‹ La morale économiqueChapitre 198 sur 242 · LIVRE VII. — L'ORDRE NOUVEAU. 3rH · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — L'ORDRE NOUVEAU. 3rH

teurs du mouvement en faveur de l'arbitrage s'abstiennent d'invoquer le droit des membres de l'État économique à empêcher la guerre; ils invoquent uniquement des considérations d'intérêt et d'humanité, insuffisantes pour émouvoir la conscience universelle.

Nous sommes donc obligé de reconnaître que les expériencesdéjà faites, si coûteuses et concluantes qu'elles soient, delà nuisibilité croissante de la guerre, n'ont pas encore été assez impressives pour la faire reléguer parmi les actes immoraux que la société a le droit et le devoir d'empêcher et de punir. Cette notion de l'immoralité de la guerre ne se propagera, selon toute apparence, qu'à la suite de nouvelles expériences, plus destructives et coûteuses que les précédentes, accomplies au sein d'un État économique encore accru en étendue et en puissance. Mais du moment où elle aura pénétré dans la conscience universelle, les institutions nécessaires pour empêcher la guerre et punir au besoin ses auteurs ou ses promoteurs naîtront et s'imposeront d'elles-mêmes (1); les professions et les industries qui constituent son personnel et fournissent son matériel seront frappées de discrédit. Alors la guerre disparaîtra du monde civilisé comme a disparu l'anthropophagie.

(1) Voir à l'appendice le projet d'établissement d'une Ligue des neutres.

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