‹ La morale économiqueChapitre 35 sur 242 · LIVRE II. — LA MATIÈRE DE LA MORALE. — LE DROIT · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA MATIÈRE DE LA MORALE. — LE DROIT

Comment les intérêts croissants engagés dans le commerce international agiront pour déterminer les neutres à se liguer en vue d'empêcher des guerres devenues de plus en plus nuisibles, et à faire ainsi prévaloir le droit général et'supérieur de la communauté civilisée ou de « l'Etat économique » sur le droit particulier et inférieur des États politiques, c'est ce que nous aurons à examiner dans la suite de ce travail. En attendant, bornons-nous à constater l'existence d'un droit des gens positif qui régit les rapports des États en temps de paix et en temps de guerre et qui est fondé, comme le droit privé, sur le droit naturel.

d'autres qui restent encore à obtenir : telle est, par exemple, la suppression des prohibitions, d'ailleurs presque toujours illusoires dans la pratique, du commerce des articles qualifiés de contrebande de guerre, et du droit d'interrompre absolument, par un blocus, le commerce des neutres avec tout ou partie du territoire ennemi. On sait quels dommages l'application de ce droit aux ports des États confédérés a causés à l'industrie cotonnière de l'Europe pendant la guerre de la sécession américaine; c'est par milliards que l'on pourrait chiffrer ces dommages, et l'on sait aussi quelles souffrances cruelles les populations ouvrières ont endurées par suite de la disette et du renchérissement énorme d'une matière première indispensable. Ces dommages et ces souffrances, un État a-t-il bien le droit de les infliger à des populations sur lesquelles il n'exerce aucune juridiction? Si l'on ne peut lui dénier le droit d'interrompre le commerce de l'ennemi, ne peut-on pas, en revanche, lui refuser celui de mettre l'embargo, suivant sa fantaisie, sur le commerce des neutres avec l'ennemi? Le droit de la paix et le droit de la guerre. Journal des économistes, mars 1887.

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