‹ La morale économiqueChapitre 144 sur 242 · INDIVIDUEL · texte numérisé non relu

INDIVIDUEL

Un autre phénomène d'une importance considérable s'était produit dans l'ère de la petite industrie, nous voulons parler de l'augmentation successive de la capacité morale de l'homme civilisé et par conséquent de son aptitude à se gouverner lui-même et à supporter la responsabilité de ses actes. L'homme n'avait pas seulement perfectionné le matériel et les procédés des industries qui pourvoyaient aux besoins de sa consommation et de sa protection, il s'était perfectionné lui-même; il avait développé en lui, avec le secours de l'appareil d'application de la loi civile et religieuse, les facultés nécessaires au gouvernement de ses affaires et de sa vie, à l'exercice de ses droits et à l'accomplissement de ses devoirs. Il pouvait être émancipé dans une certaine mesure de la tutelle à laquelle il avait été soumis d'abord par le troupeau ou la tribu, ensuite par la communauté ou la corporation dont il faisait partie. Cette capacité de se gouverner soi-même s'était, à la vérité, inégalement accrue. Chez les races et dans les pays arriérés, où les facultés gouvernantes de l'individu étaient faibles et où le régime de tutelle auquel il •avait été soumis, dès l'origine, était imparfait ou vicieux, la capacité morale était demeurée généralement insuffisante; enfin, chez les races supérieures et dans les pays en possession de la loi morale et religieuse la plus parfaite, elle présentait un développement fort inégal. Néanmoins, ses pro-

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