‹ La morale économiqueChapitre 154 sur 242 · LE MAINTIEN DE LA SERVITUDE POLITIQUE · texte numérisé non relu

LE MAINTIEN DE LA SERVITUDE POLITIQUE

Dans les États du second âge (ère de la petite industrie), eomme dans la tribu primitive, l'individu se trouvait assujetti à une série de servitudes nécessitées parla conservation et la défense communes. Ces servitudes s'étaient étendues et multipliées en raison de l'augmentation de la productivité de l'industrie et des changements qu'elle avait apportés dans la société. Chaque individu appartenait à une corporation ou à une caste, à moins qu'il ne fût assujetti à un maître à titre d'esclave ou de serf, mais le maître lui-même était membre d'une corporation ou d'une caste qui imposait à sa liberté et à sa propriété les servitudes qu'elle jugeait nécessaires à l'intérêt commun. Tout individu, quelle que fût l'industrie qu'il exerçât, était le « sujet » de la corporation propriétaire de cette industrie, et il était soumis, dans la généralité de ses actes, soit qu'ils eussent pour objet la production ou la consommation, la pratique de ses droits ou de ses devoirs, aux règles qu'elle établissait et qui constituaient autant de restrictions à l'emploi de sa liberté et à la disposition de sa propriété individuelle, ou de servitudes. Chaque corporation s'attribuant le droit exclusif d'exercer son industrie, les consommateurs des articles dont elle avait le monopole étaient obligés de s'adresser à elle, comme il arrive de nos jours lorsqu'il s'agit d'articles brevetés, et il résultait de là une mutualité de servitudes économiques pour tous les produits et services qui s'échangeaient dans les limites du territoire

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