I. V MOIÎ.l LE E.v ACTIOJÎ
vieux COIlOéi II être JW s et VI
ju’i! jxiuvait réldriucr bien des cboscs dans ce (jiravait lait sou père.
Leur avuir un piélcxlc de lui ôter sa place, il ordonne à Alibée , p,ii le conseil des courtisans , de lui ajijioiiei le cinjeterri; garni de diaitt?ints, ijne le roi sou père avait coutume de jiürterdans les batailles. Alibée I apporte et le présente au roi ; ni.iis II était dégarni de ses pierreries. Le rnonanjue le crut aussitôt coupable de ce vol; mais Alibée prouva <[u ellu.s avaient été ôtée* pal loidie même de son péi e, et avant tjii il (ùl encore en possession de sa cbarge. Les coui tisau.s, fioiitciude ce niauvaîs succès, n en lurtijt ijue jdus ardenIs à poursuivie 1 b O ni me de bien iju ils vouiaicn t perdre : ils cnnbeiilèrent au roi de se laiia rejiréseiilcr, dans le délai de uuiii/e jours, un lépertoiiede tous les eÜcts dont d av'ait été établi gardien.
Le délai expire, le roi voulut être jiréseiit lui-mèiiie à luuveilure du dépôt. Aiibet louvre devant lui, et lui prés eu le tous les bijoux cjui lui avaient éié confiés; cbuLjue chose était rangée par ordre et coiiseiTée avec soin. Le roi, surpris de la lit d'exactitude et de lidéÜté, ^.nçail déjà des regards d’indignation sur les accusateurs, lorstjuUs lui niüiitrèrei't au bout de la galerie une poite de fer, fermee avec trois grosses serrures, ti est sous cette porte, lui dlreiit-ils, ip’Alibée a rciilerme les trésors iju’il a volés à votre père. Le roi evint urieux, et ordonna tjue la jiorlet'ùt ouverte lur-lc-champ. Alliée se jelte à ses piejs, et le ccnim'c no pas lu, 6u,r U soûl bien d„„, |l ^as su,- la lo.Te : a II U.Si pas juste. l„i dn .l, de uie dépouilicT dans un momenl do tou. -e „„„ j, ssisio après avoir
TA MOKALE EN ACTION. f) i
liTiil tl a Jiicos servi fidèlcmcnl voire père : prenez tout fc qu il 113 a donné, mais laissez-moi tout ce que je possède ici. » Les courtisans triomphaient dans le secret de leur âme, et colle résistance ne fit qu’augnienter les soupçons du roi, qui le menaça plein d» colère, et le força dobéir. Alibée prend donc les clefsj et ouvre cette porte mystérieuse.
Quelle fut la surprise de ses ennemis et du roi, lorsqu ils n'aperçurent qu’une houlette, une flûte, et des habits de berger! c’étaient ceux qu’avait autrefois portes Alibée, et qu’il visitait quelquefois pour entretenir le souvenir et l’amour de sa première condition. « Grand roi, lui dit-il, voyez les restes de mon premier bonheur : ce trésor va m’enrichir quand vous in.yirez dépouillé de tout ce que vous pouvez m’ûter; voüA les riclicsses solides'qui ne peuvent jamais manquer-, elles suffiront toujours au bonheur de l’homme, qui sait aimer l’innocence et se contenter du nécessaire, sans se tourmenter follement pour les biens frivoles, qui n’ajoutent pas un sentiment de plus à la félicité réelle. O vous, instruments simples et chers d’une vie heureuse! je ne veux que vous, c’esf avec vous que je suis résolu de vivre et mourir. Grand roi, je vous remets sans regret tout ce que m a donné votre père ; je ne garde que ce qui m'appartenait avant qu’il me ht venir à sa cour. » Le roi eut peine à revenir de sa surprise : il demeura bien convaincu de l'innocence d’Alibée, et son indignation retomba sur les courtisans qui l’avaient trompé. « Sortez, imposteurs, leur dit-il, et fuyez de ma présence. » Aussitôt il fit Alibée son premier ministre, et le chargea de toutes les affaires les plus secrètes et les plus importantes. Alibée mourut preni'cr ministre et jiauvrc; il ne sou.ffi it ja-
l.\ mouale e.n action.
il ais (jii on punil rmcün de ses ennetuiSj et U ne I.iÎsîib
a ses pareutA que le Ijirri nécessaire pour les nourrir dans la crnnliîruti do hergofj quÜ n^garcla loujuurs i coin me la plus licorruse et la jdiis sure. |
1 eth éi'àfiefitent qui fait bonnear an //ini/re et à ses
Le füs de D,... ^ me des FounTurs, k Paris, était | peiisïoiniajFc cliez M, Acliard. il Wi prit envie de vovigcr' et, pour v pnrvefîir, d ne \ il rien de mieux que de s engager. On le fit partir pour la ville trEu, en Ciiux, ou le réginicnt était en garnison, inaisajant appris que 1 argent est le uerf de la giitrre, et ne ])os- |
sedaiU pas un son, il écrit A son pcrc, qui, irrité conlre lui, uc daigna pas lui rîii*"e iV^fenise; 11 s adresse A ses ancien^ ( amaiades, qu ü regreltait sans doiile, l et leur expose sa iiiÉSÙre : leurs petits Cfeurs semou I vt'jjl, leur* lèL«s se Iiiorilcnt; ils se fouillent, j
Hi comiiiuii tout oc (ju ils possèdciil, et iiarvieimeiit A iu. loei utie soiiinie de Go livres. (Ju eti eloirge ic jfui ^gé, <pii plia le trésor diiijs une pnp ÎIqLIi . liosoic d..os 'uue ieitre, et le préseiile à ia poste pour i oilimi- 1 dur. Le eouunis saprçoil tjue la lettre coiitietil de I la refuse, et demande trois livres pour le ’
P01 £ t i tilgrut* L écolier , pris an dépourvu , ne von* oou point entamer les deniers pnldics, reprend |-^ tcLtrc, relQurim rlip-A AT ' . ^ ^
5 retourne chez AI. Adiard, vend ce ou il ii, se
la JIORAT. E en ACTION’. g)
sacix-os; il a repris .scs Ibiiclions avec tonte la mocslie un cœur Stitisfait 5 et proljaJjlement convaincu de lionne heure, qu'il est plus doux de donner que de recevoir. *
J CCI fl cl Itî une y^iisloirc frunçiilsc.
Un marchand s était embarqué pour les Indes avec sa lemrae; il y gagna beaucoup d argent^ et au bout de quelques amices, il fil ses arrangements j^our revenir eu France, où il était né cl ou il avait lotue sa famille. Il emmcmiit avec lui sa femme et deux enfants, nu gaieon et une fille; le garçon, âgé de quatre ans, se nommait Jean, et la Ülle, qui n’en avait que trois, s appelait Marie. Quand ils furent h mcilic chemin, il séleva nue tempête violente, et le pilote dit qu'ils étaient en grand diniger, parce que le vent les poussait \eis les îles, où sans doute leur vaisseau se briserait. Le pauvre marchand, ayant appris cela, prit une grande planche, et lia foiTenieiil dessus sa femme et ses deux enfants; il voulut s'y attacher aussi, mais il nen eut pas le temps; car le vaisseau ayant louché contre un rocher, s ouvrit en deux, et tous ceux cpii étaient dedans tombèrent dans la mer. La jilanchè siir laquelle étaient la femme et les deu.x enfants se soutint sur la mer comme un petit bateau, et le vent les poussa vers une île. Alors la femme détacha les cordes,-et avança dans celte île avec ses deux enfants.
La première chose qu’elle f t, quand elle fut en lieu de sûreté , fut de se mettre à genoux pour remercier Lieu de l’avoir sauvée; elle était pourtant bien affligée d'avoir peidu son mari, qui était un si bon homme : elle pensait aussi qu’elle et ses enfants mourraient de tiirii dans cette île, ou qu’ils seraieul mangés par les
la M on a le £5 ACTlO!f.
h(îL65 sauvages. Elle niarclm quehpie temjïS clans cef tristes pensées; elle aperçut plusieurs arhres chaînés de fruits j elle ]iril un b.iton, en fittombrr et les donna k Ses pctiliS eulants ; eiJe en mangea elle-même; elk avança cnsiule plus loin pc-ir voir si elle ne dérouvn* niit jïoint quelque cahauf ; mais elle reconnut qu'elle était dans une de déserte; elle trouva dans son chemin un grand arbre qui était creux; et elle résolut de sy retirer pendant la nriil. Elle y coucha donc avec ses enfants, et le h^îidemain elle avança encore autant qu ils purent marcher ; elle découvrit , en niarebant, des nids d'oiseaux dont elle prit les œufs, et voyant quelle ne trouvait dans cette de ni hommes, ni hétes malfaisantes, elle résolut de se soumettre à la volonté du ciel, et de faire son possible pour bien élever srs enfants. Elle avait sauvé du naufrage un évangile et un livre de prières, elle s en servit pour leur apprendre à lire et pour leur enseigner à connaître Dieu, Quelquefois son fils lui disait : Ma mère, ou est mon papa! pourquoi nous a*t-il fait quitter notre maison pour venir dans cette tleî Est-ce qu’il ne viendra pas nous chercher? Mes ealanls, leur répondait celle pauvre femme en fondattt en larmes, votre père est allé dans In ciel, mais vous avez un autre père qui est Dieu; il t^st ici, quoique vous ne le voyiez pas;c’est lui qui nous cTivüie des fruits et des œufs, et il aura soin de nous mut que nous raimerons de tout notre cœur, cl que nous le servirons fnlèleraent. Quand ces enfants surent lire, ils s’occupaicin avec Iden du piaîw de tout ce que conîeoaieni icurs I^^a‘es, et ils en |»arlaieni toute la journée; ils éuiieut d^allleurs d’un excellent caractère , et d une soumission sans bornes aux moindres volontés de leur îiièrc.
La ,M^U lLK Ey ACTION. ^5
Au bout (le deux cUis, elle tomba uialadej ef, comme elle coiiMut quelle allait mourir, elle conçut la plus grauctj inquiétude pour ses pauvres enfants; mais à la Im, elle pensa que Dieu, qui était bon, en prendrait soin ; cette pciisée consolante la rassura. Elle était coucliee dans le creux de son arbre, et ayant appelé ses enfants, elle leur dit : « Je vais bientôt mourir, mes chers enfants : et vous n’aurc/. plus de mère. Souvenez-vous pourtant que vous ne resterez pas tout seuls et que Dieq verra tout ce que vous ferez ; ne manquez jamais a le prier malin et soir. Mon cher Jean , a^ ez bleu soin de votre sœur Marie; ne la grondez pas,'ne la battez jamais ; vous êtes plus graud et plus fort qu elle, vous irez lui clierelier des œufs et des Ifuits. n Elle voulait dire aussi quelque chose à Marie, m.'iis elle n en eut pas le temps: elle rendit les derniers soupirs entre leurs bras.
Ces malheureux orphelins ne comprenaient pas ce que leur mère avait voulu leur dire : ils ne savaient cc que c’était que de mourir; ils crurent qu elle dormait et ils n’osaient faire du bruit, crainte de la réveiller.’ Jean fut chercher des fruits, et ayant soupe, ils se couchèrent à côte de l’arbre, et s endormirent tous les deux. Le lendemain matin ils furent fort étonnés ce que leur mère dormait encore, et la tuèrent par le bras; mais comme ils virent qu’elle ne leur répondaU {wiiit, ils crurent qu’elle était lâchée contre eux et se mirent à pleurer ; ensuite ils lui demandèrent jiardon et lui promirent d’élre plus sages. Ils eurent beau faii-.-, la pauvre femme ne leur répondit point. Ils restèrent là pendant plusieurs jours, jusfju à ce que le corps commençât à SC corrompre. Un matin, Marie jetant (is u.t.iUvls Cl JS , dit à Jean i (ç Ah J Jiy>^ flya'e ^ voilà dos
Mon ILE EN- Ac'tioN*.
Y€rç qui mangent noire pnuvre mamnij ; il tîini les arraelær, venez în'ai^lcr. » Mai.s le corps snntail si mauvais j qu ils ne ]vurcnt rester auprès, et furent contraints d aller cfierclicr un aiiîie arbre pour y coucher.
Ces deux cfiiants ohéireiit exactement a leur rnere, et jamais i!s ne manquèrent ù prier Dieu j ils lisaient si snuvcnl leurs livres , qu’ils les savaient par cœur : ejuand ils avaient lu , ils se promenaient, ou Incu ils s asseyaient sur 1 lierbe, et Jean tllsaît k sa sœur : Je me souviens, quand j'èlais lûeu jxîllt, d avoir été dans un pays ou il y avait de graînlos maisons et beaucoup d homniesj j avais une noiirrice et vous aussi, et mou père avait un grand nombre île valets; nous avious aussi de Ixîlles robes : tout d\m coup papa nous a mis dans une maison qui alljil sur reau, et puis nous a uttachés à une planche et a été au luud de la mer, d où il n’est jamais revenu. Cela es! bien singulier, répoirait Marie; mais enfin, puisque cela est arrivé, c’est que Dieu Ta voulu ; car vous savez Incn, mou frère , qu'il est tout-puissant,
Jean et Marie rcslèreut onze ans dans celle île. Un jour qu’ils éUiieTit assis au boi'd de !a mer, ils a^ierçu- 'Ut dans une barque plusieurs hommes noirs, D abord Avarie eut peur, et voulait sc sauver; mais Jean la retuil, cl lui dit : fc Restons, ma sœur; ne snvez^vous pas bien que Dieu est Ici présrnl et rpfi! enqiècliera CCS liomraesde nous faire du mal? » Ces bonm^es noirs riant descendus à terre, fuiYiit surpris de voii- ces cnfaiiLs qui étaient d’n ne autre coolctir qu'eux ; Ms les environnèrent et leur parlèrent; mais ce fut iuLitilemen t, le Irère et la u' lui tendaient pas leur laugage, Jean
mena ces sauvages à 1 endroit où étaicTi lies os de sa mère
et leur conta comme die était morte tout d’mi coup.
• A MORaLK E v action, gy
«S ne l’eijleridirenl pas aon pl«s. Enfin les noirs leur niontrèrcnl leur petit I,atcau et leur firent signe dV entrer. „ Je n oserais, dit Marie; ces gens-ià me üA îop peur. « Jean lui répondit ; a Rassurez-vous, ma sœur, mon père avait des domestiques de la même couleur rjue ces liomm.es; peut-être qu’il est revenu de 011 vo\age, et rpi j] fi-s envoie pour noms clierclier ^ I!s en Li-èren t donc dans la Larqué, qui les conduisit cnns une de peu éloignée Je celle qu’ils venaient d.- Snitter, et rpai avait des sauvages pour ^aÎJiîa^ts v Urent mrt n,e n reçus, le roi r.epouvau selasserdc rcîjancr Mme et il mettait souvent sa inain sur son cu-ur, pour ) 111 prouver qu’il raimail. I\larie cl Jean curent liientM apnris la langue de ces sauvages, et ils connuieni rpt ds laisulrml la guerre A des peuples fini demeuraient dans les îles voisines, q„M, mangeaient leurs prisonniers, et qu ils adoraient un grand vilain «nge, qui avait plusieurs sauvages pour ie servir' eu ^rle quils SC repentaient beaucoup dêlre vcnns’dc- Rieurer chez ceUe airreuse nalJom Cependant le roi voidait absolument épouser Marie, qui disait A son rère : J aimerais mieu.v monnr que d'être la femme de cet homme la. —Lest parce qu’il est bien laid, que vous ne voudriez p.as I épouser!'- Non , mon fière c est parce qu il est méelianl; ne voyez-vous pas qü'iî ne connaît pas T)icu, et qu’au Heu de le prier, il se met a genoux devant ce vilain singe? D’ailleurs notre livre dü qu il faut pardonner à scs ennemis et leur faire du Mcn, et vous voyez qu’au Heu de cela, ce méchant tiomme lait mourir scs prisonniers et les man-^e n me prend une pcn.sée, dît Jean : si nous pouvions tuer ce vilain animal, ils verraient bien que ce n est l>as un dieu. - Faisons mieux, reprit Marie; notre
[)B LA moka LL ES kfllitjy,
Lrre nous enseigne que Dieu accorde tou jours Ic^ fdioses qn oii lui demande de bon cœur; nieUons-uoiis à genoux, ]>rîons-le de ttier lubmâine le sirge ^ alors ou uo s en prendra point a tiou^, et on ne nous fera point mourir.
Jean trouva cc que sa sueur lui disait fort raison' nalde; ils se inlreul donc tous deux iî genoux^ et cü* rcut tout liant ; Scîgiu luq qiu pouvez tout ce que vous voulez^» nyvz. s i! voias plait, la bouté de tuer ce singe, afin que ces pauvn-s gens coiinaisscul qm^ cVst vous qui! b ut adorer, et non pas lui. Us étaient encore ii geiîoux, turst|u ils onleiidirent jeter de grands cris : ils s informèrent de ce qui y donnait licu> et ils apprirent que le grand singe, en sautant d un arbre k l’autre, s*était cassé la jambe, et qii'on croyait qu’il en mourrait. Les sauvages qui en avaient solu, et qui étaient conune ses prélrcs, dirent au roi, lorsqu il fut niorL que Marie et son frère étaient cause du malbcur qui était arrii'é, et qu’il ne pouvait être lîcurrux quaprès que Ces deux blancs auraient adfjré leur dieu. Aussi Int on décida qu on ferait un sacrifice au nouveau siuge qu on venait de choisir, que les deux bîancs y assisteraient, et qu après la cérémonie, I^lario épnusi rail leu: roi; que s ils refusaient de le faire, on les brûlerait tout vifs avec leurs livres, dont Ils se servaient pou: faire des encnaïUcmcîiLs. ^laric apprit ceîlç résoluliou; et CQimne les prêtres lui disaient que c’éliit elle qui avait fait mourij’ leuj' singe, elle leur répondit : « Si je lavais fait mourir, n’estdl pas vrai que je serais plus puissante que lui? Je serais donc bien stupide d adorer qu'bpfiin qui ne srrait pas au-dess#r3 de moi; le plus faible doit se soubi Lire au plus puissant; et par tonicquent je piÊriteraîs plutôt les adorations du singe
I A V. O Pv >. I, K r. A f; T1 0 X. J] y
lui les miennes; ccpoiul.inl je ne veux pas vous Itompcr, ce n est pas moi rpn lui ai olé la vie, mais notre Dieu, qui est le maître de tontes les créatures, et sans la permission duquel vous ne pourriez ôter un seul de mes cheveux. » Ce discours irrita les sauvages;
I s attachèrent Mm'ie et son frère h des poteaux, et so préparaient à les brûler, lorsqu’on leur apprit qu’un grand nombre de leurs ennemis venaient d’aborder dans 1 lie. Ils coururent pour les combattre, et furent vaincus. Les sauvages qui étaient vainqueurs, brisèrent les chaînes des deux enfants blancs, et les emmeuerenl dans leur île, où ils devinrent esclaves du roi. Ils travaillaient depuis le matin jusqu’au soir, et disaient : il faut servir hdèlement notre maître pour l’amour de Dieu, et croire que c’est le Seigneur que nous servons; car notre livre dit expressément qu’il faut en agir ainsi.
Cependant ces nouveaux .sauvagesfaisaient souvent la guerre, et, comme hmrs voisins, ils mangeaient leurs prisonniers. Un jour ds en prirent un grand nombre; car ils étaient fort vaillants. 11 se trouva parmi ces pri- Fonuiers un homme blanc, et comme il était fort maigie, les sauvages résolurent de l’engraisser avant de le manger. Us l’eiichainèrcnt dans une cabane, et chargèrent Marie de pourvoir à ses besoins. Comme elle savait qu il devait être bientôt mangé, elle déplorait son sort; en le regardant tristemeni, elle dit : mon Dieu ! mon Dieu, ayez pitié de lui! Cet homme blanc, qui avait été fort étonné en voyant une fille de la môme couleur que lui, le fut bien davantage quand il lui entendit parler sa langue et invoquer un seul Dieu. Qui vous a appris h parler français, lui dit-il, et à connaître le vrai Dieu? —Je nt savais pas le nom de la langue
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tA Mo R A I.?, EX ACTION.
([UC je parie, lui répondit Marir; cctnif la I injpicd' un lîiére. et elle me la apprise : cjliant i Dieu, nous avouf (îciix livres (jiii en parlcntj et nous ie prions toi s It s jours. —Ail ciel! n*prit ret lionimp en levant les i iains et les yeux au ciel, serait-il [lossihlc? Mais, nia lillc, poiirriez-vous me iiionlrcr les livres dont vous me parlez ? — .le ne les ai pas, mais je vais dierrher mon i'rêre pli les garde, et il vous les montrera : en même temps elle sortit, et leviiU bien tôt après .a vee Jean rpii les apporta. l.bomrue blanc les ouvrit avec émotion, et, ayant lu sur le pr.'-niicr Icuillet : C’e lU-re nppariii'nt à ^faitrire, jl si-cria : Aliî mes cliei's enfants! estce vous '[UC je revois? venez embrasser votre père, et pnissiez-vous me donner des nouvelles de votre mère! .lean et .Marie, à ces paroles, se jetèrent dans ses bras en versant des larmes de joie : à la fin, Jean repreriam la parole, dit : («Je sens au transport de mon ceenr, que vous êtes mon père; cependant je ne cône,ois pns comment cela peut-r'ire, car ma mère m a dit que von,t étiez tombé au fond de la mer, et je sais à jirésent r|u':l ii'est pas pos.silile d y vivre.—Je Innibai etfoctiveLii 'lil dans la mer quand notre vaisseau s’entr ouvrit, repi it Jean.Maurice-, mais luclanlsaisi d'une planclie, j'aJmr- (lai lieureuseinent dans une ile, et je vous crus perdus, - Alors Jean lui raconta tout ce dont il put se souvenir et son père pleura beaucoup quand II apprit la mort de sa femme, Marie pleurait aussi, mais c’était pour un autre sujet. Hélas! s’écria!l-elle, à quoi sert-il d'avoir retrouvé notre père, pui.squ'il doit être tué et maiT’c dans peu de jours? Il faudra briser scs chaînes, reprit Jean, et nous nous sauverons tous trois dans la forêt, —lit quy ferons-nous, mes pauvres enfants? rér'lirrua Maurice. Les sauvages nous aitraperotot, ou bien il