‹ La morale en action ou Choix de faits mémorables et instructifs, propres à faire aimer la religion, la sagesse, à former le cœur par l'exemple de toutes les vertus [microforme]Chapitre 24 sur 31 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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T4. MONALÉ

demenrait tout le jour livrée à la doulenr. Ce qu’elle désirait davantage, c'était qu’on l’entretint des choses de Dien. L’ecclésiastiqne, saisi de frayeur et d’admiration, attendri jnsqu’aux larmes, Int promit de la visiter souvent.

Quand il expliquait l'Evangile, la malade Pécontart avec le même respect qu’elle aurait écouté Jésus-Christ, dentil n’était que l'organe; elle protestait que ses douleurs étaient suspendues dès qu’il onvrait la bouche pourlni parler de Jésus-Christ. « Je fais peu de cas, lui disaitelle, des anmônes que vous m’apportez, an prix des vérités de l'Evangile, dont vous nourrissez mon âme. »

Ceperidant le cancer gaona insensiblement tont le visage de cette femme, on n’y reconnaissait plus ancun trait; ses yenx crevèrent, et en crevant, üls firent un bruit éclatant ; :l fallait tous les jours beauconp de vieux linges pour couvrir la plaie et amortir le feu qui était dans les chairs. Un habile médecin disait n’avoir jamais vu de cancer si horrible; il était encore plus frappé de la patience de la malade. Dans l’ardenr de ses douleurs, l’image de Jésus: Christ sur la croix était sa consolation et sa ressource; elle adorait son Sauveur, qui, étant la sainteté même, avait pris la place des pécheurs, |

« J’anrais dû, 8 mon Dien! s’écriait-elle, monter sur cette croix, et vous avez Pris sur vous ce calice d’amertnme pour adoncir mes maux et les sanctifier.. » Pinsieurs fois on lux proposa de demander à Dieu sa guérison par un miracle ; mais elle témoigna constamment

qu'elle 1 l'expose retarder jouir dé désire. > de sonfl dansle £ admirat pour éle point de

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EN ACTION. 275 qu'elle ne craignait rien tant qu’une santé qui l exposerait au danger de voir le monde, et qui retarderait au moinsson bonheur. « Voir Dieu, jouir de lui, disait-elle, c’est tout ce que je désire. » Ses vœux furent exaucés après six ans de souflrances et de maladie : elle s’endormit dansle Seigneur, laissant à l” Eglise un exemple admirable dece que peut la grâce de Jésus-Christ pour élever les Âmes des plus petits an plus haut point de perfection.

Il y a peu de personnes du sexe qui désirent que leur beauté se perde pour ne pas plaire an monde : c’est qu’il y a peu de chrétieniaes, « Si

* je plaisais aux hommes, disait Saint Paul, je

ne serais pas servitenr de Jésus-Christ. » Daus les événemens fâcheux , quand il nons arrive quelque chose qui nons sépare du monde, bien loin de nous afiliger s hénissons Dieu ; c’est la mème grâce que si nous étions mis hors d’un lieu infecté de contagion.

Effets adnirables du génie.

Le génie est une certaine aptitude que la nature a mise dans l'homme, pour réussir dans une chose que d'auires entreprendraient inuntilement. Ceuté aptitude a tant de force sur nous, que nous n'avons pas plus de peine à apprendre les sciences qui en sont l’objet, que nous en avons pour apprendre notre langue. La nature, qui a donné à chacun son talent particulier , et qui n’a déshérité personne, n'a pas vonlu non plus réunir toutes sortes de qualités dans le même homme; elle a destiné les uns pour commander les armées, les autres pour gou-*

en crmpig S

7 MORALE verner l'Etat; ceux-ci, elle les a formés pour Li poésie, ceux-là pour l’éloquence, La nature, en faisant ses libéralités, a cependant acc .mulé quelquefois , par une espèce de prédilection , sur la mème personne, toutes les qualités de L’esprit et du cœur : le célèbre M. d’Aguesseau en est un exemple.

Ce grand homme parut réunir tous les talens dont l’henreux assemblage fera l'admiration de tous les siècles : il se rendit habile presque dans toutes les langues : 1l disait quelquefois que c'était nu amusement d’appreudre une langue, Jca lecture des anciens poètes fut, selon sou expression, ne passion de sa jeunesse. La socièté des deux grands poètes, Racine et Boileau, faisait alors ses délices , et il ne s’en permettait point d’autres; lui-même faisait de. très-beaux vers, et conserva ce talent jusqu'à ses dernières années. Son principe était que le seul changement d'occupation est un délassement, Ce fut ainsi quan milieu des fonctions 1-- plus pénibles, il trouva ke moyen d’éteudi : connais sances jusqu’à la fin de sa vie. Les principes de la religion éloignèrent de lut toutes les passions et toute autre vue que celle de faire du bien. Il n'eut du printemps de l’âge que le feu de l’imagination, la vivacité de l'esprit, les prodiges de la mémoire.

Reçu avocat-général an parlement de Paris, en 1691, il y parut avec tant d'éclat, que le célèbre Denis Talon, alors président à mortier, dit qu’il voudrait finir comme ce jeune homme commençait. Après avoir exercé dix ans cette charge avec autant de zèle que de lumière, 1l fus

nommé Jamais été conf la timi crime o Jong-te nature cochaïit nessea Éutile à sanve Lord taux, le cupèren sèrent JE mainter tre les € hasardé de résist ses intér lonté ap de ses in et de con ne pas ] blessait ] tant plu sait à tot mens dn roi, et À:

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de Paris, y que le mortier , e homme

EN ACTIOY. 297

nommé procureur-général à trente-deux ans.

Jamais le plaive ni le bouclier de la justice n’ont été confiés à des nains plus pures et plus habiles; la timide innocence se rassurait à sa vue, crime orgueillenux frémissait. On se souviendra long-temps de la fatale année de 1709, où la nature refusa ses donsordinaires, etoù l’avarice cochait ceux des années précédentes; M. d’A-

uesseau , par des récherches laborieuses, par Putiles ressources, contribua plus que personne à sauver la France,

L'ordre des juridictions, l'intérêt des hôpitaux, les affaires du clergé, celles de l'Etat occupèrent tour-à-tour son attention, et ne la lassèrent jamais, Avec quelle vigueur n’a-t-1l pas maintenu le patrimoine sacre de nos Rois contre les entreprises de l’nsurpation? Il a même hasardé de déplaire an prince, pour le servir ; de résister à ses ordres, pour demeurer fidèle à ses intérêts ; de préférer sa gloire réelle à sa volonté apparente; de démêler, dans la droitnre de ses intentions, les surprises faites à sa piété, et de contredire humblement son autorité, pour ne pas la commettre dans une entreprise qui blessait les droits de la couronne, Fermeté d’autant plus digne d’admiration, qu’elle l’exposait à tout, et que, combattu entre les mouvemens dn cœur qui l’atiachaient tendrement au roi, ct les Inmières de l'esprit qui lui montraient tous les engagemens anstères de sa charge, il avait pris le parti d’être , s’il le fallait, la victime plutôt que le destructeur de nos libertés. C’est ainsi qu'après avoir résisté à

Louis XIV et an chancelier Voisin, au sujet

d'une déclaration , il dit adieu à son éponse , en lui faisant entendre qu'il ne savait pus s'il n'irait point concher à la Bastille, Mais cette femme forte lui répondit sans s'étonner : « Allez, monsieur , et agissez comme si vous n’a-

viez ni femme, ni enfans; j'aime mieux vous voir conduire à la Bastille avec honneur, que de vous voir revenir ici déshonoré, »

A là mort du chancelier Voisin, le-régent jeta les yeux sur d’Aguesseau pour remplacer ce grand ministre; il le manda au Palais-Roya!, et en le voyant, il lui donna le nom dechancelier. D’Aguesseau s’en défend, fait des représentations au prince ; allègne son incapacité, Obligé de consentir à son élévation, 1l parut encore plus grand que sa dignité : 11 s'était instruit des lois de tontes les nations et de tous les temps; 1l n’était étranger dans aucun pays, ni dans aucun siècle,

La sobriété et l'égalité d'âme conservérent à M. d’Aguesseau , jusqu’à l’âge de quatre- vingtun ans, une santé vigonreuse : . mais dans le cours de l’année 1750, des infirmités l’avertirent de quitter sa place; 1l s’en démit, se retira avec Né anroure de la dignité de chancelier , et mourut peu après. On a déjà publié, en plusieurs volumes in-40, la plus grande partie de ses ouvrages : son style est très-châtié ; mais on y désirerait quelqueiois plus de chaleur. Ses discours feront l’adimiration des hommes, tant

ue la langue française et le goût de la véritable éloquénce subsistéront ; ils seront pour la France un trésor qui égalera ses richesses, et ce genre, à celles d'Athènes et de Rome,

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Le génic tolia €nvo} verse jours conve Massi le qui.

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ŒN ACTION. 259

M. d’Aguessean ayant un jour consulté son père sur un discours qu'il avait extrêmement travaillé, et qu’il voulait retoucher encore, il lui fut répondu avec autant de finesse que de goût: « Le défaut de votre discours est d’être trop beau ; il le serait moins, si vous le retour chiez encore. »

- LecélébreMassillon décela debonne heure son génie, ses grands talens pour l’éloqnence apostolique, Un homme de mérite que.Lonis XIV envoyait, en Languedoc, prêcher la controverse, passant par Arles, s'arrêta quelques jours dans la maison de l'Oratoire. Chirmé des conversations fréquentes qu’il eut avec le jeune Massillon, étudiant en théologie, il lui dit , en le quittant , au’il n'avait qn’à continuer comme il avait commencé, et qu'il deviendrait un des premiers hommes du royaume. Des espérinces aussi flatteuses ne furent pas vaines. Pendant qu’il professait la théologie à Vienne, il prononça l’oraison funèbre de Henri de Villars, archevèque de cette ville, avec des applandissemens auxquels il ne s'attendait point : seul il ne connaissait point ses talens. Ce succès le fit appeler à Paris par le Père de la Tour, général de l'Oratoire. Lorsqu'il eut fait quelque séjour dans la capitale, son supérieur lui demanda ce qu’il pensait des prédicateurs qui brillaient sur ce grand théâtre : « Je leur tronve, répondit-il, bien de l'esprit et des talens ; mais si ; prêche, je ne Le ferai pas eomme eux. » Toutefois 1l en exceptait Bourdaloue; à peine l’eut:il entendu, qu'il fut frappé d’admiration ; mais

s’ilconnut tonte l'étendue et la beauté du génie de ce Père, il vit en même temps qu’il avait ses bornes. Ce prédicateur, plus jaloux d’instruire que de plaire et de'toucher, négligeait uu peu trop les ornemens du style, le charme invincible du sentiment, l’art de peindre vivement les vices dans le tableau des mœurs, et l’art plus rare encore de fixer l'attention sans la fatiguer.

Massillon se fit une manière de composer qu'il ne dut qu'à lui-même, et qui, aux yeux des hommes sensibles, parut supérieure à celle de Bourdaloue. Après avoir prêché son premier Avent à Versailles, Louis XIV lui dit : « Mon Père, j'ai entendu plusieurs grands prédicateurs dans ma chapelle, jen ai été fort content ; ponr vous, toutes les fois que je vous ai entendu, j'ai été très-mécontent de moi-même. » Eloge parfait, qui honore également le goût et la piété du monarque, et le talent du prédicatenr.

La première fois qu'il prêcha son sermon fameux sur le petit nombre des Elus, il y entun endroit où un tiansport de saisissement s’empara de tout l’auditoire ; presque tout le monde seleva à moitié parun mouvementinvolontaire; le murmure d’acclamation et de surprise fut si fort, qu’il troubla l’orateur.

Ce qui surprenait sur-tout dans Maësillon , c'élaient ces peintures du monde, sisaillantes, si fines, s1 ressemblantes. On Ini demandait où un homme consacré comme lui à la retraite, avait pu les prendre : « Dans le cœur humain, répondit-il; pour pen qu’on le sonde, on y trouve le germe de toutes les passions. Quand je fais un sermon , j'imagine qw’on me consulte

génie ait ses truire u peu invinie ement rt pus hignere nposer x yeux à celle remier «Mon cateurs it; pour du , Jai HU | la piété le sermotl \4 eut un

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ÉN ACTIO, fé fine rffaire ambiguë ; je mets tonte mon a p- Plication à décider et à fixer dans le bon parti celui qui a recours à moi : je l'exhorte, Je le presse, et ne le quitte point qu'il ne se soit rendu à mes raisons. » Soir air simple, sou maintien modeste, ses yeux humblentent baisss, son gêste négligé, son.ton affectueux , sa coutenance qui montrait qu nl était pénétré de ce qu ”1l annonçait ; tout en lui portaît dans leg esprits Les plus brillantes lumières, et dans les cœurs les morivemens les plus tendres.

En 1704, Massillon parut pour la séconde:

fois à la.cour. Louis XIV, après lui en-avoir wmoigné son plaisir, ajonta du ton le plus:

gracieuxt« Et } je veux, mon Père, vous entendre désorinats tous les deux aus. » Des éla:

es si flatteurs n’altèrent point sa modestie, Un de ses confrères, le félicitant de ce’ qu ’ilvenart de pee admirablement, suivant sa coiùtume 5 « Eh laissez, mon Père, répondit-il , le diable me l’a déjà dit plus éloquemment que vous,» Lévêché de Clermont fut la récompense de son mérite, en 1717

Destiné , l année suivante’, à prêcher devant Eouis xXŸ, qui n'avait qne nent ans, il composa en six semaines ce discours si connu sous le nom de Petit Caréme ; c'est le chef-d'œuvre dé cet orateur, et celui de l’art oratoire. L'orateur y expose à l'auguste monarque les devoirs: d’un roï très-chrétien dans tnte leur étendue ; et les tendres sentimens da France pour sa personne & sacrée ; dans tofitérienr force. Massillon y paraît un prédicateur acconipli de V'Evangjile. et un fidèle iuterprète de la nation.

mr arte rep pre manne pren Te 6

Un critique judicieux, l'abbé Desfontaines, a dit que dans les Sermons de Massillon l'o:

trouve par-tont un raisonnemettt juste et méthodique, sans affectation; des pensées vives ct délicates; des expressions choisies, sublimes,

harmonienseset toujours natnvelles ; desimages

revêtues d’nn coloris frappant; un style clair, net, et cependant pue et nombreux; nulle antithèse, nulle phrase recherchée ; point de

figures bizarres ; une extrême pureté dans le

langage, sans exactitude puérile; une élégance continuelle; en général, une fécondité inépuisable, et une abondance d'idées brillantes et magnifiques qui semblent le langage naturel de l'orateur. « Je necrainspas ,ajoute:t1l, dedire, si le sacré peut ètre comparé au profane, que le Père Massillon est au Père Bourdaloue, ce qu’est Racine à Corneille. » |

Exemple rare de fidélité à sa parole.

Ox a beancoup vanté la belle action de Régulus; celle que je vais rapporter lui est-élle inférieure? M, de Saint-Lue, qui commandait les tronpes des catholiques en Languedoc, fit prisonnier le célèbre Agrippa d'Aubigné, l'uieul de Madame de Maintenon, chef d’um parti hugucnot : ke duc d’Epernon le haïssait, Cathe-

sine de Miicis le détestait ; l’un et l’autre ne

cherchaïent que l'occasion de le sacrifier à leur ressentiment, et'@e se venger de ses sxtires. Dès qu'ils le suxent prisonnier, l'ordre fnt

| expédié de le transférer à Bordeaux, bien Hé et

bien gardé. D'Aubigné était à La Rochelle. Saint-Luc lui avait permis d”

ÿ passer quelques :

n de Ré- 1 est-élle:

mandait edoc, fit é l'aieuk parti hu- :, Catheautre ne ter à leur rires.

ordre fnt en Fié et

Rochelle.

| quelques i

| ÉN ACTION. 283 jours ‘ mais ayant reçu les ordres de la cour ;: dont 1l prévoyait les snites funestes, 1l le fit avertir secrètement de ne pas revenir. D'Anbigüé était esclave de sa parole ; il part de La Rochelle, et se rend auprès de Saint-Luc, qui parut consterné de son arrivée, et lui demande s’il n’avait pas reçn son courrier. « Oui, monsieur, répondit-il ; mais je vous avais donné ma Parole, je veux l’acquitter, et je me remets en tre vos mains. Je sais que ma mort est résolue, n'importe; mes ennemis n’ont qu'à satisfaire leur vengeance; j’ainte mieux mourir que de’ IManquer à mon honneur, ct de vous compromottre avec une cour soupçonneuse et vinditive. »' Saint-Luc allait exécuter à regret les ordres qu'il avait rèçns, lorsqu'on vint lui dire que les Rochellois avaient pris Guittai , gonverneur’ des Îles de Rhé et d'Oléron, et qu'ils’ menacaient de le jeter à la mer, si l’on couduisait d'Aubigné à Bordeaux, Cet incident fnt pour Saint Luc un: prétexte de garder d'Aubi: gné, et de lui sauver la: vie.

B'l exentple de fidélité à la Religion.

Ees exemples de fidélité à la religion sont toujours admirables ; je‘snis bien persuadé qu'it m'y a point de meilleur citoyen qne celut qui: sert bien son Dietr. Je ne puis passer sous si- Jenre le conrage et. la fermeté que fit paraître: ke chevalier de Pravieux dans'une occasion bien: délicate. Il'avait été pris par les calvinistes, à: Feurs, petite ville du Forèz, où son frère aîné eommauduit. Ces hommes, à aui le fanatisme

faisait oublier qn'ils étaient Français , et que

les catholiques l'étaient tout comme enx, commettaient dans le Lyonnais et dans le Forez des horreurs qu'on aurait encore peine à croire, s’il n’en restait des traces funestes, et si les troubles des Cévennes ne nous eussent montré jusqu'où pent aller la fureur des guerres de religion.

Feurs avait été prise par ces sectaires , et le chevalier de Pravieux fait prisonnier avec son frère. La rançon de celui-ci avait été acceptée: pour lmi, on le retenait en prison. Il avait donné de rares exemples de brayonre, on te redoutait; il était bon catholique, et il portait la croix de Malthe, on le haïssait : il n’y avait plus que le sacrifice de sa religion qui pât être le prix de sa liberté. Prières, menaces, promesses, mauvais traitemens, tont fut mis en D usage par les calvinistes : pour gagner ce brave Fiat homme à leur parti, les ministres cherchèrent à le convaiucre, les femmes essayèrent de le séduire ; cent fois il toucha au moment d’être massacré, 1l fnt tonjours inébranlable : on le . conduisit au prêche, on le força d'assister à lacêne ; 11 parut le chapcan sur la tête, et avec clial cet air de noblesse et de fermeté qne la vertu it : met sur le front de Fhomme de bien, pour dova confondre les méchans. Après plusieurs mots … decaptivité.et de souffrance, il fut tiré de sa pri- # son, muis ce fnt pour être destiné à Ja mort. Les A calvinistes de Lÿon n’osant attenter à sa vie, père de. peur qu’il ne tronvât des vensenrs, le remi- lui { rent à une troupe des leurs qui retournaient en Provence, après avoir ravagé le Forez et le

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es, et le vec soit cceptée :

Il avait >, on le portait y avait pût être 2S » promis en ce brave chèrent it de le t d’être :on Île ter à laet avec a vertu \, pour FS MOTS Sa Prirt. Les a vies e rerminalent ez et le

ÆN ACTION: 385 Lyonnais; ils eurent ordre de se défaire de leur prisonnier aussitôt qu'il serait arrivé chez eux, tien ne pouvait être plus conforme à leur inclination; acharnés contre les catholiques, ils ne cherchaient que les occasions de les immoler à leur fureur. La mort de Pravieux était certaine, Un jour, vers l’entrée de la nuit, la tronpe arriva près d’nn bois fort épais; le chevalier crut avoir trouvé l’occasion de reconvrer sa liberté ; 11 s’enfonça dans la forêt, e4 maloré l’'ardeur de ses gardes à chercher leur prison nier, il eut le vonheur de leur échapper à la faveur des broussailles et de l'obscurité, (Histoire de Lyon. ) 4

Amour des Français pour leurs Rois.

De tons temps, on a remarqné dans Îles Français un amour singulier pour leurs princes. Ce n’est pas seulement une fidélié, un attachement réfléchi et sincère, c’est une passion bien réelle, capable des plus grandes choses: nos annales en offrent des preuves sans nombre. À la bataille de Pavie, Jean le Sénéchal, gentilhomme de la chambre, voyant nn arquebusier viser le prince, se jeta audevant du coup et fut tné, sacrifiant ainsi sa vie pour celle de son Roi. C’est läque François [er, vit toutesa noblesseexpirer à ses côtés: ces sentilshommes , qui n'avaient vu que lenr père dans leur sonverain, semblaient encore Jui faire un rempart de leurs cadavres, après l'avoir défendu avec courage, tant qu'il leur était resté un peu de force,

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