‹ La morale en action, ou Elite de faits memorables et d’anecdotes instructives, propres a faire aimer la sagesse, a former le cœur des jeunes gens par l’exemple de toutes les vertus, et a orner leur esprit des souvenirs de l’histoire. Ouvrage utile aux eleves des ecoles secondaires, des lycees et maisons d’education de l’un et l’autre sexeChapitre 4 sur 37 · I-A MORAr.E E\ ACTION. r · texte numérisé non relu

I-A MORAr.E E\ ACTION. r

euse famille. CominoiU le laissez-vous manauei G pain ^lonsieurj nous sommes des jeunes gens nouvellement établis; nous ne pouvons pas faire de .gosses avances, et mon mari ne veut pas que je fasse à cet homme plus de vingt-quatre sous de crédit— Uonnez-lui deux pains. — Prends ces pains et monte Chez to). Le cordonnier obéit, aussi agité que quand il allait commettre un crime, mais d’un trouble bien diftrent, Is entrent ; la femme et les enfants se jettent sur la subsistance qui leur est offerte. Le jeune homme en a trop vu; il .sort, et hisse deux louis à la boulangère avec ordre de fournir du pain à cette funille, survanl scs besoins. Quelques jours après, il revient voir les entants auxquels il a donné une seconde vie, et dit à leur père de le suivre. Il conduit .son pauvre client clans une boutique toute montée et bien assortie do meubles, et des outils et matières nécc.ssaires pour exercer sa profession. «Serais-tu content et honnête homme, SI cette boutique était à toi? Ah! monsieur! mais, hélas!. —Quoi! —Je n’ai pas la maîtrise, et elle coûte. —Mène-moi chez les jurés-sjmdics. « La maîtrise est achetée, et le cordonnier installé dans sa bouljquc.

L'auteur d’un si beau trait d'humanité est un jeune homme d’environ 37 ans. On compte que l’établissement de cet artisan lui a coûté trois à quatre mille liv.

11 ne s est point fait connaître, et l’on a fait d’inutiles recherches pour le découvTir.

Anecdote.

Jacques Amiot, fils d’un cordonnier de Melun f'étant échappé fort jeune de la maison de son père’ se«ara et tomba malade en chemin. Un gentilhomme

^Ci LA mohale ex actiox.

qui le vit étendu clans un clianip, en cul } Idé, !c uiit c’ii croupe derrière lui; il l’emmena à Orléans, où il le mit à 1 hôpital. Comme sa maladie ne venait que de lassitude, il fut liientôt f^uéri : on le congédia, et on lui donna douze sons. Ce fut en reconnaissance de cett? charité, qu’étant devenu grand aumônier de France et

évêque d Auxerre, il légua douze rents cens à cct hôpital d Orléans. 11 y a hien peu d hommes qui conservent, dans lopiiicnre (‘t l édévalion. une éme assez ferme pour ne pas chercher à faire oublier eux-mêmes félat où ils sont nés.

Anecdote italienne-

Charles, duc de Calabre, en Italie, rendait journellement la justice à Naples, assisté de ses ministres cl de scs conseille*s, qn’il assemblait dans son palais; cl dafis la crainle eque les gardes ne fissent pas entier les pauvres, il avait fait placer dans le tribunal même une sonnette, dont le cordon pendait hors de la première enceinte. Un vieux cheval abandonné de son maître vient se gratter contre le mim, et fait sonner. « Qu’on ou\Tc, dit le prince, et faites entrer qui que ce soit. Ce n’est que le cheval du seigneur Capccc, dit le garde en rentrant : et toute lùasscmhlée d éclater... » Vous riez, dit le prince..., Sachez qnc 1 exacte justice élcTid ses soins jusque sur les animaux.-. on appelle Capèce.... Qu est-cc qn’im cheval epic vous laissez errer? lui demanda le duc. Ah ! mon prince, reprit le cavalier, ça été un fier animal dans son temps. 11 a fait vingt campagnes sous moi; mais enfin il est hors do service, et je ne suis pas d’avis de le nourrir à pure perte....—Le roi, mon père, vous a cependant hie!i »'écompeüsé! — Il est vrai, j'en ai été comble de bien.

[las lui donner une place dans vos écuries; qu'il soit

Il ente a 1 égal de vosaiitrr s animaux domeslîques, sans quoi je UC vous liens plus vous-même oomme lop] ca- •> auc., cl je vous relire mes bonnes grâces.

^needute lur^jue,

La jusiiee se rcrifl parmi les Perses Irès

incri! ,^cl sans le miiiislêre ni de procureurs, ni d’avocats. Cil commissaire étant un jour en foncions, reucomni uu bourgeois qui vcnail de la boucherie, et t en retournait riiez liu. Il lui demanda ce qu’il porl -i!. H C’est, répondu le Lourfîeois en colère. Ap I.-,

Irmcnl ; il siniornia si la viande était ti'op chère, tf .:;:iiis d iule, reparût le bourgeois : vous avez beau jiïer le jirix, les boucliers seii moquent; i].s exigent !'j priv. de la 'axe ; nicore ne donnent-ils pas le noids.

prise. » Le commissaire y étant arrivé, ordonna au

bouclier de peser le morceau, et il s’y trouva oITcctivcineiit quatre ou cinq oncfÆ de moins. Le commiss dre alors adressa ces paroles au boui'geois ; « Quelle justice dcniandes-lu de cet homme? qîie veux-tu exiger de lui? Je demande, dit le bourgeois, autant d'onces de sa chair qu'il m’eu a relraucbées du morceau qu’il m'a vendu. — Tu le.s auras, repartil le commissaire, et tu les couperas toi-mèmc; mai.s, si lu en

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étonné de la sagc^^c de ce jiigeiiicui, uibparut comme

un éclair.

Aventure singulièrn ^ écrite par A/,**, à un de sei

nmis.

Je vais le cuiificr, ( lier amlj un secret affreux que je ne puis dire qu u loi* La noce de matlemoiselle de \ ildac avec le jiunc Sain ville sVst fijile hier; comme voisin^ jai été ubljgiî de tuy trouver* Tu counais M. de \ ildac* il a une pliyslütïoruit; sinistre dont je me suis toujmirs défié* Je rôLservai Ider au milieu de foutes ces Télés; bien IoÎïï de ]>rcrjdrc part au bonheur de son gerîdre et de sa fiiic, il semblait que la joie des aMlres fiU un fardeau pour lui* Quand I hcurc de se retirer est venue, on inVt conduit (lans lappartement qui est au-dessous de la grande tour. A peine comnicnçt'us-je à udendormir, cpie jai été éveillé par uu bruii sourd au^lessus de ma lüte. Jai prête loreillej et j^ai eu tendu qucdqidun qui trnîu.ait des chanies, et qui descendait lenleraent quelques degrés. En même temps une porte de ma cliamluc sV:sl ouverte; le bruit des cluiiiics a redoublé : celui qui les portait s’est avancé vers la cheminée ; 11 a approché quelquesTisons â demi éteints, et il a dit d'une voix sc'pulcralc : « AhI qu il y ci lotJg-ternps que je ne me suis chatdTé! w Je te layoue, cher ami, j étais cflrayé* J ai saisi mon épée, ]>our pouvoir me défendre; j‘ai cuiJ'^ouvcrt doucement mes rideaux. A la lueur (|ue produisaient les tisons, jai aperçu un vieillard Jécliarné cl moitié uu^ tiue tête chauve, une bajhe blanche. 11 approchait sea manis tremblantes des eharbous. Cctle vue nfa éiiiu. Pendant que je le considérais, le bois a produit de la fia rame; U a tourné les yeux du côté de la porte par

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j-' ;ncl]c li ih;.U entré; il a fixé le planclier, et s'est U\ rii k uiir douleur exLraonliniiire* Uii instant après, s filant jeté a genoux, il a frappé la terre avec le front! Jentcnilais qu'il disait c« sanglotant ; Mon Dieu! ô mon Dieu!,... Dans ce momcnl, mes rideaux onJ fait du^ Lruil; U s'cst retfturiic avec effi’oi. « Y a-t-il qiielqu ini , a-t-il dit; y a-tol quelqu’un dans ce lit?

Oui, lui ai-je répondu eu ouvrant tout-à-fait mes rideaux, .dais, fjui êtes-vous? » Ses pleurs font empêché de parler : il m'a fait signe de la main que la VOIX lut mauqnait. Knfiu, il s'cst calmé. « Je suis le plus malheureux (h-s hommes, luVt-il dit; je ne devrais peul-ctre pas vous eu dire davantage; mais il y a tant d’ainiées que je u'aj vu personne, que le plaisir de jiarler à un de mes scmhlablcs m’enlriîne. Ne craignez lieu, venez vous asseoir auprès de cette cheminée, ayez pitié de moi, vous adoucirez mes maux en m’écoiitaul. » La frayeur que j'avais eue a fait place h un mouvement dti compassion : je suis allé m’asseoir auprès de lui; celte marque de (mnfiance J’a louché, li a pris ma rnaiu, il l'a mouillée de larmes. « Homme gmiénmx, ma-t-il dit, commencez par satisfaire ma curiosilc; dites-moi pourquoi voms logez dans cet appartement qu’on u'hahile jamais? Que veut dire L fracas des hoites que j’ai putcjidu ce matin? Que s'est-il passé aujourd hui d'cxtraonliiiaire dans le château? >. Quand je lui ai appris le mariage de la fille de \ ildac, il a étendu les hras vers le ciel. Vildpc a une lille! elle est mariée!.... Grand Dieu, faites qu’elle soit uoureuse !.... faite.s surtout que son cœur ignore le crime!.... Appreiiev criiiu ipie je suis;.... vous parlez an perc de V ildac.... Le cruel ^h'^dac! Mais ai-ie droit

te

m’eu plaindreLserail-ce h moi de l’accuser?

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