‹ La morale en action ou Choix de faits mémorables et instructifs, propres à faire aimer la religion, la sagesse, à former le cœur par l'exemple de toutes les vertus [microforme]Chapitre 21 sur 31 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y

hic

Drap

Pho

Gorporation

demañdant l’aumône jusqu’à ce lieu, qui est celui de ma naissance; j’entrai au service du maître de cette ferme, et ayant gagné les bonnes grâces de mon maître par ma fidélité et mon atiachement, 1l me fit épouser sa fille qui était unique. Dieu a béni les efforts que j’ai faits pour être homme de bien, j'ai amassé o'ielque chose ; vous pouvez disposèr. de moi et.de tout ce qui m'appartient ; et je mourrai content à présent que je vous ai vu, et que je puis vous prouver ma reconnaissance, » Le religieux lui dit qu'il était trop payé du service qu’il lui avait rendu, puisqu'il faisait un si bon usage de la vie qu’il lui avait conservée; il ne voulut rien accepter de ce qu’on lui' offrait ,. mais il. ne put jamais refuser au paysan de rester quelques jours chez lui, où'il fut traité comme un prince : ensuite ce bonhomme le força de se servir au moins d’un de ses chevaux pour achever sa route, et

ne voulut point le quitter qu'il ne fût sorti des ,

chemins dangereux qui sont en grand nombre dans ces quartiers.

Belle vengèance d’un jeune soldat.

Penpaxr le siége de Namur, que les puissances alliées contre la France firent au commencement du siècle dernier, on connut dans le régiment du colonel Hamilton , un bas-off. cier qu’on appelait Union, et un soldat 1ommé Valentin : ces deux hommes étaient rivaux , et les querelles particulières que leur amour avaît fait naître, les rendirent ennemis irréconciliables. Union, qui se trouvait l'officier de Valentin , saisissait toutes. les occasions possibles

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.timent: le soldat souffrait tout sans résistance;

mais 1l disait quelquefois qu’il donnerait sa vie pour être vengé de ce tyran. Plusieurs mois s’étaient passés dans cet état, lorsqu’un ‘jour ils furent commandés l’un et l’autre pour l’attaque du château : les Français firent une sortie où Pofficier Union reçut un coup de feu dans la cuisse. Il tomba ; et, comme les Français pressaient de toutes parts les troupes alliées, il s’attendait à être foulé aux pieds. Dans cemoment il eut recours à son ennemi : « Ah! Valentin, s’écria-t-1l, peux-tu m’abandonner? » Valentin, à sa voix, court précipitamment à lui; <:*, au milieu du feu des Français, il mit l'officier sur ses épaules, et l’enleva courageusement à travers le danger jusqu’à la hauteur de l’abbaye de Salcire. Dans cet endroit, un boulet de canon le tua lui-même, sans toucher à l'officier. Valentin tomba mort sous le corps de son ennemi qu’il venait de sauver. Celui-ci, oubliant alors sa blessure, se releva en s’arrachant lescheveux; et se rejetant aussitôtsur ce corpsdéfiguré: « Ah! Valentin, s'écrie-t-1l en rompant un silence mille fois plus touchant que les larmes les plus abondantes, Valentin , est-ce pour moi que tu meurs, pour moi qui te traitais avec tant de. barbarie? Je ne pourrai paste survivre, je ne le veux pas... non.» Il fut impossible dé séparer Union du cadavre sanglant de Valentia , malgré les efforts qu’on fit pour l’enarracher. Enfin on l’enleva, tenant toujours embrassé le corps de son bienfaiteur ; et pendant qu’on les portait ainsi l’un et l’autre dans les rangs, tous leurs

camarades, qui connaissaient leur inimitié, pleuraient à la fois de douleur et d’admiration. Lorsqu'Union fut ramené dans sa tente, on

: es de force la blessure qu’il avait reçue; mais

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Valentin, mourutaccablé de regrets. M. Stéel, qui rapporte ce fait dans ses ouvrages, propose en même temps ce problème à résoudre : Lequel de ces deux infortunés fit paraître plus de générosité, ou celui qui exposa sa vie pour son ennemi , ou celui qui ne voulut pas survivre à son bienfaiteur ? Si l’on nous demande notre sentiment, nous croyons que l'officier Union dut cet enthousiasme de la vertu qui l'enflamma à l'héroïsme de son.ennemi, et l’imitateur n'est jamais si grand que le modèle. Il est certain, d’ailleurs, que le soldat Valentin aurait été capable de faire ce que fit l'officier Union; mais nous pouvons douter que celui-ci se fût exposé à une mort presqu'inévitable pour sauver la vie à son ennemi.

Æpologue.

Ur jeune prince très-puissant régnait dans les Indes ; il était d’une fierté qui vonvait devenir funeste à ses sujets et à lui-même. On essaya en vain de lui représenter que l'amour de ses sujets est toute la force et ioute la puissance du souverain; ces sages remontrances ne servirent qu’à faire périr leurs auteurs dans les tourmens. Un bramine, ou philosophe, dans le dessein de lui indiquer cette vérité, sans toutefois s’exposer au même péril, imagina Île jeu des échecs, où le roi, quoique la plus impor-

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EN ÂÀCTION. 185

tante de tontes les pièces, est impuissant pour attaquer et même pour se défendre contre ses ‘ennemis, sans le secours de ses sujets et de ses soldats. Le monarque était né avec beaucoup d'esprit; 1l se fit lui-même l’application de cette leçon utile, changea de conduite ,et par-là prévint lesmalheurs qui le menaçaieny. La reconnaissance du jeune prince lui fit laisser au bramine le choix de la récompense, Celui-ci demanda autant de grains de blé qu’en pourrait produire le nombïe des cases de l’échiquier, en doublant toujours depuis la première jusqu’à la soixante-quatrième, cequilui fut accordé sur-le-champ etsans examen ; mail se trouva,

par le calcul , que tous les trésors et les vastes empires du prince ne suffiraient point pour remplir l'engagement qu’il venait de contracter.

Alors notre philosophe saisit ce‘te occasion pour

lui représenter combien 1l importe aux rois de

se tenir en garde contre ceux qui les entourent;

combien ils doivent çraindre que l’on abuse de leurs meilleures intentions.

7 Anécdote française.

Ux capitaine turc fut pris par un des vais.

seaux de la flotte de M. Du Quesne, lorsqu’if allait bommbarder Alger, et rendu six semaines après, pendant une négociation qui s’ouvrit, mais qui ne procura point la paix, Quelque temps après, M. le comte de Choiseul fut pris

ar des chaloupes algériennes. M. Du Quesne

fait d’inutiles efforts pour obtenir sa liberté ; le

capitaine turc, pris avant le bombardement

par le vaisseau sur lequel servait M. L comte : FF | CRE SE + -

deChoiseul ; etrendu par M. DuQuesne, sejette aux pieds du dey d'Alger, offre sa fortune pour sauver M. le comte de Choiseul , mais inutilement ; on l’attacha au canon : le capitaine, désespéré, l’embrasse étroitement, et s’adressant au canonnier : « Feu, lui dit-il, puisque je ne puis sauver mon bienfaiteur, je Mourrai avec lui. » À ce spectacle le peuple se calme,

et la reconnaissance conserve M. le comte de Choiseul.

Traits de bonté et de bienfaisance de Louis XVI.

CE prince avait tant à cœur l'amour de la justice , qu’il répondit à madame de Marsan, son ancienne gouvernante, qui lefélicitait sur le bonheur d’un roi toujours appliqué à faire le bien : « Ah ! mon bonheur! croyez-vous, maman , qu’il puisse être bien pur, quand je ne puis douter que malgré moi je fais encore bien des injustices? »

Uxe longue liste, contenant des nominations d'officiers, avait été présentée à la signature du roi par son ministre de la guerre, le prince de . Montbarrey. Le roi prend son crayon, et efface

de la liste tous ceux qui sont recommandés par de gran personnages de sa cour. Cette mé-

thode sembla toute nouvelle au ministre, qui se permit alors d’en faire l'observation à Sa Majesté. « Eh! monsieur, lui dit Louis XVI, ne voyez-vous pas que ceux qui ont de si bons appuis sauront toujours se tirer d'affaire, et qu'ilest de justice que moi, le père commun

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de mes sujets, je m’établisse le protecteur de ceux que je vois privés de toute protection ? »

Daxs un hiver très-rigoureux il fit faire de très-grands feux dans toutes les cours de ses palais. Les pauvres étaienttous admis indistinctemenwà venir s'y chauffer; et lui-même, malgré le froid, venait à chaque instant visiter les feux. Ce bel exemple fut imité par tous, et la vie d’un grand nombre de pauvres futainsi sauvée.

Uxe autre fois ( et le froid était encore riee, il ordonna un abattis considérable ans les bois qui lui appartenaient aux environs de la capitale. Un ministre lui ayant proposé de les faire vendre, le roi, indigné, lui répoudit :

des malheureux qui manquent de pain ?» IL ordonne ensuite au lieutenant de police de se concerter avec les curés de Paris pour dresser un état de tous les pauvres que leur indigence reconnue metiait dans le cas de participer à cette royale aumône; et sur-le-champ la coupe de bois est distribuée gratuitement. Il ordonne en outre que, tant que durera la rigueur du froid , une somme de cinq cents louis sera répaTe tie sous la surveillance des curés, soit en comestibles, soit en avances de matières premières analogues à Pindustrie des indigens.

Le nombre des panvres s’étant accru de tous les ouvriers que le froid tenait sans occupation, les curés de Versailles vinrent supplier le roi d'ajouter à ses aumônes ordinaires. « Rien de

« Voudriez-vous vendre mon bois à

plus juste, répond Louis X VIT; cependant il fau< drait occuper ce monde-là. — Mais, Sire, que faire de gens dont le seul talent est de remuer la terre ou de faire du mortier ? d’ailleurs la terre,

elée à trois pieds de profondeur, et couverte d'autant de pieds de neige, ne leur laisse aucune ressource. — Eh bien : en attendænt que la terre soit abordable, nous les occuperons à bêcher la neige ; car il faut les occuper. En effet, tous les bras désœuvrés furent appliqués à ce travail dans le châtean et dans les rues de Versailles. Puis Louis X VI, comme le meilleur des pères de famille, alla visiter ses pauvres ; et, s’arrêtant au milieu d’eux, leur dit: « IL faut, mes enfans, que je vous apprenne votre pensée. Vous dites en vous-mêmes: On nous occupe là d’une plaisante besogne et d’un travail bien inutile. Eh bien ! vous vous trompez : 1l fait actuellement froid ; ce travail vous échauffe et vous épargne du bois: vous vous ennuieriez ; ce travail vous distrait, et puis le salaire vient au bout... Dites-moi, combien vous paye-t-on votre journée ? — Sire, nous avons reçu hier quinzesous.— C’est peu que quinze sous, quand on est chargé de famille; je verrai si nous pouveus faire mieux. Les cris de vive le roi ! vive notre bon roi ! avaient déjà accueilli le prince à son arrivées ils redoublèrent à son départ, et le . lendemaïn les ouvriers reçurent vingt sous.

Pexpaxr ce mème hiver, un de ses officiers vint lui rapporter que les pauvres qui, dans sa capitainerie, étaient sans ouvrage, tuaient le gibier à coups de bâton : « Ne vois-tu donc pas,

nt il fau ire, que emuer la la terre »

couverte laisse audent que perons à 1per. En pliqués a s rues de meilleur pauvres ; dit: « Il ane votre 1 nous OCan travail mpez : 1l s échauffe nuleriez ; aire vient paye-t-on reçu hier us, quand ous pouroi ! vive e prince à part, ct le sous.

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EN ACTION. 189 lui réponditle prince , que ces malheureux qui, de ton aveu, n'ont rien à faire, sont exposés par cela même à n’avoir rien à manger! Tant que ce froid durera , j'entends qu’on n’inquiète personne pour le gibier, » Louis XVI sentait que parmi les indigens il est une classe à laquelle on doit épargner Phumiliation de se voir vonfondue avec la populace pour l'application des secours, et 1l fonda chez les Frères de la Charité une infirmerie pour la classe distinguée tombée dans l’indigence.

Exemple admirable de pénitence.

Ur des plus beaux exemples de pénitence que nous offrent les fastes de la Religion, est celui que donna autrefoisun seigneur du Languedoc, nommé Ponce de Lavèze. Après avoir été pendant long-temps la terreur de ses voisins et le fléau de toute la contrée, il fut tout à coup si touché de la crainte des jugemensde Dieu, qu’il résolut de faire une pénitence aussi éclatante que l'avaient été ses crimes , et changea aussitôt de vie et de conduite. Ses anciens amis, approbateurs et complices de ses désordres , vinrent le trouver avec étonnement, etilleur parlad’un air si pénétré, qu’il en engagea six danslegenre de vie qu’il se proposait de suivre. |

Il résolut d’abord de vendre ses biens pour les distribuer eu pieuseslargesses, après avoirtoutefois satisfait aux devoirsde la justice, Il fit publier la vente qu’il en voulait faire; 1l se rassembla, au jour convenu, un grand nombre d’acheteurs de toute condition. Comme 1l était fort riche, les bourses s'épuisèrentavant que tout füt vendu.

190 MORALE Alors il déclara que pour ce qui restait, il prendrait en paiement les grains, Les bestiaux ettout ce qui peut servir aux usages de la vie. Ensuite il fit annoncer que tous ceux qui avaient à se plaindre de ses vols et de ses injustices, eussent à setrouver à Pignerolles, dansles trois premiers jours de la Semaine Sainte, qui était proche. | Le Dimanche des Rameaux, s'étant rendu à Lodève ,ilattendit que la procession fût arrivée à la place publique , où l’on avoit dressé un échafaud , pour faire de là un sermon au peuple.

Alors Ponce s’y fit conduire la corde au cou, et les épaules nues, sur lesquelles ceux qui le conduïisaient , ne cessaient de décharger , par son ordre ; de rudes coups de verges. Îl monta sur l’échafaud où le clergé avait pris place, se prosterna aux pieds de l’évêque , lui présenta un papier où il avait écrit tous ses péchés, et le ria delefaire lire en présence de tout le peuple. L’évèque voulut lui en épargner la honte; mais le pénitent fit tant d’instänces, qu'il’ fallut faire la lecture. Tout le temps qu'elle dura, et qui fut long, il se fit de nouveau frapper de verges, demandant toujours qu’on frappât plus fort, et se confessant coupable de toutes ces iniquités. L’édification fut grande parmi les assistans, qui tous fondaient en larmes. Plusieurs à qui une mauvaise honte avait fermé la bouche dans les confessions, même secrètes, firent à cet exemple upe généreuse pénitence.

Le lendemain, jour indiqué pour la réparation des torts que Ponce avait faits, 1l se rendit à Pignerolles, et trouva un grand nombre de personnes quiétaient dans le cas d’obteuir de lux

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EN ACTION: 191 des restitutions, Il commença par se prosterner aux pieds de chacun d’eux, en leur demandant pardon; puis leur rendit en mêsie nature ce

u’il avait pris en argent, denrées, bétail et ruits de toute espèce. 11 leur semblait retrouver les choses mêmes qu'ils avaient perdues ; leur joie No leur surprise. Son nom , qui avait été si long-temps l’objet des malédictions publiques) ne Ét plus prononcé qu'avec admiration.

omme tout le monde s’en retournait content , Poncewaperçut dans la foule un paysan de son voisinage ; qui n’avait rien répété. « Pourquoi, mon ami, lui-ditil, ne medemandes-tu rien, tandis que je satisfais tous les autres? Moi, seigreurs répondit le paysan, bien loin de me aire du tort, vous m’avez.toujours protégé contre mes ennemis. Ne te souvient:il pas , reprit Ponce, d’avoir perdu de‘nuit ton troupeau en un tel temps ? ce fut moi qui le fis enlever. Je vous le donne volontiers , répliqua le paysan , qui se souvenait à peine de cette perte, depuis long-temps réparée. » Mais Ponce l’obligea .de recevoir un‘autre troupeau. Après ces.œuvres de devoir, Ponce distribua aux pauvreslereste de ses biens, etseretira avec ses compagrions dans une solitude où il vécut et mourut saintement.

Beau trait de M. d'Orléans de la Mothe.

M: n'Orréaxsnera Morus, évêque d'Amiens, est un des prélatsles plus vertueux que la France ait possédes. À une piété sublime et éclairée, toute l’ardeur d’un zèlemiraculeux, il joignait l’aménité du caractère et ta plus piquante vivacité d'esprit. La Franceentièrelecanonisa, pour

em œx- . …

192 MORALE ainsi dire, de son vivant, et l’impiété se tut devant le jugement de la multitude. |

Il apprit vi jour que la paroisse de Quenel, située dans son diocèse, était ravagée par une maladie contagieuse des plus meurtrières, et il manisfesta aussitôt l'intention d’ÿ faire une visite pastorale. On lui fit des représentations sur le danger où il s’exposait en venant respirer un air empesté. Le charitable prélat répondit que c'était surtout dans desoccasionssemblables que les ouailles devaient recevoir de la consolation de leur pasteur; et qu'avec la grâce de Dieu, il était décidé à ne pas priver la malheureuse paroisse de Quenel de celle quepouvaitlui pre sa | than En effet, ilarriva à Quenel au jour indiqué, et vit par lui-même la vérité de ce qu’on

lui avaitannoncé. Tout, dans ce village, portait .

l'empreinte du deuil et-de la mort. M, de. la Mothe descendit à l'églisé; 1l y fut suivi par une multitude éplorée, mais chez qui cependant Ja vue du saint prélat faisait renaître la con= fiance. |

Il donna le bénédiction du Saint-Sacrement, etil exhorta les assistans à recourirà Dieu, et à mettre enluitoute leurconfiance. Le lendemain il dit une messe à laquelle assistèrent tous-ceux des paroissiens qui n'étaient pas atteints de la contagion. Il semble que Dieu ait voulu bénir l’ardente charité du bon évêque, car dès ce moment l'épidémie cessa ses ravages comme par miracle; et ceux qui en étaient atteints recouvrérent promptement la santé. Cet événement est consigué dans les registres de la paroisse par un acte signé d’une multitude de témoins,

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uenel, \r une s, et il une Vis ons SUT irer un dit que les que olation heu, il euse pa’ rocurer au jour ce qu’OTi , portalé .

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Beau trait d'un Evêque de Gap.

L'évkquede Gap revenait à pied de son chàteau de Charance, lorsqu'il rencontra un paysan qui lui parut fort triste. « Où allez-vous, mon ami? lui dit le prélat ; vous me paraïssez inquiet, — Hélas! monseigneur, lui répondit te Se D [a perdu un bœuf: c’est demain la oire, et al faut le remplacer. Je suis sans ressource, mes voisins n’ont pu ou m'ont pas voulu me prêter deux louis. Je vais à nne lieue d'ici voir un ancien ami qui me rendra peutêtre ce service. —Pourqnoi aller si loin? dit alors l'évêque ; ne savies- vous pas que. vous aviez un ami plus près qui ne vous refuserait rien? Deux louis ne vous suffiront pas, en voilà trois. Adieu : bonne foire.» Et le prélat se hâta de continuer sa route, Le paysan court après lui en criant s « Maïs, monseigneur! mon » seigneur ! n’auriez-vous pas un morceau de » papier et une écritoire? — Non, mon ami, » lui répoud l’évêque; nons n'en avons pas » besoin : portez l’acte obligatoire dans votre » cœur, Votre quittance est daris le mien, »

Belle leçon d'un Monarque à son fils.

Us roi plein d'humanité pour ses sujets, avait un fils d’un caractère tout opposé. Se croyant d’une gutre nature que le commun des hommes, il traitait les peuples et les grands eux-mêmes avec un ton En hantenr et de du-

reté qui lesrévéltait. Son père, craignant qu’il ne les rendît malheureux lersqu’il serait sur le trône , et que, las de sa domination, ils nese

soulevassent contre lui, travaillait en vain à lui faire perdre son orgueil et sa fierté. Un jour qu'iltémoignait sa peine à un desescourtisans, ce confident zélé prit sur lui, avec le consentement du roi, de carriger le jeune prince. Il saisit la circonstance où la princesse son épouse venait de lwi donner un fils. La nuit suivante , il fit mettre un antre enfant qui venait de naitre à côté de celui-ci, après avoir pris les p'RneRe nécessaires pour ne pas risquer de les confondre. Le prince, à son réveil, n’a rien de plus pressé que de courir au berceau de son fils : quelle est sa surprise lorsqu'il y voit deux enfans tout-à-fait semblables, et n'ayant aucune marque extérieure qui les distingue!

De l'étonnement il passe à tous les éclats de l’emportement ct de la fureur. Le roi survint, attiré par ses cris: « Eh quoi ! mon fils, lui ditil, déjà prévenu par son confident, vous est-il si difficile de discerner quel est ici l’enfent qui vous appartient? Votre sang, qui coule dansses veines, peut-il lui laisser rien de commun avec les autres mortels? La nature n’a-t-elle pas imprimé en lni des caractères de supériorité et de grandeur auxquels il soit impossible de se méprendre? Et ce fils de l’héritier présomptif de ma couronne peut-il ressembler au dernier de ses sujets ? » Le jeune prince comprit aisément .le sens de ces paroles, et devint ausi affable, aussi hun:ain que l'était son père.

Mer. ze Dauru:x, père de Louis XVI, a fait

à nos princes, dès leurs plns tendres années, À . muelecon non moins forte, et plus touchanie !!

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