‹ La morale du judaísmeChapitre 10 sur 35 · CHAPITRE V. — La morale dans l'histoire · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — La morale dans l'histoire

On Ta dit bien longtemps avant nous : les meilleures théories ne sauraient se passer de la contre-épreuve de la pratique, et riiistoire est aux idées et aux doctrines ce que le creuset est aux métaux précieux. Et si Ton veut bien se reporter aux considérations développées par nous dans nos conclusions dogmatiques (1), à savoir que le dogme n'apparait dans son vrai jour qu'éclairé à la lumière des faits qui lui servent, pour ainsi dire, de phare mobile, on nous accordera sans difAcuIté que la morale n'a pas un moindre besoin, pour s'étendre et respirer à Taise, de Talmosphère de l'action publique. Ceux même qui professent une certaine complaisance pour les abstractions métaphysiques ne se montrent pas d'aussi bonne composition à l'endroit de la morale spéculative. La morale en action, nourrie d'événements, mise à l'épreuve de la réalité mondaine, ne cessant de lutter contre les passions humaines, poursuivant sa marche à travers les innombrables incidents et accidents de l'existence individuelle, sociale et nationale, a toujours passé pour la meilleure des institutrices. Et puis, si l'arbre doit être jugé par ses fruits, comment apprécier la morale autrement que par ses produits, c'est-à-dire par la conduite, par les traits saillants des personnalités et des races auxquelles elle aura servi de moule! Ne s'ensuit-il pas que la leçon fournie par la morale révélée ne peut sortir complète et véridique que de l'histoire du peuple gouverné par la Révélation? Nous l'avons pensé, et nous allons nous livrer à Tapplication du grand principe de l'alliance des faits avec les idées. Pour procéder avec ordre dans une étude de ce genre^ embrassant toute une série d'époques et d'événements, pour nous y faire suivre avec quelque fruit, nous la diviserons en trois parties, portant successivement nos investigations sur les faits individuels, sur les faits- sociaux et sur les fails^thnologiques.

(l) Voy. noire Providence et Rémunération y p. 655-660.

ISO PRBBflri^RE PARTIE.

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