‹ La morale en action ou Choix de faits mémorables et instructifs, propres à faire aimer la religion, la sagesse, à former le cœur par l'exemple de toutes les vertus [microforme]Chapitre 16 sur 31 · jette wi · texte numérisé non relu

jette wi

rx se réunit alheurenx urant ; Ses ixer sur le il s'écrie:

s ces denx ct à l’équisles cœurs!

\W > TE ra $

ils excitent un intérêt puissant ; tous se dispue tent le plaisir de les obliger. Roger arrive en France , court dans les bras de son père , qui pensa expirer d’un excès de joie, et il fut nommé gondolier de Versailles. L’Espagnol , à qui on avait offert un poste très-avantageux pour un homme de son é’at , aima mieux rejoindre sa femme et ses enfans : mais l’absence ne diminua rien de son amitié, 1l demeura en corres: pondance de lettres avec Roger. Ces lettres sont des chefs-d’œnvre de naïveté et de sentiment ; on pourra un jour les rendre publiques, pour l'honneur d'un sentiment qui a produit tant d'actions i ‘‘:iques.

Lettre de M. le comte de Tressan, concernant la famille des Fleuriot , connue en Lorraine sous le nom de Valdajou.

À une lieue et demie de Plombières, et dans Ja partie des Vosges qui touche à la Franche. Comté, un vallon assez spacieux, formé par plusieurs gorges réunies , montre un aspect riant où l’on reconnaît une culture assidue et dirigée avec industrie.

Une seule famille, partagée en quatre ou cinq habitations élevées dans les mêmes principes , reconnaissant un chef dansle plus ancien et le plus éclairé de ses membres, s'occupe sans cesse du bien public, de l'éducation de ses enfans , du soulagement des malheureux , et de l’agriculture,

Cette famille, dont le nom cst Fleuriot , est plus connue encore sous celni de Valdajou,

DD Ai as» rt Liane mere D de 2e — nes dires mx La Evene sr à

TT ne ne nt este de ser sem

pen er pores

Ve à M ETES

ee at sms Aer np reg ver care

146 MORALE uom que portent le pays et le hameau qu’elle habite.

Dep: très-long-temps les cheis de cette famill nt exercé principalement la partie de la chirurgie qui sert À réparer les fractures et les luxations des os : leurs sucoès continuels leur ont mérité la réputation d'habileté ; une grande piété, une charité immense leur ont bien juste: ment acquis celle de gens vertueux.

Une modestie singulière , une tendresse vraiment fraternelle ; règnent dans cette heureuse famille, qui est maintenant assez nombreuse et assez éloignée de sa sonchecommune, pour ne plus contracter d’ailiances étrangères.

Le feu duc Léopold , touché des vertus constantes des Fleuriot, et reconnaissant que dans leurs actes ils avaient sans cesse mérité ia couronnecivique, et avaient prouvé la noblesse de leur âme par leurs bienfaits-et leur désintéres-

sement , Léopold voulut le. ennoblir.

Les familles s’assemblèrent; et les chefs, d’une voix unanime, remercièrent leur souverain de la grâce qu’il voulait leur faire , et se dispensèrent de laccepter. ....« Nos enfans , disent-ils dans leur répanse également sage et soumise , nos enfans ne penseront pent-être pas comme nous : enivrés de leur noblesse , ils se dispenseront de servir. les pauvres, 1ls dédaigneront de cultiver nos héritages : la bénédiction de Dinn ne se répandra plus sur leurs travaux ; ils se désuniront , 1ls cesseront d’être heureux. » Ils refusèrent donc les lettres de noblesse qu'on leur offrait, et celle de ler âme n'a jamais dégénéré.

plus tüitiot quell tions étaie:

neur moi. voiler U jeun a disti Je arrivé me s1 bord de le To dans refuse preté ceux ( les pl ritabl

qu'elle

e cette artie de es et les els leur » grande an juste:

endresse tte heueZ nom” mmune rangères.

tus consue dans té la couoblesse de ésintéres-

es chefs , leur souaire , et se s enfans » ent sàge eut-être noblesse »

uvres ; 118 ses : la béplus sur s cesseront les lettres le de ler

Les succès presque prodigieux des cures 5pérées par les Fleuriot, ont souvent excité l'envie et la jalousie de leurs voisins.

La première fois que j'allai à Plombières , je m'informai particulièrement de cette famille, Je commandais alors dans cette partie de la Lorraine; il me fut aisé d'approfondir les détails que je voulais connaître.

Les uns me parlèrent des Fleuriot avec autant d'amour que d’admiration ; un très- petit nombre de gens que je croyais devoir être les plus éclairés, voulut jeter un vernis de superstion et d'ignorance sur la manière avec laquelle les Fleuriot en usaient dans leurs opéra. tions, J: crus cependant les rapports qui leur étaient les plus favorables ; je me fs un honneur et un devoir d'examiner les faits par moi-même, pour me mettre en droit de les dévoiler.

Une étude gssez suivie que j'ai faite , dès ma jeunesse , de l'anatomie, me mettait à portée de distinguer la science réelle d’avec le prestige.

Je Ë au Valdajou sans faire annoncer mon arrivée ; un habit uni, un seul domestique qui me suivait, tout cela ne leur annonça que l’a- * bord d’un étranger arrivé par hasard au milieu de leurs habitations,

Tout m'édifia, tont m’attendrit en entrant dans nne de leurs premières maisons: Je me refuse avec peine au plaisir de décrire la propreté et l'ordre qui y régnaient , l’hotinêteté de ceux qui l’habitaient3jy reconnus tous lestraits les plus simples et les plus touchans de la véritable hospitalité. Mon but était de connaître

1e degré d'instruction où les plus habiles étaient parvenus dans un-art fondé sur une science exacte et réelle. Après m’êtrerafraîchi, et avoir admirétort e qui était du ressort de l’économie rurale et gouvernement intérieur de la famille, je &..mandai s’ilsavaient quelques livres. Jls me dirent que leurs livres étaient rassemblés dans une maison peu distante , qu’occupait un des anciens chefs de la famille. Ils m’y conduisirent ; j'y fus reçu par un homme âgé, respectable, et qui, sous un air rustique, memontra des mœurs douces et polies. Il me fut facile d’entrer en matière avec lui; je lui demandai quels principes de son art il avait étudiés. 11 me ré: pondit : « Les bons livres, la nature et l'expérience ont été les seuls maîtres de mes pères; je uen ai paseu d’antres , et cette tradition passera à mes enfans. » Il m’ouvrit alors un grand cabinet simplement orné, mais riche par ce ail contenait. J'y trouvai les meilleurs livres de chirurgie, anciens et modernes, qui coient connus; j'y trouyai des squelettes d'hommes et de femmes, de quatre ou cinq âges différens; squelettes démontés, dont les pièces confondues ensemble pouvaient être rejointes et repuontées par une main experte ; j'y trouvai des mannequins artistement faits, qui offraient une myologie complète. ;

« C'est 101, me dit:l, que nous nous fosinons à la science nécessaire pour soulager nos frères, nous apprenons en même temps à nos enfañs à Lire et à connaître ce qu’ils lisent. Ceux qu ont de la disposition , connaissent ces os, ces. muscles avant l’âge de dix ans; ils savent

démc gran dage.

parti fini,

appli ces cl en so que le ge

excit

saires peutnos e avez las, Ini d vœux préci.

s étaient $ciente et avoir conomie le la faes Livres.

ssemblés upait un

condui- | 9 respecemontra ciled’endai quels [] me rét l'expépères ; je n passera rand Ca-

ce qu'il livres de

1 coient Dmues et différens ; confones et re

trouval offraient

ous foslager nos APS à 1108 ont. Ceux t ces os, Is savent

EN ACTION. 149 démonter et replacer chaque pièce. Voici une grande armoire où toutes les espèces de bandages et de ligatures propres aux différentes parties , sont étiquetées, et où leur usége est défini, Nous leur apprenons de bonne heure à appliquer la pratique à la théorie : la plupart de ces chèvres que vous voyez, nos chiens mêmes ensont souvent les victimes: l’espèce de cruauté que nous exerçonis sur ces animanx’, en éteint le germe dans le cœur de nos enfans, que nous excitons à devenir sensibles à leurs plaintes et à les soulager; bientôt ils apprennent à les guérir. Voilà toutes les léconsque j'ai reçues , celles que nous donnons à nos enfans ; et"la bémédictiurs de Dieu se répand sur nos soins. » |

Je ne peux exprimsr le respect et l’atfendris-

| sement dont je me sentislsaisi : j’émbrassai ce vertueux vieillard > je me fis connaître , et je Le

priai de me dire si je pouvais lui être utile à lui ou à quelqu'un de sa famille.

Il étendit la main veïs les habitations, les champs et les jardins qui les entouraient : « Ce que vous voyez; dit-il, suffit à nos besoins ; la Providence a béni nos soins , et mous avons même de quoisoulagerlesmalheureux ; cequ’on nous offrirait au-delà de nos petits frais nécessaires, nous serait inutile; il nous deviendrait peut-être nuisible, ent excitant la cupidité de nos enfans. Mais, monsieur , ajouta-t-1l, vous avez le bonheur d’être grand-officier de Stanislas, notre cher et auguste souverain , daignez lui dire que toutes nos familles élèvent leurs vœux au ciel pour la conservation de ses jours précieux, et-que les Fleuriot ne cesseront ja=

mais de travailler à se rendre utiles aux mallhen. reux ; pour mériter d’être comptés dans le nombre des meilleurs sujets du plus bienfaisant de tous les souverains. »

Jeannot et Cobr.

T'oures les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. | Lio

Jeannot et Colin apprenaient à lire chez le magister du même village; Jeannot était fils d’un marchand de mulets, et Colin dèvait le jour à un brave laboureur. Ces deux jeunes enfans, qui s’aimaieut beaucoup, se livraient ensemble aux jenx de leur âge.

Le temps de leurs études: était sur le point de finir , quand un tailleur apporta à Jeannot

un habit de velourg@trois couleurs, avec une

veste de Lyon de fôrt bon goût ; le tout était accompagné d’une lettre à M. de la Jeannotière. Colin admira l’habit, et ne fut point jaloux : mais Jeannot prit un air de supériorité qui affligea Colin. Dès ce moment, Jeannot n’étudia plus, se regarda au miroir, et méprisa tout le monde. Quelque temps après , un valet de chambre arrive en poste, et apporte nne seconde lettre à monsieur le marquis dela Jeannotière ; elle renfermait l’ordre de venir à Paris. Jeannot monta en chaise en tendant la main à Tolin; avec un sourire de protection. Colin sentit son néant, et pleura ; Jeannot partit dans toute la pompe de sa gloire.

IL fant savoir que monsieur Jeannot père , à

force d’intrigues, avait acquis assez rapidement.

desbiens immenses dans les entreprises ; bientôt

une dame le lat Popér ne lu elle, qu'il Après écien appre O

étude 1l fut tinac cherd rens gran

U qu’u soud mon en sé mart( Les allia

nallhiert.

dans le faisant

e valent

chez le tait fils lèvait le ines enlent en-

le point!

Jeannot vec une put était geannout point périorité Jeannot méprisa un valet > ne See la Jeanr à Paris.

à main à 1. Colin rtit dans

t père , à pidement.

; bientüt

EN ACTION. 156 on re l’appela que monsieur de la Jeannotière ; il y avait même déjà six mois qu’il avait acheté un marquisat, lorsqu'il retira deT'école son fils, pour le mettre à Paris dans-le beau monde.

Colin, toujours tendre , écrivit une lettre de complimens à son ancien camarade: le petit marquis ne lui fit point de réponse ; Colin enfut malade de douleur.

Monsieur de la Jeannotière voulait donner uue éducation brillante à son fils ; mais madame la marquise ne voulut pas qu’il apprit Je latin , parce qu’on ne jouait la comédie et Popéra qu’en français : elle empêcha aussi qu’on ne lui apprit la géographie, parce que, disaitelle, les postillons sauront bien trouver, sant qu'il s’en embarrassât , le chemin de ses terres. Après avoir examiné de cette marrière tontes les sciences utiles, ilfnt décidé que le jeune marquis apprendrait à danser.

On imagine bien qu’éloigné de toutes les études qui svt oecuper un jeune homme , il fut bientôt conduit par l’oisiveté dans le libertinage. Il dénenrsa des sommes immenses à rechercher de faux plaisirs ; pendant que ses parens s’épuisaient encore davantage à vivre en grands seigneurs. | |

Une jeune veuve de qualité, qui n'avait qu’une fortune médiocre, voulut bien -se résoudre à mettre en sûreté les grands biens de monsieur et de madame de la Jeannotière, en se les appropriant, et en épousant le jeune marquis. Une vieille voisine proposale mariage. Les parens , éblouis de la splendeur de cette

alliance, accepièrent avec joie la proposition.

Tout était déjà prêt pour les noces, et le jeune marquis, aux genoux de sa belle, recevait déjà les complimens de leurs amis communs, lorsqu’un valet de chambre de sa mère arriva tout cffaré : « Voici bien d’autres nonvelles, dit-il: des huissiers déménagent la maison deousieur et de madame; tout est saisi par des créanciers ; on parle de prise de corps, et je vais faire mes diligences pour être payé de mes gages. — Voyons un peu, dit le marquis, ce que c’est que ça. — Oui, dit la veuve , allez punir ces coquins , allez vite. » Il y court ; il arrive à la maison ; son père était déjà emprisonné , tous les domestiques avaient fui chacun deson côté, en emportant tout ce qu’ils avaient pu:sa mère était seule, sans secours, sans consolation, noyée dans les larmes ; ik ne lui restait rien que le souvenir de sa fortune et de ses folles dépenses. | Après que-le ls eut long- temps pleuré avec sa mère, 1l lui ditenfin : «Ne nousdésespérons pas, celte jeune veuve m'aime éperdument :

elle est plus génércuse encore que riche, je réponds d'elle; je vais la chercher, et je vous l'amène. » Il retourne donc chez sa maîtresse. « Quoi ! c’est vous, lui dit-elle, monsieur de la Jeannotière! que venez - vous faire ici? abandonne: t-on uinsisa mère? Allez chez cette bonne femme, et dices-lui que je lui veux toujours du bien : j'ai besoin d’une femme de chambre, je

lui donnerai ia preférence. »

Le marquis, stupéfait , la rage dans le cœur, alla chez ceux qu’il avait vus venir le plus familièrement dans la maison de son père; ils

le rec en ne il ar] une € sa vie.

Cor du dés 4 l’an des ri énorn chaise c’étai douce assez côté d char le ter abim cria-t nom rête!

petit

embi

le jenne ait déjà 18, lorsiva tout TJ dit-il:

ouslieur anciers ; le mes A DCS, — ue c’est nir ces live à la

é,tous

sa mère blation , rien qne

lles dé-

uré avec >spérons ument :

che > je je vous aîtresse.

ur de la ? abane bonne ours du abre, je

e cœur, plus faère ; 1ls

EN ACTION. 153 le reçurent tous avec une politesse étudiée, et en ne lui donnant. que de vagues espérances.

Îl apprit mieux à connaître le monde dans une demi-journée que dans tout le reste de sa vie.

Comme il était plongé dans l’accablement du désespoir , il vit avancer une chaise roulante À l'antique, espèce de tombereau couvert avec des rideaux de cuir, suivie de quatre charrettes énormes , toutes chargées. IL y avait dans la chaise un jeune homme grossièrement vêtu ; c'était un visage rond et frais qui respirait la douceur et la gaîté : sa petite femme , ar et assez grossièrement agréable , était cahotée à côté de lui. La voiture n’aïilait pas comme le char d’un petit-maître. Le voyageur eut tout le temps de contempler le marquis immobile, abîmé dans sa douleur. « Eh ! mon Dreu, s’écria-t-il, je crois que c’est là Jeannot! » A ce nom ; le marquis lève les yeux; la voiture s’arrête ! C’est Jeannotlui-même, c'est Jeannot! Le petit homme rebondi ne fait qu’un saut, et court embrasser son ancien camarade. Jeannot reconnut Colin : la honte et les pleurs couvrirent son visage. « Tum’as abandonné, luidit Colin ; mais tu as beui être grand seigneur, je t’aimerai” ujours.» Jeannot, confus.et attendri, ui conta en sanglotant une partie de son histoire. « Viens dans l'hôtellerie où je loge me conter le reste , lui dit Colin : embrasse ma petite femme , et allons diner ensemble. »

Îls vonttous trois à pied, suivis du bagage... æ Qu'est-ce donc que tout cet attirail?.... vous appartient-11? — Oui, tout est à moi et à ma

154 MORALE femme; nous arrivons du pays, je suis à la têto d’une bonne manufacture de fer étamé et de cuivre; j'ai épousé la fille d’un riche négociant en ustensiles nécessaires aux grands ct aux petits : nous travaillons beaucoup, Dieu nous bénit; nous n'avons pas changé d'état, nous sommes heureux, nous aiïiderons notre ami Jeannot. Ne sois plus marquis: tontes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami, Tu reviendras avec moi au pays ; je t’apprendrai le métier ; 1l n’est pas bien difficile ; je te mettrai de part, et nous vivrons gaîméent dans lé coin de terre où nous sommes nés, »

Jeannot, éperdu , se sentait partagé entre la douleur et la joie , la tendresse et la honte, et il so disait tout bas : « Tous mes amis du bel air m'ont trahi; et Colin, que j'ai méprisé ;, vient seul à mon secours. Quelle instruction ! »

La bonté d'âme de Colin développa dans le cœur de Jeannot le germe du bon naturel que le monde n’avait pasencore étouffé:il sentit qu'il ne ten abandonner son père et sa

mère. « Nous aurous soin de ta mère , dit Cobn; et quant à ton bonhomnre de père , qui est eu prison, j'entends un peu les affaires , et je me charge des siennes. » Îl vint effectivement à bout de le tirer des mains de ses créanciers. Jeannot retourna danssa patrie avec ses parens, qui reprirent leur première profession : 1l épousa une sœur de Colin, laquelle étant de même humeur que le frère , le rendittrès-heureux : eb Jeannot le père, et Jeannotte la mère, et Jeannot le fils, virent que le bonheur n’est pas daus la vanité. |

voisin vingtvous imoye!

malai fait do fâcher ce sol toyen cœurs sance respec

: Un si fort qu'il

| la tête é et de Bocian$ et aux 1 ous |, nous re ami tes les nn bon je t’ap.

fcile ; aîtmént 168,

ntre 14 nte, et du bel éprisé ; tion ! »

dans le naturel il sentit re et sa dit Coqui est s, et je vement anciers.

parens; il époue même ‘eux : eb et Jeanas daus

EN" ACTION. 155 Trait consolant pour l'humanité,

Unjeune aspirant à l’état ecclésiastique, né pauvre et sans moyens , obligé de faire nu voyage qui devait décider de son sort, et ne sachant comment l’entreprendre , crut devoir s'adresser à l'administration de l’hôpital do Poitiers : il pénsait peut-être que les hôpitaux étant destinés au soulagement de tous ceux qui souffrent , les administrateurs , par leur économie, peuvent chercher à se mettre err état de faire du bien indistinctement , lorsque l’occasion s’en présente, parce que c’est toujours remplir le but de Née: établissement.

Comme cet infortuné exposait ses besoins à l'un des administrateurs , il entendit la voix d’un soldat malade et languissant, dans un lit voisin ; qui lui dit : « Monsieur l’abbé, j'ai vingt-un francs , en voilà dix-huit qui peuvent vous aider ; si je guéris , je trouverai bien le rnb de rejoindre mon régiment : un peu de malaise est bientôt passé , et le bien que l’on fait donne de la force.et du courage. » Il est bierr fâchenx que l’on n'ait pas conservé le n°:1: de ce soldat, C'est dans la classe obscure des citoyens que lo: trouve le plus sonvent des cœurs sensibles : et dans ceux - là , la bienfaisance est peut-être la plus touchante et la plus respectable,

| L'enfant gâté.

Ure dame d'esprit avait un fils, et cra'gnait si furt de le rendre malade en le coutredisant , qu'il était devenu un petit tyrar, et entra

en fureur à la moindre résistance qu’on osait faire à ses voloutés les plus bizarres. Le mari de cette dame , ses parens , ses amis lui représentaient qu’elle perdait ce fils chéri : tout étais inutile. | “

Un jour qu’ellé était dans sa chambre , elle entendit son fils qui pleurait dans la eour; il s’égratignait le visage de rage, parce qu’un domestique lui refusait une chose qu’il voulait. « Vous êtes bien impertinent, dit-elle à ce valet , de ne pas donner à cet enfant ce qu’il vous demande ; obéissez-lui tout à l'heure. — Par ma foi, mademe , lui répondit le valet, il pourrait crier jusqu’à demain , qu’il ne l’aurait pas. » À ces mots, la dame devint furieuse et prête à tomber en convulsions ; elle court , ef passant dans une salle où était son mari avec qnelques-uns des ses amis, elle le prie de la suivre et de mettre dehors l’impudent qui lui résiste. Le mari, qui était aussi faible pour sa femme qu’elle l'était pour son fils, la suit en levant les épaules , etla compagnie se met à la fenêtre pour examiner de quoi il était questions « Insolent , dit-il au valet, comment avez-vous Ja hardiesse de désobéir à madame, en refusant à l'enfant ce qu'il vous demande ? — En vérité, monsieur, dit le valet, madame n’a qu’à le lni donner elle-même ; il y a un quart d’heurequ’il a vu la lune dans un seau d’eau, et il veut que je la lui donne. » A ces paroles , la compagnie et le mari ne purent retenir de grands éclats de rire ; la dame elle-même , malgré sa colère, ne put s'empêcher de rire aussi. Elle fut si honteuse de cette scène qu’elle se corrigea, et pare

fense.

plusi à leur au go les $.

verra ville, les cl et qu nn dans const daiïer ces $ 'aien Pierr cette

On 0Sa1£ e mari 1 r'eprébut étais

re , elle eour ; 1l qu'urt voulait.

à ce vaail vous — Pav alet , il l’aurait leuse e$ urt , ef ari avec ie de la qui lui pour sa | Suit en met à la uestions vez-Vous refusant 1 vérité, v’à le lni urequ'il eut que npagnie éclats de lère, ne si hon- 1 et pars

vint à faire un aimable enfant de ce petit être

maussadeet volontaire, Bien des mèresauraient besoin d’une pareille aventure.

Dévodment héroïque inspiré par la Religion.

Les habitans de la ville de Calais, assiégée par Edouard, roi d'Angleterre, se voyant en proie à toutes les horreurs de la famine, et ne “oies plus espérer d’être secourus, offrirent

se rendre, à condition qu’on les laïsserait sortir de la ville, Mais Gauthier de Mauni leur répondit, de la part d’Edouard, que l’intention de ce monarque était qu'ils se rendissent à discrétion. Cependant, comme Mauni était énéreux, 1l représenta à son prince combien 11 lui serait honteux de flétrir son triomphe pas une sévérité odieuse contre un ennemi sans défense. Ses représentations furent appuyées par plusieurs chevaliers présens; et le roi, cédant à leurs instances, chargea Gauthier d'annoncer au gouverneur de Calais qu’il épargnerait tous les habitans, mais à condition qu'ils lui enverraient six des plus notables bourgeois de ka ville, la tête et les pieds nus, la corde an cou, Les clefs de la ville et du château en leurs mains, et qu’il disposerait de leur sort comme il le voudrait, Dès que l'ordre du roi eut été publié dans la ville, un morne silence annonça la consternation de tous les habitans. Ils se regardaient en frissonnant, cherchant avec effroi ces six victimes du salut public; ils désespéraient de les trouver, lorsqu'Eustache de Saint- Pierre se leva courageusement au milieu de cette foule de citoyens désolés : « Seigneurs,

Page 1