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CHAPITRE VI

DES COMPÉTITIONS AUXQUELLES DONNE LIEU L'EXPLOITATION DU MONOPOLE POLITIQUE ET DE SUS ANNEXES. LES PROCÉDÉS CONSTITUTIONNELS ET LES MOYENS RÉVOLUTIONNAIRES.

Du moment où une industrie pourvue d'un monopole trouve dans l'exploitation de ce monopole des profits supérieurs à ceux des autres branches de la production, elle provoque chez ceux qui en sont exclus l'envie de s'en emparer, et ce sentiment de convoitise devient plus intense et plus général à mesure que les profits de l'industrie monopolisée vont croissant. Or, depuis l'avènement de la grande industrie, les profits du monopole politique et de ses annexes se sont accrus dans des proportions extraordinaires (1). Le rendement

(1) L'aperçu historique suivant de la fondation et du développement de la Banque de France pourra donner une idée de l'accroissement des bénéfices que procure le monopole dans une société en progrès :

« Le capital social de la Bauque de France est de 182 millions et demi, divisé en 182,500 actions de 1,000 francs entièrement libérées.

« Fixé primitivement à 30 millions, le capital de la Bauque fut porté à 45 millions par la loi du 24 germinal an XI. La loi du 22 avril 180C> le fixa à 90 millions, mais des rachats de 22.100 actions l'avaient réduit à 67,900,000 fr. En 1848, ce capital fut porté à 91,250,000 fr. En 1859, il fut élevé à 182,500,000 fr., son chiffre actuel.

« Depuis que la Banque de France existe, le plus haut cours de ses actions a été de 0,807 fr. 50 en 1881; le plus bas cours, 470 fr. en 1814.

« Le dividende le plus élevé qu'elle ait distribué depuis sa fondation a été de 360 fr. 81 en 1873; le plus bas a été de 60 fr. en 1814.

« 11 peut être intéressant de relever les fluctuations de cours des actions de la Banque de France et de mettre en regard les dividendes distribués pendant les diverses périodes politiques sous lesquelles cette institution a fonctionné.

de certaines taxes de consommation, par exemple, a décuplé

grâce à l'augmentation progressive de la population et de la

Cours. Dividendes.

1er Empibb. Plus haut. Plus bas. Plus haut. Plus ha*.

1801 à 1814 1.450 ..(1801) 470(1814) 113 71(1803; 60(1814) Restauration.

1815 à 1830 2.225 «(1825) 730(1815) 111 ..(1828) 64 (1815 et 1829) Louis-Philippe.

1831 à 1818 3.800 ..(1840) 950(1848) 177 ..(1847) 66(1833) République de 1848.

1849 à 1S51 2.020 ..(1851) 1.660(1849) 106 ..(1849) 101(1850) Napoléon III.

1852 à 1870 4.600 .-(1857) 2.260(1870) 272 «(1856) 90(1868) République de 1870.

« On remarquera que c'est surtout vers 1870 que les cours de la Banque de France et ses dividendes ont été le plus élevés.

De 1801 à 1814 la moyenne des prix a été de 960 » 1815 à 1830 " — — 1.477 50

« A ces mêmes époques, la moyenne des dividendes distribués a été :

De 1811 à 1814 86 85 par action.

« Cette progression des cours et des bénéfices, malgré des alternatives et des vicissitudes diverses, malgré des années plus favorisées les unes que les autres, s'explique facilement. D'une part, plus le temps a marché, plus le crédit s'est développé, plus les opérations de la Banque ont pris une grande extension, et, conséquemment, plus ses bénéfices normaux se sont accrus.

« Nous ne citerons que quelques chiffres, ceux des escomptes commerciaux. Eu l'an XI, la Banque de France escomptait 510 millions d'effets; 333 millions en 1807 ; 10 milliards 385 millions en 1884; 8 milliards 302 millions en 188G.

u D'autre part, de 1852 à 1870, et de 1871 à nos jours, les opérations de crédit, emprunts divers, placements en valeurs mobilières, ont pris un développement inconnu dans la première moitié de ce siècle. »

(Alfred Neymarck, le Rentier, 17 janvier 1888.)

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