T. TI
sociale, les préceptes vulgaires des moralistes. Alors toute la morale chrétienne est le foyer de lumière et de force qui transforme la vie sociale. L'étrange sermon de Bourdaloue, sur l'emploi des richesses, devient la règle économique.
Je n'oserais pas affirmer que Bourdaloue ait entrevu le sens profondément savant de ses paroles. Je n'ose pas non plus le nier. Quoi qu'il en soit, le sens existe, puisque nous le voyons.
Mais écoutez ce qu'il ajoute :
« C'est une grande illusion de croire que, de là qu'on est riche, l'on ait le droit de vivre plus somptueusement, plus voluptueusement, et que le luxe, la dépense, la bonne chère, doivent croître en proportion des biens. Et déjà les païens n'ont-ils pas dit que, pour être riche, on n'en devait pas être moins réglé, moins chaste, moins abstinent, moins détaché des commodités de la vie, et que d'user des biens pour satisfaire ses sens, pour vivre dans la mollesse, c'est un désordre que la seule raison de l'homme condamnait?.. Mais la morale de l'Evangile va plus loin : elle nous apprend que plus un chrétien est riche, plus il doit se retrancher les douceurs de la vie; et que ces grandes maximes de renonce-