‹ La morale économiqueChapitre 219 sur 242 · LIVRE VII. — L'ORDRE NOUVEAU · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — L'ORDRE NOUVEAU

peuples enfants. La notion des droits et des devoirs des aines envers les cadets de la famille humaine est généralement ignorée ou méconnue. Cette notion, c'est aux économistes qu'il appartient d'abord delà préparer en démontrant que les pratiques actuelles de la colonisation d'État, les massacres et les excès de la conquête, l'exploitation des populations conquises au profit exclusif d'une classe ou d'une corporation de politiciens et de protectionnistes, causent un dommage positif, actuel et futur, à la communauté civilisée ; c'est aux moralistes qu'il appartient ensuite de la définir, de la préciser et de la faire pénétrer dans la conscience universelle. Quand elle y sera entrée, l'opinion agira avec une puissance irrésistible pour provoquer la réforme d'un système presque également nuisible aux cadets de la famille humaine qu'il voue à la destruction et aux aînés, leurs tuteurs naturels, qu'il ruine et déshonore.

Cette réforme, comme toutes celles qui concernent le gouvernement des sociétés, c'est donc aux progrès et à la propagation de la morale, fondée sur la connaissance de l'économie politique, autrement dit de la morale économique, qu'il faut la demander, car seuls ils peuvent, en transformant l'opinion, la déterminer à l'accomplir.

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