MORAL
Les prélats ordonnèrent des prièrès pabliques et furent prévenus par les peuples; on ne voyait par Les rues que processions, où'les plus grands seigneurs ne pensaient à se distingner que par leur zèle; les églises, toujouus pleines, retentissaient des vœux qu'on faisait pour une santé si précieuse ; le prêtre qui prononcait les: prières interrompait le chant par ses pleurs; vieillards, femmes, enfans, tout lui répondait par des sanglots et par des cris.
La désolation redoubla dans le palais. Q'iand ou lesentit froid après de violentes convulsions, et qu’ou ne douta point qu'il n’eût expiré, la’ doulenr fut alors à son conrble: |
Dès que la santé de Louis fut affermie, it revint à Paris goûter le plus grand plaisir qui puisse toucher un bon'roi ; ilse vit tendremeut aimé. L’empressement'tumultueux dur peuple; et la joie répandue sut tous les visages, firent mieux sentir la place qu'il occupait dans tous les cœurs, que n’eussent pu faire des'ares de triomphe ou des harangnes étuiliéès; ausst s'appliqua-t-1l plus-que jamais au’ bonheur de: ee inême penple';aux vœux duqnel il se croyait rendu, |
Lorsqn’on lit le récit de’ cet événement, les vives alarmes de la nation, et ces transporîs inouis d’allégréesse qui succédètent à la plus: affrense désolation, on croit entendre l'histoire de ce quis'est passé à Metz en' 1744; c’est que” les vertus qui fout les héros et les bois rois , excitent les mêmes sentimens dans: tuñs les siècles:
ser € se sé di > déso
ès: publi les; on ne wles plus distinguer s pleines, pour une ioncçait Les es pleurs; répondait
is. Q'and nvulsions, expiré, la
fermie, it plaisir qui endremeut di peuple; ge » firent ‘dans tous esrares de Léès.s ausst onheur de:
l'se croyait
ment, les transports:
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4; c’est que’
les bons dans: tons
t + ACTION: 289 Amour filial,
Son la foi d’une tradition constante dans le pays, Mézeray raconte le beau trait suivant : « Sous le règne de Henri IV, les troupes de la reine de Hongrie, commandées par le comte de Roux, firent des dégâts horribles dans la Picardie. Un jenne homme des environs de Roya s'était sauvé fort jenne de chez ses parens, ct avait pris parti dans ces troupes étrangères ÿ la guerre le ramenait dans les lieux de sa naissance; on ravageait le village même où il avait reçu le jour; les habitans cherchèrent un asile dans l’église. Aussitôt le capitaine qui commandait le détachement erinemi, y fit mettre le feu. Le Picard ne put voir sans frémir l’exéculion d’un commandement si barbare ; l’amour du pays, ce sentiment qni tient si fortement à la nature, lui fit entendre sa voix : les cris de sestcompatriotes émurent ses entrailles ; il se détacha de son rang, et malgré la défense de son capitaine, 1l cournt ouvrir la porte de l’église pour faciliter à ces malheureux lemoyen de s'échapper. | |
» Une femme se présente d’abord défigurée, à demi-brûlée : 1l envisage, reconnaît sa mère ; elle: lé reconnaît à son iour; elle s’écrie : Ah! mon fils!... Iln’a pas la force delui répondre, il se précipite dans ses bras. Le commandant, toujours plus inhumain, lui ordonne de repousser cette femme; la nature emporte, il ne peut se séparer de sa mère : un tigre eût été atiendri, l'officier ne parut que plus irrité; on lui désobéissait : il entre en furenr, et les fait je-
an TT PR on ci So
ter tous les deux dansles flammes, où le Picard expira dans les bras desa mère, martyr des plus vifs et des plus donx sentimens de la nature. »
Enée , qui déroba son père à l’incendie de sa patrie, fut plus heureux sans doute; mais mon-
tra-t-1l plus de tendresse 7 La bravoure bien entendue.
Lamorne-Goxpais et d’Aussun étaient denx officiers très-braves dout les noms se trouvent cités avec honneur dans les relations de nos guerres d'Italie du seizième siècle, Le courage, où plutôt uue bravoure mal entendue, avait fait naître entr'eux une espèce d’émulation qui lenr snettait saus cesse les armes à la main l’un contre l’autre. Un jour qu’ils étaient en présence de l'ennemi, ils pri: :nt querelle selon leur contume; on s'échauffait, le sang allait couler, « Que faisons-nous? dit alors Lamothe- Gondrin à d’Aussun : tous les deux nous nous piquons de bravoure; employons-la contre les ennemis de l'Etat, et cessons de donner à nos soldats un exemple dangereux ; le vrai courage est de bien servir son roi. » À ces mots, 1l baïsse la visière de son casque, et met sa lance en arrêt, Les éclairs sont moins prompts; il fond avec impétuosité sur un quartier des ennemis : d'Aussun le suit : l’un et l’autre donnérent des marques inc'oyables de valeur ; dans toute l’armée on ne parla que de leur courage, et surtout de la générosité qui de deux rivaux venait de faire deux amis.
On ne saurait trop le redire aux jeunes militaires : il y a plus de véritable gloire à sacrifier
ce q!
en c:
Trai
U vralc Jui a lois d tamr passi Sait t ae tee o1 de sa un. C l'arm versai
e Pica rd des plus ature. »
de sa pa- 1s mon
ent denx trouvent s de nos ourage ; avaitfait uon qui ain lun n présenlon leur lait couamotheous nous ontre les
EN ACTION. 29t e qu’ lle point d’h à vaincre.
ce qu on appelle point d'honneur; Qu à Vaincre en cent combats particuliers.
Traits admirables d’un gentilhomme, de M. de Turenne, et de M. Lambert,
Ux gentilhomme fit un de ces traits qui devraient être répétés dans toutes les histoires. On Jui avait proposé un duel; la loi de Dieu, les lois de l'Etat le li défendaient, et1l avait cons. tamment refusé. Son agresseur, chez qui la passion étouffait tout autre sentiment, et faisait taire la raison, résolut de l'y engager malgré lui. Un jour 1l se trouve dans une rue écar. tée où devait passer ce gentilhomme, et tirant de sa poche deux pistolets, il lni-en présente un. Celui-ci, contraint de défendre sa vie, prend l’'arnie qu’on lui présente, et propose à sun adversaire de tirer le premier. 11 accepte ; mais, dans l'agitation étrange oùil est, il manqueson coup. « Rechargez si vous vonlez, et tirez encore, lui dit le gentilhomme avec un sang-froid qui aurait dû le désarmer, s’il n’eût été aveuglé par la passion.» Il ne se Le fit pas dire deux fois, et tira un second coup qui porta daus les habits. « Maintenant, ce serait à mon tour, reprit le gentilhomme généreux, mais je frémirais d’attenter à la vie d’un de mes concitoyens; oubliez ce qui peut vous avoir indisposé contre moi; j'oublie volontiers la violence de votre procédé ; embrassons-nous ; et qu’il me soit pers mis de croire que vous me comptez au nombre de vos amis. » Ces paroles ouvrirent enfin les yeux à son fougueux agresseur ; il se jeta à ses pieds, et lui jura nne amitié dont il ne s’est ja:
Vs
A ÉieTa
Drm Er Len,
mais départi. Une pareille action est-elle infcrieure à ce qu'ont fait de plns grand ces guerriers qu’on nomine des héros!
M. DE Ramsaï, dans son histoire du vicomte de Turenne, raconte un fait qui mérite bien de tronver place ici. Une nuit qu’il passait sur le rempart de Paris, des voleurs arrêtèrent son "équipage; ils lui prirent tont ce qu’il avait sur lui, et ne luilaissèrent qu’un diamant anquel il était extrêmement attaché, sur la promesse qu’il leur fit de leur donner cent louis. Le lendemain, l’un d’eux fut assez hardi pour se présenter à son hôtel. Il sc fit introduire, quoiqu'il
- eût une nombreuse compagnie ; 1l s'approche
de l'oreille de M. de Turenne, le fait souvenir de sa promesse de la veille, et en reçoit les‘cent louis qu'il était venu chercher. M. de Turenne lui laissa le temps de s'éloigner; après quoi il conta son aventure à l'assemblée. Tout le monde parut surpris de son procédé. « Il faut être inviolable dans ses promesses, dit 1l : nu honnête homme ne doit jamais manquer à sa parole, quoique donnée à des fripons. »
Au siége de Gravelines, en 1644, les maréchaux de Gassion et de la Meilleraye , qui commandaient sous le duc d'Orléans, poussaient les travaux avec une émulation qui dégénérait en jalonsie, et qui faillit être bien funeste à l’Etat., Il était question d’emporter un ouvrage avancé : tons deux marchèrent chacun de son eûté, la Moilleraye à la tête des gardes, et Gassion ;suivi du régiment de Navarre et de quelques autres troupes. Aussi surpris de se rer-
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EN ACTION 293 contrer que jaloux de la gloire l’un de l’autre (leur petit intérêt particulier l’emportait sur le bien de la patrie) , des paroles ils allaient eu venir aux effets; leurs deux troupes, rangées en bataille, n’attendaient que le signal pour se charger. Le marquis de Lambert, qui servait en qualité de maréchal-de-can:p, fut effrayé du voir des Français prêts à se battre contre des Français; 1lsort des rangs, s’avance au milieu des bataillons, ets’égrie : « Soldats, je vous coinmande au nom:lu roi de mettre bas les armes. » Les tronpes obéirent à l'instant; il calma anssi les deux maréchaux, ct les engagea à aller dire chacun leursraisons au duc d'Orléans. Cetta action héroïque de M. Lambert fut récompensée du gouvernement de Metz.
Ce n’est pas là le seul beau trait de cet officier. Pendant la guerre de Paris, Gaston, dus d'Orléans, qui connaissait tout son mérite, voulnt lattirer à son parti, et lui offrit le bâton au uaréchal de France. Lambert, qui ne voya:t point de gloire hors de son devoir, refusa constamment. Le roi le sut, et pour le dédomrager, le fit chevalier de l’ordre, et lui pro init de n'oublier jamais la preuve qu’il venait de lui donner de son zèle et de son attache ment,
Bel exemple de charité.
M. pe Vicreseuve, quioccupait le siège épiscopal de Montpellier vers le milieu du siècle dernier, est un des prélats les plns vertueux et les plus charitables que la France ait possédés. Plein de sollicitude pour Le salut de sesouailles,
il parcourait chaque année toutes les parties de son diocèse, et remplisait avec àutant de zèle que de succès les pénibles fonctions de l’apostolat, Il ne bornaït pas ses soins à répandre des secours spirituels parmi ses diocésains, 1l les assistait dans leur détresse et dans leurs maladies. Il consacrait la plus grande partie de sa fortune à ces pieux devoirs, etchaque année il donnait quinze mille francs à l'hôpital -général de Montpellier. Parrmi les traits nombreux de bienfaisance qni appartiennent à ce vertueux prélat , nous citerons le suivapt , qui caractérise sou mépuisable charité,
« Un protestant, qu’un revers de fortune avait entièrement ruiné, vint un jour se présenter au palais de l'évèque, disant qu’il avait une affaire importante à lui communiquer. Adanis à son andience, il fait la peinture la plns tonchante de l’état de détresse où l’a réduit l’infortune. Le charitable prélat en est attendri ; et, empressé d’y remédier , il sonne pour appeler son. valet de chambre. Dès qu'il est arrivé, il Le tire à part, et lnt ordonne d’aller prendre un rouleau de vingt-cinq louis dans le tiroir de son secrétaire. Le valet de chambre vit bien à quoi cette somme était destinées; et comme il connaissait celui à qui son maître devait ka donner, il crut devoir lui dire, avant d’obéir : « Monseigneur, c’estun protestant.—ÆEt quand ce serait un Turc, reprend le prélat avec un ton de vivacité qu ne lui était pas ordinaire, ne -suffit-il pas qu’il soit homme et malheureur. ? -Allez, et faites cequeje vous ai dit.» Ille fit en effet. Le protestant reçut les ving-cinq louis et
p] A pi évé( bon Aus:
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qu'i le b hu | ce 4 mal, tinu chai JE y.
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a fortune 1 donnait | de Mont- : bienfaix prélat , térise sou
le fortune ir se préqu Al avait quer. Adre la plns éduit l'inattendri ; our appest arrivé, r prendre e tiroir de vit bien à comme 1l devait ka t d’obeir :
Etquand t avec un inaire, ne heure. ?
Ille fit en 1q louis et
che même du valet de chambre,
. de confusion qui lui permit à peine de s'écricr:
se retira, bénissant la charité de l’évêque, que sa haine pour l'erreur n ’empèchait pas d’ainrer et de secourir ceux qu'elle avait séduits. »
Ce récit est emprunté de. Anecdotes chrétienres de M. l'abbé Reyre, qui le tient de la bou-
Trait touchant de bonté,
Ex passant pur la rue d'Orange, saus suite et à pied , Selon son nsage, M. du 'Lillet, dernier évêque de cette ville, entenditsortir dufond d’une onlique des cris aigus qui lui per cèrent l’Amne. Aussitôt; entraîné par la compassion quiluiest naturelle , il entre dans la boutique et ÿ trouve dans un berceau un enfant qni se désolait paroe qu'il se voyait seul et abandonné. A cet aspect, Je bon prélat s’attendrit, s'approche de l'enfant, lin parle avec douceur , le caresse, et fait tont ce qu'il peut pour le consoler, Mais comme, malgré tous ses soins, Le petit malheureux con-* üinuat à crier et à pleurer, l’évêque prend une chaise, s’assied près de Ini, et se met à le bercer. F1 yavait déjà trois ou quatre minntes qu'il s’occnpait ainsi à le distraire et à l'amuser, lorsque Ja mère,de l'enfant, qu était allée c herdhér du fenchezune deses voisines, rentra dans sa boutique. Én voyant, pa ridevrière, Ja soutane violette du prélatassis prèsdn Dose ,ellene sut d’aboxd ques linaginer ; smaisquand, É ‘étantapprochée , elle'vit la. croix pastorale et reconnut l’évêque lui-même qui continuait à bercer l'enfant, elle tomba à ses pieds, dans un état de surprise et
296 MONALE
« Quoi! monseignenr, vousdaignez vous abais-
ser jusqu’à bercer mon enfant? — Et pourquoi
ne le ferais-je pas ? répondit tranquillement M,
du Tillet, Eu passant par la rue, je l'ai entendu
ericr et se désoler : devais-je Laisser souffrir cette
innocente créature tandis que je pouvais la sou-
lager? Ah! mon seul regret est de n'avoir pas
pu le consoler anssitôt et autant que je l’anrais ... bla voulu. Mais vous êtes sa mère, et la tendresse mil maternelle vons fera bientôt trouver le inoyen
de suppléer à ce que je n’ai pu faire moi-même.
Ayez bien soin de ce petit ange, ajouta-t-il en Je:caressant de nouvean , et appliquez-vous sur
ont, quand il aura l’usage de la raison, à ni iuspirerl’amouret la crainte de Dieu, qui senls con peuvent faire son bonheur et le vôtre, » Après reut avoir dit ces paroles, 31 donna sa bénédiction à sur! l'enfant, et luissa la mère dans tous les trans- van ports que peuvent exciter la reconnaissance et les « l'admiration, ( Extrait des Anecdotes chrétien tuile.
êes. ) | }
vi He
Divers traïts patriotiques. Lui
Jacques Cœur, natif de Bourges, était nnri- « E eh: négociant sous le règne de Charles VII : ce sède n’est pas là son mérite ; mais 1l snt faire de sesri- T chesses un usage digne d’un excellent citoyen : vailà sa gloire. Son souverain manquait d’argent pour reconquérir la Normandie, occupée par les Anglais. Jacques Cœur lui en fonrnit avec une générosité qu'on ne saurait trop louer, Du fond de son comptoir, il contribuait autant à recouvrer cette belle province , que les généraux qui la soumettaient les armes à la main : ils pro-
LENT Plu Ï au rév' de ma
pus abais-
pourquoi erment M, 1entendu frir cette us La soui-
avoir pas e l'aurais tendresse le inoyen »1- même.
ita-t-1l en VOUS Slir« on , à Li qui senls » Après sdiction à les transissance et chrétien
taitunri-
s VII: ce è de sesricitoyen :
td’argent pée par les
avec une
, Du fond t à recouéPaux qui
: ils pro-
diguaient leur sang? souvent le derirer de ces sacrifices n’est pas celui qui coûte le plus.
. Ce zèle d’un c itoyen pourson roi, nous l'avons vu se renouveler à la fin du dix-huitièime siècle d’ine manière bien glorieuse pour la France.
Notre marine n’était presque plus; de fiers rivaux insultaient à noire humiliation ; 1ls or bliaient que le meilleur des rois s'était arrêté au milien de ses conquêtes et de ses victoires , pour leur donner la paix; ils nous proposaient des conditions hontenses. En touttemps l’amourdes Français pour le prince fut un fonds de richesses inépuisable : une nouvelle marine a paru tonbà-coup sur les flots ; les proviuces, les villes ont constrnit des: VAISSEAUX ; les particuliers se sont réunis pour le même dessein ; lés femmesmême, surpassant ces dames romaines dont on nous vante si fort le zèle pour la patrie, ont sacritié les ornemens de ls1r parure pour procurer d’wtiles secours à l’état.
N'avaitil pas bien raison; notre bon roi Henri IV, de répondre à ce duc de Savoie qni
ui dndodol combien lui rendait la France ?
« Elle me rend tout ce que je veux, car Je possède le cœur de mes sujets. »
® Dass La Fontaine, il y a une jolie fable à laquelle ces beaux mots servent de sens moral: Plus fait douceur que violence.
La conduite que le maréchal de Villarstint, au commencement de ce siècle, à l'égard des révoltés des Cévennes, fut une nouvelle preuve de cette vérité. Il fut one pour remplacer le maréchal de Montrevel , qui, ’écoutant que la
sevérité, n'avait réussi qu'à irriter crcore davant- Wye les Camisards, en cherchant à les etfrayer par des supplices. Villars prit une ronte opposée, et le succès couronna ses démarches ; en assez peu de temps la plupart des chefs rebelles furent soumis on arrêtés.
[ne leur en restait plus qu’nn, dont on avait été obligé de mettre la tête à prix. Îlsetenait caché
dans les montagnes; mais réfléchissant enfin
que tôt ou tard il serait pris, et porterait la peine se sa révolte; touché d’ailleurs de la générosité ct des vertns de M. de Villars , il se rendit seciôteinent auprès de sa personne, et ln demanda s'il n'était pas vrai qu'il eût promis nulle éciis À celui qui Le fivrerait moct ou vif. « Oui, dit le maréchal, qui ne le connaissait que de nom. — Ehbien! reprit-il en se jetant à ses genoux, j'aurais droit à cette récompense, si mes crimes ne m'en rendaientindigne; js vousapporte moimine cette tête prascrite, disposez-en comme bon vous semblera. » .
M. de Villars fut surpris de l’action du Camisard 3 et charmé de la confiance qu’il li témoignait, il le releva , lui ft compter lesmille écns, lui expédia une amnistie générale pour lui et quatre-vingts personnes de sa suite. Ce trait fut rapporté daus Îles montagnes où s’étiiert réfugiés les rebelles; la générosité de M, de Villars fit sur eux l'impression la plus vive ; ilsquittèrent les armes, et, à un très petit nom- Lre près, tout rentra dans le devoir.
Fsuri IV, ce roi dont toutes les paroles peionaient ia bonté :le l'âme, avait bien raison de dire: & On prend plus de mouches avec üue
re davarr-
8 cffrayer
ronte Opmarches ; s chefs re itonavait nait caché ant enfin it la peine nérosi té ct dit seca à demanda nlle écus Oui, dit e de nom.
s genoux, Les criines porte moin CoMINC
du Camili témoille écns, ur lui et
Ce trait | Sétaicrit de ivi, de ns vive:
etit nom-
roles pei- 11 raiSOn avec üue
EN ACTION. 299 cuillerée de miel, qu'uvec viugt tonneaux de vinaigre, »
La prise de Namnr, en 1692, est un des lus beaux événemens militaires du siècle passé. doute Grand, à la tête de quarante mille J'rauçais, ayant avec lui lo grand Condé et Vanban, dirigeait en personne les opérations du siége, is que Luxembourg arrêtait ce fameux prince d'Orange, le plus rusé, et Île plus malheureux des généraux de son temps.
La ville et le château furent emportés en moins d'un mois; nos troupes y firent des prodiges de valeur.
A l'attaque d’un ouvrage avancé, un grenadier à cheval, surnommé Sans-Raïson, ayant vu tuer lo lieutenant de sa compagnie, résolut de venger sa mort. Cet officier s'appelait Æoquerest; c'était un de ces hommes qui, loin de laisser affaiblir leur religion dans le tumulte des armes, savent y porter la dévotion jnsqu’à la ferveur ; il avait coimmunié la veille, et son corps fut trouvé revêtu d’un cilice : on n’en est que plus iutrépide , lorsqu’au zèle pour son roi l’on joint l’amour pour son Dieu, Suns-Raison, qui es ce brave homme, devint un héros our le venger; parmi les victimes qu'il Ini 1immola, se trouvait un capoine espapnol, fils du comte de Lemos, grand d’Espagne. Les ennemis firent demander son corps, il leur fut rendu; le gremadier rendit aussi trente-cinq pistoles qu'&i avait trouvées sur Le mort, en disant : « Deez, voilà son argent dont je ne veux point; les grenadieï$ ne mettent la main sur les gens que pour les tuer.
T'our le monde sait Les horreurs qui se cnmnureut à la funeste journée de la Saint-Barthélemy : mais ce que tout le monde se sait Pas » c'est que le vicomte d'Orse, gouverneur de Bayoune, ent le courage de désobéir à son maître, et la force de lui écrire que, dans tonte £a garnison, 1l n'avait trouvé que de braves soldats et pas un bourreau,
M. pe St-Herem, en Auvergne , et le martchal de Matignon , dans la Basse- Normandie,
arrétèrent les torrens de sang qui étuens près de couler.
L'évêque de Lisienx, Jean Hennuyer, se comporta en digne ictte du Dieu de la clémeuce el de la paix. Ce prélat distingué par sa science, par sa doucenr, et surforit par son anour ponr ses semblables, fnt informé des ordres expédiés aux gouverneurs des différentes places de son diocèse; son zèle s’alluma , il ne balança pas à s'opposer à une parcille commission , et il menaça de faire avertir les protestans si on s’obstinait à vouloir passer outre.
Les officiers du roi demandèrent acte de l’opposition qu'il mettait aux ordres qu’ils avaient reçus ; 1l Le leur donna sans hésiter, et sans se mettre en peine de ce que la cour pourrait en dire. Quand on remplit le premier des de- VOIS y il n’est point de considération humaine qui doive alarmer. Cette conduite fut utile à l'Etat. Le fer et le feu employés contre les protestans ne servirent qu’à 1rriter ceux qui leut échappèrent, et n’en firent que des citoyens
dang char en fi A nos 4 de l deva ceux du p la vi seigi ber couv écla den ton les « allè:
ques corf For Ver s'an fant luifait
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uyer, se de la cléué par sa par son né des orafférentes na,ilne le comles proer outre, e de l’op- S avaient lt Sans se pourrait r des de.
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qui leus citoyens
EN ACTION. 3ot
dangereux, L’humanité de l’évêqne de Lisivux charma cenx qu'il avait sauvés, et de plusieurs en fit de fervens catholiques.
À cette journée déplorable, l’opprobre de nos annales, tandis que les prentiers hommes de l'Etat oubliaient au milieu de Paris ce qu’iis devaient à l'humanité, il est consolant posx ceux qui ne sont pas grands, de voir un homme du penple, par un sentiment de piété, sauver la vie à un des enfans du duc de la Force. Ce seigneur, avec l'aîné de ses fils, venait de tom ber sous le fer des meurtriers; le plus jeune, couvert de sang, mais qui, par un miracle éclatant, n'avait reçu aucun coup, eut la prudence de crier aussi : Je suis mort; il se laissa tomber,entre son père et son frère, dont il reçut les derniers sonpirs. |
Les meurtriers les croyant tons morts, sn allèrent en disant: Les voila bien tous trois. Quel. ques malheureux vinrent ensuite dépouiller les corps. Il restait un bas de toile au jeune de ka Force : un marqueur du jen de paume du Verdelet, voulut avoir ce bas; en le tirant, il s'amusa à considérer le corps de ce jenne enfant : « Hélas! dit-il, c’est bien dommage! celui-ci n’est qu’un enfant, que povgait-l avoir fait ? » |
Ces paroles de compassion engagèrent le petit de la Force à lever doucement la tête, et à lui dire tout bas : « Je né suis pas encore mort. » Ce pauvre homme lni répondit : « Ne bongea pas, mon enfant, ayez patience. » Sur le soir, il le vint chercher; 1l ln dit : «Levez-vous , ils u’y sout plus; » et il lui mit sur les épaules un
MORALE méchant manteau. Comme il le condmsait , qu’un des bour li d da : « Qui quelqu'un des bourreaux lai demanda : « Qui est ce jenne garçon ? — C'est mon neveu, lui
dit:1l,qui s’est enivré; vous voyez comineil s’est |
accommodé, je m’en vais bien lui donner le
en guenx, jusqu'à l’Arsenal, chez le maréchal Biron son parent, grand-maitre de l'artillerie.
Cs qu’il y eut de plus affreux durant la journée de la Saint Barthélemy, c’est que, sous prétexte de servir la vengeazce de l'Etat, plusieurs ne cherchaient effectivement qu’à venger leur injure particulière. Mais si la inauvaise conduite des uns donne un nouveau prix aux belles actions des autres, en voici une qu’on ne saurait trop louer :
« Resuier, oflicier pretestant, était alors à Paris; il avait parmi Les catholiques un envemi déclaré, nommé Vesins. Leur inimitié avait commencé dans le Quercy, où le premier commandait un parti de soldats de sa religion contre le second, qui y était lieutenant de roi. À cette querelle snsrale s'en étaient jointes de particulières ; les cœurs étaientviolemment aigris, et cé deux hommes semblaient ne se chercher que pour se détruire.
» L'occasion était bien favorable pour Vesins. Au signal qui fut donné pour commencer cette fatale boucherie, 1l s'arme, monte à cheval, s'étant fait suivre de quelques-uns de ses gens , et va droit chez son ennerni. Resnier, éveillé depuis quelque temps par le bruit, et instruit
du & quo N ge vale!
form lépé cher sa tél
» | il co son € de le non Anss aux « mére ternir de le
Or toute dont
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tla joursous prépl usieurs er leur aise Conprix aux ue qu'on
t alors à n envemmi itié avait nier COM -
religion nt de roi.
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w Vesins.
encer cette à cheval, ses gens »
2r, éveillé t iustruit
EN ACTION. 303 du sort qui le menaçait par les cris de ceux qu'on massacrait dans le voisinage, 8’était niis à genoux et attendait la mort, exhortant son valet à faire le sacrifice de sa vié avec la même fermeté, Tout à-conp 11 voit paraître Vesins, l'épée à la main et le fen dans les yeux. Saus chercher à se mettre en défense, 11 lui présenta sa tête, en lui disant qu'il l'aurait à bon marché.
» Vesins avait nne intention bien diflérenie ; 1] cominande au valet de donuer à son maître son épée et ses bottes, et, ayant dit à Resnicr de le suivre, sans s’expliquer encore, il le fait monter sur un cheval qu'il tenait tout prèt.
Aussitôt 1l devient son guide pour l’arracher aux dangers qu’il aurait courus à Paris, le rainène dans le fond du Quercy, le rend à sa.
fernime et à ses enfans , qui désespéraient dejà de le voir jamais. »
On peut juger de l’impression que fit sur toute cette fainille la belle action d’un homme dont on connaissait l'animosité contre Resnier:!, leur joie était extrême , leur reconnaissance fut sans bornes : ils voulurent faire des présens à Vesins; 1l Les refusa , et donna même à Resmer le cheval sur lequel il l’ayait amené ,, et se çcontenta de jouir du plaisir délicat de s’être moutré généreux. c :
M. p8 Powris , à qu Louis XIIT avait recoinmandé de rétablir la discipline dans la com pagnie du régiment des gardes, dont 1l l'avait fait lieutenant, frappa un jour un jeune homme nommé du Buisson, d'une ancienne maison de Provence, qui y servait en qualité de vo-
‘avait emporté loin de son devoir.
lontaire, Celui-ci dit qu’il était gentilhomme, M. de Pontis lui fit des excuses, et avertit de se comporter mieux À l'avenir, Da Buisson, irrité, ne pensa pas qu’ une Correction n "est jamais un outrage, et forma la résolution de s’en vengcr. Tant que l’occasion lui manqna, il dissimula, et témoigna beauconp de soumission.
Enfin il apprit que M. de Pontis partait pour nn voyage : il demande un cougé de quelques jours, il l'obtient, monte à cheval, et court attendre son lieutenant près d’un village où 1l devait passer. Dès qu'il l’aperçut, il s’avança vers lui, et Ini demanda raison de l'outrage qu'il prétendait avoir reçn. .
M. de Pontis, surpris d’une pareille proposition, essa ya de le ramener par des politesses : ce fut ntilemientie obligé enfin de défendre sa vie, 1l met l'épée à la main. D'abord il fut légèrement blessé ; bientôt il eut son tour al blessa son adversaire et le désarma. Pontis était
énéreux ; 11 relève son soldat, il Ini pardonne, HE rend son épée, ét Jui promet de tenir la chose secrète : mais il m'était plus temps; des voyageursquiavaient vu briller des épées, étaient aCCourus rapidement, et les avaient reconnus. Le roi en fut bientôt informé. Il avait porté de rigoureux arrêts contre les duels +: 1] voulait maintenir la subordination parmi les troupes ; du Buisson était perdu. NT. de Pontis lui facilita les moyens de se sauver en Hollande, et, xndant son absence, il he cessa de solliciter ouis XIIT et ses mimistres, pour obtenir la
grâce du jeune homme, qne la vivacité de l'âge
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EN ACTION. w
Le roi était inflexible : il voulait faire un exemple ; le bon ordre le demandait. Un an et demi s'était déjà écoulé sans que le généreux Pontis se rebutât. IL apprit qu’il vaquait uns lieutenance dans le régiment de Normandie ; il courut chez le roi, qui l’aimait , et il le pria d'accorder cette place au gentilhomme qu’il lui nommerait, pourvu qu’il en donnât sa parole.
Le roi qui connaissait son dessein , parce qu’il connaissait aussi la bonté de son cœur, lui demanda si ce n’était pas du Buisson, «Oui, sire, reprit M. de Pontis, en le conjurant, les larmes aux yeux, de pardonnerenfin à cejeune homme ajoutant qu’il avait du talent, du zèle, et qu'il servirait bien sa majesté. Louis XIII se laissa fléchir; du Buisson ent sa grâce et la lieutenance. Dans la suite il trouva l’occasion de té: moigner sa reconnaissance à M. de Pontis, es il ne fut pas inprat.
Combien de traits pareils honorent-ils nos annales? ils élèvent l'âme, ils inspirent de nobles sentimens; ils font regarder le nom de Français comme un titre précieux.
Trorras, gouverneur de l'île de Rhé, soutenait depuis six semaines tous les efforts des Anglais, qui cherchaient à s’en emparer. Il était assiépé dans une petite place qui n’était guère défendue que par son habileté et son courage, les fortifications étant fort mal en ordre. Il lui fallait un prompt secours; mais la flotte anglaise tenant la mer, il ne lni était pas possible de faire sortir la moindre barque. Comment instruire de sa a + l’armée
française qui assiégeait La Rochelle sons les ordres de Richelieu? Un soldat gascon fut ine formé de l'embarras du gouverneur , il alla s’offrir à lui, il promit de passer à la nage le bras le mer, de deux lieues au moins, qui sépare l'île de Rhé de La Rochelle, et de porter de ses nouvelles au cardinal. Charmé de son zèle , le souvernenr ne balança pas à lui donner des ordres. Le soldat attend la nuit, et part anssitôt, Le bruit qu’il faisait en nageant attira de son côté plusieurs barques anglaises. Dès qu’elles furent près de lui, il plongea à diverses re-
rises ; elles crurent que c’était un poisson, et hui laissèrent continuer sa route.
Le soldat la fit heureusement, quoiqu’à travers des dangers sans nombre, exposé à tont instant à être découvert par les Anglais, on à s'égarer dans les ténèbres , obligé de Intter contre les vents et contre les flots, entraîné par les courans, mordu par de gros poissons, dout quelques-uns le suivirent jusqu’au rivage. Son courage et son zèle lui donnèrent de nouvelles forces : 1l arriva , vit le cardinal, et s’acquitta fidèlement de sa commission. :
Le courtisan vainqueur du respect humain.
Avaxr que d’être empereur, Valentinien coimmandait une compagnie des gardes de Julieu l’Apostat, et cet emploi le fixant aux côtés du
prince, il entra un jour avec lui dans le temple
de la Fortune. Les ministres du temple aspergeant la multitude avec des rameaux trempés ans l’eau lustrale, en laissèrent tomber quelques gouttes sur le mauteau de Valentinien, Al
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EN ACTION. do7
s'un aperçut; et peu content de leur en avoir témoigné son iudignation avec vivacité, 1l déchira sur-le- champ la partie du antéat qne l’eau avait touchée, sans être arrêté par la présencei de l'empereur, à qui ce mépris pour les cérémonies paiennes qu'il partageait, ne pou vait manquer de déplaire. Julien en fut en elfet piqué jusqu’au vif, et envoya Valentinien en exil, sous prétexte qu l ne tenait pas ses troupes en bon état. Il ne voulait pas lui procurer l’'honneur de souffrir pour Jésus-Christ; maiss'iln’en eut pas la gloire devant les honsmes , il en eut du moms le mérite aux yeux de Dieu, et moul'a, par son exemple, que nulle crainte, nulle Cod Den humaine ne doit et ne peut em pècher le vrai Chrétien d’être fidèle à sa religic
Bel exemple d’attachement à son diotr:
. Loxsque le duc d'Orléans, régent de France, ci forcé, par Les liaisons qu'il a avec les cours ‘le Visé et de Loudres, de déclarer la guerre à Philippe V , il donne le commandement de l’armée française au maréchal de Berwick. Ce
général apprend que le duc de Liriaest dans Le
np espagnol; dans la crainte qu’il a que sont hls, servant contre lui, ne remplisse pas ses dcvoirs comme il convient, il lui écrit ponr l'exhorter à donuer à la patrie qu'il a adoptée toutes les preuves de zèle et de fidélité qu'il doit. « Je saur.i concilier mes différeus devoirs, ré-
pond le dne de Liria : ce que je dois à l'auteur .de mes jours ne me fera jamais oublier ce que je dois au roi d'Espagne , mon maitre: j'aurai
toujours devant les yeux les instructions et les exemples d'un père respectable, qui ne rougira jamais de m'avoir pour fils. »
Ux gentilhomme français, nommé la Tour,
étant allé à Londres, y épousa une fille d’honneur de la reine d'Angleterre, et fut fait chevalier de l’ordre de la Jarretière, Cette distinction est la sonrce où devient la récompense de linfidélité qu’il fait à sa patrie. Il s'engage à mettre les Anglaisen possession du capdeSable. C'était le seul poste qui restait aux Français dans l'Acadie,en 1628. On lui donne deux vaisseaux de guerre, où il s'embarque avec sa nouvelle épouse, Dès qu'il est à la vue du fort, il se fait débarquer , va seul trouver son fils qui commande, cherche à l’éblouir par l’idée qu'il veut lui donner de son crédit à la cour de Londres, et le flatte des plus grands établissemens s’il veut se livrer à l'Angleterre. Le jeune commandant éconte avec indionation les propositions de son père, et n'est pas plus intimidé par les menaces, que sédnit par les caresses. Alors on prend le parti de l’attaquer , et il défend sa place ævec le même succès qu'il a défendu sa vertu,
La Tour père se trouva embarrassé : ne pouvant retourner en France, et n’osant retourner en Angleterre, il prie son fils de souf- (ir qu’il demeure en Acadie. Le jeune homme lui répond qu'il li donnera nn asile, qu'il pourvoira abondamment à ses besoins, mais qu'il ne permettra jamais que lui ou sa femme entre dans sou fort. Quoique la condition pa-
raisse mapé
ses vil desdr du de en ca ce qu « Lro répou large:
La
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‘EN ACTION. 369 raisse dure , on s’y. soumet, et on est dédummagé, autant qu'il est possible, de cette sévérité par les attentions les plus tendres,et les plus suivies. (éstoire de la nouvelle Franèe.)
Traits de franchise et de générosité, La mort de Charles VIET ayant placé Louis
XIT sur le trône de France, ce prince tourna ses vnes du côté du Milanais, sur lequel il avait des droits par son aïieule Valentine, sœur unique du dernier duc de Visconti. Avant de se mettre en campagne, il demanda à M. de Trivulee ce qu'il failait pour faire la guerre avec succès, « L'rois choses sont absolnmentmécessaires, lui répoudit le. maréchal : 10, de l'argent; 20. de Pargent; 30, de l’argent, » TRE
La conquête du duché de Milan est l’otvrage de vingt jours. Mais Ludovic Sforce y rentre l’année suivante, par la faute du maréchal de ‘L'rivulce qui y conimande : dans la guerre que cette révolution occasiônne, le chevalier Bayard est fait prisonnier: Ludovic SfoFce, ‘qui avait vu des fenêtres de son palais les'actions de oœæ brave Français, demanda à l’entretenir, et voulnt conuaître son caractère.
« Mon gentilhomme, lui dit le duc, qu vous a conduit ici? — L’envie de vaincre, monseigneur, répondit Bavard. — Et pensiez-vous prendre Milan tont seul? — Non, repart le chevalier; mais je croyais être suivi de mes camarad-s.— Euxet vous, ajonte Ludovic, n’auries pu exécuter ce dessein. — Enfin, dit Bayard, qui ne pent disconvenir de sa témérité, ils ont été plus sages que moi, ils sont
on TS
-8ro __, MORALE
libres, et me, voici prisonnier; mais je Le suis Ces de l’homme du monde le plus brave et Le plus surtou généreux, » | avait 8
Le prince lui demanda ensuite d’un air de garde mépris : « Quelle est la force de l’arinée fran- bourg guise? æ Pour nous, dit Bayard, rious ne person comptons jamais hos/ennemis; Ce que ju puis confia: | vous assurer, C’est que les soldats de inon mal ter la 1 ‘re sont gens d'élite ,:davans lesquels Les vôtres la vale me tiendront pas.» ., | L'A Il Ludovic, piqué d’une franchise si hard'e, guade | (ll lui dit que lesetlets donneront ane autre 4 traité : | non: .de, ses troupes, eb qu’une bataille décte ral, p | dera bientôj,de son droit.et de. leur courage. que to Il « Plût à Dieu, s’écrie Bayard, queice fût de- répor If main, pourvu que je fusse libre! —Vous l’êtes, LE Jantes || repart educ; j'aime votre fermeté at votre cou- | uneus il rage, eë j'offre d'ajouter à ce presrier bienfait quarti | out ce que vous,voudrez exiger de inoi. » vaut 1 | .. Bayard, pénétré de:tant de bonté, se jette LE «t j'en il aux genoux du prince, le prie rer en vainc M faveur de son devoir ce qu'il y a de hardi dans Loi | ses réponses, demande;son cheval et ses armes, cnnen et retourne au camp publier la générosité de EE ner pe
Ludovic, et sa reconnaissance. des ut
Traits d'équité et de modération. de
… Les revers que Louis XIT éprouva à la guerre, {urent plutôt nie suite de La bonté de son ca-
ractère, que de la médiocrité de ses talens. A |
Lorsqu'il partait, 1lse faisait suivre de quelques XVI
hommes éclairés et vertueux, chargés, même à vis
en pays ennemi, d'empêcher le désordre, et la cha
de réparer le dommage lorsqu'il avait été fait. de Ve
je Le suis et le plus
on air du née fran
nous ne ue je puis non mal les vôtres
Hi hard’, utre VIE ulle décte courage.
ce fût deous l’ôtes, votre. cou- ” bienfait O1,
é, se jette donner en ardi dans es arrieg, érosité de
Jr.
la guerre, le son caes talens.
> quel
> quelques 8. même sordre, et 1t été fait.
Ces principes d’une probité austère furent surtout reinarqués après la prise de Gênes, qui avait secoué Le joug des Français, Leur avantparde ayant pillé quelques maisons du faubourg Saint-Pierre-d’Arena, le prince, quoique personne ne se pluignît, y envoya des geus de confiance pourexaminer à quoi pouvaitse mouter la perte, et ensuite de l'argent pour payer la valeur de ce qui aveit été pris.
L’Alyiane ayant été pris à la bataille d’Aguadel, fut conduit an camp français, où il fut laité avec toute l'honnêteté possible. Ce géntral, pius aigri par l'humiliation de sa baie , que touché Là l'humanité de son vainqueur, ne répondit aux démonstrations les plus conso- Jantes, que par, une fierté brusque et dédargueuse. Louis se contenta de le renvoyer au quartier où i'on gardait les prisonniers, « 11 vaut mieux le laisser, dit-il; je in’emporterais, et jen serais âché. Je l'ai vaincu, il faut, me vaincre mobméime, » |
Louis, prétendait 'que les avantages que ses ennemis remportaientsur lui ne devaient étonner personne, «Ils me battent, disait-il, avec des armes que je n’ai jansais employées, ave: le mépris de la bonue foi , de l'honneur et des
lo's de l'Evangile. » (/List, de Louis XIL.) Anecdote sur Louis XVI,
À l'exemple de Henri IV son aïeul, Louis XVI aimait à se confondre parmi son peuple, à visiter incognito la demeure du pauvre ct la chanmière du paysan. Il chassait dans le bois de Verrières , lorsqu'un jeune homme, Le ren-
contrantÀ l’écart, se jette à genoux sans le connaître, et lui dit: « Au nom de Dicu, imonsieur, faites-moi une charité: elle sera bien plaete, — Est-ce donc, mon ami, lui dit le roi, que tu ne pourrais pas travailler au lien de mendier?— Oui, monsieur; mais je suis retenu à la maison : mon père se meurt, ma mère et nies frères sont malades, au nombre de cinq. — Cela est-il bien vrai? Oui, monsieur, c’est la pare vérité, » Louis lui fait alors une anmône ; mais réfléchissant que, si tout ce qu’on vient de lui dire est vrai, cequ'’il a donné est insuffisant, Ü continue d'interroger : «Ta maison est-elle bien loiy d’ici?— A trois quarts delieue, monsieur, N;
wavers les taillis et les bruyères, et arrive au Fe d’une chaumière ouverte à tous les vents.
s cris plaintifs eppens son oreille, Il entre,
«tt trouve un moribond sur la paille, ses enfans à demi-nus, les uns malades, les autres demandaht du pain à une mère qui n'a que des larmes à leur donner. Le roi, déchiré à la vue d'untel spectacle, distribue sa bourse à ces infortunés, en témoignant le regret de n’avoir pas davantage. Rentré au château, 1l dit à la reine: « Ah!
madame, que ma chasse a été heurense! » puis iltaconte sonaventure. Toute la Famille Royale œt touchée jusqu'aux larmes, et aussitôt pars nu chirursien porteur de nouveaux secours,
e monarque suit alors le mendiant à.
Bei
M mon le se oblis Céré révol la d Frar fidèl,
sant
s le con-
, inonbien plaroi, que de menretenu à
mère et } Cle — r, C’est la anmône ; \ vient de suffisant, n est-elle ue, monendiant à.
arrive an les vents.
.llentre, ses enfans s demanes larmes e d'untel rtunés, en avantage.
ne:«Ah!
ise! » puis lle Royale ssitôt pari
Bel exemple d'amour du prochain donné aux dépens de sa propre vie,
M. Jammès, vicaire de la paroisse de Belmont, près de Sancerre , ayant refusé de prêter le serment de la constitution civile du clergé, fut obligé de se retirer dans sa famille, à Saint- Céré, pour éviter les effets de la persécution révolutionnaire. Cependant, malgré la loi de la déportation, il ne voulut pas auitter la France, parce que son ministère était ntile aux fidèles de la contrée. L’ardeur de son zèle croissant avec le danger, il attua sur lui les regards haineux des persécuteurs, et fut arrêté au commencement de 1794. Comme on le conduisait dans les prisons de Cahors, il passa par un village dans lequel il avait plus d’une fois répandu les secours et les consolations de la religion, À la vue du respectable vicaire captif, les habitans indignés voulurent le délivrer par la force; mais M. Jammès leur représenta qu'il faMlait se soumettre à la volonté de Dien, sans la permission duquel rien n’arrive ici bas, et à force de prières les fit renoncer à leur dessein.
Il arriva à Cahors à la fin de la Semnaine- Sainte. Comme il était trop tard pour l’écrouer dans la prison de la ville, ses gardes le déposèrent dans une auberge. L’hôtesse, femme pieuse et charitable, fut émne de compassiôn à la vue du prisonnier. Elle lui proposa de'le faire évader en lui offrant des habits propres à le déguiser. Le généreux vicaire refusa encore ce bon office. Je ne veux pas vous com-
promettre, ditil; et je crains d'autant moins
Ja mort, qui me menace de très-près, que je mourrai probablement dans la semaine où notre divin Sauveur a donné sa vié pour notre salut. C’est ainsi que ce digne ecclésiastique repoussa deux fois les moyens de conserver sa vie, parce qu’ils compromettaient la sûreté de son prochain: exemple de vertu-bien digne d’un serviteur de Jésus-Christ. Le vicaire Jammès parut devant le tribunal, et fut condamné à la mort, En allant au supplice, il fut abreuvé d’outrages ; il les supporta avec une résignation angélique , récitant à hante voix, et avec la plus grande ferveur, des prières jnsqu’an moment oi 1l cessa de vivre.
Etonnement de François 1°*, au sujet d’une faveur refusée.