la moka LC A CTI O.V
au roi. A la vue de la première , Clotaire admira fort son industrie et sa dextérité; mais il admira beaucoup plus sa fidélité, quand il vit la seconde. Ayant rcrconnu dans l’ouvrier autant d’esprit que d’adresse el de désintéressement, il crut devoir l’attacher à son service; il le retint donc à la cour, lui donna dès-lors une grande part dans sa confiance, le logea dans son palais, et se faisait un plaisir singulier d'aller ly voir travailler.
Plus Clotaire Voyait Éloy, plus il était charmé de ses belles qualités, et plus il estimait sa vertu; croyant qu’un homme d’une si rare probité était propre à autre chose qu’à façonner les métaux, il résolut de l'employer aux affaires de l’état. Pour se Pattacher plus tortement, il lui proposa de prêter le serment de fidélité ordinaire sur les reliques. Elcy, assuré des dispositions de son cœur, promettait bien de demeurer fidèle, mais craignant de jurer en cette occasion sans nécessité contre la défense de Jésus-Christ, il ne pouvait se résoudre à faire le serment que le prince exigeait. Clotaire, ne sachant à quoi attribuer ce refus^ insista à demander le serm«'nt; Rloy s’en défendit avec toute l’humilité possible, et tâcha de justifier sa répugnance à jurer. Le roi ne recevant pas ses excuses, 1 en pressa encore davantage, et témoigna être choqué de sa résistance. Alors Eloy appréhendant d offenser Dieu, ou de déplaire au roi, ne put s’empêcher de verser des larmes. Le prince s’en aperçut, et lui dit que cette délicatesse de conscience l’assurait plus de sa fidélité, que tous les serments qu'il eût pu faire.
L'infidélité des ouvriers est cause qu’on se méfie d’eux; quils travaillent avec fidélité, qu’ils emploient eu conscience les matlèrc^i qu’on leur met entre les
mains, ils ne manqueront jamais d’ouvrage. La facilité avec laquelle les ouvriers et les marchands font des serments, augmente plutôt la méfiance, qu’elle n’assurc la confiance. Oui, et non, doivent être l’assurance de la vérité qu’un chrétien affirme. La meilleure manière d’honorer le serment, estl de ne s’en servir ni fréquemment, ni indiscrètement, mais uniquement dans les rencontres nécessaires et très-importantes. Le serment, pour être légitime, doit, selon le propliète Jérémie, avoir ces trois qualités, dêtre fait dans la vérité, dans le jugement et dans la justice : Jurabis in veritate, et in jiidicio ^ et in jusîiîiâ.
Comment ne trembis-t-on pas, quand on prend Dieu à témoin d'une chose, ou fausse, ou dont on n’est pas assuré /11 faut avoir perdu sa religion et sa conscience. La délicatesse des païens, à l'égard des serments, fait la honte des chrétiens : quelques-uns d’entre eux auraient cru non-seulement déshonorer la majesté divine, en jurant légèrement, mais même en employant le nom de Dieu dans les conversations et dans les discours familiers.
Manière d'instruire et de reprendre.
Saint Augustin, après sa conversion, retiré à la campagne avec quelques amis, y instruisait deux jeunes gens, nommés Licent et Trigèce. Il avait établi des conférences réglées^ oii il les faisait parler sur différents sujets que l’on proposait; chacuin soutenait son sentiment, et répondait aux questions qu’on lui faisait; on écrivait tout ce qui se disait de part et d’autre. Il échappa un jour à Trigèce une réponse qui n’était pas tout-à-fait exacte, et qu’il souhaitait qu’on ne mit X)oint par écrit. Licent, de son côte, insista vive-
La Mon ale l.x action.
ment, et demanda quelle fût écrite. On s'écliaufia de paît et dautre, comme cela est naturel à des jeunes gens, dit saint Augustin, ou plutôt à tous leshomnies, qui sont pleins de vanité et d'orgueil.
Saint Augustin rituneréprimandeasscz forlcàLiccnt qui en rougit sur-lc-clianip ; 1 autre, ravi du trouble et do la confusion oii il \'oy»'iit son émule, ne put dissimuler sa joie. Le saint, pénétré d une vive douleur en voyant le secret dépit de 1 un et la maligne joie de l'autre, cl les ajioslropliant tous deux : Est-ce donc ainsi, leur dit-il, que vous vous conduisez? csl-ce là cet amour de la vérité dont je me flattais, ii n’y a qidun moment, que vous étiez ruiiet 1 autre etnnrQ^és?
Après plusieurs remonlrances, il finit ainsi ; « Mes chers enfants, n augmentez pas, je vous en conjure, mes misères qui ne sont déjà que trop ç,Tandes; si \ ous sentez combien je vous ccnsidère et je vous aime, combien votre salut nfest cher-j si vous êtes persuadés que je ne me souhaite rien à moi-tnéme de plus avantageux quà vous; enfin , si, m appelant votre maître , vous croyez me devoir quelque retour d amour et de tendresse, toute la reconuaissaiicc que je vous demande, est que vous soyez gens de bien ; boni csloie, Scs larmes coulèrent abondamment, et aclievèrerif ce que son discours avait commencé. Les disciples, attendris, ne songèrent plus qu’à consoler leur maître, par un prompt repentir pour le présent, et par de si/ncères promesses pour lavenir.
Obseri^aîion,
La faute de ces jeunes gens méritait-clic que le maître eu fut si touché? n’est-ce pa^ l ordinaire de ces sortes de disputes? Vouloir bannir celte v^iv’acitc ei
LA MORALE EN ACTJüN. 2^y
celle simplicité, ne serail-cc pas clcinclre toute arJeur d’étude, et émousser la pointe d’uii aiguillon necessaire à cet âge?
Ce n’était point la pensée de saint Augustin; il ne songeait qu à retenir dans de justes Ijoriies une noLIe énudation, et à l’empéclier de dégcnéicr en orgueil, qui est la plus grande maladie de 1 homme : il était bien éloigné de vouloir la guérir par une autre, cjui n’est peut-être pas moins dangereuse; je veux dire la paresse et rindolence. « Que jo serais à plaindre, dit-il, d’avoir de tels disciples, en qui un vice ne pût se corriger que par un autre vice! )>
Voilà une délicatesse ds sentiments qui ne se trouve point parmi les païens; ils convieniKr^t; â la vérité, que l amldlion dont nous pailons ici est un vice; mais, par une contradiction assez bizarre, ils le donnent comme un vice qui devient souvent dans les jeunes gens une source de vertu : h cet ipsa vüiorum sit awhhio, freciuenter taincn causa virlutinn est ; et ils font tout ce qui est nécessaire pour nourrir et pcuraugmcin ter cette maladie. Il ny a que le christianisme qui remédie à tout, qui déclare généralement la guerre h tous les vices, et qui puisse rétablir l’homme dans une entière santé. La philosophie, avec ses plus beaux préceptes, ne va pas jusque-là.
Différence entre Venvie et l émulation,
La différence est délicate entre l’envie et Icmulatîon. Comme il est aisé de s’aveugler et de sc persuader qu on n’a que de Témulation, quand ou est véritahlcment jaloux; aussi peut-il arriver qu’on blâme dans les autres comme un mouvement d'envie, ce qui n est clans eux que reflet de rémulaticn.
^4^ La mok a le en action.
Il me parait quoii peut disliiiguer à ces caraclère 5 ces deux mouvements si rcssciiiLlauls en apparence^ et dont 1 un cependant est une vertu^ et 1 autre un Vice. Lémulation est une passion noble et généreuse, qui ne peut avoir pour objet que la vertu; elle ne tend pas à rabaisser les autres au-dessous de nous, elle ne retranche rien des louanges qu ils méritent; elle ne voudrait pas qu ils fussent moins estimables, mais elle nous fait un reproche de riiitervalle que nous laissons entre eux et nous; enfin, si elle est jamais de mauvaise humeur, elle ne la iau sentir qu'à nousmêmes, et elle ne sait jamais mauvais gré à ceux qui ncus surpassent.
L envie, au 'Contraire, est une passion basse et chagrine, qui corrompt la ve^^^tu, mcirt par sou amertume; elle tache de ternir le iustre des meilleures actions, par un souffle empoisonné: elle ne se soucierait pas de monter, pourvu qu elle vît les autres descendre au-dessous d’elle. La première est une fille du ciel, cl un reste précieux de la grandeur pour laquelle I homnie était ne ; 1 autre est un fruit de l erifcr et du démon , qui s est perdu lui-même par l’envie, et qui s’est servi de ce poison contagieux pour perdre le premier homme.
Avis aiLX instituteurs.
A. Le moyen le plus assuré et le plus efficace pour kisinuer aux jeunes gens des sentiments de piété, cest que les instituteurs en soient eux-mêmes bien pénétrés; alors tout parle en eux, tout est instructif, tout inspire de 1 estime et du respect pour la religion, lors même quil s agit d'autre chose; car cest laffiaire du cœur, encore plus que celle de l’esprit; et pour la
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vertu, aussi bien (jue pour les sciences, la voie des exemples est bien plus courte et plus sûre (jue celle des pniceptes.
II. Les corrections et les réprimandes doivent être faites selon les règles <jiie la raison a prescrites; pour les rendre utiles, Il faut persuader que ce n'est ni de 1 humeur, ni du désir de faire peine qu'elles naissent, mais d une pure charité et d'un vrai zèle. La qualité la plus essentielle d un martre chrétien, est d’avoir pour ses disciples cet amour de jalousie dont parle saint Paul, qui le rende extrêmement sensible k tout ce qui concerne 1 ;ï vertu.
in. On ci'oit quelquefois faire merveille en riinlti- ])Iiiint les paroles; on 'ToU amollir le cœur par de vifs icproches, par des huuiilialions, par des clnUimenls; mais il faut que la grâce 'es rende utiles, Quand on attend tout de ces moyens, on met un ol.'Stacle secret à la grâce, qui est justement refusée à la présoraptiorj huinaine, cl à nue confiance orgueilleuse.
iy. Le cœur n’obéit point à la voix de l'homme. Le ministère extérieur de ceux qui enseignent et qui reprennent, n'est que pour caclicr l’opération secrète de Dieu, qui deviemlrait, sans ce voile, trop manifeste, et peu propre à exercer notre fui : les mômes discouis qui animent et atleiidrisscnt les uns, révoltent et endurcissent les auli'es; plus on est spirituel, moins (xi ose répondre du succès de scs pai ole.s et de ses soins a l’égard des personnes qui paraissent moins capables dy résister : Cailiedram habei in cœlîs, dit saint Augustin , Cjiii corda docet.
V. Tous ceux qui sont chargés de l'instruction, ne font proprement qu’assembler les osseinents, ils étcadent sur eux la chair et la peau; mais, semhlahles au
LA MOKALEi £X Al.lîu;.
jjroplièle Ezticljic], à fjui il fut cuumiaïuk^ d iîi\ uîjtier 1 esprit de vie, pour animer des morts dont la campagne était couverte, leurs soins et leurs travaux seront sans succès, si 1 esprit saint ne donne une aine k ces Iiojniues sans vie; combien laul-il lut diraavec ferveur et avec persévérance : F eni^ SpiriiiiSj et insufjhi interfectos Lstos^ ut retni^Uvant,
VI, Quand un écolier abuse ^galeniriil tle loul, de la douceur et de la sévérité, un niajtre doit tenir un certain milieu entre ces deux conduites; parler peUj mais observer tout, n’exborîcr et ne menacer plus, mais mettre sur son virîUgc un air grave cl sérieux, mêlé dïiue indiiréreiicc aiicctée : ces inariièros froides et tranrpjillcs sont pEus prrîprirs a lapp^dcr une |>ersonne qui sc plaît dans Ki couliMdictinn et dans la résistance, que fous les discours; elle séton ne do ce qu'on ne lui parle plus, et suu ^cu s éteiiil faute débjets : pour peu qii il revienne, on peal lui diie, quéprès tant de soins Louiours inn.tiles, on n a plas rranLre devoir que de s’alUjgrT de son iiîi|j<hijtüïice et de sa perte; quoti est réduit k être Irinoin, malgré soi, d un malheur quon ne peut empêcher; (pic désormais ou s en croit décliargé, et que c ^ une chosre fort désirable, que de vivTC sans règle et de muurir sans espérance. Ces expressions courtes, après lesquelles on se relire, de peur de ies alTaiblir par dVjnlrcs moins mesurées, peuvent faire beaucoup d1iu[nession, princU paiement quand elles sont accoinpaguées d une piété mténcui’c, et quelles sont reflet d une clnirité qui ne parait dure que parce (ju elle est tendie.
\ ïl. Si votre travail parait inutile, ne vous décou-^ ragez point, ne vous reMchez point, ne désespérez point des jeunes gens qui vous paraisscul les pins en-
la morale en action. aôt
durcis. Dieu vous rendra le matin la récompense de Votre travail pendant la nuit; il a paru inutile, mais il ne 1 était pas pour vous. Les moments que Dieu s’est '.éservés ne sont cournos que de lui, le soin vous était recomuiandé, et non le succès. Ce n’est ni la nature du trav.iil que Dieu considère, ni le succès qu'il couronne, imiis le zèle, la fidélité, lamour de Dieu, la pureté d intention, Ihiiinilité, la [)orsévciaiice. Tous ouvriers sont égaux en eux-mènies par rapport au succès; le travail et la bénédiction que Dieu y donne, est ce qui les distingue; cest 1 humilité et la prière qui attirent cette hénéxliction.
Effets extraordinaires du mépris de soi-méme et des créatures.
L’on a vu, dans le septième siècle, la fille de Robert, garde des sceaux de Clotaire Ht, donner un exemple peu connu du mépris qu’elle faisait d’ellemème. Angadresme (cétait son nom), désirant ne vivre que pour Dieu, le Conjura de vouloir bien efiTacer en elle ce qui pouvait attirer h syeux des hommes : sa prière fut exaucée hientél; elle tomba malade, et sc trouva couverte d une lèjirc ou petite vérole qui lui gata le visage. Son pere, qui 1 aimait tendrement, regardant cet accident comme rclTct d’une maladie ordinaire, eut recours à l’an des médecins, pour empêcher que cette difformité ne reslfit après sa guérison. Angadresine trouva le moyen de rendre lcurs°rcmèdes inutiles. Le père, qui lavait promise en mariage à un gentilhomme du Vexin, entreprit de la coMsoler sur sa prétendue disgnice. La sainte ne put s'empêcher de lui avouei qu elle legardait comme un^ faveur du ci 1 un accident de cette nature, dans le désir qu’elle aarnit
toujours eu de ii'avoir point d’autre époux aue Jésus- Christ; elle s estima fort heureuse de cc (pie Dieu ^ sans la mettre eu dauber de dés\jLcir à sou père, avait empêché son mariage.
La petite vilie de Seriez a donné, de nos jours, un spectacle encore plus attendrissant. Une bonne paysanne, prévenue des héuédiclions du Seigneur, avait vécu juseju’à sou tnaiiage dans une grande innocence et une grande simplicité, sa beauté, tjni surpa.ssait celle de toutes les lille» du caLlon, ne lui enflait point le cŒ’ur; elle vivait éloignée du commerce des hommes, travaillait à la dentelle cliez ses parents, et montrait dans toutes scs actions une caiiideiir et une pureté admirables ; elle s’atUicba à l’époux que ses parents lui donnèrent, et {'oriiiuna de vivre dans le mariage avec la même simplicité et avec la même pureté qu’auparavant.
Un jour, des ieunes gens qui la virent, furent frappés de la blancheur de son visage et de la régularité de ses ti'aits, et dirent, en s’anèlant un moment ; Voilà une belle femme! Celte parole qu’elle entendit, la fit rentrer promptement chez elle, et se jetant la face contre terre, elle dit en versant beaucoup de larmes : Seigneur, rendez-moi aux yeux des boniines aussi laide que je désire d’être belle à vos yeux! l'eu de jours après, elle se sentit frappée des douleurs d un cancer qui lui vint au visage; elle connut alors qiie Dieu bavait exaucée, et dans ses douleurs, clic ne cessait de le bénir d avoir jeté sur elle un regard de miséricorde. Son mal faisant des progrès, bientôt elle lut hors detat de travailler, et obligée de garder le lit, Elle n’avait point d'enfancs; mais le travail de son mari ne sufilsak pas pour la faire soigner; celui-ci
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s^ifïîi^calt et s’impatientait. Mon aini^ lui disah-eUe^ il ne faul ni vous abattre j ni vous troubler; Dieu nous avait tionué quelc^ue peu de liicii , il nous 1 ote, bénis- , sous-le; il faut vendre ce que nous avons peu à peu, ’ et nous en aider pour vivre; quand nous n’aurons plus rien, Dieu y pourvoira. Dieu y pourvut en elTot. Un ecclésiastique vint vers la pauvre malade, et la trouva couchée sur la paille, dans un lieu très-Iuiinide, et séparé de lelaUc aux vaches par des platrches. Le cancer lui adectait alors une partie de la tête et du fioiit , cl 1 empêchait de voir de 1 ccul gauche i scs donleui's élaieiit exccssivjs; son cancer ouvert demandait des soins (jue personne ne lui accordait. Son mari allait travailler a la campagne, et la malade demeurait tout le jour livrée à la douleur. Ce qu’elle désirait davantage, c’était qu'on l’entretînl des choses de Dieu. L'ecclésiastique, saisi de frayeur cl d'admiration, attendri jusqu’aux larmes, lui promit de la visiter souvenL
Quand il expliquait l’Evangile, h malade l écoiitait avec le même respect qu’elle aurait écculé Jésus-Christ, dont il n’était que l’organe; elle protestait que ses douleurs étaient suspendues dèt qu'il ouvrait la bouche pour lui parler de Jésus-Christ. « Je fais peu de cas lui disait-elle, des aumônes que vous m’apportez , au prix des vérités de ITivangito, dont vous nourrissez
iiLüti âmCp »
Cependant le cancer gagna insensiblement tout le visage de cette femme ; on n'y reconnaissait plus aucun trait; ses yeux crevèrent, et en crevant, ils firent un hruit éclatant; il fallait tous les jours beaucoup de vieux Huges pour couvrir la plaie et amortir le feu qui était dttu; les cliairs, Lu habile médecin disait n’avoir ja-
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mais vu de cancer si horrible; il était encore plus fi’.ippc de la patience de la malade. Dans Tardeur de ses douleurs, 1 image de Jésus-Christ sur la croix était sa con- ; solation et sa ressource; elle adorait son Sauveur, qui étant la sainteté même, avait pris la place des pécheurs. ^
J^aurais dû, ô mon Dieu! s'écriait-elle, monter sur cette croix, et vous avez pris sur voirs ce calice d amertume pour adoucir mes maux et les sanctifier. Plusieurs fois on lui proposa de demander à Dieu sa guérison par un miracle; mais elle témoigna rorislamment ([udlc ne craignait rien tant qu'une santé qui l’exposerait au danger de voir le monde, et qui retarderait au moins son bonheur. Voir Dieu, jouir de lui, disait-elle, c’est tout ce que je désire. Ses vœux furent exaucés apres six ans de souffrances et de maladie, elle s’endormit dans le Seigneur, laissant à l'église un exemple admirable de ce que peut la grâce de Jésus-Christ, pour élever les âmes des plus petits au plus haut point de perfection.
11 y a peu de personnes du sexe qui désirent que leur beauté se perde pour ne pas plaire au monde ; c est qu’il y a peu de chrétiennes. Si je pLrisais aux hommes, ^ disait saint Paul, je ne serais pas serviteur de Jésus- | Christ. Dans les événements fâcheux, quand il nous arrive quelque chose qui nous sépare du monde, bien loin de nous affliger, bénissons Dieu; c’est la meme ^ grâce que si nous étions mis hors d’un lieu infecté de contagion.
Effets admirables du génie.
Le génie est une certaine aptitude que la nature a mise dans l'homme pour réussir dans une chose que d’autres entreprendraient inutilement. Cette aptitude