CHAPITRE IX
SELF GOVEKN.UENT ET TUTELLE.
Si les vices du système attardé de la sujétion politique agissent pour ralentir le développement de la production et troubler la répartition utile de la richesse, ils ne sont point cependant les seuls moteurs du désordre dont souffre L'immense majorité des membres de l'État économique. Une large part de la responsabilité de ce désordre doit être attribuée aux vices et à l'insuffisance du self government individuel, généralisé et rendu obligatoire.
Nous avons constaté qu'il existe au sein de toutes les sociétés civilisées deux catégories d'individus, ceux qui sont capables du self government et ceux qui en sont incapables. Il y a dans toute société une catégorie plus ou moins nombreuse d'individus auxquels la pratique du self govennnent, malgré ce que cette pratique a de défectueux, est plus utile qu'aucun régime de tutelle. En diminuant, d'une manière ou d'une autre, leur liberté, on les empêche de créer tout ce qu'ils étaient capables de créer d'utilités, et, d'un autre côté, les actes nuisibles qu'un régime de tutelle les empêcherait de commettre ne causeraient pas un mal comparable au bien qu'un régime de liberté leur aurait permis de produire. Il en est autrement pour les individus appartenant à la seconde catégorie. Ceux-ci sont incapables de se gouverner utilement eux-mêmes et de supporter le poids de la responsabilité attachée à la liberté. Ils ne remplissent que d'une manière tout à fait insuffisante leurs devoirs envers eux-