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surtout à celle des grands hommes qui s'étaient distingués par les verius et les talens militaires. Il futfrappé du caractère d’Alexandre-le-Granii : le génie de ce conquérant plutan jeune vicomte, que son ambition aurait peut-être porté aux entreprises les plus éciatantes, s’il eût vécu dans ces temps où la valeur seule autorisait les hom. mes à troubler la paix de l’univers. Il prenait plaisir à lire Quinte-Curce, et à raconter aux autres les faits héroïques qu’il avait lus. Pendant ces récits, on voyait sou génie s'animer, ses yeux étinculier, et alorsson imagination échauf. fée forçait l4 difficulté naturelle qu'il avait à parier. Un officier s’avisa un jour de lui dire que l’histoire de Quinte-Curce n’était qu’un ronan; le jeune prince en fut vivement piqué.
La duchesse de Bouillon, pour se divertir , fit signe à l'officier de continuer à le contredire ; la dispute s’échauffa, le héros naissant se mit
en colère, quitta brusquement la compagnie ,
et fit appeler secrètement l'officier en duel, qui accepta la proposition, pouramuser la duchesse Je Bouillon, charmée de voir dans son fils des marques d’un courage précoce, Le lendemain, le vicomte sortit de la ville, feignant d’aller à la chasse. Etant arrivé au lien du rendez-vous,
il y trouva une table dressée. Comme 1l rêvait
à ce que signifiait cet appareil, la duchesse de
Bouillon parut avec l'officier, et dit à son fils
, pis x ; qu’elle venait servir de second à celui contre qui il voulait se battre. Les chasseurs se rassemblèrent , on servit le déjeûner; ki paix fut faite, et le duelse changra en une partie de chasse, / | |
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EN ACTION. 163 L'Esclave qui s’offre à lamort pour expier son apostasie.
Ürx esclave de vingt-un à vingt-deux ans, nommé Pierre Bourgoin, natif de Majorque, avait renié sa foi dans la ville d'Alger, par la ps que lui faisait le pacha de le marquer pour es galères du grand - seigneur, d’où l’on ne pent jamais espérer de sortir. Le malheureux jeune homme conservait néanmoins dans son cœur les sentimens d'estime et d'amour qu'il avait toujours eus pour la Religion ; il s’en déclarait même aux esclaves chrétiens qui lui reprochaientson crime. Sa conscience le Inireprochait si vivement elle-même, et si continuellement, qu'il ne put tenir contre ses remords, Il prit enfin la résolution de le réparer par le sacrifice de sa. vie, quoique la seule pensée du tourment qu’il aurait à sonffrir, le fit frémir
d'horreur. « Mais la force du Chrétien, se di-
sait-il, est dans le Seigneur; ses miséricordes
sont infinies : :l me soutiendra. Après tout , 1l est bien juste que je meure pour lui, » Pléin de ces pensées, 1l va trouver le pacha', et foulant aux pieds le turban qu’il avait reçu: « Tu m'as séduit, lui ditil, en me fa'sant renoncer à ma religion, qui est la seule véritable, pour la tienne qui est fausse. Maintenant je te déclare que je suis toujours Chrétien. J’abjure ta croyance , et je lai en horreur. Je sais que tu me feras mourir, mais peu m'importe; je suis prêt à tout souffrir pour Jésus-Christ, mon Sanveur. # Le pacha furieux le condamna sur-le- champ à être brûlé vif, Arrivé au lieu ‘du sup
plice, comme il se voyait entouré de Musulmans, de renégats et de plusieurs Chrétiens : « Vive Jésus-Christ! s’écria-t-il, et triomphe à jamais sa religion! il n’y en a point 'd’autre où l’on puisse trouver le salut. » Il consomma son sacrifice avec une constance inébranlable, Cependant le Missionnaire, qui avait toujonrs soutenu son courage, se trouva, quoiqu’un peu éloigné, à son martyre; et sur le signal dont ils étaient convenus ensemble , ïl lui donna une dernière absolution au milieu des flammes, (Tiré des Anecdotes chrétiennes. )
Courage et bienfaisance d’un Paysan.
La grandeur d'âme ne suppose pas nécessairement une hante naissance ; les sentimens généreux se trouvent souvent dans Les classes \. plus basses des citoyens. Un paysan de la Fionie vient d’en fournir un exemple qui mérite d’être connu. Le feu avait pris au village qu’il habite, il courut porter des secours aux lieux où ils étaient nécessaires; tous ses soins furent vains ; l'incendie fit des progrès rapides : on vint l’avertir qu’ilavait gagné sa maison. Il demanda si celle de son voisin était endommagée: on lui dit qu’elle brûlait, mais qu’iè n’avait pas un moment à perdre s'il voulait couserver ses meubles : « J’ai des choses plus précieuses à sauver, répliqua-t-1il sur-le-champ; mon malheureux voisin est malade et hors d'état de s’aider lui-même ; sa perte est inévitable s’il n’est pas secouru, et je suis sûr qu’il compte sur moi. » Aussitôt 1l vole à la maison de cet infortuné ; et saus songer à la sienne qui fai
lesqr lus:
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on de cet
qui fase
sait toute sa fortune, il se précipite à travers les flammes qui gagnaient déjà le lit du malade.
IL voit une poutre embrasée prête à s’écrouler sur lui; il tente d’aller jusque là : il espère que sa promptitude lui fera éviter ce danger, qui sans doute eût arrêté tout autre ; il s’élance auprès de son voisin, le charge sur ses épaules, et le conduit heureusement en lieu de sûreté.
La Chambre économique de Copenhague, touchée de cet acte d'humanité pen commun, vient d’envoyer à ce paysan un gobelet d’argent rempli d’écus danois; la pomme du couvercle est surmontée d’une couronne, aux côtés de laquelle pendent deux médaillons sur lesquels cette action est gravée en peu de mots. Plusieurs particuliers fi ont fait aussi des présens pour l’indemniser de la perte de sa maison et de ses effets; leur bienfaisance mérite des éloges. Récompenser la vertu, c’est encourager les hommes à la pratiquer.
Le Vieillard désintéressé.
U# bon vieillard jouissait, non loin de la maison d’un parvenu, d’une cabane entourée de quelques arpens de terre, et vivait en paix sans désirer les richesses de son voisin. Les superbes regards de celui-ci étant choqués de la cabane située à l’entrée de son parc, il fit appeler le sage qui l’habitait. « Sais-tu bien que ta fortune est faite? — Et vous, monsieur , savez-vous bien que le bon Dieu, mes deux bras et mon champ ne m'ont jamais laissé manquer de rien? que j'ai travaillé long-temps, bien long-texups; qu'aujourd'hui je me repose, et
que mon fils me nourrit, afin que ses enfans le nourrissent à son tour? — Fort bien, mais il s’agit de me vendre ta cabane, — Y songezvous ? c’est le père de mon grand-père qui l’a rebâtie, et cela, avant qu'il fût question de votrechâteau. — Bonhomme, je le veux, point de répliques — J’y suis né, les miens y sont morts; j'y veux mourir aussi. Monseigneur, ne vous fâchez pas; j'ai quatre-vingt-dix ans passs, peut-être be mon fils... Mais non, il a du cœur, vous le savez : il n’a pas voulu entrer à votre service, parce qu’il aurait été valet chez vous, et qu’il était maître chez nous. »
Trait d'amitié fraternelle.
Le fils d’un riche négociant de Londres s’é« tait livré, dans sa jeuresse ; à tous les excès; 14 irrita son père, dont 1l méprisa les avis; le
vieillard près de finir sa carrière , fait un acte par lequel il déshérite son jeune fils, et meurt. Dorval, instruit de la mort de son père, fait de sérieuses réflexions, rentre en luisinème, et pleure ses égaremens passés. Il apprend bientôt qu'il est déshérité : cette nouvelle n’arrache de sa bouche aucun murmure injurieux à la mémoire de son père, 1l la respecte jusque dans l'acte le plus désavantageux à ses intérêts ; 1l dit seulement ces mots : Je l'ai mérité. Cette modération parvient aux oreilles de Geneval, son frère, qui, charmé de voir le changement de mœurs de Dorval, va le trouver, l’embrasse et lui adresse ces paroles à jamais mémorables : « Mon frère, par un testament, notre père commun m'a institué son légataire uxiversel ;
mais :
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on lui pain s mand gager forme riponc suis m recuur donné eoutin deman nécess:
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tre père iversel ;
EN ACTION. 167 mais il n’a voulu exclureque l'homme que vous étiez alors, et non celui que vous êtes aujourd’hui: je vous rends la part qui vous est due. »
L'Ami fidèle.
Ux homme respectable, après avoir joué un grand rôle à Paris, y vivait dans un réduit obscur, victime de l’infortune, et si indigent qu’il ne qubsistait que des aumônes de la paroisse ; on [ui remettait chaque semaine la quantité de pain suffisante pour sa nourriture; il en fit demander davantage. Le curé lui écrit pour l’engager à passer chez lui ; il vient. Le curé s’in+ forme s'il vit seul. « Et avec qui, monsieur, #ipondit-il, voudriez-vous que je vécusse? je suis malheureux, vous le voyez, puisque j'ai recuurs à la charité, et tout le Pi à m'a abandonné, tont le monde!... — Mais, monsieur, eoutinua le curé, si vous êtes seul, pourquoi demandez-vons plus de pain que ce qui vous est nécessaire ? » L'autre paraît déconcerté; 1l a votre avec peine qu’il a un chien. Le curé ne laisse pas de poursuivre; il lui fait observer qu’il n’est que le distributeur du pain des pauvres, et que l'honnêteté exige absolument qu'il se défasse de son chien. « Eh! monsieur, s’écria en pleurant l’infortuné, si je m'en défais, qui est-ce qui m’aimera? » Le pasteur, attendri jusqu'aux larmes, tire sa bourse, et la lui donne, en disant : « Prenez, monsieur, ceci m’appartient.»
Anecdo?s sur Fénélon.
De retour à Cambrai, Fénélon confessait assidûment et indistinctement, dans sa métro-
le, tontes les personnes qui s’adressaient À Lis il disait la messe tous les samedis. Un jour, il aperçut, au moment où il allait monter à l'autel, une femme fort âgée qui paraissait vouloir lui parler : il s’approcha d'elle avec bonté, et l’enhardit par sa douceur à s’exprimer sans crainte : « Monseigneur, lni dit-elle en pleurant, et en lui présentant une pièce de douze sous , je n’ose pas, mais j’ai beaucoup de confiance dans vos prières ; je voudrais vous prier de dire la messe pour moi. — Donnez, ma bonne, lui répondit Fénélon en recevant son offrande; votre aumône sera agréable à Dieu. Messieurs, dit-il ensuite anx prêtres qui l’accompagnaïent pour le servir à l’autel, apprenez à honorer votre ministère, » Après la messe, 1l fit remettre à cette femme nnesomme assez considérable, et lui promit de dire une seconde messe le lendernain à son intention.
Le Chien d' Aubry de Mont. Didier.
Sous le règne de Charles V, roi de France, nnnommé Aubry de Mont-Didier, passant seul dans la forêt de Bondy, fut assassiné et enterré an pied d’un arbre. Son chien resta plusieurs jours sur sa fosse, et ne la quitta que pressé pac la faim. Il vint à Paris chez un ami intime de son malheureux maître, et, par ses tristes hurlemens, semble lui annoncer la perte qu’il a faite, Après avoir mangé, il recommence ses cris, va à la porte, tourne la tête pour voir si on le suit, revient à cet ami de son maître, le tire par l’habit, comme pour lui marquer
de venir avec lui. La singularité des mouve-
mens
ul L'un butio guère tout © fut a gratt cherc trouvy temps sassin valier bien « que fo pours chien menc( pelle maîtr où ce ves d de M.
menti tous | chien qu'ap taine:
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base UT 107 «
saient À [Un jour, 1onter à sait vou c bonté, ner sans n pleule douze de conus prier 1ez, ma nt son ofeu. Mes- Lccompa- 162 à hose » 1l fit eZ CONSIi-
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mouve:.
7 un acrror. 169 mens de ce chien, sa venue sans son maître,
u'il ne quittait jamais; ce maître, qui tout Lun coup a disparu ; et peut-être cette distri= bution de justice et d’événemens, quine permet guère it les crimes restent long-temps cachés, tout cela fit qu'on suivit ce chien. Dès u’on fut au pied de l’arbre, il redoubla ses cris en grattant la terre, comme pour faire signe de chercher en cet endroit. On y fouilla, et on y trouva le corps decet en | Aubry. Quelque temps après, ce chien aperçut par hasard l'as sassin, que tous les historiens nomment le chevalier Macaire : il lui saute à la gorge, etona bien de la peine à lui faire lâcher prise : chaque fois qu’il le rencontre, il l’attaque et le poursuit avec fureur; l’acharnement de ce chien, qui n’en veut qu’à cet homme, commence à paraître extraordinaire. On se rappelle l'affection qu’il avait marquée pour son maître, et en même temps plusieurs occasions où ce chevalier Macaire avait donné des preuves de sa haine et de son envie contre Aubry de Mont-Didier : quelques circonçtances augmentèrent les soupçons. Le roi, instruit de tous les discours qu’on tenait, fait venir ce
Q Q A Q Q 9 0 chien, qui paraît tranquille jusqu’au moment
qu’apercevant Macaire au milieu d’une vingtaine de courtisans, il aboïe et cherche à se jeter sur lui. |
Dans ce temps-là on ordonnait le combat entre l’accusateur et l'accusé, quand les preuves du crime n’étaient pas convaincantes : on nommai ces sortes de combats Jugement de
Dieu, parce qu'on était persuadé que le ciel î
170 MORALE aurait plutôt fait un miracle que de laisser suc-
comberl’innocence, Le roi, frappé detouslesin- .
dices qui se réunissaient contre Macaire, jugea qu’il échéait gage de bataille, c’est-à-dire, qu’il ordonna le duel entre le chevalier et le chien, Le champ-clos fut marqué dans l’île de Notre- Dame, qui n'était alors qu’un terrain vide et inhabité. . |
Macaire était armé d’un gros bâton, le chien avait un tonneau percé pour sa retraite et les relancemens. On le lâche : aussitôt 1l court, tourneautour de son adversaire, éviteses coups; le menace, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, le fatigue, et enfin se lance, le saisit à la gorge, et l’oblige à faire l’aveu de son crime en présence du roi et de toute sa cour.
La mémoire de ce chien a mérité d’être conservée à la postérité, par un monument qui subsiste encore sur la cheminée de la grande salle du château de Montargis; maïs nous ajoutons qu’il faut savoir que ce trait d’histoire y est effectivement consigné, letemps ayant presque détruit létableau sur lequelilest représenté,
Anecdote sur Marie-Thérèse, impératrice,
.. La bienfaisance et l'humanité sont des vertus héréditaires dans l’auguste maison d’An-
triche : c’est Marie-Thérèse qui a formé elle-
même le cœur de ses enfans ; ils ont hérité de
ses vertus.
Quel exemple d'humanité, de bienfaisance et de bonté ne leur donnait-elle pas, lorsqu’étant
à Luxembourg, elle y reçut un message de la
part d’une femme âgée de cent huit ans, qui,
ne ds bre « les E valer lire gret rémo reçu bonh pérat timer mêm dédai bane :
nalen de l’âs lui di
conso
Qu ce pri habite tice cd abusa pour au-de Louis plus td « Mai fans, i accuse preuve
sser sucuslesin- .
e) jugea ire, qu'il le chien, le Notren vide et
, le chien ite et les il court, es COUPS »
un autre, la gorge, e en pré-
l'être coniment qui la grande
ous ajouhistoire y yant preseprésenté,
rairicee
t des verson d’Aubrmé ellehérité de
aisance et rsqu'étant sage de la aus, ui
EN ACTION: 7x pendant plusieurs années, n’avait pas manqué de se présenter ie Jeudi-Saint pour être au Gus bre des pauvres auxquels S. M. L et R. lavait les pieds! Depuis deux ans ses infirmités l’avalent empêchée de se rendre au palais; elle fit
lire à l’impératrice qu’elle avait le plus vif regret de n’avoir pu se trouver à cette pieuse cérémonie, non à cause de l’honneur qu’elle aurait reçu, mais parce qu'elle avait été privée du bonheur de voir une souveraine adorée, L’im:
pératrice-reine, touchée du message et des sentimens de cette bonne femme, se rendit ellemême dans le village qu’elle habitait; elle ne dédaigna pas d'entrer dans une misérable cabane; elle la trouva sur un grabat où la retenaient ses infirmités, compagnes inséparables de l’âge. « Vous regrettez de ne m'avoir pas vue lui dit avec bonté cette généreuse princesse ; consolez-vous, ma bonne, je viens vous voir.»
Amour de la justice chez Louis XVI,
| Querquesjoursaprèssomavénementautrône ce prince habitait le château de la Muette Les habitans de Passy vinrent réclamer sa jus.
tice contre un boulanger de leur village #e abusant de l’affluence du peuple qui se Para pour voir son nouveau roi, ven ait Six sous au-dessus de la taxe le pain de quatre livres. Louis X VI, après avoir accueilli avec la bontéla plus touchante les habitans de Passy, leur dit : « Maintenant que je vons ai entendus , mes enfans, il faut que j’entende aussi celui que vous accusez. > Le boulanger, mandé et interrogé preuve ‘acquise de sa friponnerie, le roi lai
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