I. A MOllALK EM ACTIOV
Lettre de M, le comte de , conceninul la funidle
des h leuriot , connus en Lorraine sous le nom de
V aldajou.
A une lieue et demie de Plombières, cL dans !:i partie des Vosges qui touche à la Franclie-(^untr ^ un vallon assez spacieux, formé par plusieurs gorges réunies, montre un aspect riant, où Ion reconnait une cullure assidue et dirigée avec industrie.
Une seule iarnille partagée en quatre ou cinq lia!)itations, élevée dans les mômes principes, rcroiinaissant un chef dans le plus ancien et le plus éclairé de ses menjhrcs, s'occupe sans cesse du bien public, de 1 éducation de scs enlants, du soulageincnt des malheureux et de l'agricullare.
Cette famille, dont le nom est Ficuriot,esl plus connue encore sous le nom de V aldajou, nom que porte le pays et le hameau quelle habite.
Depuis très-long-tcmps les chefs de cette famille ont exercé principalement la partie de chirurgie qui sert a réparer les fractures et les luxations des os j leurs Succès continuels leur ont mérité la n^putation d habileté; une grande piété, une charité immense leur ont bien justement acquis celle de gens vertueux.
Une modestie singulière, une tendresse vraiment fraternelle régnent dans cette heureuse famille, qui est inainleiiant assez nonibreusî* et assez éloignée de sa soLiclie commune, pour ne plus contracter d’alliances étrangères.
Le feu duc Léopold, louché des vertus constantes des 1 leuriot, et reconnaissant que dans tous leurs actes, ils avaient sans cesse médité b couronne civique, et avaient prouve la noblesse de leur Ame par
LA .-tORALE EN ACTION.
Iniirs 1 icnHiils et leur désintéressement, I.énpold vo't* lut It'S iiiiublir.
Les liimlllcs S assern!)lèrent, et les chefs, d'une voix un iriime, renierciérenl leur smiveniin de la gr;lcc<|tril
v.iulait leur faire, cl sc dispensèreiil de l'accepter .
Nos enfants, disent- ils dans leur réponse également sage et soumise, nos enfaiiLs ne pi.-nseronl jieut-ètre pas comme nous; cnivTés de leur nohlcssc, lis se tlîspenseront de servir les pauvres, ils dédaigneront de cultiver nos In'iilagcs', la Jjéiiédietioii de Dieu ne se répandra ptos.-wn- I-urs Ir.avaiix, Ils se désuniront, Ils cesseront d être heureux, lis refusèrent donc les lettres de uoLlesse qu oii 1cm olfrail, et celle de leur âme n'a jamais dégénéré.
Les succès jircs pie prodigieux des cures opérées par les Fleuriot, mil souvent excité l'envie et !a jalousie de leurs voisins.
La première fois que j’allai à Plombières , je m'informai particulièrement de cette famille. .le commandais alors daris ccl',c partie de la Lorraine ; i! me fut aisé d’approfundfr le.sdétails que je voulais connaître.
Les un.s me parlèrent des Fleuriot avec autant d'amour que d'admiration ; un très-petit nombre de gens , que je croyais devoîrêtre des plus éclairés, voulut jeter un vernis de superstition et d'ignorance sur la manière avec laquelle les Fleuriot en usaient dans leurs opérations. Je crus eepeudanl les rapports qui leur étaient les plus favorables; je me fis un honneur et un devoir d examiner les faits par moi-niêmc, pour me mettre eu droit de les dévoiler.
Une élu ’e assez suivie que j'ai faite, dès ma jeunesse , de l'analomic, me mettait à portée de dîstin-uier a sdi nce réelle d’avec le prestige.
Je fus ail \ iiH,ijnu, sans faire annoncer mon arrivée 1 un habit uni, un seul doinestli^uc (jnî me suivait, tout cela ne leur annonça ijue l’abortl d’un étranger, arrivé par hasard au milieu de leurs liubitalions.
Tout medifia, tout in’aUendrit en entrant dans une de leurs premières maisons; je me refuse avec peine au plaisir de décrire la proprclécl l'ordre qui >' régnaient, 1 honnêteté de ceux qui 1 liahilaieiit; j’y reconnus tous les traits les plus simples et les plus louchanis de la véritable hospitalité. !Mou but était de connaître le degre d’instruction où les plus habiles élalcnl parvenus dans un art fondé sur une science exacte et réelle. Après mètre ralraîcbi, et avoir admiré toui ce qui était du ressort de récouoiuîe rurale et du gouvernement intérieur de la famille, je deman 'ai s’ils avaient quelques livres. Ils médirent que leurs livres étaient assemblés dans une maison jicu distante, qu’occupait un des anciens chefs de la famille ; ils m’y conduisirent ; )> fus reçu par un homme âgé, respectable, et qui, sous un air rustique, nie montra des mœurs douces et polies. Il me répondit : les bons livres, la nature et I expoiicncc ont été les seuls maîtres de mes pères; je n'en aî pas d'autres, et cette tradition passera à mes enfants. 11 m'ouvrit alors un grand cabinet, simplement orné mais riche p;ir ce qu'il contenait. Jy trouvai les mcilleurs livres de chirurgie, anciens et modernes, qui soient connus; j’y trouvai des squelettes d hommes et de femmes dequatre ou cinq âges différents; squelettes démontés, dont les pièces tonfondues ensemble pouvalent être rejointes et remontées par une maiu ex,
perte; jy trouvai des mannequins artî-stement faits,
(pii ollraiciit une myologie complète.
Cest ici. nous dit-Il, que nous nous formons ^ 1^