‹ La morale économiqueChapitre 143 sur 242 · LIVRE V. — LA GENÈSE DE LA MORALE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LA GENÈSE DE LA MORALE

En vain on s'applique à entretenir et à augmenter cliez elle la haine de l'étranger, en vain on exploite et on vicie l'amour de la patrie en le transformant en un patriotisme étroit et jaloux, on ne réussit plus à rendre la guerre populaire. Chaque fois que l'influence des intérêts belliqueux agit pour la faire éclater, les intérêts pacifiques s'émeuvent dans toute l'étendue de la communauté civilisée et le plus souvent ils parviennent à écarter le péril. Mais leur pouvoir s'arrête là, et la classe qui trouve ses moyens d'existence dans cette industrie privilégiée, dont les services s'imposent, n'en continue pas moins à travailler avec succès à l'extension de ses débouchés. De là ces phénomènes contradictoires de l'accroissement des dépenses militaires et de la diminution du nombre des guerres. Cet état de choses anormal se prolongera selon toute apparence jusqu'à ce que la multitude qui paye les frais et subit les pertes désormais sans compensation de la guerre acquière assez de lumières et d'influence pour supprimer la servitude politique qui prolonge artificiellement l'existence de celte industrie devenue improductive et nuisible, partant immorale.

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