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158 MORALE grands et petits, s'écria-t-il, ce serait grand dommage de laisser périr ce peuple par la famine ou autrement , tandis qu’il y a un moyen de le garantir de la mort, Le sacrifice qu’on ferait our obtenir son salut, ne pourrait manquer d'être agréable aux yeux de Dieu, et j'espère si fermement qu'il me pardonnera si je meurs pour ce peuple, … je veux être le premier à me dévouer pour lui à la mort.» À peine ent-il oessé de parler, qu’il reçut le prix le plus pur de la reconnaissance de ses concitoyens : cha cun, dit un historien, l’allait adorer de pitié ; ils se prosternèrent à ses pieds, en les arrosant de leurs larmes. Quel est le pouvoir de la vertu!
Jean Daire, courageux imitateur d’Eustache:
son consin, vint se ranger auprès de lui, dans la résolution de partager l’honneur de mourir pour la patrie. Jacques et Pierre WVisant, frères et parens de ces généreux matyrs, se dévouèrent pareillement, et leur exemple fut bientôt suivi par deux autres victimes dont l’histoire a malheureusement négligé de conserver le nom.
Le gouverneur les conduisit jusqu’à la porte de la ville ; là illesremitentreles mains de Mauni, ea le priant d’intercéder pour eux auprès deson roi. Ils parurent devant le monarque anglais, et lui présentèrent les clefs de la ville, Tous les seigneurs qui environnaient le roi ne pouvaient dissimuler la pitié et l’admiration qu’une pareille magwänimité leur inspirait; on n’entendait, autour du prince, qu’un murmureconfus excité par la compassion générale. Edouard seul parut inflexible; il les regarda d’nn air sévère, et commanda qu’on les conduisit au sup-
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plice. C'était fait de ces illustres infortunés, et de.la gloire d'Edouard, sans la reine son épouse, qui pour lors était à l’armée. Cette respectable princesse entra dans la salle, et se précipita aux genoux de son mari, le conjnrant, par les motifs les plus puissans de l'honneur, de l’humanité et de la religion , de ne pas souiller sa victoire. Le monarque baissa lee yeux, et après un moment de silence : 44!
Madame, s'écria-t-1l, j’aimerais mieux que vous fussiez autre part qu'ici; vous me faites de si vives instances y que je ne puis m'y refuser; je leur accorde donc leur grâce en votre considération, Aussitôt la reine les :mmena dans son appartement, les fit habiller, ordonna qu’on leur apportât à diner, et les renvoya sous une escorte sûre, après leur avoir fait donner à chacun une somme considérable d'argent.
Après avoir lu ce beau trait d'histoire, on se demande à soi-même : Qu'est-ce qui sauva la ville de Calais et les généreuses victimes qui s'étaient dévouées à la mort pour son salut ? C'est la piété d’Eustache de Saint-Pierre; c’est l'esprit de religion dont la reine d'Angleterre était animée. Heureux donc les pays où il se trouve des âmes pieuses et religieuses ! 1l y a toujours une ressource assurée pour les malheurenx. La philosophie se borne à vanter la
énérosité, la bienfaisance, l'humanité; mais A Religion rend les hommes humains, bienfaisans et généreux, comme on vient de le voir, jusqu’à se sacrifier pour le bien public. Qu'on cite un philosophe qui ait fait un pareil sacrifice! ( Tiré des 4recdotes chrétiennes. )
Attachement de Saint Louis pour ses compagnons d'armes.
Duraxr la pfimière croisade , la contagion s'étant mise dar l’armée de Saint-Louis, ce parce lui-mêm: ne put y échapper. Une trève ut alors demandée aux infidèles, qui consentirent à rendre Jérusalem, pourvu qu’on leur rendit Damiette. L'accord allait être conclu, si le sultan n’eût exigé qu'on lui remît le roi en ôtage. Saint-Louis consentit sur-le-champ à se sacrifier pour ses compagnons d’armes; inais tous, par l'organe de Geoffroy de Sargines, témoignèrent à leur prince l'horreur que Jeur iuspirait la dernitre demande du sultan. IL fallut les prières les plus vives pour empêcher Saint-Louis de se livrer pour êtage, tant il avait à cœur le bien-être de son armée.
Os suppliait ce prince, qui relevait à peine de la maladie contagieuse dont il vient d’être parlé, d'abandonner les débris de son armée.
« Je ne puis me résoudre, répondit-il, à quitter Le :
tant de chevaliers qui ont exposé leur vie pour plexion le service de Dieu et pour le mien. Je veux ou éonstitt les ramener avec moi, ou mourir prisonnier douze a avec eux.» Loin donc de vouloir s’embarquer, serait ja le roi se mit au poste le plus dangereux, c’est- la guerr à-dire à l’arrière-garde de l’armée. Il était si différerr faible, qu’il ne pouvait supporter ni casque ni résoluti cuarasse. | Sédan. :
Au retour de la première croisade, le vaisseau : er ès l’a où était le roi et sa famille fut endommagé près P'affÿt d
de l’île de Chypré par un banc de sable: on con- tacha b
agnons
tagion uis, ce ne trève consenon leur sonclu it le roi champ l’armes; le Sargireur que n sultan.
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agé près : on con-
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jurait le roi de monter sur un autre vaissean ; mais il s’y refusa, malgré le péril irmiminent qu’il courait, «Que deviendraient, s’écria-t-il, ceux qui demeurent ici? Non, non, je n’a-
bandonnerai jamais les compagnons de ma fortune. »
L’arMmÉE du roifut en proie, en Épypte > AUX plus terribles maladies. Des fièvres pestilentielles, des ulcères dévorans moïissonnaient 1a fleur des guerriers français. Cependant Saint-Louis, au plus fort de la contagion, ne passait pas de jour sans aller visiter et soigner lui-même les malades. Plusieurs chevaliers répugnaient à s’exposer à ce genre de péril, qui leur paraissait sans gloire ; mais, pour les encourager, le saint Roi leur disait : «Ils ont souffert la mort, nous pouvons bien souffrir quelque chose pour eux. N’ayez point de dégoût en les approchant ; ils sont martyrs et en paradis, »
Trait de la jeunesse de Turenne.
Le vicomte de Turenne était d’une complexion très-délicate dans son enfance, et sa éonstitution fut toujours faible jusqu’à l’âge de douze ans; ce qui fit dire à son père qu'il ne serait jamais en état de soutenir les travaux de la guerre. Le jeune héros, pourle forcer à penser différemment, prit, à l’âge de dix ans, la résolution de passer une nuit sur le rémpart de
après l'avoir long-temps cherché, le tronva sur
Pafft d’un canon, où il s'était endormi. Il s’at-
tacha beaucoup à la lecture de l’histoire, et
Sédan. Lechevalier Vassignac, son gouverneur,
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