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EN ACTION. 195 encore. Il fit apporter en leur présence les reaistres dela paroisse sur laquelle ils avaient été baptisés, « Vous voyez, leur dit-il, votre nom précédé et suivi d’une foule de noms obscurs : comme hommes, vous vous tronvez iciconfondus avec une foule d’autres hommes; vons l'êtes également comine Chrétiens : c’est qu'en eflet , sous ces deux rapports, qui forment en
vous cequ'il ya de plusprand, tous les hommes sont vos égaux, »
Reconnaissance, générosié et modestie d’un pauvre jeune homme.
Ux jeune homme de dix-huit ans, élevé à Paris dans l'hôpital des Enfans-Trouvés , où il avait été baptisé sous le nom de Pierre, fut envoyé avec d’autres, au sortir de l'enfance, à Saint-Quentin pour y être nourri moyennant une légère rétribution. On vint, au bout d’environ cinq ans, retirer les enfans des mains de ceux qui s’en étaient chargés. Pierre, redoutant Je séjour d’un hôpital, trouva le moyen de s’échapper et de revenir à Saint-Quem'n. Un traitenr de cette ville, touché de sa jeunesse et de sa misère, le recueillit dans sa maison, et : lui apprit son métier, sans autre vue que de faire une bonne action. Il vient d’en recevoir la récompense, Un créancier exigea, ya quinze jours (écrivait-on d'Amiens, le sept octobre mil sept cent quatre-vingt), le paicment d’une somme modiqne que Ti devait le bienfaiteur de Pierre. Ce particulier, dénué de fonds, résolut, pour faire honneur à sa dette, et se mettre à l’abri des poursnites dont il était
596 MORALE | menacé, de vendre une partie de son argenterie. Ta ppelle l’enfant-trouvé, lui confie sa situation et son désespoir, et le charge de vendre ses etfets. Cette nouvelle décide Pierre : il dit au traiteur de ne point se presser de vendre son argenterie, ct qu'il va travailler à le tirer d’embarras par d’autres moyens. Sans s'expliquer davantage, le jeune homme va trouver M. de Fronsure , colonel au corps royal d'artillerie, s'engage dans le régiment d'Auxonne, reçoit le prix de sa liberté, et l’apporte à son bienfaiteur. « Tenez, Jui dit-il, il y a long-temps que j'ai envie de servir Île roi; et pour vous prouver que je ne suis pas nn ingrat, je viens de me satisfaire : acquittez votre dette. »
Je traiteur et sa femme, fondant en larmes, embrassent le jeune homme, et veulent le forcer à reprendre son argent; maïs rien ne peut ébranier sa résolution : 1l vient de partir, emportant l'estime de cette ville.
Cet acte de reconnaissance a donné lieu à une action qui mérite d’être citée. L’oflicier dut, dans la chambre du jeune soldat, l’article du Mercure qui le concernait ; il convint que tout y était rapporté dans la plus exacte vérité; mais le moaeste silence qu’il avait gardé jusqu'alors sur une conduite qui lui fait tant d'honneur, est nn nouveau trait qui ne mérite pas moine la publicité que la reconnaissance qu’il a exer-
cée envers ses bienfaitours, Plein d’admiratwon-- |!
pour les belles qualités de ce jeune lromme, son régiment s’est chargé de lui procurer des maitres et des instructions qui le mettent à même deremplirunétatconforme à6a façon de penser.
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Trait de patience.
Ux de nos généraux à qui, dans l’ardeur du
combat, on apprit que sun fils venait d’être
tué, déploya une bien grande force decaraetère :
« Sungeous, dit-il, maintenant à vaincre l’ennemi, demain je pleurerai mon fils. »
Us autre, c'était M. de Saint-Hilaire, lieutenant-général de lartillerie , eut un bras ein porté du même coup de canou qui tua M. de l'urenne. Son fils s'étant mis à pleurer et à crier: « L'aisez-vous, mon enfant, lui dit-il, et eu lui montrant M. de Turenne étendu mort :
voilà celui qu'il fant pleurer. »
Senrir vivement ses malheurs, et cependant étoufter les murmures de la nature qui souffre ; entrer daus les jngemens adorables d’une Providence qui, ou jalouse de ses droits en punit les prévaricatenrs, ou tendre et bienfaisante, sous l’apparence de la sévérité, conduit ceux qu’elle aime, par des voies difficiles, an terme heureux qu’elle leur a marqué: voilà les traits d’une patience vraiment héroïque, et dont la Religion seule est le principe. Le moyen le plus assuré pour se délivrer des afflictions, disait ua grand génie, c’est de prendre plaisir à y restes taut qu'il plaît à Dieu de nous y laisser.
La douceur et la modération estimables surtout dans les grands.
La colère et la fierté, loin d’être les prérogalives des grands, en sont l’abus et l’opprobre ;
ils ne méritent plus d’être les maîtres de leurs sujets dès qu'ils oublient qu’ils en sont les pères.
: Cuarzes VT était doux, affible, et ne refitsait audience à personrre; il n’oubliait jamais les services qu’on lui avait rendus; quelque sujet qu’il eût de se fâcher, il ne maltraita jamais qui que ce soit; attentif à ne pas ajouter foi aux rapports qu'on lui faisait, persuadé que la passion ne pouvait prévenir les gens de bien: « J'aime mieux, disait-il, ne pas croire le.mal où il est, que de m’exposer à le croire où 1l n'est pas. »
On rapporta un jour à ce prince qu’un homme qu'il avait comblé de grâces, avait mal par- 16 de lui : « Cela ne pent pas êtie, répliqna:t-il ; je lui ai fait du bien. » Le même roi, dans une bataille contre les Flamands, qui se donna au commencement de son règne, fâché de voir beaucoup de ses gens tués, voulait s’avaucer et charger lui-même ; mais le duc de Bourgogne l'en ayant empêché : « Ah! faut-il, s’écria ce prince, demeurer les bras croisés tandis que tant de braves gens meurent pour mon service? » ,
: Ur célèbre avocat déclama publiquement contre la personne et le gouvernement de Philhppe IT : on le mit en prison. L'affaire ayant été portée au conseil du monarque, il lui acpar sa liberté: « C’est un fon, ajonta-tl, puisqu'il parle mal d’un prince qu’il ne connaît pas, et qui ne lui a jamais lait aucun mal, »
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EN ACTION. 199 IL n’y a guère eu de favori qu’on aii plus déchiré par des satires de toutes espèces que le cardinal Mazarin. Supérieur à toutes ces injures, il lisait ou se faisait lire tout ce qu’on écrivaitcontre lui. Comme un juge indifférent, d’un air froid et tranquille, 1l sait : Cette pièce est bonne , celie-là est fade, celle-ci est délicate, cette autre est outrée et malentendue. Il donna une grosse abbaye à un poète qui l’avait outragé par ses vers.
M. pe Cozserr ayant appris qu’un certain poète avait fait un sonnet injurieux contre lui, demanda si le roi y était offensé; on lui dit que non : «Je ne le suis donc pas; répondit le sage
ministre. » | |
Us intendant de province avait fait construire,avecdesdépenses incroyables, de magnifiques chemins, et planter des allées d’arbres d’une beauté admirable; ilfallut, pour le juste alignement de ces ouvrages, rogner et couper des terres appartenant à divers particuliers : un de ceux-ci, à qui on avait donné des lettres de recommandation pour ce même intendant qu’il ne connaissait pas, dans une affaire qu’il avait, vint à Paris, et se trouva par hasard dans une maison où 1l était. Ce magistrat, curieux d'apprendre par lui-même ce que l’on pensait sur son compte dans la principale ville de son département, demanda à ce bourgeois ce qu’on y disait de lui : « Rien de bon, lui répliqua-t- 1l aussitôt : il m’a enlevé la moitié d’une maison et mon jardin tout entier qui nr'étaient fort
200 MORALE utiles, ponr redresser et élargir un chemin dont je n'ai que faire. »
«Onm'adit, continua le magistrat, que votre intendant ne 8e faisait guère aimer. — Point du tout, repartit le bourgeois. En effet, il faudrait avoir de l'amitié à revendre pour en accorder à quelqu'un qui nous traite si mal. » L’iriendaut prit cougé du bourgeois, qui le lendemain l’étant allé voir, fut surpris de reconuaître la personne sur le compte et en présence de la- 4 il s'était si librement expliqué la veille; il ne put cacher son embarras. L'intendant se contenta d’en sourire, et l’appuyant de tout son son crédit, lui fit gagner son procès.
Flexn1 ÎV reçut le maréchal de Biron, son plus redoutable ennemi, avec la même bonté que s’il n’eût jamais eu aucun snjet de s’en plaindre. Le roi même était plus inquiet que lo maréchal: « Vorlà un homme bien malhenreux, dit-il à un de ses plus fidèles courtisans , que le maréchal ; c’est grand dommage : j’ai envie de lui pardonner, d’oublier tout ce qui s’est passé, et de Ini faire autant de bien que jamais ; 11 me fait pitié, ct mon cœur ne se peut porterà faire du mal à un homme qui à du courage, qui na si long-temps servi, quré ma été si familier, » La magnamité formait le fond du caractère de cet excellent prince.
Os ne pènt pas faire du bien À tout moment, ais on peut toujours dire des choses qui plai-
sent ; Labia ncs'ra nobis sunt, Louis XIV s'en
etait fait une heureuse habitude; c'était entre
lui et ce qu mails teniai
sx bras l’ava disar et n bien Lou:
qu'il
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evotre ent du udrait brder à irtenlemain itre la de laveille ; dant se DU Son
3 » sons bonté le s’en et qué alherttisans , e : j'ai ce qui en que r ne se e qui & Vis quiré format nice.
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EN ACT105. : 201 luiet sa cour un commerce continuel de tous ce que la majesté peut avoir de grâces, sans jamais la dégrader. Le comte de Marivaux, lieu tenant-général , homme brusque, et qui n’avait pas même adouci sou caractère dans la cour d’un prince si affable et si poli, avait perdu un bras dans une action, et se plaïgnait an roi qnt l'avait pourtant assez bien récompensé , en Îni disant: « Je voudrais avoir perdu l’autre bras, et ne plus servir votre majesté, » J’en serais bien fâché pour vous et pour moi, répondit Louis XIV. Ce discours fut suivi d’une grâce qu'il lui accorda.
M. pe Lauzux, enivré de la faveur dont il jouissait, parla à Louis XIV d’une manière insolente. Le roi approcha d’une fenêtre, y jeta sa canue, et dit : 4 Dieu ne plaise que je m'en serve pour frapper un gentilhomme,
Daxs une autre occasion, le même seisnenr ayant encore blessé l'amitié qu'il savait que le roi avait pour lui, le monarque se contenta de dire : Ah! si je n'étais pas roi, je me metkrais ed colère. |
Iz cst rare qué cet esprit de modération et de douceur, qui devrait être le lien de la société civile , règne surtout parmi les savans et les gens de lettres. Racine était fort amer dans ses railleries, et avait naturellement l’espritmoqueur, quoique tempéré par un grand fond de probité et de religion ; ses amis mêmes ne trouvaient point grâce auprès de lui, quand il leur échappait quelque chose qui pût lui donner prise.
Boileau ayant avancé par mégarde une propositiou qui n’était pas juste, à l'académie des Inscriptions, Racine tomba rudement sur son ami, et alla jusqu’à l’insulter. Boileau se contenta de Ini dire: « Je conviens que j'ai tort; mais j'aime encore mieux l'avoir, que d’avoir si orgueilleusement raison que vous l'avez. » Que cette sage retenue est louable!
Louis XII, prince qui aimait autant ses sujets qu’il en était aimé, n’entendait, partout où 11 allait, que des cris de joie formés dans le cœur avant de passer par la bouche. Que de louanges sans flatteries! On le vit plus d’une feis les larmes aux yeux, quand la nécessité le forçait d'imposer le moindre subside sur son
peuple, qu’il ménageait avec la tendresse d’un
vral père.
Purcrpre De VaALots disait ordinairement que le plus grand trésor’ des rois doit être dans le cœur de leurs sujets, et qu’il aimait mieux être le roi des Français que de la France.
CnHanzes VIII avait beaucoup de bonté, d’humanité et de politesse à l'égard de tont le monde. Il ne se trouve point qu’en toute sa vie il ait chassé aucun de ses domestiques, ni offensé de la moiudre parole aucun de ses sujets,
Le prince de Conti disait souvent que, quand la même Religion n'obligerait pas de regirder les hommes comme nos frères, 1l suffit d’être né homme pour être touché du malheur de ses semblables. De là, à la prise de Neufchà. tel, où la place emportée d'assaut semblait
autor:
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EN ACTION. 203 autoriser le carnage et la fureur du soldat, combien de victimes innocentes arracha-t-1l des bras de la mort! combien arrêta - t-il de ces actions barbares que ne demande plus la victoire, mais qu'inspire la cruauté; apprenantaux Allemands à mêler la valeur qui Los est commune avec nous, à l'humanité qui nous est propre! De là, le lendemain du combat de Steinkerque, il vint sur le champ de bataille, encore tout convert de morts et de mourans; fit transporter tous les blessés sans distinction de Français et d’ennemis; assura à une infiuité de malheureux la vie ou le salut, et força les ennemis mêmes de bénir, dans le héros qui sut les vaincre, le libérateur qni les sauva. Rien ne donne plus d'éclat à la valeur, que de la voir jointe à ia clémence,
La liberté et la hardiesse, nécessaires quelquefois avec les grands.
Iz y a des occasions où la liberté et la hardiesse sont nécessaires , et font plus d'impression sur les grands, surtout quand on a pour soi la raison et la justice.
Hexri IV ayant eu l’imprudente faiblesse de faire une promesse de mariage à mademoiselle d'Entragues, qui fut depuis appelée la marquise de Verneuil , consulta le duc de Sully sur cette démarche : « Lisez, lui dit ce prince en Pabordant, et dites-moi sincèrement ce que vous” or » Le duc, outré de la trop grande faci-
ité du roi, et ne doutant pag qu’on ne fit nn jour un fatal usage de cet écrit, le déchira :
« Etes - vous fou, Sully? lui dit le roi sans » mettre en colère. == Si je le suis, repartit avec liberté le favori, votre majesté montre par cet écrit qu’elle est encore plus folle que moi. Je viens de faire le devoir Pun fidèle serviteur, et vous , sire, vous voulez faire ce qui ne convient jamais à un grand roi, » |
Etre en garde contre l’orgueil , le dédain et Parrogance.
Le grand Turenne était ennemi juré des airs insultans; il ne pouvait souffrir qu’on se moquât de personne : à la cour comme à l’armée , lorsqu'il arrivait quelque nouveau débarqué dont on voulait se divertir, il prenait d’abord son parti d’un air qui imposait aussitôt sileuce à tout le monde, quelque démangeaison qu’on eût de railler. | :
Un jeune gentilhomme arrivant un jour À l'armée, après l’avoir salué, lui demanda où il mettait les chevaux. A cette question, tous ceux qui étaient présens se mirent à rire de la manière du monde la plus mortifiante pour ce geutilhomme ; mais M. de l'urenne, prenant .
un ton sérieux : « C’est donc, leur dit-il, une chose bien étonnante qu’un homme qui nest jamais venu à l’armée n’en sache pas les usages? N'y a-t-il pas bien de lesprit à se rire de lui, parce qu’il ne sait pas des choses qu'il ne peut savoir, et qu'au bout de huit jours il saura aussi bien que vous? » Il ordonna ensuite à son écuyer d’avuir soin des chevaux de ce gentilhomme, et de l’instruire des autres choses nécessaires,
Louis XTV aimait les louanges , et ilest pentêtre à souhaiter qu’un roi lesaime, parce qu’alors äl s'efforce de les mériter ; mais il ne les recevait
s toujours quand elles étaient trop furtes, , L'Académie française, qui lui rendait compte des sujets qu’elle proposait pour ses prix, lui fit voir celui-ci : Quelle est, de toutes les vertus du roi, celle qui mérite la préférence ? Le roi rongit, et ne voulut pas qu'un tel sujet fht traité. Il fit encore supprimer les inscriptions fastueuses dont Charpentier,de l’Académie française, avait shargé les tableaux du célèbre Lebrun dans la galerie de Versailles.
Quaxp Le roi Jean, fait prisonnier du prinse de Galles dans la fameuse bataille de Poitiers, arut devant le vainqneunr, on eût dit qu'il ’était lui-même. Le prince anglais donna va magnifique souper dans sa tente au roi et à tous les prisonniers de distinction ; il le servit pendant tout le repas, et ne voulut jamais se mettre à table, quelque prière que le roi lui en pôt faire. «Je ne snis, disait-l , assez suffisant pour m’asseoir à la table de si grand prince, at de si vaillanthommeque le corps du roi est. » Il tâchait de le consoler, en lui disant qne, quoique vaincu, il avait, par ses actions heroïques, acquis plus de gloire que le wainqueur. On lui rendit tonus les honneurs dn triomphe quand il entra dans Londres; il était monté sur mn cheval blanc richement enharpaché, ayant à son côté le prince de Galles, vêtu fort modestement, et monté sur une petite haquenée. Le roi, la reine et toute la cour
d'Angleterre le reçurent avec'beaucoup d’amitié et de respect. Quand ils virent que la mauvaise fortune ne l'avait point abattu, ils augmentèrent leur. estime pour lui, et adoucirent sa servitude par toutes sortes de déférences et d'honnêtetés.
.1l semble que la Providence ait pris plaisir à ménager, plus de trois siècles après, aux descendans de ce monarque français, occasion de se venger de tant de politesses et de bontés, dans la postérité de cet excellent prince anglais.
: En ele, Jacques IT, roi d'Angleterre, successeur de Charles II, son frère aîné, ayant été chassé de ses états par le prince d'Orange, son gendre, vint avec sa femme et le prince de Galles son fils, encore enfant, implorer la protection de Louis XIV. Cette reine malheureuse fnt étonnée de la manière dont elle fut reçue. Le roi alla au-devant d'elle , et l’aborda en lui disant : « Je vous rends, madame, un triste service, maïs j'espère vous en rendre bientôt de plus grands et de plus heureux, »
Il la conduisit au château de Saint-Germain , où elle trouva le même service qu’aurait eu la reine de France, tout ce qui sert à la’ commodité et au luxe, des présens de toutes espèces en argent, en or, en vaisselle, en bijoux et sn étoffes : il y avait parmi tous ces présens :::1 bourse de dix mille louis d’or sur sa toilette,
Les mèes attentions furent observées pour son mari, qui arriva un jour après elle : on lui régla six ni mille francs par an, pour l’entretien de :4 maison. Outre les présens sans
nombre qu’on ‘ui fit, 1i eut les officiers du roi
forrr leur.
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main} iteu la ommoespèces xeten ns 24 tte, es pour :on lui r l’enhs sans du roi
EN ACTION. 207 et ses gardes. Toute cette réception fut peu de chose en comparaison des préparatifs qu’on fit pour le rétablir sur son trône, .
L'adulation, écueil des grands.
La vérité perce bien rarement les nuages que forment l'autorité des grands et la atterie de leurs courtisaus. Saint-Louis n’eut point de flatteurs , parce qu’il n’aima point ses fautes. Environné d’un nombre d'amis saints et fidèles , 1l les établissait les censeurs de sa conduite, Il chercha dans les gens de bien cette droiture de cœur, cette sincérité dans les discours, cette liberté désintéressée qu’on ne saurait tronver sphere eux seuls : 1l voulait être instruitsans être
atté. La vérité n’est odieuse qu’à ceux qui craignent de la connaître.
Saiwr Louis, évêque de Toulouse, fut ennemi de l’adulation : pour connaître la vérité, et pour avancer dans la perfection, il avait chargé un Frère mineur, qui l’accompagnait toujours, de l’avertir de ses fautes. Ce Frère ayant un jour usé de cette permission devant plusienrs personnes qui en paraissaient mécontentes : « C’est pour mon bien qu’il l’a fait, ropondit le saint évêque, et je l'ai voulu ainsi. Comme l'amitié ne doit rien taire, on doit
prendre en bonne part tout ce e en vient.
Ecouter les flatteurs, et fermer
oreille à la vérité, c’est se pendre. » |
Penpaxe que diabbé de Choisi travaillait à l’histoire de Chæmles VI, monseigneur le duc de Bourgogne, à peine sof@é de l'enfance, lui
adressa un jour ces paroles : « Comment vous y prendrez-vous pour dire que ce roi était fon ? — Monseigneur, lui répondit l’abbé sans hésiter, je dirai qu’il était fou ; la seule vertu distingue les hommes dès qu'ils sont morts. »
Tourte monde s’empressant à faire des complimens à M. Pelletier, qui avait succédé à M. Colbert dans la place de contrôleur-général, Despréaux lui dit simplement : « Monseigueur, je n’envie de votre nouvelle dignité , que l'occasion que vous allez avoir de faire plaisir à bien des gens. »
S’accoutumer à vivre de pes.
Ii n'est pas seulement avantageux, maiseneore nécessaire de s’accoutumer à vivre de peu. À l’armée, les tables de Turenne et de Catinat étaient servies fort proprement, mais trés-simplement : ellesétaientabondantes, mais militaires; on n’y mangeait que des viandes communes, on n’y buvait que du vin tel qu'il naissait dansle paysoù les troupes setrouvaient. Les besoins du corps sont extrêmement bornés; tout ce qu'on désireau-delà est plutôt pourassouvie la cupidité, que pour satisfaire à la nécessité. Lemaréchal de la Ferté, qui a servi la France avec honneur, pensait qu’à l’exemple des Lacédémoniens, on devait accoutumer la jeunesse à une vie sobre et dure. Son maître-d’hôtela yant fait, pe ordre de son fils, nneample provision; pour la campaghe, de truffes, de morilles et de
toutes les autres choses nécessaires pour faire d'excellens ragoûts, 1ni en apporta le mémoice. Le maréchal n'eut pas plutôt vu de quoi il s’a-
thaire distir parr Jui- Lo à cett dispe qui le et non le lux Ar:
son pe valion dans s L’h était d broder seutat:
cut dé Ux habit garde
Pourta
ent vous tait fon ?
sans hérertu disris. »
: des comsuccédé à eur-géné- « Monseidignité , de faire
) Mais enre de peu.
et de Cant, mais | tes, mais es viandes n tel qu'il
ouvalent.
t bornés ; Dour ASSOUnécessité.
la France le des Laa jeunesse iôtela yant provision; rilles et de
mémoire.
quo) 1l s’a-
pour faire
"gissait, qu'il jeta le mémoire avec indignation,
en disant : « Ce n’est pas ainsi que nous avons fait la guerre ; de la grosse viande apprêtée simplement, c'étaient là tous nos ragoûts. Dites à
‘ mon fils que je ne veux entrer pour rien daus
une dépense aussi folle que celle- là, et aussi indigne d’un homme de guerre. »
La simplicité dans les habillemens.
Cuarzemacxe porta les premières lois somptnaires qui réglaient Le prix des étoffes , et qui distinguaient l’état et le rang des particuliers parrapport à leur habillement. Ce princedonna Jui-même l’exemple de la plusgrande simplicité,
Louis IX sut allier la magnificence du trône à cette simplicité dont les grands ne sont pas dispensés. L’usage n’est une loi que pour ceux qui laiment ; ce sont les passions des hommes, et non leur rang et leur dignité, qui ont rendu le luxe et les profusions nécessaires.
Arix d'augmenter ses moyens de soulager son peuple, Louis XVIse coudamnait à des privations, et déployait la plus grande simplicité dans ses habillemens.
L’hahit que portait habituellement ce prince était d’un drap gris et fort commun, sans or ni broderie ; et si l’on en excepte les joursde représentation, il était vêtu plus simplement qu’aucun de ses courtisans.
Ux jour la reine lui dit: « Vous portez là un habit d me paraît bien passé. » Le roi regarde dans une glace et répond: « IL faudra Pourtant, madame, qu'il me fasse mon été. »
Uxe personne admise dans l'intimité de la Famille Royale, examinant un jour la garderobe de Louis XVI, remarqua une paire £ souliers qui commençait à s’user: elle demanda alors si le roi en faisait encore usage. — Oui, vraiment , lui répondit le valet de garde-robe ; quand le roi a des souliers qui vont à son pied, il n'entend pas qu’on les réforme tant que la semelle ne se perce pas, et il a pitié de nos petits-maîtres à qui il en faut deux paires par jour.
Voilà le secret des aumônes considérables que Louis XVI faisait sans cesse. Si l’on mettaiten regard lessommesqu'ila touchéescomme souverain, et celles qu’il a données aux pauvres, aux infirmes et aux afilisés, on en viendrait à ce résultal , que sous son règne un grand nombre de particuliers ont dépensé pour eux
beaucoup plus d'argent que leur rot, qui toute sa vie fut le trésorier des malheureux.
Pairrppe IT chassa de sa cour les comédiens et les farceurs, comme gens ( ce sont les termes de Mézeray) qui ne servent qu'à flatter et à nourrir les voluptés et la fainéantise, à remplir les esprits oiseux des vaines chimères qui les fâtent, et à causer dans les cœurs des mouvemens déréglés, qne la sagesse et la Religion nous commandent si fort d'étouffer.
Ox voit, dit Fénélon , des parens, assez bien Hitentionnés d’ailleurs, menereux-mêmes leurs enfans aux spectacles publics; ils prétendent, en mêlant ainsi le poison avec l'aliment salutaire, leur donner une bonne éducation, et ils ia regarderaieñt comme triste el austère , s1 elle
ne sc faut
hum verti les je laque
fades
inn0
Bel
Ca l'An, dulat jour « ter, s tisan:
mer :
et de avec € nant
nité de la
la gardere sou-
demanda
e — Oui,
rde- robe ;
son pied, nt que la de nos pes par Jour’.
isidérables
l’on metéescomme s AUX paunn en Vielieun grand é pour eux |, qui toute
comédiens t les termes flatter et à , à remplir ères qui les des mouveligion nous
s , ASSeZ bien mêmes leurs prétendent ; liment saluation, et ils stère , si elle
ne sonffrait ce mélange du bien et du mal. Il faut bien avoir peu de connaissance de l'esprit humain, pour ne pas voir que ces sortes de divertissemens ne peuvent manquer de dégoûter les jeunes gens de la vie sérieuse et occupée à laquelle ou les destine, et de leur faire trouver fades et iusupportables les plaisirs simples et innocens.
Belle lecon donnée par Canut-le-Grand à ses courtisans.
Caxur, l’un des plus saints rois qu’ait ens l'Angleterre, craignait antant le langage de l’adülation qu'il aimait celui de la vérité. Un jour qu’il se trouvait au voisinage de VVinchester, sur le rivage de la mer, l’un de ses courtisaus, par une de ces flatteries idolâtriques dout on ne se fait pas scrupule dans les cours les plus chrétiennes, lui donna le titre superbe de roi des rois, et de maître de la mer ainsi que de la terre. Le prince, sans rien répondre, phia son manteau, le mit au boyd des ondes, et s'assied dessus. Après quoi, voyant venir le flux: « Tu es soumise à mes ordres, dit-il à la mer: je te commande de respecter ton maître, et de ne point venir jusqu’à lui. » On écoutait avec étonnement, lorsque les preiniers flots venant à mouiller les pieds du roi: « Vous voyez, dit-il, comment je suis le maître de la mer. Apprenez par-là ce que c’est que la puissance des rois mortels , et qu’à proprement parler, il n’est point d’antre roi que cet Etre-Suprême par qui la terre, la mer, tons les élémens ont été créés, et sont gouvernés. » Après cette grande leçon,
il se leva; et, suivi de tous ceux qui l’euvironnaient, alla droit à l’église de VVinchester, Là, mettant sur la tête du crucifix le diadême qu'il avait coutumes de porter, il protesta que celui-là seul mérite de porter la couronne, à qni toutes les créatures obéissent. Il n’en voulut jamais user dans la suite. Canut mourut peu après une action si digne de terminer un règne qui n’avait presque été qu’une suite continnelle de bonnes œuvres. (Tiré des #necdoteschrétiennes.)
Nobles réponses, bons mo:s et reparties de Henri 1V,
Arrës la bataille de Coutras, où il battit Joyeuse , on lui présenta les bijoux de ce général: «ll ne convient, dit il, qu’à des comédiens de tirer vanité des riches habits qu'ils portent. Le véritable ornement d’un général est le courage, la présence d’esprit dans une bataille, et la clémence après la victoire, »
A la bataille d'Ivry, on lui ft remarqner qu’en cas de malheuril n’avait pris aucune précaution pour la retraite : « Point d’autre retraite, répondit il, que le champ de bataille. »
Suzey représentait à Henri IV qu'il s’exposait avec nne trop grande témérité. «Mon anni, li répondit-il, je ne puis faire autrement ; car, puisque c’est pour ma gloire et pour ma couronne que je combats, ma vie et toute autre chose ne me doivent sembler rien au prix. »
IL courait aux combats avec la plus intrépide gaîté; mais, après la victoire, 1l tombait dans une sorte de tristesse : « Parce qu’il ne
’environster, Là, ème qu’il ne celui-là [ui toutes ut jamais après une qui n’ainelle de rdtisnnes.)
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EN ACTION. a13 pouvait, répondait-il, se réjouirde voir les Français, ses sujets, étendns morts sur la place, et que le gain qu’il faisait ne se pouvait faire sans
erte. » Ainsi ce prince, encombattant des su- Jets rebelles, s’appitoyait sur les maux qu’ils se
causaient eux-mêmes.
A ceux qui l’excitaient à pnnir les ligueurs qni avaïent été les plus acharnés, il fit cette réonse : «Si vous, et tous ceux qui tiennent ce angage, disiez tous les jours votre Patenêôtre de bon cœur, vous parleriez antrenient. Puis-je at-
tribuer tant de succès qu’à Dieu, qui étend snr
moi sa miséricorde encore que j'en sois indigne ? Il me pardonne, je dois pardonner ; il oublie mes fautes, je dois onblier celles de mon peuple : que ceux qui ont péché se repeutent, et qu’os re.m'en parle plus. »
Les Espagnols, après avoir pris Amiens par surprise, furent réduits par Henri IV à demander une capitulation. Mais its voulaient qu’un des articles de cette capitulation permitle pillage de la ville. A l’insolence de cette bravade espa-
nole , le roi répondit qu'il y avait de l’injnstice à demander une chose déjà faite. Les députés protestant du contraire : « Elle n’a pas été pillée eu mon absence, dit Henri, et vous prétendez que je permette qu’elle le soiten ma présence! »
La prevôt et les échevins de Paris lm demandaient de mettre quelques légères impositions sur les tuyaux des fontaines, parce qu’ils avaient à subvenir aux frais du repas à donner à quarante députés des Suisses , arrivés dans la capitale pour le renouvellement de lallance.