CHAPITRE P
Le Golisée
L'apothéose de Garibaldi. — L'évocation du triomphe antique. — Le Colisée. — Sa définition , par Byron. — Les gladiateurs. — Une belle idée de Trajan. — Les amoureux. — L'idéal moral du peuple romain. — La consommation de l'homme. — Pas de comfort. — Le travail du Romain. — Panem et Circenses, — Machine pneumatique. — Le vide.
Le 11 juin 1882, à Rome, j'étais monté au Gapitole derrière le char qui y portait 1q buste de Garibaldi. C'était un spectacle d'une grandeur solennelle. Ce char avait été construit avec cet art de la décoration qui est resté de tradition en Italie. Traîné par huit chevaux blancs, harnachés de noir, il disparaissait sous des monceaux de fleurs qui semblaient symboliser le printemps éternel des Champs-Elysées dans lesquels le héros devait goûter le repos de ses fatigues et de ses exploits.
Les couleurô des bannières des villes de l'Italie, miroitant au soleil, traçaient devant le char une voie brillante, tandis que des labara sur lesquels étaient inscrits les noms des combats auxquels le général avait pris part, portés par ses anciens compagnons d'armes, revêtus de leur chemise rouge, lui faisaient cortège. La foule, émue, se pressait autour comme si elle avait voulu s'incarner dans l'image du libérateur de l'Italie. L'arc de triomphe de Septime Sévère, les ruines du temple de Saturne, du temple de la Concorde, du Portique des douze Dieux, les Trophées de Marins évoquaient tous les souvenirs de la Rome payenne et semblaient attester que tels étaient les hommages qu'à vingt siècles de distance, elle rendait à ses héros !
Le soir, je voulus voir, seul, les ruines que le triomphe du jour avait animées d'une vie si intense. Laissant à ma droite tous ces monuments qui lui avaient servi de cadre, je m'avançai, par la voie Délia Grazie, entre les ruines du Forum, de la Basilica Julia, les trois gigantesques voûtes de la Basilique de Constantin, et les ruines du Mont Palatin où la tradition place la demeure de Romulus, où Auguste établit la résidence des empereurs, et au nom duquel nous devons l'étymologie du mot • palais. En face de moi se dressait la masse du Colisée.
C'est en vain que, pendant des siècles, la population romaine le considéra comme une carrière, que Paul II y prit, au xv* siècle, les matériaux du Palais de Venise, le cardinal Hiario, ceux de la chancellerie ; que Paul III, en 1615, y prit encore ceux du Palais Farnèse; que tous ces démolisseurs en ont arraché, non-seulement les blocs de travertin, mais jusqu'aux crampons de fer
qui les retenaient et presque partout n'ont laissé que la brique, il demeure comme le symbole de la grandeur de Rome. Cette impression est si profonde que Bède le vénérable, parlant au nom des pèlerins du viii® siècle, disait : « Tant que le Golisée existe, Rome existe ; si le Golisée périt, Rome périt, et avec elle, le monde entier. » En apercevant ses voûtes superposées, se détacher sur le ciel étoile , j'admire la vérité de ces vers de Child Harold : « On dirait que Rome rassemblant les divers trophées de ses enfants, et voulant faire un seul édifice de tous ses arcs de triomphe, a créé le Golisée. »
Sa circonférence elliptique mesure 524°» ; son grand axe 187™; le petit 155; l'arène 85"» sur 53; sa hauteur est de près de 49 mètres. Il s'imposait, comme unetelle nécessité à l'Empire que, commencé par l'avare Vespasien, il fut achevé et inauguré par le vertueux Titus.
Pendant des siècles, des rochers de l'Armorique, des marais de la Germanie, des rivages du Pont- Euxin aux rivages de l'Océan, sur toutes les routes (le l'Empire, s'avançaient en longues files, enchaînés les uns aux autres, courbés sous la verge des centurions, des sauvages tatoués de l'île de Bretagne, des Germains des contrées rhénanes, des Goths du bord du Danube, des Parthes, des Suèves, des Daces, des Saxons, des •Sarmates, des Maures basanés arrachés à leurs bourgades de l'Atlas, des nègres venus de l'Afrique intérieure à travers les déserts.
Epuisés de fatigue, exposés au chaud soleil de l'Italie, ils se traînaient le long de la voie Aurélienne, à travers les maremmes, couvertes de marécages et de forêts, infectées de la malaria. Les plus misérables n'étaient pas ceux que la fièvre abattait en chemin.
Arrivés à Rome, après avoir assisté au triomphe de leurs vainqueurs, alors même qu'il n'y eut plus de vainqueurs, et que les Romains se contentaient d'exploiter les peuples que le courage et la politique de leurs ancêtres leur avaient livrés, certains devenaient des esclaves, destinés non seulement à tous les usages publics et domestiques, mais encore à toutes les prostitutions. Des trafiquants, des gens riches, l'État achetaient des gladiateurs. Gomme annexes au Golisée, Domitien fit construire quatre écoles impériales ; la grande^École, l'École gauloise, l'Écoledes Daces, l'École des Bestiaires.
Là, enfermés dans des cellules, sous la plus étroite garde, désarmés dès que leurs exercices étaient terminés, frappés de verges, marqués au fer rouge, enchaînés à la moindre désobéissance, redoutés par leurs maîtres qui n'oubliaient pas que c'était d'une école de gladiateurs qu'était sorti Spartacus, ils n'avaient d'autre soulagement à leur désespoir que le suicide, comme ces vingt-neuf Saxons, qui, devant figurer aux jeux de Symmaque, s'étranglèrent les uns les autres. On ajoutait aux prisonniers de guerre et aux esclaves, des criminels, pourvu qu'ils ne fussent pas citoyens romains : ce furentcommetels que des chrétiens parurent dans l'arène. Des riches mêmes, abusant de jeunes gens, par ruse, les faisaient enfermer à l'École des gladiateurs. Par suite d'une de ces contagions psychologiques, si fréquentes dans l'histoire de l'humanité, des hommes libres embrassaient cette profession. Le serment de ces engagés volontaires montre la discipline à laquelle tous étaient astreints: ils juraient de «se laisser frapper de verges, brûler au vif et immoler par le fer. »
Dès l'aurore, les 87,000 spectateurs que pouvait conte-
nir le Golisée s'y engouffraient. Le podium étaitréservé à TEmpereur, aux sénateurs et aux vestales ; mais sur les hauts gradins, la plèbe se disputait les places avec un acharnement qui, de temps en temps, nécessitait l'intervention de la police : celle-ci rétablissait Tordre à coups de bâton. Dans ces bagarres, il y avait toujours quelques écloppés, quand il n'y avait pas de morts. C'était le digne prélude de la journée.
Une marche de parade à travers Tarêne indiquait le programme de la fête.
Les gladiateurs venaient rendre à l'Empereur le célèbre salut : — Ave, Cœsar imperator, morituri te salutant. € Salut César, ceux qui vont mourir te saluent. » On commençait par des combats de javelots : puis des trompes donnaient un signal et au milieu des fanfare'S de trompettes et de cors, accompagnées de fifres et de flûtes, commençait le véritable combat.
Des rétiaires, isolés ou en troupes, nus, sans casque, essayaientà l'aide d'un filet d'envelopper leurs adversaires qu'ils achevaient d'un coup de poignard ou de trident ; ceux-ci étaient soit des scutores, des vélites, des provocateurs, légèrement armés d'un casque à visière, d'un bouclier et d'une épée, soit des Gaulois, desMirmillons, pesamment armés qui les attendaient accroupis. On variait, du resteles combinaisons à l'infini. Tantôt paraissaient les Samnites, couverts de grands boucliers carrés de hauteur d'homme, d'une manche au bras droit, de cuissards, de casques gigantesques avec de petites épées courtes et droites ; tantôt des Thraces, avec la sica, espèce de sabre courbe que Juvénal compare à une faux retournée, protégés seulement par un petit bouclier rond ; tantôt des Hoplites et des Hoplomaques couverts de fer. 11 y avait même des combats de cava-
liers, et les Essédaires combattaient sur des chars, à la mode des Bretons.
A certains jours, on livra de véritables batailles, et nous avons des récits détaillés de Naumachies.
Si les gladiateurs hésitaient, la foule hurlait de colère, comme nous la voyons, en Espagne, insulter le taureau lâche. Alors, les régisseurs arrivaient, et avec des fouets et des fers rouges, stimulaient les indécis.
Elle se passionnait pour tel et tel gladiateur, pour telle et telle troupe portant telle et telle couleur. Des partis se formaient, excitaient leurs champions, et des empereurs, comme Titus, manifestaient hautement qu'ils prenaient part à la passion populaire.
Le vaincu levait l'index pour implorer la vie ; et les spectateurs répondaient en baissant le pouce, s'ils exigeaient sa mort.
A midi une sorte d'entr'acte donnait à la foule le temps de manger. Toutefois l'arène ne restait pas vide. Sénèque raconte que c'était le moment où les criminels devaient s'entre-égorger. Ils ne savaient point combattre ils n'avaient point d'armes défensives, et jetés les uns sur les autres par leurs belluaires, ils périssaient au milieu des railleries que provoquaient leur maladresse et leurs appréhensions. D'autres fois, les condamnés paraissaient couverts de tuniques splendides ; puis ces tuniques s'enflammaient et brûlaient vifs les misérables. C'est ainsi que périrent des chrétiens revêtus de robes de prêtres de Saturne et des chrétiennes travesties en prêtresse de-Gérès. On faisait même des parodies mythologiques. Orphée finissait dévoré par un ours : Hercule était englouti dans les flammes du mont Œta ; Ixion tournait sur sa roue.
D'autres fois des bêtes féroces étaient chargées de la besogne. La victime mise en croix et attachée à un
poteau était livrée à des ours, des sangliers, des taureaux, des panthères, des lions.
Des bestiaires, gladiateurs moins considérés que ceux qui combattaient contre des hommes, vêtus d'une simple tunique, le bras droit préservé par une écharpe, les jambes enveloppées de bandages, mais sans casque, sans bouclier ni cuirasse, armés habituellement d'une lance avec une pointe à crochets, aflfrontaient des hyènes, des taureaux, des ours, des panthères, des lions à crinières dorées, des rhinocéros, des éléphants, des crocodiles comme aux fêtes de Scaurus.
Dans les entr'actes , des esclaves ratissaient le sable de l'arène, recouvraient le sang; des hommes, portant le masque du démon étrusque Gharon, enfonçaient des fers rouges dans les chairs des cadavres, pour s'assurer de la réalité de la mort : d'autres portant le masque de Mercure, les plaçaient dans des bières, et dans la chambre mortuaire, achevaient ceux qui avaient encore quelque apparence de vie.
L'Indien devait envoyer ses éléphants, les Germains et les Gaulois leurs sangliers et leurs ours, les peuples de l'Afrique leurs bêtes féroces; toutes les provinces de l'Empire étaient mises en réquisition pour fournir les animaux nécessaires à ces hécatombes : à l'inauguration du Golisée , 5000 parurent le même jour dans l'arène; 9000 périrent dans le cours des fêtes. Lors de la célébration du second triomphe de Trajan, à son retour de Dacie, 11,000 furent égorgées. On compta dans une seule de ces fêtes jusqu'à 600 lions.
Déjà César avait une véritable armée de gladiateurs; dans une des fêtes, donnée par lui, il en présenta 320 paires. Ce chiffre était modeste relativement aux carnages qui eurent lieu plus tard. Tous les Bretons prisonniers furent exterminés en masse, lors des jeux
triomphaux de Tan 47. Une autre fois, ce sont 2,500 prisonniers juifs. Agrippa fit paraître dans Tarène de Béryte quatorze cents malheureux, accusés d'avoir mérité la mort. Les Bructères, vaincus, furent livrés aux bêtes en si grand nombre qu'elles en étaient rassassiées.
Pline le jeune, cet homme aimable, dans son panégyrique de Trsyan, un des bons empereurs, déclare qu' < avoir transformé l'extermination des ennemis de l'Empire, en amusement pour le peuple, c*est le plus beau triomphe imaginable ! >
Ovide représente les amoureux allant ensemble à l'amphithéâtre et se disant des douceurs, en écoutant les râles de l'arène.
On s'y donnait rendez-vous, on s'y retrouvait, comme aujourd'hui le «tout Paris » se retrouve aux premières représentations et au Grand-Prix. A l'approche des fêtes, toute la population était prise d'une émotion fébrile. L'arrivée des animaux, la qualité des gladiateurs,rorganisationde lacérémonie.les critiques qu'elle soulevait, les innovations de son programme, étaient le sujet de toutes les conversations. Des disputes s'engageaient; des défis s'échangeaient; des paris se contractaient ; alors, chacun consultait des devins, des sorciers, rapportait ses rêves à son enjeu, cherchait à les interpréter; et les enfants, subissant cette fièvre, préludaient aux fêtes des grandes personnes, en jouant aux gladiateurs.
Les indications suivantes montrent l'énorme place qu'elles tenaient dans la vie d'un romain : les fêtes annuelles de l'Etat duraient 87 jours sous Tibère, 136 sous Marc-Aurèle, 175 au iv* siècle, sans compter les fêtes extraordinaires qui, comme celles données pour l'inauguration du Golisée, duraient 100 jours ^
et celles du second triomphe de Trajan, se prolongeaient pendant 123 jours.
Non seulement elles coûtaient des animaux et des hommes, mais elles coûtaient des millions, d'autant plus que chaque empereur s'ingéniait à multiplier les agréments dont il pouvait faire jouir le peuple afin d'obtenir ses acclamations lorsqu'il prenait place sur le pulvinar. Il se livrait à des largesses en argent et en nature. Aux Saturnales de 90, les esclaves impériaux, à en croire Stace, aussi nombreux que les spectateurs leur servirent des repas splendides, où abondaient des faisans et des poules de Numidie. Néron, lors de sa fête pour la consécration de la durée éternelle de l'Empire, octroya des lots qui comprenaient depuis des animaux féroces apprivoisés jusqu'à des navires et des maisons de campagne. Héliogabale, un autre jour, fit une loterie où on pouvait gagner depuis 10 têtes de salade jusqu'à 10 livres d'or.
De pareilles débauches d'hommes et d'animaux ne se faisaient pas seulement à Rome; Pouzzoles et Gapoue avaient des amphithéâtres aussi grands que le Golisée; dans toutes les provinces, les Romains transportaient leur passion pour ces sanglants spectacles et la communiquaient à leurs sujets : Athènes elle-même, après une longue résistance, se laissa envahir par ces amusements barbares.
En face de ces chiffires, de ces descriptions, en ne trouvant pas un mot de blâme contre ces atrocités dans les écrivains romains, en voyant les meilleurs empereurs, ceux-là qui passent pour les plus humains, Titus, Trajan, Marc-Aurèle, s'y associer, il est impossible de ne pas les considérer comme intimement liées à l'idéal moral du peuple romain; et cet idéal était de consommer le vaincu, de le dévorer sous
toutes les formes par des contributions en choses et en personnes, de le faire servir d'instrument à tous ses besoins, de jouet à toutes ses passions, sans autre critérium de justice envers lui que l'étendue de sa puissance.
Le Golisée est le symbole de l'exploitation du faible par la force.
Cette gigantesque Rome comptait, d'après des évaluations modestes, d'un million à 1,500 mille habitants. Ses rues étroites et tortueuses, montant et descendant les sept collines, laissaient passer si difficilement les voitures que leur circulation était soumise à un tas de prescriptions prohibitives. Elles étaient encaissées dans des maisons hautes de vingt mètres, comme celles qui entourent le nouvel Opéra de Paris. Ces constructions, pressées les unes contre les autres, fragiles, leurs étages supérieurs en bois, s'écroulaient souvent ; les incendies étaient fréquents ; les inondations du Tibre, qui, aujourd'hui encore, s'élèvent si haut, submergeaient certaines parties de la ville. Rien, sauf dans les palais, qui puisse rappeler notre comfort. Les rues, pas balayées, restaient souillées de toutes sortes de détritus. Dépourvues la nuit de toute lumière, elles devenaient le domaine des bandits ou des jeunes patriciens qui, marchant en troupe avec leurs esclaves, voulaient s'amuser à faire de « bonnes farces. » Chaque soir, les maisons se barricadaient. Le jour, les habitants se réunissaient chez les barbiers, aux bains, dans les tavernes, si nombreuses que Rome ne semblait qu'une grande taverne. Les clients, méprisés par les patriciens, passaient une bonne partie de leur temps à leur faire la cour; ceux-ci faisaient la cour à l'empereur, à ses favoris, ou allaient en procession essayer de capter des héritages. Le travail étant
un déshonneur, aucun homme libre, portant le titre de citoyen romain, ne condescendait à s'y livrer. Dans les temps héroïques de la République, son travail, c'était la guerre, destinée à obtenir les fruits du travail des autres .
Ils étaient de fiers soldats, ces Romains qui formaient les légions de Marins et de Sylla, de César et de Pompée ; et Montesquieu remarque avec raison que les guerres civiles, loin d'affaiblir les peuples, les rendent souvent plus redoutables à l'étranger. Mais Sylla commença d'acheter des soldats, et ils cessèrent de rester les soldats de la République pour devenir les soldats de tel ou tel homme. Les chefs les corrompirent et furent à leur tour corrompus par eux.
Après les proscriptions de Sylla, les têtes mises à prix, les citoyens de Rome se considérèrent entre eux comme des ennemis réciproques : l'empereur hait les patriciens, les patriciens la plèbe; c'est une guerre de tous les instants qui se fait à coups de corruption et de délation. La famille de César extermine toutes les grandes familles, et, à son tour, dans la personne de Néron, périt elle-même. Ils ne se contentent plus de conquérir des provinces ; ils assassinent des gens pour confisquer leurs biens. L'ancienne férocité romaine s'exaspère, mais, tout en continuant de s'assouvir contre l'étranger, elle s'incarne dans Caligula, Néron, Domitien, Caracalla, qui s'acharnent par le meurtre à faire la conquête de Rome. On commença par donner aux soldats l'argent des vaincus, puis celui des proscrits dans les guerres civiles, et enfin on mit en coupes réglées les citoyens. Caracalla mérita le surnom de destructeur des hommes; à son tour, les soldats le tuèrent, puis ils tuèrent Héliogabale, puis Maximin. En cent soixante années, il y eut soixante-dix Césars,
tous choisis pour l'utilité particulière des soldats. Les prétoriens finissent par mettre Tempire à Tenchère et le vendre à Didus Julien. Le génie de la conquête arrivait à conquérir les conquérants eux-mêmes» et ne lais sait plus place qu'à deux sortes de gens, les brigands et les mendiants, ceux-ci acceptant la domination des premiers à la condition d'en recevoir des largesses, des distributions de vivres et des spectacles : Panem et circenses !
Cette organisation romaine m'apparalt comme une gigantesque machine pneumatique. Après avoir aspiré toutes les forces vives des peuples placés dans le rayon de son action, elle aspira les Romains eux-mêmes. Un jour, à la place de l'empire, il n'y eut plus qu'un grand vide : les barbares et les chrétiens vinrent le remplir.
Tel est le résultat de cette civilisation guerrière (1).
(1) V. Friediœnder, Mœurs romaines du règne d'Auguste, —Montesquieu. Grandeur et décadence dos romains. — l>uruy. Histoire romaine»