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88 MORALE Anecdote turque.
La justice se rend, parmi les Perses, trèspromptement, et sans le ministère ni de procureurs ni d'avocats. Un commissaire, étant un jour en fonctions, rencontra un bourgeois
ui venait de la boucherie et s’en retournait chez lui. Il lui demanda ce qu’il portait.
« C’est, répondit le bourgeois en colère, de la viande que je viens d’acheter chez un tel, boucher, » Le commissaire, frappé de la ré-
onse et du ton du bourgeois, voulnt connaître Le sujet de son mécontentement : il s’informa alors si la viande était trop chère. « Ah! sans donte, répartit le bourgeois : vous avez beau fixer le prix, les boucliers s’en moquent; ils exigent letriple dé la taxe; encore ne dnnent ile pas le poids. Il manque à ce morceau au moins deux ou trois onces. —— Conduis-moi, dit le commaussaire, dans la maison où tu l’as prise. » Le commissaire y étant arrivé, ordonna au boucher de peser le morceau, et il s’y trouva effectivement quatre ou cinq onces de moins. Le commissaire adressa alors ces paroles au bourgeois : « Quelle justice demandes -tu de cet homme? que veux-tu exiger de li? — Je demande, dit le bourgeois, autant d’onces de sa chair qu’il m’en a retranché du morceau qu'il m'a vendu. — Tu les auras, répartit le commissaire , eë tu les couperas toi-même; mais si tu en coupes plus ou moins, tu seras puni. »
Le bourgeois, étonné de la sagesse de ce jugement, disparut comme un éclair,
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Avénture singulière, écrite par M... à un de | ses amis,
\ Je vais te confier, cher ami, un secret affreux que je ne puis dire qu’à toi. La noce de mademoiselle de Vildac avec le jeune Sainville s’est faite hier; comme voisin, j'ai été obligé de m'y trouver, T' nais M. de Vildac; il a une physiono tre, dont je me suis toujours défié, Je «1 hier au milieu de toutes ces fêtes; Lien loin de prendre part au bonheur de son gendre et de sa fille, il semblait que la joie des autres fût un fardeau pour lui, Quand l'heure de se retirer fut venue, on m'a conduit dans l'appartement qui est audessous de la grande tour. À peine commençais-je à m’endormir, que j'ai été éveillé par un bruit sourd au-dessus de ma tête. J'ai prêté l’oreille , et j'ai enténdu quelqu’un quitraînaitdes chaînes, et qui descendaïit lentement quelques degrés. En même temps une porte de ma chambre s’est ouverte ; le bruit des chaînes a redoublé : celui qui les portait s’est avancé vers la cheminée; il a approché quelques tisons à demi-éteints, et il a dit d’une voix sépulcrale: « Ah! qu'il y a long-temps que je ne me suis chauffé. » Je te l'avoue , cher ami, j'étais effrayé. J'ai saisi mon épée pour pouvoir me défendre ; j'ai entr'ouvert doucement mesrideaux. À la lueur que produisaient kes tisons, j'ai aperçu un vieillard décharné, et moitié nu, une tête chauve, une barbe blanche. Il approchait ses mains tremblantes des charbons. Cette vie m'a ému, Pendant que je le pra , le bois
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