‹ La morale en action, ou Elite de faits memorables et d’anecdotes instructives, propres a faire aimer la sagesse, a former le cœur des jeunes gens par l’exemple de toutes les vertus, et a orner leur esprit des souvenirs de l’histoire. Ouvrage utile aux eleves des ecoles secondaires, des lycees et maisons d’education de l’un et l’autre sexeChapitre 27 sur 37 · EX ACTIO.X · texte numérisé non relu

EX ACTIO.X

fours Ils me rqKmJent sans p;.SMOU,sansiléguiscmeiit, ai sans aucune crainle de me déplaire. ^ .

XV I.cs Milanais sc voyaiiL opprimés par les \ eincens/et eu même lemps par les troupes de Franrms Sforce, qui leur faisait la guerre, supplièrent instamment Alphonse de les secourir. Touché leur triste situation , le roi crut qnil rendrait aux Milanais un meilleur ollice en détournant le duc tronzague, leur eunemi, de tomber sur leurs terres, yien dant le secours tpi ils demandaient. I our cet cfict, s’en-^a^'ca de faire compter au duc la somme de trente mille écus d’or. Là-dessus, te ministre qu il avait charge Je celte affaire lui écrivit que Charles, frère du duc venait de s’emparer de Crème et du Lodezan sur le Milanais, cl s'était joint ensuite à François htorce, que cette raison l’avait engagé à difîb'cr de payer à Gonzague la somme convenue, puisquil y ayml toula apparence qu’il entrerait dans les vues de son frère et i rangerait de son parti depuis celte ex-podition. T aioutait enfin que, dans le doute, il valait mieux ne pas risquer cette somme, que de s’exposer à gratifier un ennemi, \lphonsc lui répondit : « J aime mieux tenir ma mrolc que mon argent ; ainsi comptez an nue la somme que vous lui avez promise de ma part, et ne cioyez pas légèrementqu'un hommed

soit capaLle d’une action si mdigue et si lâche. « XVI Un agent qu^Alphoiise avait à Rt>me, lui ecnvit DO^ l informer que Rihi, qui commandait dans soi/arniée un coi-ps d infaiitene , était prêt passcT A nis le parti ennemi avec scs ^i-oiipcs, apres qii h se Irait assuré de quelques places; que ce dessein néooint encore tout-à-fait exécute, il paraissait ne- -essaÎre de le prévenir en faisant arrêter ce general

3'iO LÀ M OR À LE E.\ ACTION.

pour le mettre en prison. Le prince répondit à celle; lettre : « J aime mieux souflrir que mes gens me trahissent, que de passer pour un liomme méfiant : que Rilli 56 tourne du côté des ennemis, s’il veut; je ne penserai jamais qu un homme qui me doit toute sa fortune veuille se rendre coupable d une trahison , à moins qui je non voie la preuve. »

X\ IL Alphonse venait d emporter d'assaut une forteresse considérable par sa situation , aussi bien que par la garnison qui la défendait. Se disposant à aller rendre grâce à Dieu pour cette victoire, en une église située sur le bord d une rivière qu’il fallait traveiser, iJ monta avec toute sa suite sur un bateau qu’on lui avait préparé. Ils n y furent pas p!us tôt entrés, que le bateau ne pouvant porter tant de monde, coula à fond, et le roi s’enfonça dans la bourbe. Un paysan, qui se trouvait par bonheur sur le rivage, se jeta aussitôt dans la rivière, et, avec une dextérité merveilleuse, alla le "etirer et le porter sur le bord de 1 eau. Le prince, plein de reconnaissance, accorda à cet homme une pension considérable, et dota richement cinq filles qu’il avait pour tout bien dans sa maison.

XVHL Alplionse voyageait un jour à cheval. Un page , qui marchait devant lui, le blessa par étourderie, en tirant une branche d’arbre qui vint Je frapper à fœil, et dont il sortit du sang. Cet accident effraya d'abord tous les seigneurs de sa suite, qui accoururent aussitôt et s’approchèrent autour de lui. Le roi, maigre la douleur qu’il sentait, les rassura, et leur dit ensuite d un air tranquille : « Ce qui me fait le plus de peine, c’est la peur et le chagrin de ce pauvre page, qui cause de ma blessure. »

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