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donna alors lecture de la disposition de la loi qui le condamne à une amende de 500 francs.
Celui-ci se jette aux genoux de S. M., etimplore sa grâce , attestant que c'était pour la première fois de sa vie qu’il s'était rendu coupable de pareille faute. « Mon ami, lui dit Louis XVI, si tu m'avaistrompé, je pourrais te faire grâce ; mais je ne la ferai jamais aux ennemis de mon peuple.» Ce premier jugement rendu par Louis XVI, peint tout à la fois son respect pour la justice et son amour pour son peuple.
Quezrques jours après, se promenant dans les jardins de la Muette, il aperçoit des femmes et des enfans occupés à arracher de mauvaises herbes. Il demande quel était leur gain pour la journée. — Six sous, Sire. — Comment! mais à Choisy pareil travail se paye vingt sous! Re= venu de sa promenade , Louis XVI se fait représenter l’état des ouvriers occupés dans les jardins de la Muette, et acquiert la preuve que chaque journée est payée vingt sous. Faisant venir son premier jardinier , 1l l’interroge sur le prix qu’il donne aux femmes et aux enfans occupés au sarclage des mauvaises herbes. Celui-ci répondit, vingt sous par journée. Alors le roi Lui dit : « J’acquiers à l'instant la preu
ue tu es un fripon, et que tu détournes à ton profit la subsistance des pauvres. » L’intendant du château , qui était présent à cette scène, regoit les reproches les plus vifs sur sa négligence ; et le roi lui ordonne de renvoyer aussitôt le jardinier, après qu’on aura prélevé sur les gages qui lui sont dus l’indemnité apparte-
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nant aux femmes et aux enfans qu’il avait frustrés. :
La régence de Tripoli, quelques jours après que Louis XVI fut parvenu au trône, le fit pressentir sur ses dispositions à conserver les traités existans entre elle et la France. « Le premier devoir dessouverains, répondit Louis X VI, c’est la fidélité aux traités. J’en donnerai l’exemple, et la justice sera toujours la base de ma conduite, »
Daxs une des premières séances qu’il tint dans son conseil, un arrêt de surséance à des poursuites judiciaires était sollicité par un homme puissant ; mais Louis XVI refusa de l’accorder, et se prononça en faveur des * “anciers, Dans la même séance, pareille requête fut présentée au nom d’un marchand. «La cause est décidée, dit le roi : ainsi que l’homme de cour , le marchand doit payer ses dettes. » Le rapporteur de l'affaire lui fit remarquer qu'il était dû à ce même marchand, pour fournitures faites an compte du feu roi, une somme qui lui suffirait pour payer ses créanciers, s’il la touchzit. « Eh bien ! reprend Louis XVI, je dois l'exemple, j'ordonne que le roi payera sans délai, afin que le marchand puisse payer. »
Lie bien rendu pour le mal.
Uxe princesse de Pologne , qui se trouvait à Paris en 1772 , ayant eu l'artère coupée par nn chirurgien quoiqu’habile , mourut de cet accident ; inais, deux jours avant sa mort , elle fit insérer dans son testament ce qui suit : « Per
174 MORALE suadée du tort que mon accident fera au malheureux chirurgien qui est la cause de ma mort, je lui lègue, sur mes biens, la somme de deux cents ducats de rente viagère, et lui pardonne de tout mon cœur sa méprise. Je souhaite ardemment qu’ilsoit indemnisé par-là du discrédit que pourra lui causer ma fatale catastrophe. » (Tiré des Ænecdotes chrétiennes. ) Trait qui n’a pas besoin d’éloge.
Uxe pauvre veuve de Poitiers a un fils que la misère destinait comme elle à être domestique. Cet enfant profite d’un établissement où on enseigne graruitement la jeunesse dans un talent honnète et utile : son émulation est récompensée par ses progrès ; 1l mérite d'obtenir ensuite une place où il peut vivre gracieusement : s’il est sage, il a le moyen de devenir citoyen recomimandable. Mais, nour se rendre à sa destination: , pour y paraître et s’y maintemir convenablement , selon sa situation actuelle , il a besoin d’un vêtement, de linge et d’autres petits secours; sa mère est hors d'état de ies mi fournir. Un ancien domestique du voisinage , qui n’est ni le parent ni le parrain de cet enfant, maïs qui connaît la pauvreté et l’honnêteté de la mère, et l’émulation du jeune homme, instruit de l'embarras de l’un et de l’autre, qui pouvait faire manquer la bonne fortune du dernier , si personne ne l’aidait surle-champ . porte à cette femme cinquante écus, et lui dit : « Tenez, habillez votre fils, qu’il parte, et recommandez-lui d’être bon sujet; 1l me rendra cette somme lorsqu'il le pourra; s'il
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ne le peut pas, je la lui donne, pourvu a il vous soulage dans votre vieillesse.
Le voleur secouru par celui qu'il voulait voler.
Sr l'expérience n'avait pas appris que les crimes sont souvent produits par la pauvreté, et qu’en faisant cesser l’une, on tarirait aussi la source des autres, le trait que nous allons citer suflirait seul pour le prouver. Le voici tel qu'il est rapporté par M. l’abbé Lemomier :
Un fermier de la paroisse de... portant sur un cheval la farine d’une demi - somme d'orge, est attaqué par un voisin qui, le bâton levé, lui demande en jurant sa farine. Le fermier saisit son homme au collet, le terrasse ;° et lui dit: « Tu vois qu’il ne tiendrait qu’à moi de t’assommer. Assomme, répond le voleur, assomme, ou me donne ta farine: je meurs de faim , moi, mes enfans et ma femme. Ah! si tu meurs de faim, reprend le fermier, c’est autre chose ; mais je ne veux pas que tu sois voleur. Prends le sac, je t’en fais présent ; je vais t'aider à le charger. Va- t-en , et ne dismot. » En rentrant dans sa maison, le fermier conte son aventure à sa femme, qui cache un pain dans son tablier, et: court le porter à la malheureuse famille, Le voleur redevient homme de bien ; on lui donne de l’onvrage, et 1l élève ses lues dans les bons principes. Combien de malheureux que la misère entraîne dans le crime, cesseraient de le commettre , comme ce voleur, si ceux qui peuventles secourir avaient la même charité que le bon fermier dont nous venons de parler! (Tiré des Anecdotes chrétiennes.)
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176 | MORALE Amour de Henri IV pour son peuple.
Des troupes qu'il avait envoyées en Allemagne ayant pillé quelques maisons de paysans, Henri dit an capitaine qui était encore à Paris: « Partezendiligence,donnez-y ordre, vous m’en répondrez. Quoi! sion ruine mon peuple, qui me nourrira, qui soutiendra les charges de l’état? Qui payera vos pensions ? Vive Dieu ! s'en prendre à mon peuple, c’est s’en prendre à moi, »
Ce prince avait déjà pris de vive force les faubourgs de Paris; et il aurait pu s'emparer de toute la ville, s’il n’eût craint pour elle les horreurs du pillage. Ilse sacrifia donc à l'intérêt de son peuple: « Car je suis, disait-1l, le vrai père de mon peuple. Je ressemble à cette vraie mère de Salomon : j'aimerais mieux m'avoir pas de Paris, que de le xoirtout ruiné et dissipé par la mort de tant de personnes, »
À ce même siége, 1l permit à ses officiers d’envoyer des rafraîchissemens à leurs anciens ainis et aux dames. Les soldats passaient des pains et des barils au-dessus des murailles. Ainsi ce prince, en assiégeant des sujets rebelles , les nourrissait lui-niême. Sa compassion était encore plus grande que leur égisement.
Le duc de Nemours, qui commandait alors dans Paris, en avait fait sortir toutes les bouches inutiles. Le conseil du roi ne voulait pas qu’on leur accordât passage, mais Henri IV fut d’un avis contraire : «Je ne m'étonne pas, disait-il, si les chefs de la ligne et les Espagnols ont si
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