquelles il n'y a pas plus de garantie morale que de prospérité matérielle? Un dernier trait de la morale mystique, non pas le moins digne d'être noté, c'est la large part qu'elle fait au corps et aux fonctions corporelles; c'est cette sanctification de tous nos membres, des organes les moins nobles, des opérations les moins métaphysiques, telles que l'alimentation et la copulation des sexes. Grâce à cette théorie, le corps cesse d'être une vile poussière condamnée à la dissolution, à la pourriture; il devient à son tour un agent de la perfectibilité, un instrument de la volonté divine. De simple enveloppe du vase sacré il s'élève à la hauteur d'un sanctuaire; et cette transformation se fait sans grande difficulté : il lui suffit de mettre ses forces et ses aptitudes au service de l'intelligence, d'en faire les serviteurs fidèles du vrai et du bien. Il est à remarquer que, sur ce dernier point, la morale mystique se sépare radicalement du stoïcisme, dont elle désavoue le principe comme les tendances. Elle ne méprise pas le corps comme ce dernier, elle ne professe nul dédain à son égard, tout en reconnaissant et en proclamant bien haut la supériorité de l'âme, de l'esprit et du culte intérieur. Elle a donc bien soin de lui assigner sa tâche, tâche profonde et constante, dans la réalisation de la mission pontificale et sacerdotale que chacun de nous est appelé à remplir en ce monde.
Soignons, conservons, cnltivons donc ce corps, non pas comme une idole, en sacriQant tout à ses caprices changeants, mais comme un solide piédestal sur lequel viendra se poser la statue de celui qui est fait à Timage de Dieu.
Concordance de la morale mystique avec la morale biblique et traditionnelle. Abstraction faite de la forme, de cette forme insolite, étrange, qui lui donne les apparences d'un sphinx, et dans laquelle elle aime à envelopper ses théories, la Kabbale a plus d'un point de contact avec la révélation historique. Il n'y a pas jusqu'à l'idée mère, base fondamentale du mysticisme, nous voulons dire le principe de l'harmonie des mondes, qu'on ne puisse ramener à l'inspiration biblique. Nous en avons un remarquable spécimen dans l'échelle de Jacob, dans cette mystérieuse échelle sur laquelle les anges ne font que monter et descendre. Nous avons démontré ailleurs (1) qu'elle est le symbole du lien qui unit les choses de la terre aux choses du ciel, de même que la montée et la descente des anges expriment la loi d'action et de réaction qui lie ensemble les deux ordres d'existences. Prudente et réservée, la révélation ne fait que soulever un coin du rideau, tout juste pour nous laisser entrevoir un faible rayon de l'harmonie universelle; hardie et résolue, la Kabbale n'hésite pas à tirer le rideau, à nous éblouir de l'éclat de cette lumière céleste, imitant le prophète de la captivité qui se vantait d'avoir vu ouvrir devant lui les portes du ciel (2). Comme lui, elle raconte à ses adeptes ce qu'elle a vu ou cru voir dans un style imagé, dans un langage amphigourique. Ce qu'il importe de constater, c'est que le principe de Tharmonie des mondes est formulé dans cette apocalypse non moins que dans la vision de Jacob. La législation ellemême s'en inspire dans sa sanction pénale : la colère de Dieu contre les violateurs des lois inorales et religieuses, le ciel qui ferme ses réservoirs de pluie ou de rosée, ou qui, lorsque Israël revient à résipiscence, répond k la terre (3), ne sont-ce pas là autant de témoignages en faveur de cette harmonie tantôt
(0 Voy. notre RévéUtUm, p. 46-49. (3) Oiée, H, IS.
(9) Êzéohiel, I, 1.
troublée, tantôt recouvrée , suivant la bonne ou la mauvaise conduite des hommes 1 Sans dénier à la Kabbale son originalité, triple originalité se traduisant par Tinvention, par la forme comme dans les procédés de sa dialectique, reconnaissons Tanalogie de sa doctrine avec celle de Tortbodoxie biblique et traditionnelle.
Nous sommes d'autant plus à Taise sur ce chapitre de la concordance que le mysticisme judaïque est loin de se poser en inventeur, en novateur. Imitant Texemple de la Tradition rabbinique, il s'efforce, lui aussi, de baser ses assertions sur rÉcriture, dont il invoque les textes, commente le sens, interprète le langage avec le même soin que les plus scrupuleux traditionnaires. Nous avons été plus d'une fois à même, dans le courant de cet exposé , de remarquer que ce ne sont pas les moins intéressantes parties de la doctrine que celles qui s'offrent à nous avec l'attache biblique. C'est alors surtout que la Kabbale marche sur un terrain solide, travaillant dans le roc, s'énonçant avec la précision et la clarté sans lesquelles il n'y a point de sécurité intellectuelle ; mais elle perd ces qualités essentielles à la propagation des idées toutes les fois qu'elle s'avance sur le sable mouvant de la spéculation pure et systématique. Grâce à la richesse et à la profondeur de ses déductions exégétiques, elle prend rang parmi les meilleurs produits de la Révélation : on ne saurait donc la traiter comme une étrangère, comme une Hagar. Â côté de la Tradition exotérique, elle constitue la Tradition ésotérique, courant particulier à côté du courant principal, mais jaillissant tous deux de la même source. C'est ainsi que sous les combles de l'édifice mystique nous avons retrouvé les fortes assises de la morale biblique et traditionnelle, bien que posées différemment. Subordination des sensations à l'intelligence , gouvernement des actes par la pensée, sanctification de la vie et de ses organes, même les plus matériels, participation des fonctions organiques à la mission de la perfectibilité, amour et crainte de Dieu considérés comme pivots de la religion et de la morale, joies du cœur et jouissances limitées du corps, plutôt
approuvées que déconseillées, iostruction sacrée, étude constante de la Thora devenue lobjet des plus pressantes recommandations, proposée comme le meilleur préservatif contre les langueurs et les défaillances morales, voilà les jalons posés le long de la voie du mysticisme non moins que sur la grande route du judaïsme officiel. Qu'importent les couleurs particulières arborées par celui-ci ou par celui-là, qu'importent les arrangements spéciaux, et la décoration bizarre, et la façade singulière du premier, si le résultat est identique ? C'est le cas ou jamais de répéter avec TEcclésiaste : <c Les paroles des sages ressemblent à des aiguillons, à des clous solidement plantés (dans le mur] ; recueillies de toutes parts, elles portent l'empreinte du même maître, d'un dispensateur unique (1). » Influence exercée par la morale mystique sur la stabilité comme sur le développement du Judaïsme. Cette influence est profonde et incontestable : on en retrouve les traces sensibles dans la plupart des traités de morale antérieurs à l'ère de l'émancipation inagurée par la révolution française et dans toute une branche de la littérature sacrée, d'où elle a pénétré dans le culte public et privé au moyen d'une foule de formules liturgiques. Cette influence, nous l'avouons, ne fut pas toujours des plus salutaires ; héritière des aspirations théurgiques dont le monde oriental subit encore l'ascendant, elle s'est exercée quelque peu aux dépens de la raison au sein de l'israélitisme de l'Asie et de l'Afrique, qui n'a pas encore suivi rexemple du judaïsme européen, rompant avec la Kabbale pratique et les nombreuses superstitions qui en découlent. Mais, si le grand côté de la Kabbale, si le côté philosophique et théologique a échappé au regard de ces générations qui respirent dans un milieu superstitieux et fataliste, est-ce un motif d'éliminer la Kabbale et ses enseignements de notre littérature nationale ? Il est bien plus de notre devoir de la relever de la déchéance où elle a été momentanément plongée, de lui faire sa place dans le monument que nous voudrions voir élever par le judaïsme moderne en l'honneur du rocher
(l) EcGlés., XII, 11.
et du libérateur d'Israël. Il serait vraiment étrange qu'au moment où Tarchéologie est en si haute estime , où Ton exhume avec tant d'ardeur jusqu'aux moindres vestiges de l'antiquité et du moyen âge , on n'eût que de l'indifférence ou du dédain pour une doctrine dont les origines remontent si haut, qui a encore ses adeptes et ses écoles dans Zion et Jérusalem, et dont la grandeur n'a pas échappé à la clairvoyance de la philosophie contemporaine. La Kabbale n'est pas un des moindres joyaux de cette couronne de la Loi (n-nn -ma), qui appartient à tout le monde par droit de conquête, sinon par droit de naissance (1).
(I) Taimud, Yomâ, 7i. bia^^i xa*»-! ir^^i nxiin bs.
Préambule. — Après avoir envisagé Tindivida sons ses différents aspects moraux, déterminé les conditions qai doivent présider à son développement, les principes qai gouvernent son intelligence, ses sentiments et jusqu'à ses sensations les plus matérielles, exposé les voies et moyens mis à sa disposition pour sauvegarder, perfectionner ou restituer Timage divine qu'il porte dans son sein comme sur sa face, il importe de placer cet individu dans le milieu où il est appelé à respirer et à agir, dans cette société pour laquelle il a été fait dès le principe, lorsque Dieu a dit : « Il n'est pas bon que Thomme soit seul (1). » Hàtons-noos d'affirmer que les obligations qui l'attendent au sein de la vie sociale ne sont ni moins nombreuses ni moins graves que celles qui font l'objet de la morale individuelle, et puis qu'elles découlent de la même source. C'est encore dans les agissements du Créateur qu'il faut les recueillir et les étudier ; c'est la Providence qui nous servira de guide et d'exemple, la Providence telle que la Révélation se plaît à nous la montrer dans la triple direction de la famille, de la société et de l'humanité. Ce qu'elle tient à être, ce qu'elle est pour nous dans ces diverses phases, nous
(1) Genète, II, t8.
le serons, ou du moins nous devrons Tétre les ui^s envers les autres. Nous persistons à croire que c'est dans le Dieu révélé par la Bible que nous trouverons le meilleur et Tinfaillible précepteur. Interrogeons donc nos livres saints, observons attentivement les faits qu'ils livrent à nos méditations, pénétrons-nous des préceptes sacrés, échos de la volonté suprême ; nous y puiserons la certitude et la sécurité que nous chercherions vainement dans les suggestions de notre raison vacillante. Non pas qu'il faille s'inscrire en faux contre les enseignements de cette dernière : ce serait une profonde erreur, une sorte de démenti infligé à TËcriture elle-même, qui prise si haut l'action du cœur, de Tâme, de la perception interne, de la réflexion, des inspirations de la conscience, à la seule condition de faire de ces nobles facultés les auxiliaires de la Révélation, au grand avantage de la progression continue du vrai et du bien.
Quant à la division que nous allons suivre dans ce nouvel exposé, elle nous semble indiquée par le simple bon sens comme par la raison logique. Ayant commencé par l'individu, nous continuerons l'ordre du développement moral par la famille qui à son tour nous conduira tout naturellement vers les personnifications successives de la société : « cité , patrie, nationalité, humanité ». Abordons donc le premier échelon, et commençons par la morale de la famille.