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Il leur ditaussitôt : « Trouvez quelqu’autre expédient que celui-là ; il n'appartient qu’à notre Seigneur de changer l’eau en vin. »
Exemples admirables d’humanité.
Lorsque le duc de Bourgogne (le dauphin, pe de Louis XV) commandait l'arinée d’Alemagne, on lui amena un espion qu’on venait e surprendre dans le camp. Le prince voulut NE lui fît grâce; et sur ce que quelqu'un lui isait, pour le détourner de cet acte de clémence, que cet espion était huguenot : « C’est pour cela, répondit:il, qu’il a besoin de temps pour se convertir. »
Ce prince, entrant dans la’ ville de Gand, qu’il venait de prendre, on le prévint qu’on allait faire une salve d'artillerie, « Point du tout, s'écria:t il, le bruit du canon incomimoderait nos malades qui sont dans les hôpitaux. »
Les alliés faisaient le siége de Lille lorsque l'arinée française arriva en vue de cette place pour la seconrir. Le duc de Vendôme voulait que l'ou forçât les retranchemens des alliés. 11 eu coûtera du monde, disait-il; mais notre armée est forte , et lursque les ennemis auront tué assez de soldats pour combler les fossés , 1l nous en restera encore plus qu'il n’en faudra pour aller à la victoire. « Ah! mon cousin , s’écria le duc de Bourgogne, s’il fant qu’une ville soit emportée ou qu’une armée périsse, sauvons l’ar-
mée, et nous retrouverons des villes. »
dati.
tous de tiau:
reux ram ville dait erc En sons vela ril qui gers Lou ce de i
auphin, Se d’Aln verait e voulut un lui > de clé- : « C’est le temps
e Gand, qu'on aldu tout, inoderait x.»
» lorsque tte place e voulait alliés. 11 notre aruront tué s,1lnous dra pour |, S’écria ville soit vons l’ar-
Traits d'humanité et de bienfaisance de M. de la Féronnays, évêque de Bayonne.
Ce digne prélat apprit un jour qu’une inondationaffreuse désolait un canton, et avait forcé tous les habitans d’un village à se retirer au hant de leurs maisons, en abandonnant leurs bestiaux et leurs provisions. Plein d’un zèle généreux, ils’y transporte en toute hâte, après avoir ramassé tous les pains qu’il put trouver dans la ville; et se mettant dans un bateau, il les tendait aux malheureux au bout d’une longue perche, se tenant dans l’eau jusqu’à la poitrine, afin de pouvoir approcher davantage des muisons. Il passa ainsi trois jours de suite, renouvelant ces provisions et ces distributions au péril de sa vie, et animant par son courage cenx qui le suivaient à affronter les plus grands dangers. Ce trait d’héroïsme pastoral fut raconté à LouisXV, qui répondit: « Rien ne n'étonne de ce qui vient des La Féronnays: le brave évêque de Bayonne va à l’eau comme ses frères vont.
au feu. »
A l’époque funeste où le génie révolutionnaire dirigeait les persécutions les plns atroces contre les ministres de la Religion , M. de La, Féronnays fut déporté à Genève, d’où il se rendit à Soleure. I à, existait la plus sainte et la plus charitable desfemmes, madame la baronne de Sury, qui, consacrant à la bienfaisance tous les momens de sa vie et toutes les ressources d’une fortune très-bornée, s’appliquait surtout
à soulager la détresse des ecclésiastiques frarr-
ais. Elle leur procura d'abord des habiilemens do, et parvint à élablir une table gratuite où plus de cent vingt prêtres ont trouvé, durant quatre uns, une nourriture simple, mais saine et assurte. Pour subvenir à cette dépense, qui excédait de beaucoup ses moyens, elle eut recours à des quêtes. Elle avait déjà plus d’une fois mis à contribution la générosité de l’évêque de Lisieut, qni, an jour, n’ayaut plus d'argeut à donner, lui remit sou anneau pastoral pour le vendre au profit de sa table, lui disant qu'il était estimé au plus bas prix à trente louis, Elle l’accepta ; et le mettant en loterie, dont elle fit distribuer les billets dans tous les cantons votsins , elle en eutquarante louis. Par un hasard fort extraordinaire, ou, pour mieux dire, par un eltet de la bonté de la Providence, le lot échut à uu billet que l’évêque, sansêtre connu, avait pris dans une auberge des cuvirons, où on en offrait aux étrangers. Jamais joie ne fnt égale à celle du digne prélat, qui courut tout de suite chez madame de Sury, se felicitant de pouvoir lui rapporter la bague pour l’entretie de sa table ecclésiastique; et elle la revendit encore trente louis.
Il venait d'acheter un très-beau vase de por-eclaine, dont il voulait faire présent. Il le remit entre les mains de son domestique, qui maladroitement le laissa tomber, et resta pâle et dans la plus grande confusion en le voyant brisé en mille pièces. « Mon ani, lui dit l’évêque , tu es
lus affligé que moi : voilà pour te consoler (en fai donnant un écu de six francs); une autre
yav que
Fout des 1 tonte soul fisse:
uv atter un j qu'o TE dom pas
es frair- Mlemens gratuite , durant ais saine use, qui y QUE re us d’une l'évêque lus d'arpastoral ui disant nte louis, dont elle y cantons nn hasard dire, par lot échut nu, avait où on en fut égale nt de suite de pontretie— de enduit ent-
se de por- Il le remit
t brisé en que , tu es nsoler (en uue autre
fois, fais plus attention, et va dire an marchand de m'apporter un vase pareil.
Charité sublime.
Vens le commencement du dernier siècle, 1l y avaît à Toulouse un JésnitenomméQueyrou, qué son zèle et sa charité faisaient regarderdans toute la ville comme le père des pauvres et l'asile des inalheureux. Quoiqne son état le privât de tonte ressource , il en trouvait toujours pour les soulager ; et 1l y avait pen de riches qui ne se fissent nn devoir de contribuer à ses bouuvs «œuvres par leurs anmônes. 11 était ponrtant attentif à ne pas abuser de leur charité; mais un jour une femme désolée vint lni anuoncer qu'on venait de mettre son inari en prison, qu’il lui restait quatre enfans à qui elle ne pouvait donner du pain, et que, si on ne Jui rendait pas celui qi leur en gagnait, en payant la dette pour laquelle il était détenu, elle ne pouvait Dhs s'attendre qu’à périr de désespoir et à voir mourir ses enfans de faim. Le charitable Jésuite, attendri jusqu'aux larmes, crnt devoir se permettre de paraître indiscret en celte occasionÿ et, quoiqu'il eût fait depuis peu nnc quête, il se décida à en faire tout de suite une antre pour le prisonmier. Il alla donc solliciter de nouveau les dons des Âmes charitables, et cn particulier ceux d’un riche négociant, qui, à une bumeur brusque, joignait un grand funds de religion ci un cœur extrêmement compatis:
sant. Malheurensement 1l l’aborda dans un moment où il venait de recevoir une lettre par laquelle on lui annonçait une faillite qui lui fai-
218 MORALE ait perdre une somme considérable. Le Père Queyron, qui ignorait ce désastre, lui Sr pes avec un ton humble et touchant le sujet de sa visite. « Quoi! vous voilà encore, lui répondit le négociant avec un air sombre et bourru? Oh! c'en est tiop.— Ah! si vous saviez, monsieur — Je ne veux rien savoir... Retirez-vous. — Mais que deviendra donc cette pauvre famille ? Ah!je vous en conjure, ajouta le Jésuite eu s’approchant, et en le pressant...» Le négocjant, tout occupé de son malheur et comme hors de lui-même, se retourne aussitôtavec emportement, et lui donne un soufflet. Le Père Queyron, insensible à cet outrage, ne fait paraître aucune émotion ; mais, présentant l’autre joue à celui qui venait de le frapper, 11 lui dit d’un ton calme et tranquille: «Tenez, monsieur, donnez-m’en un second, pourvu que vons xm’accordiez quelques secours pour la pauvre famille que je voudrais sonlager.» Frappé de ces paroles , et surtout de l’héroïque imperturbabilité de l’homme de Dieu, comme d’un coup de foudre, Le négociant demeure quelque temps interdit; puis, entraîné par un mouvement subit : «Venez avec moi, dit-:1l an Père Queyron, en le prenant par la main. » Il le conduisit dans la pièce où était son coffre-fort ; 1l l’ouvre en sa présence, et lui dit, en lui montrant les pièces d’or etd’argent qui y étaient renfermées : « Prenez tout ce que vous voudrez , je vous le permets. Je ne prendrai, monsieur, lui répondi:
le Jésuite, que ce que votre charité vous portera à me donner.» À ces mots le négociant, enforrcant ses deux mains dans un grand sac rem-
ES
par disti ot q sou y a mér en qa resp me mie ques ava
Vos lettr estii
Le Père Hi eXPOsA jet de sa
répondit ru? Oh!
nonsieur
ze VOUS. — e famille ?
Jésuite ei Le négoet comme \tavec en +. Le Pere ne fait paant l’autre , Uluidit nez, inonru que vons la pauvre appé de ces erturbabtun coup de etempsinent subit :
teyron;, en isit dans la ivre eTi Sa t les pièces ées : « Preous le pet- Lui répondii ous portera ociant, en-
nd sac rem-
EN ACTION. 219 pli d’écus, en prend tout autant qu’elles peuvent en contenr, étles met dans le chapeau du Père, en lui recommandant d’en venir prendre d’autres lorsqu'il aura distribué ceux-là. Le Jésuite se retira transporté de reconnaissance et de joie ; mais il se garda”bien de raconter à qui que ce fût l'aventure qui lui était arrivée. Ce fut le négociant lui-même qui la fit connaître, aimant mieux avouer sa fauteque de laisserdans l'oubli un acte de charité aussi héroïque que celui dont il avait été témoin. Sou aveu ne lui fit pas de tort dans l’esprit public, et on lui
pardonna son emportement en faveur de sa pénérosité.
Des marques d'honneur, de justes récompenses excitent l’émulation.
M. Cocsert, ministre d'état, avait destiné par an quarante mille écus pour ceux qui se distingueraient dans quelque genre que ce fût, ou dans les arts, on dans les sciences. Il disait souvent à des personnes de confiance, que s’il y avait dans le royaume qnelqn’homme de mérite qui souffrît et qui fût dans le besoin, il en chargeait leur conscience et les en rendait responsables. Un ministre qui aime véritablement son prince et sa patrie, ne peut guère inieux les servir qu’en procurant, par des marques d'honneur et de justes récompenses, des avantages si précieux et une gloire si durable.
Louis XIV, instruit du mérite du célèbre Vossius, chargea Colbert de lni envoyer une lettre de change, comme une marque de son estime et un gage de sa protection, Ce qui flatta
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220 MORALE le plus Vossius, fut la lettre dont le ministre accompagna ce présent. Il lui digait que, quoique le roi ne fût pas son souverain , il vonlait réanmoins être son bienfaiteur, en considération d’un nom que son père avait rendn il- Justre, et dont il conservait la gloire. Il ÿ eut plusieurs gratifications pareilles à différens savans de l'Europe.
Charité d'un curé de Paris.
M. Lécer , curé de Saint - André des-Arcs, remplissait avec distinction les devoirs d’un bon pasteur. Ses pauvres paroïssienis étaient toujours assurés de trouver chez lni secours et consolation; et il poussait la charité si loin , qu’il se privait même du nécessaire en faveur des indigens. Il lui arriva souvent de faire enlever son dîner de sa table pour l'envoyer à des malades qui manquaient de bouillon, et à des pauvres femmes en couches. Dans nn hiver très-rigoureux, les Sœurs de Charité de sa paroisse Ini ayant représenté qu'il était à peine vêtu avec nne soutane usée, Le forcèrent, pourainsidire, à se couvrir par-dessous d’une camisole delaine. Le soir même il ne l'avait plus. Comme on l’en urondait : « J'ai trouvé, dit-il, dans un grenier, un homme qui était nu, je lui ai donné ma camisole, et j’ai en assez de ma soutane. » De tels détails ne sembleront point pnérils; car ils peignent toute la sublimité de la bienfai-
sance du bon curé.
L'abbé de Fénélon.
M. l'abbé Salisnac de Fénélon, né à Saiut-
oem
recti fond pau qui orm chau à l’ex ces P et 1l duite bruit parm que d à Par sa de et que ils soi
mistre , quoivoulait sidérandu il- {l y eut
ens sa
es- Arcs s ’un bon toujours consolaqu’il se les indilever son malades pauvres ès-T1gOuoisse Jui êtu avec nsidire, delaine.
se on l’en un greai donné putane. »
érils; car à bienfai-
é à Saint-
ne es CS #
EP ns prie
Jean d’Estissac, en 1714, a égalé et peut être surpassé, même eu charité, l’illustre archevèque de Cambrai , à la famille duquel il appartenait. A la mort de la reine Marie de Leczinska , épouse de Louis XV , dont il était anmônier, l'abbé de Fénélon se retira au prieuré de Saint- Sernin dans l’Autunois. Là, donnant l’essor à sa bienfaisance, 1l travailla efficacement an bonheur de tout ce qui l’entourait. Il secournt la misère, consola les malhenreux, et sotgna les malades. Portant plus loin ses vues, il encouragea l’agriculture , fit à ses frais ouvrir wire grande route avantageuse au commerce, et fonda plusieurs établissemens utiles. Cependant diverses circonstances le forcèrent à sortir de sa retraite et à se rendre à Paris. Ses vertus y brillèrent d’un nouvel éclat, 11 accepta La direction de l’admirable et modeste institution fondée, par l’abbé de Pontbriand, en faveur des pauvresenfans Savoyards. T1 prend une maison qu’il remplit de tons les objets à leur usage. Il Dune un magasin de chemises, de vêtemens, de chaussures, et y joint les instrumens nécessaires à l’exercice de leur profession; puis il distribue ces petitseflets suivantleurs besoins particuliers, et il y joint de bons conseils, afin que leur conduite soit loujours irréprochable. Bientôt le bruit de la charité du vénérable abbé se répand parmi les enfans de la Savoie, et retentit jusque dans leurs montagnes. Dès qu’ils arrivent À Paris, les jeunes Savoyards s’informent de sa demeure. Sa porte leur est toujours ouverte; et quels que soient leur nombreet leurs besoins, ils sont toujours accucillis avec bonté et secou-
rus. Dans les heures de la journée où leurs accupations sont suspendues, ou bien à certains jours marqués, 1l les rassemble chez lui, les interroge sur leur conduite, et leur donne des leçons de Morale et de Religion. Lorsqu'un certain nombre d’entr’eux sont suffisamment instraits dans la Foi, il les réunit pour leur faire faire lenr Première Communion. Il les prépare à cet acte solennel par une Retraite spirituelle , et les réconcilie avec Dieu au tribunal de la Pénitence : puis il les habille à neuf, afin qu'ils puissent se présenter avec décence à la Table Sainte. La cérémonie a lieu avec l'appareil le plus imposant; elle est suivie du Renouvellement des Vœux du Baptème, et laisse dans le cœur de ces enfans des impressions qui ne s’en effacent jamais, et qui assurent leurs pas dans la bonne vote.
Tels étaient les soins paternels que prenait l'abbéde Fénélon en faveur despetits Savoyards. Son zèle lui inspira un nouveau moyen de les encourager à suivre le sentier de la vertu. Il fit faire un certain nombre de médailles dont l’inscription annonçait que c'était un prix de sagesse. On n° l’obienait qu'après avoir donné des preuves multipliées de docilité et de bonne conduite. L’enfant possesseur de cette médaille s’en parait les jours de fête ; 1l ne manquait pas de la produire lorsqu'il avait besoin de recommandation ; 1l l’emportait dans son pays, et la eonservait comme le bijou le plus précieux qu'il pût jamais posséder.
L’abbéde Fénélon étaitconnude tous ces pauvres enfans, et il les connaissait tous. Souvent,
pou les ordi ser & cons vent gnai In de L:
faire pou moy cour en d nom tiers besoi qu'il La pas à avec men de « est 11 Ta soust:
révol.
titres pect, Il ave ecclés et con
leurs occertains li, les onne des u’un cerent inseur faire s prépare rituelle , al de la fin qu'ils la Table ppareil le nouvellee dans le n ne s’en pas dans
Le prenait avoyards.
en de les ertu. El fit dont l’insrix de sabir donné de bonne e médaille nquait pas de recompays » et la ieux qu'il
us ces pau- , Souvent,
EN ACTION. 133 pour s'assurer de leur conduite, il parcourait les places et les carrefours où ils se tiennent ordinairement en station. Il s’arrètait pour eartser avec eux , s'informer de leurs gains, et les consolait lorsqu’ilsn’en avaient pas obtenu. Souvent 1l y suppléait de sa bourse, et 1l accompagnait ces bienfaits de quelques leçons édifiantes. Îl ne manquait jamais de s'informer de l’objet de leurs besoins les plus urgens, afin d’y satsfaire à la première occasion.
La fortune bornée de l’ahbé de Fénélon ne pouvait suffire à tant de bienfaits. Quand ses moyens étaient épuisés , 1] faisait des quêtes à la cour et dans les maisons opulentes de la ville, en disant avec gaîté : « Qu'il avait un grand nombre d’enfans répandus dans tous les quartiers de Paris, et que c'était pour subvenir aux besoins de cette panvre et nombreuse famille qu’il sollicitait des secours. »
La charité de l’abbé de Fénélon ne se bornatt pas à secourir les petits Savoyards ; il se livrait avec le zèle le plus apostolique au soin de ramener à Dieu quelques brebis égarées; lenombre de celles qu’il a remises dans la voie du salnt est incalculable.
Tant de vertus, tant de zèle, auraient dû soustraire l’abbé de Fénélon aux effets de la rage révolutionnaire; mais ce fut au contraire ses titres de proscription. Il fut arrêté conune suspect, et conduit dansla prison du Luxembourg. Ilavait alors quatre-vingts ans. Ce respectable ecclésiastique jugea bien du sort qui l’attendait ; et comme 1l désirait ardemment de donner sa
vie pour Jésus-Christ, il se prépara à la mort, et devint un modèle sublime de résignation pour tons les infortunés qui partageaient sa prison. Il entendit leur Confession, et les disposa à mourir saintement. L’un d’eux lui dit un jour : « Je m’attends à paraître bientôt devant le tribunal révolutionnaire , parce que je suis dénoncé comme fazatique.— Ah! que je vous en félicite! reprit sur-lo champ le vénérable Fénélon; je voudrais bien être à votre place! Quel bonheur de mourir pour avoir rempli ses devoirs de religion! C’est mourir pour Jésus- Christ, qui est mort pour nous. Je crains de m'avoir pas ce précieux avantage; je n’en suis pas digne. »
A la nonvelle de l’arrestation de leur bienfaiteur, les petits Savoyards, répandus dans Paris, sont saisis de la plus grande douleur. Ils se réunissent pour aviser aux moyens de le sauver, Ils se font rédiger une pétition, et décident qu'ils iront eux-mêmes la présenter, et solliciter la Convention de leur rendre leur père à tous. Il s’acheminent vers l’horrible assemblée. On ne peut refuser de les introduire. L'un d’eux, nommé Firmin, parlant au nom de tous, réclame avec les plus vives instances la liberté du vertnenux Fénélon, et dépose sur le burean la pétition signée par Ini au nom de tous ses camarades. Une démarche aussi touchante aurait fait une vive impression sur des cœurs sensibless mais il y en avait bien peu dans cette détestable assemblée, et la pétition fut renvoyée au comité de sûreté générale. C'était remettre
la destinée du saint prêtre entre les mains de
ceux ( cruell lacce génér législe chaur pourr de Fé fut so chaun L’a nal ré velle 1 prisor menés la do:
Josep, abbé a son b l’écha!
ses bre mon mort, conti veut 1 condu dit le :
bienp mon 4
la mort,
gnation
It Sa pri-
s disposa : dit un jt devant e je suis e je vous rénérable re place!
empli ses ur Jésuscrains de n’en suis
eur biens danis Paur. Ils se e le saudécident et sollicière a tous, blée. On n d’eux, tous, réla Lberté le bureau us ses Cahante au-
renvoyée t remettre
mains de.
ceux qui voulaient sa mort. En entendant cette cruelle décision , un des Savoyards s’écrie avec l'accent de la douleur : « Au comité de sûreté générale! Notre père est donc perdu! Citoyens législateurs, vous avez annoncé la paix aux chaumières et déclaré la guerre aux châteaux; pourriez-vous ne pas pardonner au saint abbé de Fénélon d’être né dans un château, lui qui fut soixante ans le bienfaiteur-et l’ami des chaumières? »
L'abbé de Fénélon futcondamné parle tribunal révolutionnaire le 28 juin 1794. Cette nouvelle remplit d’affliction un grand nombre de prisonniers que le vénérable Fénélon avait ramenés dans la voie du salut. Parmi ceux que la douleur accable , est un guichetier nommé Joseph *, Savoyard de naissance, et dont le bon abbé avait jadissoutenu l'enfance. Ayantaperçu son bienfaiteur parmi les victimes destinées à l’'échafaud , 1l s’élance, hors de lui-même, dans ses bras, et le serre étroiteinent. « Mon pèrei inon père! s’écria-t1l ; quoi! vous allez à la mort, vous qui n'avez fait que du bien! Et ik continue de le serrer, l’empèche d'avancer, et veut le tirer des mains des gendarmes qu le conduisent. Console-toi, mon cher Joseph, lus dit le respectable vieillard ; la vie n’est plus un bien pour celui qui ne peut plus en faire. Adieu, mon ami; adieu, Joseph... Pense quelquefois à moi. — Ah! je ne ve ;s oublierai jamais, re-
sm erens sus
* Le féroce geôlier de la maison ayant eu conna'ssance de la sensibilité du bon Joseph, le fit venir devant lui, et lui dit : «Tu esun confre-révolufionnaire : je te chasse d'ici.»
prenait le bon Joseph en versant d’abondantes larmes. »
Unautre Savoyard, qui avaitan vertueux Fénélon les mêmes obligations que Joseph, ayant été arrêté commesuspect, parce qu'il était rempli de piété, se trouvait au nombre des prisonniers : &« Eh quoi! mon bon père, lui dit-il, vous allez aussiau tribunal! » L'abbé de Fénélon lui répondit d’un ton affectueux : « Ne pleurez pas, mon enfant, c’est la volonté de Dieu qui s’accomplit. Priez pour moi; et si je vais dans le ciel, comme je l’espère de la grand: miséricorde de Dieu, je vous assure que vous y aurez un bon protecteur. »
Monté sur la fatale charrette quileconduisait au martyre, le saint prêtre disait à ses compagnonsde supplice: « Mes cherscamarades, Dien exige de nous un grand sacrifice, celui de notre vie : offrons-la-lui de bon cœur; c’est un sûr moyen d'obtenir de lui miséricorde. Ayant confiance en lui , 1l vous accordera le pardon de vos péchés, dont je vais tout à l'heure, comme son ministre, vous absoudre. » Arrivé an pied de l’échafaud , il les exhorta à former de tout leur cœur un Acte de Contrition.Tous ayant incliné humblement la tête, il prononca sur eux les paroles de l’Absolution ; et l’on assure que le bourreau, pénétré d’un respect involontaire, s'incline, ainsi que les autres, comme s’il eût voulu être lui-même absous du crime dant il allait être l'instrument.
Amour de la justice.
11 n°y a point, sans contredit, de qualité qui
fasse F aux P confié pousse
Le [ nn m:
ville, rir le] ment:
Ils rev point ( leur ce messie tice, e n'ai pe fondée distrib ville; j nn aut étiez e:
perdez métier
Le des fin le peu preuve estime un rep:
Ce px quelqu lice, n avait t
bondantes
rtueux Féph, ayant étaitremles prisonlui dit-1l, le Fénélon Ne pleurez Dieu qui sais dans dl: miséri= us y aurez
conduisaît es compaades, Dien ui de notre st un sûr
yant condon de vos omme son au pied de e tout leur ant incliné sur eux Les ure que le olontaire, me s’1l eût e dont :l
qualité qui
fasse plus d'honneur, ni qui soit plus essentielle aux personnes à qui le pouvoir Le la justice est confié, que le désintéressement et la probité poussés, pour ainsi dire, jusqu’au scrupule.
Le corps des maîtres boulangers vint trouver nn magistrat chargé de la police d’une grande ville, pour lui demander la permission d’enchérir le pain. En se retirant, ils laissèrent adroitement sur la table nne bourse de deux cents louis. Ils revinrent quelques jours après, ne dontant point que la bourse n’eût plaidé efficacement leur cause. Le magistrat leur dit : « J'ai pesé, messieurs, vos raisons dans la balance de la justice , et je ne les ai point trouvées de poids : je n'ai pas jugé qu’il fallût, pour une cherté mal fondée, faire souffrir le peuple. An reste, j’ai distribué votre argent aux deux hôpitaux de cette ville; je n’ai pas cru que vous en voulussiez faire nn autre usage ; j'ai compris que, puisque vous étiez en état de faire de telles aumônes, vous ne perdez pas, comme vous le dites, dans votre métier, »
Ls président Jeanniu eut l'administration des finances, qu’il mania avec une pureté dont le peu de bien qu’il laissa à sa famille est une Preuve très-convaincante. Henri IV avait une estime particulière pour lui, et se faisait souvent un reproche de ne lui avoir pas fait assez de bien. Ce prince dit en plusieursrencontres qu’il dotait quelques-uns de ses sujets pour cacher leur mahce, mais que pour le président Jeannin, il en avait toujours dit du bien, sans lui en faire.
Hexri IV assistant à la messe, se levait pour approcher de la Sainte Table, lorsque Roquelaure vint lui demander grâce pour un de ses parens qui avait grièvement insulté le lieutenant-général de Tulles, Le regardant fixement, Henri lui répondit : « Allez, et me laissez en paix. Je m'étonne comme vous osez me faire cette requête lorsque je vais protester à Dieu de faire justice et lui demander pardon de ne pas l’avoir toujours faite, »
Ux autre courtisan insistait un jour auprès de:lui pour obtenir la grâce de son neveu qui avait commis un assassinat : « Je suis fâché ui dit le ro1, de ne pouvoir vous accorder ce que vous me ONE des 11 vous sied bien de faire l'oncle , et à moi de faire le roi. J’excuse votre demande, excusez mon refus. »
Le brave Lanoue, qui lui avait rendu des ser: vices signalés, eut ses équipages saisis à la requête de ses créanciers. Il pria aussitôt le roi de faire arrêter les poursuites : &« Lanoue , lui ré: pondit publiquement Henri, il faut payer ses dettes, je paye bien les miennes.» Le tirant ensuite à part, il lui donna de ses pierreries pour les engager à ses créanciers jusqu’à ce qu’il püt lui donner l’argent dont il avait besoin.
AvanrT de partir pour sa première croisade, Saint. Louisenvoya dans toutes les parties deson royaume des religieux chargés de vérifieren son E nom si Le plus léger tort avait été fait, même k au plus obscur de ses sujets. Tous les grands
baillis mémo
Au prince royani
. ment |
L’arch la conf quelqu mer si commi dégâts sul. C aux Su) nus pa sa cour
Ex é les arb encore occupa:
place I Avr
qu'il la Un des dun ci sou un !
d’intéré dit à so plus d' dessns « Aussitô difiéren
, se levait lorsque Ropour un de ulté Le lieuitfixement, > laissez en ez me faire r à Dieu de
n de ne pas
jour auprès n neveu qui is fâché, ini rder ce que ien de faire excuse votre
ndu des ser:
a1s1s à la retôt le roi de oue , lui ré it payer ses » Le tirant ès pierreries ’à ce qu'il
érifer en son fait, même s Les grauds
EN ACTION. 239 baillis concoururent en même temps à cette mémorable opération.
Au retour de sa première croisade, ce même prince fit de continuels voyages dans tout son: royauine, pour voir de ses propres yeux com-
. ment la justice était administrée à ses sujets.
L’archidiacre de Paris et uni seigneur honoré de la confiance du monarque, suivaient la cour de quelques journées. Ils étaient chargés de s’informer si, à son passage , des dégâts avaient été, commis; et, dans le cas où il en était ainsi, ces dégâts étaient aussitôt réparés aux frais du voi seul, Ces voyages, au reste, ne coûtaient rien aux sujets de cet excellent prince ; car ses revenus particuliers servaient à tout l'entretien 4e sa cour.
Ex été, 1l rendait lui-même la justice sous les arbres du bois de Vincennes ; il la rendait encore dans le jardin de son palais. Ce jardin occupait l’espace où est aujourd’hui située la place Dauphine à Paris.
Av reste, son aniour pour la justice était tel, qu'il la rendaït même contre sa propre famille. Un des frères du roi, le comte d'Anjou, prince d’un caractère violent, avait fait mettre en prisou un chevalier avec iequelil avait un différend d'intérêt. Le roi, indignéd’nne pareillecondzite, dit à son frère : Croyez-vous qu’il doive y avoir plus d’un roi en France, et que vons serézaudessns des lois parce que vous êtes mox frère? , Aussitôt il fit sortir le chevalier de prison: le
difiérend entre lui et le comte d’Anjou/fut jugé :
et comme le bon droit n’était pas du côté de ce dernier, le chevalier obtint gain de cause.
Toures les fois qu’à l’occasion de ses propres domaines, une difficalté s'élevait entre lui etun de ses sujets, il se constituait, en présence de ses propres conseillers, le défenseur de son adversaire. Ce saint roi agissait ainsi pour ôter aux gens de son conseil la crainte de lui déplaire, dans le cas où la décision devait être contre lui.
Cuanzes V donnaitaudience à tout lemonde, pauvres et riches ; il lisait lui-même sur-lechamp leurs requêtes, accordait celles qui lui paraissaient raisonnables, et faisait'examiner les douteuses par des maîtres de requêtes. Eloquent sans affectation , il ne lâcha jamais une parole superflue, encore moins désagréable : il avait le secret, mème en refusant , de renvoyer tout le monde content,
Traits tirés de la vie de Turenne.
Tunenxe joignait à la qualité d’un général accompli, celle d’an homme aimable et poli envers tout le monde; sa douceur lui avait aitiré l'amour de tous les oMat : : quand il passait à la tête du camp, ils sortaient de leurs baraques, et ou les entendait se dire les uns aux autres: Notre père se porte bien, nous n’avons rien à . craëndre.
S'branTt un jour conché derrière un buisson, per dormir pendant que l’armée passait un
LAS . était fort long , quelques soldatsle ren-
contrèr comme la neige commençait à
tomber sur lui , ils coupèrent aussitôt des bran- |
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Ur dans
Turen recom sonne
co'é de ce ause.
es propres re lui etun résence de ur de sou | pour ôter xi déplaire, contre lui.
lemonde, me sur-leles qui lui t'examiner uêtes. Elojamais une igréable : 1l de renvoyer
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’un général ble et poli avait attiré il passait à rs baraques, aux autres:
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un buisson, > passait un Idatsle rennmençait à Ôt des bran-
EN ACTION, a3r
ches d'arbres pour lui faire une hutte; plusieurs cavaliers qui survinrent, voyan: que Les branchages ne le mettaient pas assez à couvert, donnérent tous à l’envi leurs inanteaux pour lui dresser une tente. Sur quoi s'étant éveillé, et leur ayant demandé à quoi ils s’'amusaient au lieu de marcher : « Nous voulons, répondirentils, conserver notre général ; c’est là notre plus grande affare; si nous venions à le perdre, nous ne reverrions peut-être jamais notre pays. »
Tels sont les fruits ordinaires de la donceur et de la politesse.
Tonenwe n’était pas riche, mais comlnen était-1l généreux ! Voyant qnelques régimens fort délabrés, et s'étant secrètement assuré que le désordre venait de la pauvreté et non de la négligence des capitaines, il leur distribua les sommes nécessaires pour l’entier rétablissement des corps. Îl ajouta à ce bienfait l’attention délicate de laisser croire qu’il venait du roi. Quelle leçon pour les personnes chargées des intérêts du public !
Us officier était au désespoir d’avoir perdu dans un combat deux chevaux, que la situation de sesaffaires nelui permettait pas de remplacer; Turenne lui en donna deux des siens, en lui recommandant fortement de n’en riendire à peysonne : « D’autres, lui dit-il, viendraient m'en demander, etje ne suis pasen état d’en donner à tout le monde. » Cacher sous un air d'économie le mérite d’une bonne action, c’est en relever davantage le prix.
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Trait de plaisanterie.
Un officier gascon , après avoir obtenu de Louis XIV, en 1680, une gratification de quinze cents francs , alla trouver M. Colbert pour qu'il Imifit compter cette somme. Ce ministre était à dîner avectrois ou quatreseigneurs. Le Gascon, sans se faire annoncer, entra dans la chambre où l’on mangeait, avec la hardiesse qu’inspire l’air de la Gnienne, et avec un accent qui ne démentait pas son pays ; il s’approcha de la table, et dit tout haut : « Messieurs, avec votre permission , léquel dé vous autres est Colbert ? — C'est moi, monsieur, dit M. Colbert, qu'y a-+-1l pour votre service ?— Hé! pasgraud’chose, dit l’autre, un. pétit ordre du roi pour mé compter cinq cents écus, »
M. Colbert, qui était d'humeur de se diverür, pria le Gascon de se mettreà table, lui fitdonner un couvert, et lui promit de le faire expédier aprèsle diner, LeGasconacceptal'offresans faire de façon , inangea comme quatre ; après quoi, BI. Colbert fit venir un de ses commis, qui mena l'officier au bureau, où on lui compta cent pistoles. Comme 1l dit qu'il devait en toucher cent cinquante, le commis lui répondit : « Il est vrai, mais ou en retient cinquante pour votre dîner. — Cadédis, s'écria le Gascon, cinquanté pistoles pour un dîner! jé né donne qué vingt sous à mon auberge. — Je le crois, dit le commis, mais vous ne mangez pas avec M. Colbert, et c'est cet honneur-là qu’on vous fait payer.— He bien, réponditleGascon , puisqué céla est ainsi, gardez tont ; cé n’est pas la peine qué jé prenne
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EN ACTION. 233 cent pistoles, j’aménérai démain un dé mes amis diner ici, et céla séra fini. »
On rapporta ce discours à M. Colbert, qui adinira cette gasconnade, fit compter les cinq cents écus à ce pauvre officier, qui n’avait peutêtre pour lors que cela pour tout bien, et li rendit mille bons offices dans la suite. On en fit l’histoire à Louis XIV , qui en rit beaucoup.
Exemple admirable de fermeté.
La sincérité chrétienne ne doit s'exprimer, suivant le conseil de J.-C. , que par ces mots : oui ou non; elle n’a jamais recours au serment, et ne prend pas Dieu à témoin de ce qu’elle assure. £ain.-Giibert de Sempringhanst, abbé et fondateur d’un grand nombre de maisons religieuses, nous en a donné un exemple; car ayant été soupçonné, par le roi d'Angleterre , d’avoir assisté Saint Thomas de Cantorbéry, et de Ini avoir envoyé de l’argent pendant sa disgrâce, quoiqu'il ne l’eût pas fait, il ne voulut jamais en donner d’autre témoignage que sa parole.
Le prince en voulait l'assurance par serment : inais le saint abbé s’y refusa constamment, En jurant qu’il n’avait point assisté l’archevèque de Cantorbéry , il n'aurait juré que la vérité ; mais cet homme de Dieu crut qu’il étaitindigne de se défendre d’une bonne action, de mème qu’on aurait pu se disculper d’nn crime. Si j’as- -arais par serment, disait-il, de ne l'avoir point assisté, je semblerais croire qu’il y aurait du anal à l'avoir fait.
Cette grande candeur est bien conforme à la suinteté de l'Evangile. Nous l’admirons sans
Re en la voyant de loin ; mais sinous avions été dans le temps de ce tit abbé , et du nombre de ses religieux, l'intérêt de conserver nos maisons, que A roi “menaçait de renverser, tre nous aurait-il pas portés à blâmer Gilbert snrson refus? Que de raisons nons aurions alléguées pour lui faire voir qu’il s'exposait à la persécution sans sujet ! Nous Paurions rendu responsable de tout le bien qui aurait pu se faire dans ecs maisons relipieuses, et qui ne se serait plus fait par sa faute ; il aurait été bien subtil, s’il avait pu répondre à nos argumens. Combien de tels exemples sont propres à élever l’homme à cette candeur religieuse qui ne permet aucun soupçon !|
Ox ne doit pas regarder comme un excès, de s’exposer à perdre tout, plutôt que de faire la moindre bassesse contre le devoir ; les païens
eux-mêmes ontdonné sur ce point née exemples admirables, Pa pinien, un des plusgrands; jurisconsultes , et le premier juge de l'empire, aima 1ieux perdre i ia vie que dedire une seule barolo pour excuser une méchante action del’emperenr Caracalla, qui avait fait mourir son frère, ce qu’il prétendait être pour le bien de l'empire. Qu'il est glorieux de s? exposer à tout perdre, plutôt que de se prêter à la moindre injustice !
UXxE fidélité inviolable à l'égard de nos lois, un amour de la justice à l'épreuve de tout , une lutrépidité héroïque dans les plus grands dangers, ont caractérisé dans tous les temps nos magistrats, Achille de Harlai,premierprésident, meuacé par des séditieux d’un prochain et capi-
tal que ser à m dit ante de Le au r lenc.
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EN ACTION. 235 tal supplice : « Je n'ai, dit:il, ni tête, n1 vis, que je préfère à l'amour que je dois à Dieu, an service que je dois au roi, et au bien que je dois à ma patrie, »
Dans la journée des Barricades , il ne répondit aux injures et aux menaces des principaux auteurs de la Ligue, que ces paroles si dignes de louanges: « Mon âme est à Dieu, mon cœur au roi, et mon corps entre les mains de la violence pouren faire ce qu’elle voudra.»
Le premier président Molé, dans une émeute populaire, sans rien craindre pour sa vie, alla se ruontrer à la populace mutinée, et l’arrèta ] 2x sa seule présence.
Cs n’est pas tenir à la vertu par de véritables liens, que de ne pas la servir aux dépens de ses propres intérêts. Le roi Henri Ia yant offert une place d’avocat-général au célèbre Henri de Mesme, ce magistrat prit la liberté de représenter à sa majesté que cette place n’était pas vacante. « Elle l’est, répliqua le re1, parce qne je suis mécontent de celui qui la remplit. — Pardonnez-moi , sire, répondit Henri de Mesme, après avoir fait modestement l'apologie de l'accusé, j'aimerais mieux gratter la terre avec mes ongles, qne d'entrer dans gette charge par une telle porte. » Le roi eut égard à sa remontranre. À peine Henri de Mesme pat souffrir qu’on songeât à lui faire des remercinens pour une action pareille. Est-il possible de résister à l’impression qu’elle fait sur le cœur?
Coums on exigeait de François Ie", qne les eungemis avaient fait prisonnier à la bataille de
D RE TUE 2, AD DR TP NE EE bn NE
Pavie, certaines conditions honteuses pour le mettre en liberté , 1l chargea l’agent de l’empereur de mander à son maître la résolution où il était de passer plutôt toute sa vie en prison, que de rien démembrer de ses états.
Qu'rzestbeau defaire taire l’ambition, quand elle veut franchir les bornes de l’honnèteté et de l'équité!
Un président à mortier songeait à se démettre de sa charge, dans l’espérance de la faire tomber à son fils. Louis XIV , qui avait promis à M. le Pelletier, alors contrôleur-général, de lni donner la première qui vaquerait, lui offrit celle-ci. M, le Pelletier, après avoir fait ses très-humbles remercimens, ajouta que le président qui se démettait avait un fils, et que sa majesté avait été toujours contente de la famille. « On n’a pas coutume de me parler ainsi, reprit le roi, surpris d’une telle conduiteet d’une telle générosité : ce sera donc pour la première occasion. » Un si noble désintéressement fut récompensé deux ans après. C’est véritablement connaître le prix de la justice, que de lui sacrifier sa propre utilité, quand l’une et l’autre ne peuvent pas sympathiser ensemble.
Jean Ier, roi de France, sollicité de violer un traité: « Si la bonne foi et la vérité, dit-il, étaient bannies de tout le reste de la terre, elles devraient se trouver dans le cœur et dans la bonche des rois. » La véritable grandeur et la solide gloire d’nn roi ne consistent pas dans Pétenduc de son pouvoir, mais dans le bon ou le mauvais usage qu'il en fait,
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ché Bou larr lui, pitié « M moi, pitié votre expir et le; infin:
Us terre dès-lo que I était :
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se démete la faire avait pror-général, erait, lui avoir fait nta que le ls, et que te de la faler ainsi, itcet d’une a première sement fut itablement e Lui sacril’autre ne
e violer un ité, dit-1l, terre, elles et dans la indeur et la nt pas dans s le bon ou
EN ACTION. 237 Le chevalier Bayard avait été blessé mortel lement en combattant pour son roi, etétait couché au pied d’un arbre. Le connétable duc de Bourbon, rebelle à sa patrie, et qui poursuivait l’armée des Français, venant à passer près de lui, le reconnut etlui dit qu'il avait grand’pitié de le voir en cet état. Ba yard lui répondit : « Monsieur, il n’y a point de pitié à avoir pour moi, car je meurs homme de bien ; mais j’ai pitié de vous, qui servez contre votre prince, votre patrie et votreserment.» Peu après Bayard expira. La gloireest-elle ici du côté du vainqueur, et le sort du vaincu mourant ne lui est-1l pas infiniment préférable ? |
Ux gentilhomme de Normandie avait une terre voisine de la belle maison de Gaillon, qui dès-lors appartenait à l'archevêque de Rouen, et que le cardinal convoitait fort, parce qu’ellétait à sa bienséance. Comine il se présentait an établissement pour sa fille, le gentilhomme n’a yant point d'argent, offrit au cardinal sa terre à vil prix. D’Amboise, bien loin de sacrifier les devoirs de la justice à l’extrêmeenvie qu’il avait de cette terre, la lui laissa, et lui donna gratuitement l’argent dont il avait besoin.
La vengeance indigne de l’homme, et surtout d’un prince.
L'empereur Constantin, pressé de tirer vengeance de quelques personnes qui avaient défignré sa statue à coups de pierre, ne fit que, passer sa main sur son visage, er disant qu’il ne se sentait point blessé.
Ur soldat maltraité par un officier-genéral, pour quelques paroles peu respectueuses qui lui étaient échappées , répondit avec un grand sang-froid , qu’il saurait bien l'en faire repentir.
: Quinze jours après , ce même officier - général
dhargea le colonel de tranchée de lui trouver dans son régiment un homme ferme et intrépide pour un coup de main, avec promesse de cerft pistoles de récompense. Le soldat en question , qui passait pour le plus brave du régiment, se présenta avec trente de ses camarades.
commission était des plus hasardeuses , 1l s’en acquitta avec un courage et un bonheur ucroyables.
Il s'agissait de s'assurer , avant que de faire le logement, si les ennemis faisaient des mines sous les glacis. Le soldat, s'étant jeté à l’eutrée de la nuit dans un chemin couvert, rapporta ie chapeau et l’outil d’un mineur qu’il avait tué. À sou retour, l’officier-général, après Pavoir beaucoup loué, lui fit compter les cent pistoles. Le soldat, sur-le-champ, les distribua à ses camarades, disant qu’il ne servait point
our de l'argent: au reste, ajouta-t-1l en s’adont é los nel qui ne le reconnaissait point , je suis Le soldat que vous inaltraitâtes si fort il y a quinze jours, et je vous avais hion dit que je vous en ferais repentir. L’ofli-
cier-général, plein d’admiration et attendri
jusqu'aux larmes , l’embrassa, lui fit des exeuses , et Le nomma officier le même jour.
Ox ue lit point , sans en être touché et édifié,
un trait de bonté du roi Robert. Quelques con-
plices « ce mot avouèr marqu cour de vouloir:
touché souscr1 envoya reux, e munioi lers , 1l voyer a rece vol
Voies c
Les plus so plus sû belle de ne s’est ses vict Inéna ge gnait to vait, c gens de destiné pour lu Le pleur Lièmes laboure
si lim P
enéral ses qui n grand repentir.
' général | trouver et intrénesse de en quesdu régtmarades.
euses , 1l
onheur
de faire les mines ré à l’euert, rapeur qu'il
econnaismaltrai- ‘OUS A Vals
ire L'offi-
t des exjour.
et édifié,
attendri
jnes conti
plices d’une grande conjunration formée contre ce monarque et ses états , ayant été arrêtés, ils avouèrent leur crime, et donnèrent toutes les marques d’ün sincère repentir. Cependant la cour des seigneurs les condamna à la mort sans vouloir révoquer leur seurence. Robert seul fut touché de compassion , et força son conseil à souscrire au pardon par ce pieux stratagême : 1l envoya son confesseur à ces coupables malheureux, et les fit admettre le lendemain à la Communion ; puis adressant la parole à ses conseillers , il leur dit : « Vous conviendrait -1l d’envoyer au gibet ceux qhe Jésus-Christ vient de recevoir à sa Table? »
Voies de dou. et d'humanité, la gloire des conquérans.
Les voies de douceur et d'humanité font k plus solide gloire des conquérans , le sncoès le plus sûr de leurs armes, et la manière la plus belle de vaincre leurs ennemis. Jamais général ne s’est comporté avec plusde modération dans ses victoires, et n’a fait la guerre avec plus de ménagement, que le célèbre Turenne; 1l épargnait toujours le pays ennemi tant qu’il pouvait, conservant les fruits de la terre pour les gens de la campagne, dont il plaignait la triste destinée. Aussi les ennemis avaient-ils conçu pour lui une vénération pleine de tendresse ; 1ls le pleurèrent à sa mort autant que les Français riêmes: et les Allemands n’ont jamais voulu labourer l’endroit où 1l avait été tué , comme si l’impression de son corps avait rendu cet en-
droit sacré ; il est encore en friche , et les paysans le montrent à tout le monde , aussi bien qu'unar” . fort vieux qui est là auprès, et qu’ils n’ont pr t voulu couper,
Réponse remarquable da Sixte V, au sujet d’une traduction itali:nne de la Bible.
Le Pape Sixte fit imprimer une traduction italienne de la Bible avec une bulle très-amplr ui en ordonnait la publication. Quelques car- Lan lui représentèrent que cette traduction était en quelque façon scandaleuse , parce que les hérétiques se servaient dn même moyen ponr perve.tir les peuples, en leur rendant trop familière l'intelligence de l’Ecriture. Sixte lenr répondit : « C’est pour vous antres 1gnorans, qui u’entendez pas le latin, que j'ai fait cette traduction. »
Obsermon des traités, vrais ir térêts de l'Etat.
La plupart des princes d'Allemagne traité.
rent avec le vicomte de Turenne personnellement , pour leurs intérêts, sans demander av. eune garantie. Les républiques même les plus sonpçonneuses se croyaient en assurance , dès qn'il leur avait donné sa parole. Un jour qu’il était dans la Souabe , ayant fait approcher son armée près du lac de Constance, pour mettre à contribution quelques terres de la maison d’Antriche, les Suisres, qui pouvaient craindre que, sous prétexte de porter la guerre dans le
* pays de l’empereur , on n’entrât dans le leur à
l'improviste , lui cuvoyèrent des députés pour
Jui dire sa bon dé tro viendr:
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M. 2 ment d si mau gent po la caval francs d accepte amis | mort, compta
LEgr de ceux quand i pruntai sous sa à son 1
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raductioit ès-ample ques carraduction parce que 16 mOoyeli
rendant ure. Sixte res 18710- 1e j'ai fait
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one traitérsonnelleander aune les plus ance ; dès jour qu'il rocher son ur mettre a maison tcraindre rre dans le 1s Le leur à putés pour
EN ACTION. | 241 Jui dire ‘qu'ils avaient tant de confidnce dans sa bonne foi qu'ils ne feraient aucune levée de troupes s'il voulait es assurer qu’il ne viendraît pas chez eux ; qu'ils prendraient les plus grandes précautions avec un autre, mais qu'avec lui ils'8e contentaient de sa parole.
, Mépris généreux des richesses,
Riew ne maiïqüe davantage de petitesse et de bagsésse d’esprit que d’aimer les richesses ; rien au contraire m'est plus grand , ni plus
énéreux que de les mépriser. La vertu consiste F faire un bon usage du bien qu’ou possède ; l'emploi le plus conforme à sa PRES , et le plus propre à attirer aux riches l'estime et l'amour des hommes, c'est de le faire servir à
l'utilité publique... nt
M. pe Turenne ayant pris le commande.
ment des troupes en Allemagne , les trouva en si mauvais état qu'il vendit sa vaisselle d’argent pour babiller les soldats et pour remonter la cavalerie. Qnoxqu’il n’eûtque quarante mille francs de rente de sa maison , 1l ne voulut jamais accepter les ,somimes considérables que ses amis lui offraient. ‘On trouva chez lui, à sa mort, quinze cents francs seulement d'argent comptant.
LegrandTureunenerenvoyaitjamais aucun de ceux qui venaient demandersans lui donner : quand il n'avait plus d'argent sur lui, il empruntait au premier officier qu'il rencontrait sous sa main , et lui disait de l'aller redemander à son intendant. Un jour cet intendant vint
en.
om 0
lui dire qu’ 1 soupçonnait certaines gens de, vemir demarider ce qu ls n ‘avaient point prêté » et qu’ainsi il serait bou qu'il doùnât à chacua une A PAR de ce-qu'il empruntait. « Non, non, luidit: rendez tout ce qu'on’ vous dira ; carilnest pa: ; vossible qu yn homme vous aille demander une somme d'argent qu'il ne me l'ait prêtée, ou qu’il ne'soit dans un- extrême besoin: s’il me l’a prêlée, il faut bien Ja lui rendre; s’il est dans un si grand besoin , il est juste de l’'assister. »
M. 5e Bénehnt: était ingénieux à trouver les moyens d'épargner, à ceux à qui il donnait , la honte de recevoir. Etant encore fort jeune, il apprit qu’un gentilhomme était devenu pau- Yre pour avoir déprènsé tout son bien à l’armée ; il s’avisa de troquer des chevaux avec lui } et de lui en donuer d’excellens pour de trèsmédiocres, faisant semblant dé ne s’ y pas con-
naître.
AxanT touché beauconp d'argent d’uue charge dont la cour lui avait permis de disposer , 11 assembla cinq ow six colonels dont les régimens étaient délabrés s Îéur laissant croire
que cet argent venait du roi, il le leur distribua à proportion de leurs besoins. Quel modèle pour les personnes élevé ées en dignité !
Quaxo Bresse fut prise d’assaut sur les Vénitiens, le chevalier Bayard sauva du pillage une maison où 1l s'était retiré pour se faire panser d’une blessure grave qu’il avait reçue au. siége» etmit ensûreté la dame dulogisetses deux jeunes
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tente « mais a leur d ducats cents € auraie d’une sance «
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18 de, ve- {. prêté , .chacua u, Non ; us dira ; ous.aille ne me extrême n Ja lui n,il est
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it d’uue de dispodont les int croire distribua
dèle pour
eux jeunes
filles qui y étaient cachées. A son départ, cette dame, pour Îni marquer sa reconnaissance , lui offrit une boîte où il y avait deux mille cinq centsducats, qu'ilrefusa constamment. Voyant queson refus l’affligeait d’une manière sensible, et ne voulant pas laisser son hôtesse mécontente de lui, il consentit à recevoir son présent ; mais ayant fait venir les deux jeunes filles pour leur dire adieu, il donna à chacune d’ellesimille ducats pour aider à les marier , et laissa les cinq cents qui restaient, pour les Communautés qui auraient été pillées. Quelle grandeur d'âme d’une part! quelle éclatante et vive reconnaissance de l’autre! |
Exemple de probité et de désintéressement.
Us pauvre homme, qui était portier à Milan chez un maître de pension , trouva un sac où il y avait deux cents écus. Celui qui l’avait perdu, averti par une affiche publique, vint à la pension, etayant donné de bennes preuves que le sac lui appartenait, 1l lui fut réndu. Plein de joie et de reconnaissance , il offrit à son bienfaiteur vingt écus, que celui-ci refusa absolument : il se réduisit donc à dix, puis à cinq ; mais le trouvant toujours inexorable : « Je n'ai rien perdu , » dit-il d’un ton de colère ; et jetant par terre son sac, « je n’ai rien perdu, si vous ne voulez rien recevoir. » Le portier recut cinq écus, qu'il distribua aussitôt aux pauvres. Cor bien la noblesse des sentimens relève-t-elle la bassesse des états et des conditions les plus communes ! ‘
MORAÂLE Amour de la Patrie.
Corsenr aimait tendrement sa patrie. Un jonr , à la maison de Sceaux, jetant un conpd'œil sur ces campagnes fleuries qui embellissent la France, on vit ses yeux se baigner de larmes. Interrogé sur leur motif par un de ses amis: « Je voudrais , répondit -il, pouvoir rendre ce pays heureux, et qu'éloignédelacour, sans appui, sans crédit , l'herbe crût dans mes cours. »
Qu'on aime à contempler les larmes d’un graud homme! an’on aime à le voir se rapprocher de nous par la sensibilité, tandis qu’il s’en éloigne par la grandeur de son génie!
Le cardinal Mazarin savait fort bien ce que valait Colbert. Dans ce moment terrible où Y'Eternité , qui s'ouvre à nos yeux, étouffe nos passions et nous presse de donner nu dernier instant à la justice et à la vérité, Mazarin adressa ces paroles à Louis XIV : « Sire, je vous dois tout ; mais je crois m’acquitier en vous donnant Colbert.» Témoignage honorable , ‘et vérité touchante! le plus beau don, Le seul qu’on puisse faire à un grand monarque, c’est «in homme capsble de connaître les devoirs du souverain , et digne d’en partager le fardeau.
Beaux traits du maréchal de Cattnrat.
Le maréchal de Catinat, pour en imposer
à ses troupes, eut recours à la plus efficace de toutes les leçons, l'exemple. On le vit, à La tête "de ses officiers, aller demander à l'évêque de
Casal ]:
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| ce que ible où uffe nos dernier n adresje vous en vous ble ,'et al qu’on c’est «in oirs du deau.
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Casal la permission d’être dispensé des abstinenceslégales, dont l’observation est si difficile pour de Loos qui n'ont pas le choix des alimens. Cet acte de soumission, qui en était un de sagesse, ainsi que toute sa conduite ent Ltalie, y furent généralement admirés. « Voilà un Français d’une rare prudence, dit le pontife de Rome ;» c’est-à-dire , un des meilleurs juges de cette vertu , la plus familière et la plus nécessaire à ceite cour.
Ox offrait au maréchal de Catinat de mettre entreses mains les preuves des intrigues secrètes qu’on avait tramées contre lui ; il rejeta les offres et les déclarations. Arrivé à Versailles, il eut avec le roi un de ces entretiens secrets dont les courtisans comptent avec impatience et inquiétude les instans. L'accueil que lui fit Louis XIV , en se séparant de lni, n'était pas propre à les rassurer. On sut bientôt qu'il ne s'était plaint de personne, quoique le roi l’eût pressé de s'expliquer : « Ceux qui ont cherché À me nune, avait-il dit , peuvent être trèsutiles à votre majesté : j'étais pour eux un objet d'envie ; quaud je n’y serai plus , ils servivont mieux, »
Ox a souventcité une réponse que M. de Cntinat, dans le temps de sa plus grande faveur , fit à Louis XIV. Ce monarque , après l’avoir entretenu sur les opérations de la guerre, lui dit avec cette grâce qu’il savait mettre dans tousses discours, et qui était un deses dons particuliers: « C'est assez parler de mes affaires #. quel état sont les vôtres? — Sire, répoudit de Cw”,
Unat, grâce aux bontés de votre majesté , j'ai tout ce qu’il me faut. — Voilà, dit le roi, le seul homme de tout mon royaume qui me tiennece Jangage."» En effet, madame de Maintenon avouait qu’il était le seul quiu’cût rien demandé, «Je ne veux pas, disait-1l, en se servant d’une expression ee et énergique, ressembler à ces serviteurs qui salissent leur attachement pour leur maître , en demandant qu'on augmente leurs gages. »
Vertus du chancelier de L’Hépital.
Riex de plus admirable dans la vie de Michel de L'Hôpital , chancelier de France, que son attention extrême à faire rendre à chacun ce qui lui était dû. IL soutenait les affligés contre ceux qui voulaient les opprimer , les pauvres contre les riches , et les faibles contre les forts. Les’ mœurs, les mœurs ! voilà quel était Le cri de L’H6pital à tons les ordres des ciioyens; il les exigeait surfout des magistrats. « À queltitre, leur disait-il , pouvez-vous prétendre à l'estime publique , si ce n’est par vos mœurs ? Votre vie est casanière et tranquille , vos jours sont sans périls, vos honneurs ne sont jamais ensanglantés, mais vos passions, voilà l’objet.de vos combats : la privation du luxe et des plaisirs, le désintéressement , la pauvreté, voilà vos sacrifices et vos trophées. Le guerrier a de risque et de gloire que çà et là, et quelquefois dans sa vie; vos ennemis , à vous, sont tous les Le à votre porte, et vous les avez dans YOS COUT, »
insensi pu,roi
d’iner: à gletetre fugitif.
1 MB fendit , à du béni Orléans nemi a!
la cour
cardinal
.,.. Qx a reur du senl l’efl obstiné | poste. C:
parables Grèce av fure fau
Out.
le jeûné
bat PA disant: «
6, j'ai le seul nne ce tenon emanvaut >) resur atndant
le Mi- >, que hacun affligés r, les contre
Æorçe guerrière]
L’'axriquiré patenne nous a donné des exemples de force gnetrière bien dignes de nos éloges et de, notre admiration ; maïs, serons - nous insensibles à :qeux.de.nos'concitoyens? On avi vu, roi de. France, Aussi célèbre par sa. piété que par sa. yalenr, (Saint-Louis), soutenir tout seul dans Taillebohxg:, sur, un pont , l'attaque d’unearmée entière : une pleine victoire , fruit d’üner actidn silhénoïique, forgale roi: d’Angletefre-à, repasaes:ume sccoride fois la mer en fugitif. ah iugite: to nMinyc TIEL
Lil 91460 5! 5 ironie “Toi: da 1) 98 1: , MODE TÜURENSE, ce capitaine accompli, dé-
‘fendit durant trois henres entières , La barricade
du’ pônt-levis de Gergeau 3: petite ville entre Orléans et Gien, shr le pont BE AR PS PE ennemi$ auraient pu passer la Loire , et snrprendre la cour à Gien, où Louis XIV était avec le cardinal Mazarin. : .
..Qx 2 xp À Senef aan le. lns. grande horreur du, combat, M. de Villars sontenir lui seul l'effort d’un : bataillon ennemi, blessé 'et obstiné à perdre tout son saug plutôt que sou poste. Cès + is hommes ne sont-ils pas comparables à cet Horace-Goclès dont l'Italie et La Grèce avaient regardé le conrage comme devant fuüre admiration de l'univers?
Out coûräge !'qûbtle granderir d'âme dans le jétiné Bridhnie! Afant le bras fracassé au comne it monté éncore À l'escalade, en disant? « Ilm’en resté un autre paur mon roi et
248 MQUALE
pour ma patrie, » Ne pouvant plus saisir de ses mains blessées les palissades des retranchemens ennemis , 1l meurt en les arrachant avec ses dents. Ne vaut-il. pas bien un Cinégire ?
. Lejeune Bouifflérs ; À l'Agé'de dix hs j'eutunè jambe cassée dans la”jonériiée de Ditingue: fl la . faitcénper sans se plaitidre et menrtde même exertiple d’une ferfnété rare parimiles grierriers, et presqne unigqté à cet:gé, 00 Li Cf ) | * 01°
\ s! st!
‘Le marquis de Beauveau, dansile siége d’Ypres ; est percé d’un coup mortel: accablé de douleurs incroyables , et entouré de nos:soldats qui se disputaient l'honneur de le porter, illeur
isait d'hne voix.expiranté : « Mes amis, allez
où vous êtes nécessaires ; allez combattre ; et
Mépris des richesses: il |
‘Ar n'ya pas dé vice plus ihfiamant ,'surtout pour les ‘persouties tonstitudés en dignité et chargées de procurerle bien dés autres, que l'avarice, M. le duc de Montmorency, pour inspirer au jeune ducd'Enghien, son neveu, l’horreur d’une passion si détestable , lui donna cette sage lecon. DER EE |
En allant dans son gouvetiréiment , il passa par Bourges, rendit visite à:ce jeune seigneur ui y faisait ses études, et lui donna une bourse dé can istoles pour ses menus plaisirs. ‘A son retour , 1l le vit encore, et lui demanda quel
trouva Un ge basèu fortun.
mais l tourna fortun.
voir ce
Le dans d jours # M, le.
lier, soldat:
leurs :
jeter d sans S’
sir de ses chemens avec ses re Z 'entuñe gue; illa le Même tiérriers,
iége d'Ycc blé de >s-éoldats er, leur ais } allez attre ; et légalent- > sa: plaie
| , surtout igni é et qué l'apour inseu ,l’hornna cette
, il passa
seigneur ne bourse r8:-A 80n nda. quel
EN ACTION. 249 usage il avait fait de cet argent ? Le duc d’'Enghien lui présenta sa bourse toute pleine. Que de parens auraient loué la rare économie de leurs enfans en pareil cas! Mais le duc de Montmorency pensait bien plus noblement; il prit la bourse, et la jeta par la fenêtre, et dit À son neveu : « Apprenez, monsieur , qu’un 81 grand prince que vous ne doit point garder d’argent : pyisque vous ne voulez pas l’employer à jouer, 11 fallait en faire des aumônes et des libéyalités. L'ayarice , qui est si hideuse dans les paticuliérs, est encore plus horrible dans un prince. »,
Lars
Le mépris de l’:rgent'se trouve quelquefois dans des âmes ordinairement intéressées , tou jours avides du pillage ,dansles soldats mênre. M. le duc de Montmorency.étant à Montpellier , pour :éviten: d’êlre: sûivi d’nne troupe de soldats.qui se disposaient à l'accompagner avec leurs acclamations ordinaires, s’avisa de leur jeter dés poignées d’argent ; mais:ces soldats, sans s'arrêter à le ramasser, comms il se l'était
promis , ne l’abandonnèrent point, et l'escortèrent j usqy’à ce qu’il fût rentré chez lui.
Le famenx Turenne ne sut-il pas se garantir de la passion de l'argent, dans nn sde où ce vice fut le plus dominant? Etant dans 15 comté de laMarck
lui vint proposer de lui faire g:gner cent mille écus en quinze jours, par le moyen des contributions , et cela d’une manièrequéla cour n’en aurait aucune connaissance. 1l fni répondit qu'il lui était bien obligé ; maïs qu'après avoir beancoup trouvé de ces sortes d'occasions, sans en avoir jamais profité , il n’était pas d'avis de changer de conduite à son âge.
Lorsqu'il commandait en Allemagae, une ville nentre qui crut que l’armée du roi allait de son côté, fit offrir À ce général cent mille écus pour l’engager à prendre üne autre route, et pour le dédommager d'un jour ou deux de marche qu’il en pourrait coûter de plus à l’arré. « Jene puis, en conscience, accepter cette sommé , : répondit M. ‘de Tarënne , parce qe je n'ai pas eu intention de passer par cette vule. » es
Le maréchel de Boncicaut ne laissa qu’un fils Agé de trois ou quatre ans , qui fut depuis maréchal de France et gouverneur de Gênes. Il ne s'était pas soucié de lni amasser de grands biens: Ses amis le blâmaient um jour de n'avoir pas profitéde la faveur duroi Jean, son maître : « Je n’ai rien vendu, leur répondit-il, de l’héritagé de mes pères, je n’y ai rien non plus augmenté: si mon fils est homme de bien; il en aura
en See un officier-générul
assez ; m
actions Jean I°r vérain la libéra soldats.
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Le m aux ricl tout son d’occasit élever d son épot sentaien mille ur il répon que ler voir des que je :
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t mille e route , deux de 1$ à l’arter cette » parce Jar cette
a qu'un t depuis
Gênes.
grands n'avoir maître :
‘de l’hélus augen aura
assez ; maïs s’il ne vaut rien, ilen aura trop, et
fera grand dommage. » Belle leçon pour les jeunes officiers.
Le connétable Duguesclin , à qui ses belles actions ont mérité les faveurs des trois rois Jean I°r, Charles V et Charles VI, avaitunsouvérain mépris pour l'argent; il nele recevait de la libéralité du roi que pour le distribuer à ses soldats. Quoiqu'il se fût trouvé dans des occasions propices pour accumuler de grands biens, il en laissa moins à sa famille qu’il n’en avait reçu d'elle.
Le maréchal de Fabert était si peu attaché aux richesses, qu’il sacrifiait généreusement tout son bien au service du roi : dans beaucoup d'occasions, 1l faisait travailler les soldats, et élever des fortifications à ses dépens. Lorsqne son épouse on ses plus intimes amis lui représentaient que par ces dépenses 1l ôtait à sa famille un bien qu’il était obligé de lui conserver, il répondait: « Si, pour empêcher qu'une place que le roi m'aurait confiée ne tombât au pouvoir des ennemis, il fallait mettre, à une brêche que je verrais faire, ma personne , ma famiile et tout mon bien , je ne balaucerais pas à le faire. »
L'irrusrre Jean de la Vacquerie, premier président du parlement de Paris, mourut dans une si grande pauvreté, que le roi Louis XI prit soin de sa famille, et l’établit à ses dépens.
Les siècles futurs accuseront-ils ces grands
hommes, qui ont montré tant de mépris pour
lesrichesses, d’avoir avili , on la noblesse de leur naissance, ou la dignité de leur rang? Ne sont: ce pas au contraire ces qualités mêmes qui les ont rehaussés davantage; et qui leur ont attiré plus universellement l'estime , l'amour et l’admiration de la postérité !
Beaux axemples tirés de la vie du Dauphin, père de Louis XV;
A la mort de son père, héritier de son rang, 1l refusa de l’être de ses pensions. « L'Etat , dit. il, est trop obéré ; je continuerai à vivre en duc âe Bourgogne. Plus je touche de près au trône, plus je dois économiser les déniers du pauvre peuple. » On lui représenta qu’il pourrait , avec un plus amplerevenu , soulager plus de malheureux.«Souvent , répondit-1l, ce que l’on croit ne souhaiterque pour exercer la charité , la cupidite se l’approprie quand on est parvenu à l’obtenir : j'aime mieux que cette somme soit employée au soulagement de l'Etat par d’autres mains que par les miennes. »
Il n’avait encore que douze ans, lorsqu’apprenar't la conversion du célèbre La Fontaine et le renoncement au profit qui devait lui revenir d’une édition de ses Contes en Hollande, il lui envoya une bourse de cinquante. louis & le gentilhomme qui en fut le porteur l’assura de sa part que c'était tout l'argent qu’il avait pour le présent , maïs qu’il ne s’en tiendrait point :à, Quelle bénédiction pour un royaume ; et qnel présent du ciel, qu’un prince de ce caractère !
Le ducde Bourgogne recevait chaque année,
pour sa d douze m quatre - v œuvres ; mème pe qu'il ser quelque :
aussitôt ] ainsi qu’ duit d'u danslep Le dar que posst jcr des eut ane f lui vola somme C deux j0 dansles valet de pos de dé maître, ( se présen pince »
cet offici qui lui :
Le da fortuné nait de tons ses sans en mécessal et pour
s qui les nt attiré et l’ad-
croit ne la cupiu à l’obsoit emd’autres
u’appreine et le revenir e,illui uis t le ira desa ait pour voint à, et qnel ctère !
année ,
ÆN ACTION: 233 pour sa dépense particulière, cent quatre-vingtdouze mille francs : sur cette somme, cent quatre - vingt mille étaient employés en bonnes œuvres 3 il est certain qu'il ne dépensait pas même pour ses amusemens les cent pistokes qu'il se réservait chaque mois. S’il lui échéait quelque somme extraordinaire, il en assignaitaussitôt l’emploi en favenr des pauvres. C’est ainsi qu’il leur fit un jour distribuer tout le produit d’une coupe de bois considérable , faite
dans le parc de son" château de Meudon.
Le dauphin ignora toute sa vie ce que c'était que posséder : il ne savait que répandre, et ke jcr de sa recette était ceiui de sa dépense. 11 eut ane fois lieu de s’applaudir de cet usage. On lui vola sa cassette , et on la vola vide. Une somme considérable dont elle avait été remplie deux jours auparavant avait déjà été versée dans le sein des pauvres. Cependant le premier valet de chambre du dauphin avait jugé à propos de déposer miile écus ds, la cassetteide sou maître, en le dessein de les lui avancer , s’il se présentait quelque malheureux à secourir. Le prince , qui pouvait compter sur la probité de cet officier, voulut lni tenir compte de lasomme qui lui avait été volée.
Le dauphin apprend qu’un gentilhomme peu fortuné et chargé d’une nombreuse famille venait de perdre , par un incendie, sa maison et, tons ses gras 33 1l s’informe de sa demeure, et, sans en être sollicité , 1l lui fait passer La somme nécessaire pour la reconstruction de sa maison et pour sa subsistance pendant un an; il se
254 MORALE chargea de plus de pourvoir à l'éducation de trois de ses enfans.
Le curé de Notre - Dame de Versailles tirait chaque année , sur la cassette du dauphin , la somme nécessaire pour habiller cent pauvres, et pour en nourrir quarante tous les jours du Carème et de l'Avent, sans compter beaucoup d’aumônes extraordinaires.
‘Ce prince consacrait tousles ans une somme à la délivrance des prisonniers détenus pour dettes. Il délivra par ses propres deniers , ou par le produit d’une quête que fit la dauphine, un grand nombre de Français esclaves à Alger. Il fonda uu établissentent en faveur des filles fauvres et orphelines. On Le vit, protégeant de son crédit les établissemens religieux , les soutenir de ses libéralités. À la tête ds armées , 1l retranchait de son train. tout ce qui semblait passer les bornes du nécessaire, afin de pouvoir gratifier les compagnons deses travaux et de ses périls. Tantôt il faisait parvenir à des officiers faits prisonniers le montant de leur rançon ; tantôt il procurait à d’autres les moyens de se mettre en équipage et de continuer le service.
Le dauphin avait montré dès son enfance un goût particulier pour les bijoux et les raretés ; il en avait composé un cabinet fort curieux: il en fit le sacrifice, et le vendit au profit des pauvres. IL s'était réservé quelques pierreries : maïs peu de temps après (c'était pendant le cruel hiver de 1709), le curé de Versailles étant venu lui représenter que la misère continuait tou-
jours , pierrerié
l’assure plette. « dauphin du duc que l’ar dont V services.
Ox n que ce F aumône mains -é nuit , ei inestiqu sait à pic aller visi et l’infu sansfriv profusio l’accusa:
mieux s publier fut justi de l’héri cents fre
tion de
les tirait ohin , la au vr'es , jours du eaucoup
»: somme us pour , ou par ine,un Alger. Il Iles hauit de son soutenir ,ilresemblait pouvoir et de ses officiers
rreries :
le cruel nt venu jait tou-
EN ACTION: 255 jours, le dauphin lui dit, en lui remettant ses pierreries : « M. le curé, puisque nous n'avons plus d'argent , et que nos pauvres meurent de faim , gue les pierres soient changées en pain.»
Ox proposait à ce prince, devenu dauphin, d'acheter un bureau qui répondit aux autres meubles qui ornaïent son cabinet. Il s’informe de ce que lui coûterait ce meuble : le prix lui en paraîtexorbitant. L’officier chargé de sa cassette l’assure qu’il s’y trouve de quoi fournir à l'emplette. « Eh bien , reprend-1il, monsieur Île dauphin continuera ‘à travailler sur le bureau du duc de Bourgogne. » Et aussitôt il’ordonna que l'argent fût envoyé à de pauvres officiers dont l'Etat ne pouvait pas récompenser les services. |
Ox ne vit jamais personne craindre autant que ce prince l'éclat de ses bonnes œuvres; ses aumônes étaient secrètes , et passaient par des mains-étrangères. Quelquefois à l'entrée de la mit, en habit simple, et suivi d’un seul domestique chargé des dons de sa piété, il traersait à pied les rues détonrnées de Versailles poux aller visiter etrécréer, par ses largesses , lepauvre et l’infirme pisans dans un galetas, Les courtisansfrivoles, voyant qu'il s'interdissaitlejeu, les profusions indiscrètes et les plaisirs ruineux, l’accusaient d’avarice ; et le jeune prince aima mieux s’exposer à ces injustes soupçons que de publier sesbienfaits. Ce ne fut qu’à sa mort qu'il fut justifié à leurs yeux : et toute la succession de l'héritier de Louis-le-Grand se réduisità deux cents francs. :
236 MORALE Sa bonté, son a/ffubilité.
Ceux qui avaient quelque grâce à solliciter ; trouvaient toujours le danphin disposé à les écouter ; mais quand il avait entendu les rai« sons d’une des parties , il la prévenaitqu'il app:llerait l’autre pour peser aussi les sisnnes.Lecapiiaine de ses gardes avait ordre de ne jamais rebuter personne, et d'indiquer avec bonté un moment plus favorable à ceux qui se présentaient à contre-temps. 11 ne voulait pas même que ses oïliciers éloignassent ceux qui étaient connus pour i:rportuns. « Peut-être , disait-il , qu'ils ont quelque chose de meilleur à proposer aujourd’hui que les autres fois; et j'aime mieux éprouver qe ennui que de leur faire sentir avac trop de confusion qu’ils m'importunent, »
Ux particulier , s’imaginant qu'il pourrait diriger ce priuce dans la politique, lui adressa, dans d'immenses mémoires , Les systèmes d'une tète mal organisée. Le prince le fit remercier avec bonté; celui-ci crut qu’il l’invitait à continner, il travailla de nouveau : le danphiu ln fit dire clairement qu'il l’exhortait à diriger ses talens vers quelqu’objet qui fût plus en rapport avec ses connäissances, L’auteur eut la hardiesse de lui demander lu récompense de son travail, etle dauphin la bonté de la lui accorder. «Je lui donne, dit-il, la moitié de la somme, parce qu’il a voulu bien faire, ét l’autre moitié pour la peine queje lui ai faite eu lui apprenant qu'il s'était trompé. » Ér
£zrem An
suerve ne fûl anal + le car rouge préser & Car qu’il :
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gardée raro el
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que se auvre Le en est Le dans hom faire le même l'herbe La cu fait pl sincère eut tro qu'ils les son
Iliciter s é à Îles les rai il'apy»:l- Lecapi-
jamais onté un
preseri- 8 même
étaient isait-il , proposer Le mienx re sentir unent, »
adressa , es d’une emercier à cont.bhin lui riger ses en rapt la har-
de sou ccorder.
somime ; e moitié prenant
pourra it.
EN ACTION. ai £'xemples de bienfaisance et de désintéressemenc.
AnnauD D'Ossar, si célèbre par son adresse suerveilleuse dans les négociations, quoiqu'it nt fût pas meublé, à beaucoup près, en cardinal, ne voulut pourtant pas accepter l'argent, le carrosse et les chevaux, ni le lit de damas rouge que le cardinal de Joyeuse lui euvoya présenter trois semaines après sa promotion : & Car, dit-il, encore que je n’aie point tout cu qu’il me faudrait pour soutenir cette dignité, si est-ce que je ne veux pas pour cela renoncer à l’abstinence et à la modestie que j'ai toujours gardées. » Une telle disposition est bien plus raro et bien plus estimable qu’un pee équipage et qu’un riche ameublement,
Ce n’est point parmi les grands et les riches que se trouve la félicité, mais plutôt parmi les
anvres et les gens d’une fortune médiocre.
Léson ple suivant , aussi curieux qu’instructif, en est une preuve,
Le maréchal de Montmorency voÿageant dans le Languedoc, suivi de dos gentilshommes, s’entretenait avec eux de ce qui pent faire le bonheur de la vie. IL aperçut dans be même instant quatrelaboureurs assisan loin sur l'herbe, qui dinaient à l'ombre d’un buisson. La curiosité le prit de les approcher; leur ayant fait plusieurs questions , il les pria de lui avoner sincérement s'ils s’estimaient henreux. 11 y en eut trois qui répondirent qu’ils l’étaient, parce qu'ils avaient une femmeet desenfans telsqu’ile. les sonhaïtaient,
258 MORALE Le duc demanda à l’autre s'il était aussi
content que ses compagnons. Le bonhomme
répondit que ce qui l’en empêchait était de se
trouver hors d'état d'acquérir un héritage que
ses parens avaient autrefois possédé : « Situ. l'avais ; reprit le duc , te croirais - tu parfaite-
nent heureux? — Autant, répondit-il, que je
puisse l'être. » Alors M. de Montmorency se
tournant vers un de ses geutilshommes : « Je
vous prie, que je puisse dite avoir rendu un
homme heureux une fois dans ma vie. » Il lui
fit donner deux cents pistoles, qui étaient la ste nécessaire pour acheter l'héritage que le laboureur souhaitait,
Le chevalier Bayard fut l'homme du monde qui sut le mieux se contenter de peu, et qui montra toujours une souveraine indifférence pour les richesses. Ayantenlevé aux Espagnols une somme de quinze mille ducats , il prenait plaisir à les remuer sur sa table, et il dit à s:s soldats en riant : « Camarades , ne sont-ce pas là de belles dragées, et ne vous donnent-elles pas quelque envie d’en goûter ? » Le capitaine Tardieu s’écria seul du milieu de la troupe:
« Que nous sert-il d’eau vouloir tâter? c’est un mets qui n’est pas Ph. +R o Puis baissantu:: peu la voix : « Si j'avais, ajouta-t:1l, la moitié de cet argent , je serais heureux et homme de bien tonte ma vie. » Bayard le prit au mot, et lui comptant la moitié de la somme, lui fit promettre de tenir sa parole. Le reste fut distribué aux officiers et aux soldats.
Souffri
Pen:
échapp qu’on] ‘quelqun qu'il fi Renda:
rien, si Raconi l'avai avait é c'était 1 venaitdront s mation toires ; vient aborde respect dont s norer.
Ls ce tion de l’'expre.
la tête:
par le « ant ma pris av pria le l'inpri avait d
aussi mme le se > que Situ.
faiteque je Cy se : 4 Je lu un IE lui ent la que le
nonde et qui érence agnols renait tàs:s ce pas it-elles
ot, et lui fit ut dis-
Souffrir avec peine la louange, et parier de soi avec modestie,
Pencoywe n’a jamais remarqné qu'il soit échappé à M. de Tiürenne la moindre parole qu’on pût soupçonner de vanité. Remportait-il quelque avantage? à l'entendre , ce n’était pas qu’il fût habile, mais l'ennemi s’était trompé. Rendait-:il compted’une bataille ? il n’oubliait rien, sinon que c'était lni qui l’avait gagnée. Racontait:il quelques-unes de ces actions qui Pavaient rendu si célèbre? on eût dit qu’il n’en avait été que le spectateur , pt l’on doutait si c'était lui qui se trompait ou la renommée. Revenait-il de ces glorieuses campagues qui, reudront son nom immortel ? il fuyait les acclamatioris populaires : il rongissait de ses victoires ; il venait recevoir des éloges comme o1t vient faire des apologies ; il n’osait presque aborder le roi, parce qu'il était obligé, par respect , de souffrir patiemment les louanges dont sa majesté ne manquait jamais de l’honorer. | |
Ls cardinal Mazarin avait fait faire une relation de la journée de Bleneau , laquelle , selon l'expression de la cour , remit la couronne sur la tête -du jeune Louis XIV. Elle commençait par le conseil que M. de Turenne avait donné an maréchal d'Hocquincourt , et dont le népris avait causé son entière défaite. Le vicomte : pria le cardinal d’ôter cet article avant qu’on Pnprimât; 1l lui représenta que ce marethal avait déjà assez de chagrin d’avoir été battu,
sans l’augmenter encore par une circonsfance si mortifiante; mais c’était au fond pour épargner sa modestie. et pour qu’on s’occupät moins de la gloire qui lui revenait de cette fameuse journée, Le cardinal eut égard à sa prière, et l’article fut supprimé, |
Res de plus ordinaire au plus petit officier que de se vanter d’avoir fait ce qu’1l raconte de plus grand , ou du moins d’y avoir une bonne part avec le général. Il y a bien plus de grandeur à ne pas faire de réflexion , même sur ses plus D rails actions ; en sorte qu’il semble qu’elles nous échappent , et qu’elles naissent si naturellement de la disposition de notre âmé, qu’elle ne s’en aperçoit point. .
Duceussezix , qui porta avec honneur l'épée de connétable sous le règne de Charles V , et à qui ce prince donna le principal commande- ‘ ment de ses armées , disait ordinairement que la gloire, cette noble passion qui touche le plus sensiblement le cœur des héros, se devait partager entre les hommes aussi bien que les richesses ; il enfaisaittonjoursretomberun& pärtie sur ceux qui l’avaient accompagné dans une action.
La solide grandeur consiste à renoncer à la grandeur même.
Tour ce qui est extérieur à l’homme ; tout ee qui peut être commun aux bons et aux méchans, ne le rend point véritablement estimble : c'est par le cœur qu'il faut juger de
Phomme ; de là partent les grands desseins, les
grande clave d est au«
Ler du corc mails 1 offensé une let en ces | qu’un } hté, es charges
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vertu, ) que ceu peuvent le mon.
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Cuar Tavan vernem le n 1ré un ho vous, D Quelqu dit qu'i donné, de Prox de choi:
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officier onte de bonne > gransur ses semble ssent si > Âmé,
r l'épée V,età nandent que le plus it parles rie pârtie ins une
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9 toui ux méat estiiger de ins, les.
EN ‘ACPION. 261 grandes actions, les grandes vertus. On est esclave de la grandeur dès qu’on la désire, et on est au-dessus d’elle qnand on la méprise.
Le roi voulut honorer le maréchal de Fabert du cordon bleu , sur la fin de l’année 1661 ; mais il refusa. Louis XIV , loin d’en être offensé , admira la modestie du maréchal, Dans une lettre écrite de sa propre main , ille louait en ces termes : « J’ai un regret sensible de voir qu’un homme qui, par sa valeur et par sa fidéhté , est parvenu si dignement aux premières charges de ma couronne, se prive lui-même de
cette nouvelle marque d'honneur, par un obs-
tacle qui me lie les mains. Ainsi, ne ponvant
rien faire davanta ge pour rendre justice à votre
vertu, je vousassurerai du moins, par ces lignes, que ceux à qui je vais distribuer le collier ne peuvent jamais en recevoir plus de lustre dans le monde, tue le refus que vous en faites, par un principe si généreux , vous en donnc auprès de moi.»
Crances IX ayant demandé au maréchal de Tavannes à qui l’on pourrait donner le gouvernement de la Provence, qui venait devaqurer, le n 1réchal lui répondit : « Sire, donnez-le à un homme de bien qui ne dépende. que de vous, » La conversation n’alla pas plus hoin. Quelques jours après, le roi le manda , et Jui dit qu'il avait profité de l'avis qu’il lui avait donné , et qu’il avait pourvu du gouvernement de Provence un homme tel qu’il avait conseillé de choisir. Sa majesté ajouta anssHtôt que c'était à lui-même qu’il faisait ce présent, Le remereh
SA dt.» me euemne
ment de Tavannes fut singulier : «Je fais, dit-1l, autant pour vous de l’accepter, que vous faites pour moide me le donner. » Il reçut avec assez d’indifférence et de froideur les complimens qu’on vint lui faire à cette occasion.
La calomnie punie , et l'innocence reconnue.
Dexis , roi de Portugal , en épousant Elisabeth, fille de Pierre , roi d'Aragon , avait plus cherché en elle sa beauté et les avantages de sa naissance, que sa vertu etsa piété; cependant il Jui laissa la liberté de se satisfaire tout ce que sa dévotion lui prescrivait. Quoiqu'il ne se piquât pas lui-même d’une grande vertu, il ne put s’empêcher d’estimer et d’ad. mirer celle de son épouse.
Elisabeth ent bien des disgrâces à essuyer de la part du roi. Il écouta un calomniateur, qui accusa cette piense reine d’avoir un mauvais commerce avec un page dont elle se servait pour porter les aumônes aux pauvres honteux, et jour d’autres œuvres de piété. C'était un jeune Eee vertueux , et qui était charmé d’être employé à de pareilles commissions, L’accusateur était un page du roi , que la jalousie ren- . dait ennemi de celui de la reine. Le roi crut aisément l'imposture , parce qu'il jugeait du cœur de la reine par le sien.
Etaut un jour à la promenade, il passa devaut un four à chaux. Il appela le maître qui entrtenait le feu , et lui donna ordre secrètement de jeter dans le fouruean ardent un page qu'il lui enverrait le lendemain , comme pour savoir des nouvelles de quelques commissious
qu'il lui re ma d'aller t1 lui demi Le page vant un messe sel disait ét tendre v achevée.
Le pa envoyé l'avait €
ses nouv
pour sav l'ayant fallait s jetèrent en peu « messe , du chaï la veille pondit ç mandé, équivoq et cet év reconna de l’inn
peu à d Indu
CLor d'or et
Je fais, br) que Il reçut les comasion.
nnue,
ant Eli- L , avait rantages s cepenre . t. Quoi-
grande
et d’ad.
suyer de eur, qui mauvais vaitpour teux, et in jeune 1é d’être ’accusaisie renrut aisédu cœur
acsa deaître qui secréteun pape me pour U1SS1OLS
qu'il lui aurait données, Le leudemain , le roi ne mauqua pas de charger le page de la reine d’aller trouver de sa part le a Éaniur, pour lui demander s'il avait exécuté sa commission. Le page partit sur l’heure : mais en passant devant une éplise, il y entra pour entendre la messe selon sa coutume; et, comme celle qu’on disait était commencée, il crut devoir en entendre une autre après que la première fut achevée. ” Le page accusateur, qui savait où l’on avait envoyé Le page de la reine, et pourquoi on l'avait envoyé, fut impatient d'apprendre de ses nouvelles, et s’en alla , sur les lieux mêmes, pour savoir si le roi était obéi. Le chaufournier l'ayant aperçu, crut que c'était celui dont ïl fallait se saisir, Ses ouvriers le prirent et le jetèrent dans le fourneau , où il fut consumé en peu de temps. Le page de la reine, après la messe , continua son chemin, et alla savoir du chaufournier si les ordres qu’il avait reçus la veille étaient exécutés. « Dites au roi, répondit celui-ci, que jai fait ce qu’il m’a commandé, » Quand Île roi eut appris nne si étrange équivoque , 1l fut également touché et confus ; et cet événement , dans lequel il fut obligé de reconnaître la main de Dieu, le convainquit de l'innocence d’Elisabeth , et ne contribua pas peu à diminuer ses débauches.
Tadustrie admirée; délicatesse de conscience respectée.
Ccoratre II voulant avoir nne chaise ornée d'or et de piefreries, ne trouva aucun de ses
rate rene ee ntnnmeememmnientéselhanenenanmenimecnennenmnitnnstennine
7 et po 2,
404 MORALE , ouvriers qui pût s’en former une idée semblable à la sienne, et l’exécuter. Bobon, son trésorier, ne balança pas à dire au roi qu'il avait trouvé l’homme que sa majesté cherchait? sur son témoignage, Le prince fit donner à Eloy la quantité d’or et de pierreries qu’on jugea néoœssaire. Eloy aussitôt se mit à l'ouvrage, et bientôt après, au lieu d’une chaise qu'on attendait ,‘len présenta deuxau roi. A la vuedela première, Clotaire admira fort son industrie et sa dextérité : mais 1l admira beaucoup plus 5a fidélité quand il vit la seconde. Ayant reconnu dans l’ouvrier autant d'esprit que d’adresse et de désintéressement , il crut devoir l’attacher à son service ; 1l le retint donc à la cour, et lui donna dès-lors une grande part à sa confiance, le logea dans son palais, et se faisait un plaisir singulier d’aller l'y voir travailler.
Plus Clotaire voyait Eloy, plus il était charmé de ses belles qualités, et plus il estimait sa vertu. Crovant qu’un homme d’une si «rare probité était propre à autre chose qu’à façconnerles métaux, il résolut del’emnloyeraux affaires de l'Etat. Pour se l’attacher plus fortement, 1l lui proposa de prêter le serment de fidélité ordinaire sur les reliques. Eloy, assuré cles dispositions de son cœur, promettait bien de demeurer fidèle; mais craignant de jurer en cette occasion, sans nécessité, contre la défense de Jésus-Christ, il ne pouvait se résoudre à faire le serment que le prince exigeait. Clotaire , ne sachant à quoi attribuer ce refus, insista à de. mander le serment; Eloy s’en défendit avec toute l'humilité possible, ct tâcha de justifier
sa répug:
ses exCu:
témoigne Eloy, ap plaire au larmes. | cette déli sa fidelite
L’infi méfie d?
qu'ils er qu'on le queront quelle le sermens n’assure être l’ass firme. L ment, €.
indiscrèt contres :
ment p° phète Je {ait dans justice :
justitid.
Com prend ou dont sa religi païens, Clrétier cru no vine en
semblason tré- 1 avait hait? sur
vuede la dustrie et D plus Sa reconnu dresse et ttacher à r, et Ini onfiance,
in plaisir
il était ns 1l esti- > d’une si ose qui loyeraux lus fortement de ÿ ». assuré tait bien > jurer en a défense re à faire taire , ne ista à de.
hdit avec | justifier
sa répugnance à jurer. Le roi, ne recevant pas ses excuses, l’en pressa encore davantage, et témoigua être choqué de sa résistance. Alors Eloy, appréhendant d’oftenser Dieu, ou de déplaire au roi, ne put s'empêcher de verser des larmes, Le prince s’en aperçut, et lui dit que cette délicatesse de conscience l’assurait plus de sa fidélité que tous les sermens qu’il eñt pufare. L'infidélité des ouvriers est cause qu’on se méfie d’eux : qu'ils travaillent avec fidélité , qu ils emploient en conscicnce les matières qu'on leur met entre les mains, ils ne manqueront jamais d'ouvrage. La facilité avec laquelle les ouvriers et les marchands font des ser mens, augmente plutôt la méfiance qu’elle n'assure la confiance. Oui, et non, doivent être l'assurance de la vérité qu’un Chrétien affirme. La meilleure manière d’honorer le ser ment, est de ne s’en servir n1 fréquemment, ni indiscrètement, mais uniquement dans les ren: contres nécessaires et très-importanies. Le ser-
ment pour être légitime, doit, selon le pro "
phète Jérémie, avoir ces trois qualités, d’êtr
{ait dans la ns dans le jugement et dans la
justice : Jurabis in veritate, et in judicio ; ef in j'stitid.
Comment ne tremble-t-on pas quand on prend Dieu à témoin d’une chose, on fansse , ou dont on n’est pas assuré ? 1} fant avoir perdu sa religion et sa conscience. La délicatesse des païens, à l'égard des sermens, fait la honte des Chrétiens : quelques-uns déni awmaient cru non-seulement déshonorer la Majes'é «1e vine en jurant légèrement, mais mème cu
on A RE Rd De D me .
a6C MORALE employant le nom de Dieu dans les conversations et dans les discours familiers.
Manière d’instruire et de reprendre.
SaixtT-AuGusTIN , après sa conversion, retiré à la campagne avec quelques amis , y instruisit deux ] jeunes gens nommés Licent et Trigèce, 11 avait établi des conféreuces réglées, où 1l les faisait parler sur différens sujets que l’on proposait ÿ chacun soutenait son sentiment , et ré pondait aux questions qu'on lui faisait ; on sotrenl tout ce qui se disait de part et d’autre. I
chappa un jour à ‘rigèce une réponse qui n’é- Li pas tout-à-fait exacte, et qu'il souhaitait qu'on ne mît point par écrit. Licent, de son côté, insista vivement, et demanda qu’elle fût écrite. On s’échauffa de part et d'autre, comme cela est naturel à des jennes gens, dit Saint-Augustin, on plutôt à à tous les lommes qui sont ples ims de vanité et d'orgueil.
Saint- Augustin fit une réprimande assez forte
Laceut, qui en rouoit sur- “le-champ ; Pautre,
vi du trouble et de la confusion où il voyait son émule, ne put dissimuler sa joie. Le saint, énétré d’une vive douleur en voyant le secret dépit de l’un et la maligne joie de lantre, et les a postrophant taus deux: « Est-ce donc ainsi, leur dit-:1l, que vous vous conduisez? est-ce là cet amour de la vérité dont ïe me flattais, il n°y a qu'ue moment, que vous étiez l’un et l’autre embrasés ? »
Après plusieurs remontrances , 1l finit ainsi : « Mes chers enfans, n’augmentez pas, Je vous en] conjure, mes misères) qui ne Sont déjà que
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EN ACTION, 267 trop grandes. Si vous sentez combien je vous considère et je vous ane, combien votre salut m'est cher, si vous êtes persnadés queje ne me soubaite rien à moi-nrême de plus avantageux qu’à vons; enfin, si, m'appelant votre maitre, vous croyez me devoir quelque retour d'amour et de tendresse, toute la reconnaissance que je vous demande, est que vous soyez gets de bien, bort estote. » Ses larmes coulérent abondamment, et achevèrent ce que son discours avait commencé. Les disciples attendris ne songèrent plus qu'à consoler leur maître par un prompt repentir pour le présent, et par de sincères promesses pour l'avenir,
Observation. — La fante de ces jeunes gens méritait = elle que le maître en fût si touché? N'est-ce pas l'ordinaire de ces sortes de disputes? Vouloir bannir cette vivauiié et cette simplicité, ne serait-ce pas éteindre tonte ardeur de létude, et émousser la pointe d’un aiguillon nécessaire à cet oc ?
Ce n’était point la pensée . Saint- Augnetin ; il ne songeait qu’à retenir dans de justes bornes une noble émulation, et à l’emnêcher de dégénérer en orgueil, qui est la plus grande maladie de l’homme : 1l était bien éloigné de vouloir la guérir par une autre, qui nest peut-être pas moins dangereuse, je veux dire la paresse et l’indolence. « Que je serais à plaindre, dit-il, d’avoir de tels disciples, en qui un vice ne pût se corriger que par un autre vice! »
Voilà mre délicatesse de sentimens qni ne se trouve point par mi les paiens. Is c onviennent, à la Vérité que l’ambition dont nous parlons
ici est un vice; mais, par nhe contradiction assez bizarre, 1ls le donnent comme un vice qui devient Souvent dans les jeunes gens nne sonrce de vertns : Licèt ipsa vitiorum sit ambitio , fre quenter tamen causa virtutum est; et ils font tout ce qui est nécessaire pour nourrir ét pour ange menter cette maladie. Il n°y a que le christiamisme qui remédie à tout, qui déclare généralement la guerre à tous les vices, et qui puisse rétablir l’homme dans nne entière santé. La philosophie, avec ses plus beaux préceptes, ne va pas jusque là, | |
Différence entre l'"nvie etl'Emulation,
LA différence est délicate entre l'envie et l’6mulation. Comme 1l est aisé de s’avensgler et de se persuader qu'on n’a que de lémulation quand ou est véritablement jaloux, aussi peut-ilarriver qu'on blâme dans les antres, comme nn mouvement d'envie, ce qui n’est dans eux que l'effet del'émulation,
Tl me paraît qu'on pent distinguer à ces caractéres ces denx mouvemens si ressemmblans en apparence, et dont l’un cependant est une vert, et l’antre un vice. L'émulation est une passion noble et générense quine peut avoir pour objet que la vertu; elle ne tend pas à rabaisser les autres au-dessous de nons: elle ne retranche rien des louanges qu'ils méritent; elle ne voudrait pas qu'ils fussent moins estimables, mais
clle nous faitu reproche de l'intervalle que mous laissons entr’enx ct nous. Enfin, si elle çst jamais de mauvaise humeur, elle ne la fait
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LE pouvoir PA7A Féegoèn
EN ACTIOVé 26g sentir qu'à nonsimémes, et elle ne sait jamais mauvais gré à ceux qui ous surpasserit.
L'envie, au contraire, est une passion basse et chagrirte, qui co reui pi la vertu même pur son amertume ; elle tâche de ternir Le lustre des meilleures ir par un souffle empoisonté ; :
ellene sesoucierait pas demonter, pouva qu'elke vit les dutres descendre au dessous d'elle. Lu première est-une fille du ciel, et un reste précieux de la grandeur pour laquelle l'homnie était né; l’autre est un fruit de l’enter et du demon, qui s’est perdu Eut-mème par l’env ie y et qui s’est servi de ce poison contagieux pin te perdre le preuiec homme.
Le pouvoir de la Relision.
Us prêtre vénérable, condamné à la déportation durant la persécution révolutionnaire de France, était renfermé dans une maison de force d’une ville de province, en attendant le moment de son départ. Deux prisonniers convatiicus d’assassinat venaient d’être ] jugés et cotr— damnés à mort. Aussitôt qu “ils eurent entendu leur arrêt, ces deux malheureux s’abandonnee rent à Louis les fureurs du désespoir, rompirent leurs fers, et dépavèrent leur cachot. Ils poussaient des cris qui retentissaient dans tonte iæ prison, en meuaçant de nrassacrer le premier homme qui s ’approcherait d'eux. Les guichetiers et les archers, saisis de crainte, n’osaien# en effét s’en äpprocher, et l’on ne sata comment on les saisirait pour les conduire au supplice, lorsque le vénérable ecclésiastique pro posa au concierge d'aller <almer ces deux mal.
270 MORALE henrenx. « Mes amis, leur dit-il en entrant dans leur cachot, je suis un prisonnier comme vous, voyez mes fers; mais je suis prêtre et je viens vous consoler, et vous exhorter à faire un meilleur usage du temps qui vous reste à vivre, Pourquoi vous livrer ainsi an désespoir ? Celte misérable vie vous'est-elle donc s1 chère ? et craïgnez-vons d'aller trop tôt an sein de l’Eternel %» Les deux condamués restent 1inmobi- ‘les, les yeux fixés sur 1m, trèmblans encore de l'agitation où il les avait surpris, et portant à la fois sur tous leurs traits l’empreinte ke la colère, de la crainte, de l’espoir et de l’étonnement. Le respectable prêtrecontinna et leur dit: «Oum, le sort de votre vie est décidé, c’est en vain qua vous voudriez résister; maïs la vie éternellement heureuse vous est assurée, le cicl vous est on vert, si vous profitez de vos derniersmomens. » Le ton affectueux et plein d’onction de l’ecclésiastique pénètre le cœur des deux conpables, en même temps que la dignité de son maintien leur impose un respect involontaire. Ils tombent à ses pieds. Le saint prêtre bénit le don de miséricorde, et, plein d’une vive confiance, 1l s'efforce de ranimer daus ces àmes flétrices la foi et l'espérance des biens à venir. Il leur offre l'exemple des pécheurs à qui un retour sincère à Dicu a valu le pardon de leurs péchés; 1l Leur montre le bon laxron converti sur la croix... « Ponvons-nous donc espérer ? » lui darent alors d’une voix tremblante les deux condamnés.
— « Oui, mes amis, leur répoudit-il, vous ronvez, vons devez tout espérer de la bonté de Dieu ; votre salut dépend de vous : si vous souléa
sinc fiter
cour vous en t voul et il.
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ccléles , itierz tomdon 111C€, es la “offre ncère | leur MX + « alors nnés.
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ÊN ACTION. 25% sincèrement vons convertir, si vous voulez pro= fiter des grâces du Sacrement de Pénitence, ayez courage; la nriséricorde de Dieu est infinie, elle vous pardonnera , et votre supplice se changera en triomphe. » Oui! oui! s'écrièrentils, nous voulons nous confesser, ayez pitié de nos ämes{ etils lui embrassaient les genoux. Alors l’ecelésiastique fit prier qu’on retardât l'heure du supplice, et il recutde suite leur confession. Cette heure fatale arrivée, ils se laissèrent lier sans aucune résistance, et, au sortir de la prisoir, Ii demandèrent encore à genoux sa bénédiction. ILla lenr donna, les embrassa, et leur dit : « Mes amis, n'oubliez pas vos promesses, la présence de Dieu et le bonheur qui vousattend.».
Le spectacle de ces hommes marchant au supplice avec calme et résignation, levant les yeux au ciel, priant et demandant des prières: à la multitude assemblée; ce spectacle, disonsnous, surprit toute la ville, qui avait été inistruite de leurs fureurs. Lies âmes pienses em bémirent Dieu, et les impics eux-mêmes, en ad mirant ce changement inespéré, furent obligés de rendre un hommage tacite à la Relision, qui seule avait produit ce miracle.
Effets extraordinaires du mépris de soi-même et des créatures, |
L'ox a vu, dans le septième siècle , la fille de Robert, garde-des-sceaux de Clotaire I , dommer ñn exemple peu connuwdu mépris qu’elle: faisait d’elle-mème. Angadresme (c'était son nom) désirant ne vivre que pour Dieu, ke conjura de vouloir bien effacer en. elle ce qui pos.
vait attirer les yeux des hommes. Sa prière ivi exaucée bientôt ; elle tomba malade et setrouva converte d’une lèpre, ou petite vérole, qui lui gita le visags.
Sou père, qui l’aimait tendrement, regardant cet accident cor:.me l'effet d’une maladie ordinaire , eut recours à l’art des médecins pour em pêcher que cette difforimité ne restât après sa guérison. Angadresme trouva le moyen de reudre leurs remèdes inutiles. Le père, qui l'avait promise en mariage à un seigneur du Vexin, entreprit de la consoler sur sa prétendue disgrâce. La saintene put s'empêcher de luiavouer qu’elle regardait comme une faveur du ciel un accident de cette nature, dans le désir qu'elle avait toujours en de n'avoir point d'autre époux que Jésus-Christ, Elle s’estima fort heureuse de ce que Dieu, saus la mettre eu danger de désobéir à son père, avait empêché son mariage,
La petite villede Senezadonnédenos joursun spectacle encore plus attendrissant, Une boune paysanne, prévenue des bénédictions du Seigueur, avait vécu jusqu’à son mariage dans une grande innocence et dans une graude simplicité. Sa beauté, qui surpassait celle de toutes les filles du canton, nelmi enflait point le cœur; elle vivait éloignée du commerce des hommes, travaillait à la dentelle chez ses parens, et montrait dans toutes ses actions une candeur et une pureté adinirables; elle s'attacha à l'époux que ses parens lui donnèrent, et continua de vivre dans le mariage avec la même simplicité et avec la même pureié qu'auparavant,
Un fra ppé régula un mo parole ment
elle dit 1ICUr ARE c de jou d’un c alors q leurs, elle un des pr vailler point « suffisa fligeail elle, 1l bler ; | bien, :
ce que pour x Dieu y Un ec et latr très-hu par de:
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egaraladie s pour res Sa e rene ’avait exins e disvouer el un pelle époux use de le dé-
ria ge.
ursun boune 1 Seiisune rmplie toutes œul'; mes »
MOiltune x que vivre 1té et
Un jour des jeunes gens qui la virent, furent frappés de la blancheur de son visage et de la régularité de ses traits, et dirent, en s’arrètant un moment: « Voilà une belle femme! » Cette parole qu’elle enteudit la fit rentrer promptement chez elle; et se jetant la facecont: crre, elle dit, en versant beaucoup de la ei zuceur, rendez-moiï aux yeux des bon L Pride que je désire d’être belle à vos yc eu de jours après, elle se sentit frappée des douleurs d’un cancer qui lui vint au visage; elle connut alors que Dieu l’avait exaucée; et dans ses douleurs, elle ne cessait de le bémnir d’avoir jeté sur elle un regard de miséricorde. Son mal faisant des progrès, bientôt elle fut hors d’état de travailler , et obligée de garder le lit. Elle n'avait
oint d’enfans, mais le travail de son mari ne suffisait pas pour la faire soigner; celui-ci s’af. fligeait et simpatientait, « Monami, lui disuitelle, il ne fant ni vous abattre, n1 vous trou bler; Dieu nous avait donné quelque peu de bien , il nous l’ôte, bénissons-le ; 1l faut vendre ce que nous avons peu à peu, et nous en aider pour vivre; quand nous n’aurons plus rien, Dieu y pourvoira. » Dieu y pourvut en effet.
Un ecclésiastique vint vers la pauvre malade, et la trouva couchée sur la paille, dans un lieu très-humide et séparé de l’étable aux vaches par des planches. Le cancer lui affectait alors une partie de la tête et du front, et l’empêchait de voir de l'œil gauche : ses douleurs 4*.ient excessives ; son caucer ouvert demandait des soins que personne ne lui accordait. Son mari allait travailler à la campagne, et la malada