‹ La morale en action, ou Elite de faits memorables et d’anecdotes instructives, propres a faire aimer la sagesse, a former le cœur des jeunes gens par l’exemple de toutes les vertus, et a orner leur esprit des souvenirs de l’histoire. Ouvrage utile aux eleves des ecoles secondaires, des lycees et maisons d’education de l’un et l’autre sexeChapitre 25 sur 37 · I. A ^î O îl M. r EN ACTION · texte numérisé non relu

I. A ^î O îl M. r EN ACTION

dans celle ville. Lu ofFicicr duii âge mur, hbmrao d’iionuiur el de probité, fui logé dans celle famille. Cliarmé des rpialilés excellentes de la jeune personne, il prit inclination pour elle, cl après un certain temps il la demanda en mariage a ses parents, (^ctle demande fut regardée comme nue fjrliine pour leur fille cl pour eux. Ils répondirent à lofiTicier qu il leur faisait l)eaii' coup dbonneur de penser à leur fille, mais quaux bons scnliments près ils n’avaient (pic bien peu à lui donner. Je demande votre fille, dit 1 ofiieier *, jai du bien |>our elle et pour moi.

On lannonça à la jeune personne, en lui faisant entrevoir la grâce que Dieu leur accordait à elle et à eux. Elle ne répondit rien, et ne parut y consentir que par son silence. La situation de ses parents ne lui permettait pas de refuser ouvertement. On donne donc les paroles de part el daiitie. Le jour ou Ion devait épouser étant venu, la demoiselle parut toute triste et tout affligée, l’offlcier lui eu ayant deniandti la raison , elle ne s’expliqua que par s(is soupirs et scs larmes. Mais enfin, mademoiselle, lui dit 1 officier, il faut vous expliquer, je l’exige absolument. Eh bien, monsieur, lui dit-elle en soupirant, puisque vous me k permettez, je vous dirai que si je métablis, ce ncsl (|ue malgré moi j mon désir et ma vo’oaté ont toujoui’S été de me rendre religieuse, et de me consacrer à Dieu. Mais pourquoi ne l’avez vous pas dit? reprit l’oflicicr. O’est parce que mes parents ne sont pas en état de me faire une dot, répondit-elle.

Cela étant ainsi, ajouta l’officier, je ne suis pas pour être le rival de Dieuj je vous ferai moi-même votre dot : suivez les sentiments que Dieu vous inspire. .La chose fut ainsi exécutée; la demoiselle se fit rch-

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gieijse dans une luaison où rcgnali la plus grande n"gularité. Ou lient cette histoire de la personne meme ejuj prêcha le sermon de la vêiurc, L^offider y assista^ et après la cérémonie^ il donna un grand repas aux parents : le prédicateur y fut aussi invité^ et il a assuré que les agapes des premiers clirétiens navaient rien de plus édifiant que le fut ce festin et tous les discours qui firent la matière de la conversaliorî. La religieuse vécut dans cette communauté, dont elle fut le modèle et rexcniplej après quatre ans, elle moorui de la mort des saints, comme elle UA^uit vécu de la vie des élus.

Heureuses les âmes à qui le Seigneur inspire d'aussi grands, d'aussi nobles sentiments! Le salut p^iraît attaché queiqifGfüis à certains actes héroïques de vertu.

Point de probité sans religion.

La religion seule peut nous contenir dans le de voir. C’était la pensée de Constance, père du grain) Goiistanii'U, lorsqu II a’OuIuL éprouver la fidélité de ceux qui étalent auprès de sa perso nue. Il avait dans sa cour beaucoup d officiers duéûens : il les fit tous \eriir devant lui, et promit de grandes récompenses a ceiîx qui voudi^aieut oflVir de rencens à scs dieux* Quelques uns le firent; il les cassa sur-le-champ, et ’eur dit quVkaot capables de manquer de fidélité à leur dieu, ils en raauqueraicnl aisément à leur prince*

Trait ingénieux d'un cotiquéirint.

U JS cclèhre conquérant, auquel le sénat romain avait préparé un triomphe, fit élever sa statue, non d'or, d’argent ou de bronze, comme avaient. fait les autres vainqueurs avant lui; mais il la fit constiune

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r.A MÜfiVL E E> ACTÎO?f.

ân cire- Viiyml lait tlressLT clans une place publique ii ia fit environner de plusieurs flaaibeaux allunics.; lin ni la chaleur la faisait fondre peu â pou, II vouliïî marquer pardA que les grandeurs du monde LriLeid au peu d'abord J luais que cet éclat ne sert qui sc détruire soi-rnôme* Ce grand homme avait peuE-etrû en tendu parler de cet oracle du roi prû]>hétc : Sicnt

C6ra{juæ jhut aiiferenîurf snpvrceculît ignis^

vider uni solem.

Un maitre excellent f trésor inapprécml/le*

On ne saurait croire de ([ucllc importance il est s'emparer, si fou peut s’exprimer ainsi ^ du berceau des enlanls, afin den écarter les erreurs ci les vices, de diriger leurs preruiers pas vers les r(jules de la vertu et de la vérité, de les y soutenir par des motus* toujours proportionnés k leur igc. U u'est pasdmiteii^ que dans renfance Tbomme ne soit susceptible dtoutes les impressions, S11 tombe en de riuinvais^^ Hianis, 011 voit en lui ce germe du mérite s altérer peu k peu, se dessécher et dlsparaitrej I ardeur naiurulle qu’il avait pour le hieu, se convertir en ardeur pour faire le mal. Si, au contraire, il est confié à des maîtres qui sachent préparer son esprit à la vérité, former son cœur à la vertu, alors les dons qui! a reçus de hi aature se développcut et se perfectioiineut, il devient mpable des plus grandes clioses; en supposant meme

Î u'U Fut naturellement plus incliné au inal qu au b^en, î son caractère ne se détruit pas, du moins les edets o’en sont aussi funestes,

1/empcreur Théodose était si persuadé des avam ^ges d une bonne éducation, quil noublia rien pour ^ïTOCuror à son fils, 11 trouv^'^ un excellenf

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dans saint Arsène, d’une famille distinguée dans Rome, et ijui était Irès-iiistrull dans le.s Irltres grecques et latines. En lui metlant le jeune Arcade eutio les tnains : « Je veux, lui dit-il, que désormais vous soyez plus son père que moi-mêrae. » Les progrès ré-

poiidirenl an mérite de rinslituteur.

Arcade coniniit uu jour une faute considérable; Arsène crut qu il devait le punir sévèrement, aHii que :c cliaiiiiieiit fît uue impression plus sensible .sur sou esprit, le jeune prince reçut mal la correction,quoique nisté, et pour s’eu venger, il chargea uu oincier oc ses fjardes de sc déiiure d Arsène, a quelque prix que ce fût. L'onicier, qui respectait ce grand liomiiic, lui découvrit la mauvaise volonté du piriiice. Arsène ne saehaiit s’il devait se retirer, ou prendre une autre voie, pour se garantir de 1 indignation du jeune prince, sc mît en prières, et dit a Dieu : « Seigneur, appienezmoi ce que je dois faire, w Alors il entendit une voix qui lui dit : Arsène, fuis lesliommes, et tu tesanvcias Ce conseil fut exécuté; il s’embaï qua , passa à Alexandrie, et de là au désert de Scéré, où U embrassa la vie soiitau'e.

L’empereur Théodose, alTligé de sa retraite, le fit ebereber dans toutes les il(^ et toutes les solitudes, mais inutilement. Après la mort de lliécdo.se, Area e ayant appris le lieu de sa retraite, lui écrivit une lettre, dans laquelle il lui avouait le mauvais dessein qtiU avait eu contre lui, lui demandait pardon , et se reeouimandait à ses prières. Il lui disait, dans la nièiue Lettre qu’il pouvait disposer de tous les tributs d’Egypte*, pour les distribuer aux monastères et aux pauvres; et il le priait instamment de lui répondre. Arsène, qui craignait tout ce qui pouvait le rappeler au siècle,

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