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€ Le second mouvement intellectuel qui affaiblit l'amour de la guerre^ dit encore Buckle (1), est beaucoup plus récent et n'a pas encore donné toute la mesure de ses effets naturels : je veux parler des découvertes de l'Économie politique, branche de nos connaissances que né soupçonnèrent même pas les plus profonds philosophes de l'antiquité, mais qui est douée d'une importance qu'il serait difficile d'exagérer. De plus, chose remarquable, c'est le seul sujet ayant trait immédiatement à l'art de gouverner qui se soit élevé à l'état de science. La valeur pratique de cette noble étude, — quoiqu'elle ne soit peut-être appréciée dans toute son étendue que par les penseurs les plus
avancées, •— est de jour en jour reconnue par tout homme un peu instruit. Cependant, ceux-là mêmes qui la comprennent bien ont fait peu attention à la manière dont, grâce à son influence, les intérêts de la paix et, partant, de la civilisation, ont été directement rehaussés. » Autrefois, on croyait qu'un pays ne pouvait s'enrichir qu'en appauvrissant les autres, qu'en important fort peu de marchandises et beaucoup d'or. Il en résultait que des hommes d'État faisaient la guerre pour rétablir la balance, et que les peuples se haïssaient d'autant plus, que chacun considérait le progrès de ses voisins comme une spoliation.
« En 1776, dit Buckle, Adam Smith fit paraître son ouvrage : la Richesse des nations ; à considérer ses résultats finals, c'est probablement le livre le plus important qu'on ait jamais écrit et, sans contredit, c'est l'apport le plus précieux qu'on ait fait à l'établissement des principes, bases de tout gouvernement. »
Il détruisit la théorie de la protection, de la balance des importations et des exportations. On ne cite pour la première fois Adam Smith au Parlement qu'en 1783; mais, € il n'y a pas une seule grande vérité qui, une fois trouvée, ait été perdue dans la suite. » Peu à peu, les principes d'Adam Smith s'imposèrent à tous les hommes instruits de l'Angleterre. Quatre-vingts ans après l'apparition de son livre, il avait cause gagnée. « C'est ainsi que les grands penseurs gouvernent les affaires humaines et règlent par leurs découvertes la marche des nations. C'est à juste titre que nous pouvons dire, en parlant d'Adam Smith, et le dire sans crainte d'être contredit, que ce seul Écossais a, par la publication d'un seul ouvrage, plus contribué au bonheur de l'homme que n'ont pu le faire les talents réunis de tous les hommes d'État et de tous les législa-
teurs dont l'histoire nous a conservé le souvenir authentique » (1).
Adam Smith était professeur de philosophie morale à Glascow. Il publia d'abord sa Théorie des sentiments moraux où il considérait la sympathie comme le principal mobile des actions humaines. Dans la Richesse des nations, il ne donne qu'un seul mobile à l'économie politique : l'égoïsme. Qu'est-il arrivé? Aujourd'hui on peut lire son premier ouvrage par curiosité, mais, à coup sûr, il n'a e\i qu'une influence insignifiante sur le développement des rapports des hommes entre eux ; il n'a nullement augmenté leurs sympathies réciproques. Le second, au contraire, basé sur l'égoïsme, a eu une influence prépondérante et qui ne fera que s'accroître sur le développement de la solidarité humaine, d'individu à individu, de classe à classe, de peuple à peuple.
Avant l'adoption de ces principes, tout peuple et tout homme riche provoquaient des sentiments d'animosité , de haine, d'envie. Les commerçants avaient l'esprit belliqueux et croyaient que le meilleur moyen de s'enrichir était de ruiner leurs clients. Maintenant, ils ont compris que leur fortune était celle de leur clientèle. L'esprit commercial est devenu pacifique. Sans doute, beaucoup de négociants ignorent encore les principes d'Adam Smith et seraient incapables de justifier leur manière de voir. Mais ils suivent peu à peu l'esprit du siècle ; et qu'est-ce que cet esprit du siècle ? Celui de la minorité savante.
Les crises entre ouvriers et patrons, entre les salariés et les industriels, proviennent de l'ignorance de la science économique. Les salariés se figurent que les salaires ne doivent pas être réglés par la loi de l'offre
(1) Buckle, t. 1,211.
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et de la demande ; que, si les patrons leur refusent des augmentations, c'est par simple mauvaise volonté. D'un autre côté, le patron essaye de gagner le plus possible sur le salaire de ses ouvriers, et il trouve fort mauvais que ceux-ci veuillent participer à sa prospérité ; il s'attribue, en outre, un droit de direction intellectuelle et morale, d'origine féodale, qui pousse des gens comme M. Ghagot à placer ses ouvriers sous la domination d'un prêtre, à les obliger d'aller à la messe et à leur défendre d'assister à un enterrement civil.
Enfin, toute notre légistation a pour but d'empêcher les ouvriers de s'organiser pour vendre leur travail au plus haut prix possible, pour débattre leurs intérêts. Nos préjugés sont tels, que des ministres et des législateurs disent : « Cette grève n'est pas légitime. Le salaire des ouvriers était suffisant. » Maintenant qu'on a renoncé au maximum pour toutes les marchandises, on veut le maintenir pour le travail, parce qu'on ne le considère pas comme une marchandise semblable aux autres. En même temps, les politiques, les patrons qui expriment ces théories s'indignent si les travailleurs demandent que l'État leur assure un minimum, des débouchés constants. Ceux-ci ne veulent pas non plus considérer le travail comme une marchandise. L'esprit qui a présidé à l'organisation des ateliers nationaux n'est pas complètement éteint. Lé bourgeois, au lieu d'étudier la question, a peur, et, en dépit de l'expérience si chèrement acquise, serait encore prêt à se jeter dans les bras d'un sauveur.
L'ouvrier commence à réfléchir davantage, mais, au^ lieu d'étudier les questions économiques, il écoute plus
(1) Directeur des mines de Blanzy. Affaire de Montceau-les-Mines, octobre 1882.
volontiers des déclamations qui lui promettent le paradis sans effort. Cependant il a fait de grands progrès depuis 1848. Il ne se laisse plus séduire par des phrases redondantes comme celles qui remplissaient les écrits socialistes de l'époque. En Angleterre, depuis 1868, les trades-unions ont commencé à organiser la vente du travail en gros, et la pratique a appris à leurs membres que la loi du salaire n'était, en dépit de A.Lassalle,quelaloide l'offre et de la demande. Le jour où cette vérité sera bien constatée par tous les intéressés, la paix sociale sera fondée définitivement (1). Ce progrès moral si important ne sera dû qu'à une nouvelle acquisition intellectuelle.
Gomme autre cause de suppression de la guerre, Buckle ajoute ce propos : « Autrefois, les peuples ne se connaissaient pas. » Il énumère les préjugés que les Anglais et les Français avaient à l'égard les uns des autres. « Plus les deux peuples seront en contact, plus ils se respecteront (2). » Il en sera de même pour tous.
Pour celui qui ne regarde que la surface des choses, qui se laisse emporter par certains courants superficiels, qui prend des modes, des engouements passagers pour des courants profonds de la civilisation, — je
(1) V. Ma Science économique. Tout le livre IV
vais dire une hérésie : — c'est que le développement intellectuel forcément tue la guerre.
Voyez ce qui se passe depuis quarante ans en France. Tous les jeunes gens d'instruction, d'énergie, supportent avec peine le métier militaire. Ils peuvent en subir la nécessité par devoir, mais leurs goûts les en écartent. Je n'en veux pour preuve que la difficulté qui se fait sentir, aussi bien dans ce pays du caporalisme qui s'appelle la Prusse, qu'en France: la difficulté de recruter des sous-officiers. Et pourquoi? Parce lue tout jeune homme qui se sent quelque vigueur, *Tuelque aptitude au travail, préfère l'indépendance et l3s risques des professions civiles aux certitudes pass ves de la vie militaire.
Il en résulte un fait dont on ne s.'est pas assez a »erçu, mais qui n'en est pas moins patent : c'est que L î hommes qui s'engagent ou demeurent dans la carr re militaire sont les moins énergiques. Peu à peu, r ils arrivons à cette situation anormale : les lions s:>rit gardés par les moutons.
r:3 contre-sens logique, avec la voie que l'humanité e; t forcée de suivre, aboutira à cette conséquence : le^ I ions, voulant la paix pour poursuivre leur œuvre de piuduction, et les moutons redoutant la guerre par teai| érament, tout le monde sera d'accord pour la supprimer.
La.tuerre? — Quand on prononce ce mot devant nous, xous nous imaginons aussitôt de longues files de soldats s des rangées de canons ; nous sentons comme
une odeur de poudre, nous entendons les crépitements de la fusillade, les grondements de Tartillerie ; nous voyons des hommes égorgés, des-têtes et des membres épars, des entrailles traînant à terre ; des villes en feu, des femmes et des enfants fuyant affolés...
C'est un tort. La guerre ne revêt pas toujours ces formes dramatiques. Il y a une guerre de tous les instants, une guerre sociale, latente, de cités à cités appartenant au même pays ; d'individus à individus appartenant à la même ville ; bien plus, d'individus à individus censés collaborer à la même œuvre ; souvent d'individus à individus appartenant à la même famille, et cette guerre individuelle, cette guerre qui ne fait de bruit que lorsqu'elle se traduit par des crimes ou par des procès, est provoquée par des mobiles intellectuels identiques à ceux qui produisent des guerres étrangères.
Observez ce qui se passe autour de vous, à Paris, et vous constaterez les faits suivants.
Si Paris aune tendance à vouloir imposer ses volontés à la province, le gouvernement, composé d'hommes de province, pour la plupart, veut imposer à Paris le joug de Ploêrmel ou de Saint - Pla - de - Cors. Le conflit empêche les solutions des réformes les plus urgentes ; le plus souvent, il se traduit par des taquineries, des manifestations qui n'ont d'importance que parce qu'elles passionnent l'opinion. Quelquefois, elles aboutissent à une explosion comme la Commune de 1871.
A la préfecture de police, il y a des gens qui croient que Paris ne peut pas vivre sans eux ; ils prétendent assurer son approvisionnement, déterminer ce qu'il a le droit et ce qu'il n'a pas le droit de manger, comme Colbert fixait la qualité des étoffes dont les Français d^-
valent se vêtir: Ils ordonnent aux gens de ne pas se faire écraser en descendant de tramway. Ils prétendaient hier encore que les Parisiens n'auraient le droit de lire sur les murs que ce qu'ils jugeraient bon ; ils prétendaient ne laisser colporter dans les rues, vendre dans les kiosques que les journaux imbus de bonnes doctrines. Ils ont une prétendue police des mœurs, chargée de moraliser la population en organisant la prostitution officielle et en livrant aux consommateurs des femmes garanties saines. Ils ont des mouchards, chargés d'espionner la vie privée des hommes et des femmes et de faire des dossiers. Ils ont des agents de police qui considèrent tout pékin comme un être nuisible, ne pouvant avoir que de mauvaises intentions, bon à arrêter, passer au tabac et ligoter.
Cette institution ne peut se soutenir que parce que chacun de nous est un petit préfet de police chez lui. Il exige de ses employés une soumission servile. Il ne se contente pas de leur réclamer des services déterminés en rapport de leur salaire. Presque toujours, il veut encore un dévouement personnel, une inféodation de lui-même. Il s'occupe de leur vie privée, des journaux qu'ils lisent, des relations qu'ils entretiennent.
Dans la famille, il exige de sa femme l'obéissance. De par la loi, il s'adjuge le droit de mort sur elle. Il lui interdit d'avoir d'autres désirs que ceux qu'il peut inspirer lui-même, si répugnant qu'il puisse être, et il lui impose ses caresses légales.
Ses enfants ? il les considère comme des esclaves donnés par la nature. Tel qui s'est indigné en lisant la Case de ronde Tom des brutalités des planteurs sur les nègres, casse des cannes sur le dos de son fils. « Il m'appartient, j'ai bien le droit de le battre. » Ce n'est pas seulement la servilité physique qu'il
réclame, c'est la servilité intellectuelle. « On ne discute pas avec son père ! »
Il est toujours dans une violente indignation contre ses amis, ses voisins, les gens qu'il connaît. Il leur reproche de n'avoir pas écouté ses conseils. A l'un, il en veut de trop dépenser; à l'autre, de ne pas assez dépenser. Il a à redire sur toutes les femmes : Tune est une pimbêche, l'autre est une dévergondée. Il a des conflits avec les enfants, les chiens, les chats du voisinage. Il s'indigne contre le son des cloches et le bruit des omnibus, comme il s'indigne contre les journaux qui ne partagent pas son opinion, les livres qui froissent ses préjugés. Il y a peu de temps, il demandait des poursuites contre eux. Il prétendait qu'ils gênaient sa liberté, sans même s'apercevoir que personne ne le forçait de les lire. Aujourd'hui, il réserve l'indignation qu'il eût éprouvée autrefois contre les mauvaises doctrines pour des publications qui se livrent à des facécies plus ou moins spirituelles sur les rapports sexuels. Il demande qu'on arrête les gens qui ne sont pas vêtus comme lui, comme autrefois il eût demandé qu'ont eût emprisonné et un peu brûlé les Juifs. S'il voit une femme faire un signe à un homme, il déclare sa pudeur effarouchée et demande l'aide du bras séculier, comme autrefois il l'eût demandé contre un hérétique. Il appelle « scandale » tout acte ou toute parole qui froisse ses préjugés.
C'est toujours la même chose : chacun veut enfermer vies autres dans son moule ; et, quand ils résistent, il emploie la contrainte , si elle est en son pouvoir, et, s'il ne peut aller jusque-là, il se venge de son impuissance en les calomniant. Ne riez pas du cancan des portières : c'est ce cancan, parti d'une étroite.loge, qui, grossissant, s'étendant dans toutes les couches, s'éle-
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vant dans toutes les sphères, devient le cri général, le mouvement de l'opinion çpii crée le despotisme, et éclate, à certains moments, en ces explosions sanguinaires qui s'appellent des massacres, des guerres civiles et des guerres étrangères.
Dans cette civilisation, chacun envie l'autre, chacun a encore pour maxime le vieil adage de Montaigne : € Nul ne gaigne qu'au dommaige d'aultruy. » Il se figure que les faits économiques n'obéissent qu'à des caprices. De là, ces haines, ces utopies et ces réclamations qui, ne pouvant avoir de bases sérieuses, ne peuvent se traduire dans les faits que par la violence.
Cette portière, ce tyran de ménage, cette mauvaise langue, ce monsieur qui trouve que tous les autres font mal, ce délicat qui sent sa liberté violée parce que d'autres ont des opinions ou une conduite morale différentes de celles qu'il veut exiger d'eux, ce juge, ce préfet, ce ministre, ce général, ce collectivisteanarchiste-révolutionnaire, tous ont le même idéal : gouverner des hommes, au lieu de faire la conquête des choses. Et instinctivement, vous les voyez, dans l'admiration de l'autorité, qui a pour contre-partie obligatoire le servilisme, prendre, pour chef de gouvernement, l'homme de guerre, un général, général de l'armée ou général d'insurrection, qu'ils considèrent comme le plus apte à gouverner, c'est-à-dire à subordonner les volontés des- autres à sa volonté, et qui est en même temps le plus inapte à administrer les choses et à augmenter l'action de l'homme sur elles.
iPO LA MORALE OBJECTIVE.
Voilà un tel homme au pouvoir. Prenons les proto types des êtres pernicieux : un Tibère, un Néron, un Commode , un Héliogabale , un Alexandre YI, un Georges IV, Napoléon P' et Napoléon III ; certes, pendant leur existence, ils ont fait des victimes par milliers et par milliers.
Mais, en définitive, au moment où j'écris ces lignes, elles seraient toutes mortes : leur existence a été simplement raccourcie de quelques années ; et nous pouvons aujourd'hui nous demander si leurs bourreaux n'ont pas été plus utiles à la marche d^ l'humanité qu'un bon empereur comme Marc-Aurèle, qu'un bon roi comme Louis XII, qu'un bon pape comme Clément XIV. Les vertus de ces derniers dissimulaient les vices du système, tandis que les crimes, les abominations, les frénésies de ceux que l'histoire stigmatise comme des monstres les mettaient en relief; de sorte qu'ils ont rendu cet immense service de fournir des arguments indéniables aux adversaires du despotime religieux et politique et de servir de point d'appui à la pesée de ceux qui essayaient d'en dégager l'humanité.
D'un autre côté, les découvertes intellectuelles sont immortelles. Depuis notre ancêtre de l'âge de la pierre, qui trouva le premier outil, elles n'ont cessé de s'accumuler et d'augmenter le fonds commun de l'humanité. Tout homme qui naît aujourd'hui , dans un pays plus ou moins avancé en évolution, a derrière lui ♦ comme capital, tous les outils accumulés, toute la science qui, les ayant produits; lui permet de les re
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produire sans difficulté, de les perfectionner, d'en inventer de nouveaux, des vérités acquises, comme la liberté de conscience, la liberté du commerce.
S'il a encore à lutter pour obtenir l'application de ces dernières, il n'a plus à les découvrir. Immense progrès. Les hiboux ont beau fermer les yeux devant la lumière et appeler de leurs vœux la rétrogression vers les ténèbres, elle brille d'un éclat toujours plus intense, et chaque jour des hommes silencieux et immobiles, du fond de leur cabinet ou de leur laboratoire, viennent ggouter un nouvel élément à son foyer.
Buckle a donc raison de conclure :
« Les changements qui s'opèrent chez tout peuple civilisé dépendent surtout de trois choses :
« i^ La somme des connaissances acquises par les citoyens les plus capables ;
« 2® La direction que prennent ces connaissances, c'est-à-dire le genre de sujets auxquels elles se rapportent ;
« 3* Par dessus tout, l'étendue du centre dans lequel se répandent ces connaissances et la liberté avec laquelle elles pénètrent dans toutes les classes de la société. >
Donc :
1* Les progrès du genre humain dépendent du succès des investigations dans les lois des phénomènes de la nature et de la proportion dans laquelle se répand la connaissance de ces lois ;
192 LA MORALE OBJECTrSTE.
2** Avant que cette investigation ne puisse commencer, il faut que l'esprit de doute soit né et que, venant d'abord en aide aux investigations, il en soit aidé ensuite ;
3* Les découvertes, ainsi obtenues, accroissent l'influence des vérités intellectuelles et diminuent, relativement, non absolument, les vérités morales ; car les vérités morales, ne pouvant devenir aussi nombreuses, sont plus stationnaires que les vérités intellectuelles;
4** Le grand ennemi de ce mouvement et , par conséquent, le grand ennemi de la civilisation, c'est l'esprit protecteur, c'est-à-dire l'idée que la société ne peut prospérer si l'Etat et l'Eglise ne protègent nos moindres pas dans les affaires de la vie.
En un mot, la question de la morale, telle que l'avaient posée les philosophes de l'antiquité, doit être complètement retournée.
Ils rapportaient toute connaissance à la morale.
Nous disons, nous : « Le progrès intellectuel seul importe, car le progrès moral lui est subordonné. »