‹ La morale et la science des moeurs (volume 2)Chapitre 7 sur 13 · Chapitre IV. — De quelles Bciences théoriques la pratique morale · texte numérisé non relu

Chapitre IV. — De quelles Bciences théoriques la pratique morale

dépend-elle?

I. L'objet de la science n'est pas de construire ou de déduire une morale, mais d'étudier la réalité morale donnée. — Nous ne sommes pas réduits à constater simplement cet ordre de faits; nous pouvons y intervenir efficacement si nous en connaissons les lois. ... 97

II. Trois acceptions distinctes du mot «morale ». — Comment s'établiront les applications de la science des mœurs à la pratique morale. — Difficulté d'anticiper sur les progrès et sur les applications possibles de cette science. — Sa différenciation et ramification progressives 100

III. On peut se représenter cette marche d'après l'évolution de la science de la nature physique, plus avancée. — Causes qui ont arrêté le développement de cette science chez les anciens. — La physique d'Aristote se propose de « comprendre » plutôt que de « connaître », et descend des problèmes les plus généraux aux questions particulières. — Les « sciences morales > ont encore plus d'un caractère commun avec cette physique. — Comment elles prennent une forme plus voisine de celle des sciences modernes de la nature. 108

IV. Rôle considérable des mathématiques dans le développement des sciences de la nature. — Jusqu'à quel point les sciences historiques peuvent jouer un rôle analogue dans le développement des sciences delà réalité sociale 123

I. Comment rester sans règles d'action, en attendant que la science soit faite*? — Réponse : la conception même de la science des mœurs suppose des règles préexistantes 130

II. N'est-ce pas détruire la conscience morale que de la présenter comme une réalité relative? — Réponse : ce n'est pas parce que nous le connaissons comme absolu que le devoir nous apparaît comme impératif; c'est parce qu'il nous apparaît comme impératif que nous le croyons absolu. — Si les philosophes ne font pas la morale, ils ne la défont pas non plus. — Force du misonéisme moral. — L'autorité d'une règle morale est toujours assurée, tant que cette règle existe réellement 135

III. Mais il y a pourtant des questions de conscience : au nom de quel principe les résoudre? — Réponse : notre embarras est souvent la conséquence inévitable de l'évolution relativement rapide de notre

2d8 TABLE DES MATIÈRES

société, et du développement âe l'esprit scientifique et critique. — Se décider pour le parii qui, daiis^rèiat actuel de nos connaissances, parait le plus raisonnable. — Se contenter de solutions approximatives et provisoires, à défaut d'autres 145

IV. Qu'importe querauloriié de la conscience morale subsiste en /<g[}7, si elle disparait endroit? Que devient l'idéal moral? — Réponse : analyse du concept d*idéal moral. — Part de Timaginalion^ de la tradition et de l'ohservationde la réalité présente dans le contenu de ce concep! . — Rôle consei^valeur, au point de vue social, d'une certaine sorte d'Idéalisme moral,— La recherche scientifique, héritière véritable de ridéalisme philosophique d'autrefois 151

I. État présent de la science des mœurs. — Principales influences qui tendent à maintenir les anciennes « sciences morales » : tradiiiuns reliiiieuses; prédominance de la culture littéraire. — Les moralistes; caractères généraux de leurs descriptions et de leurs analyses. — Plus près de l'artiste que du savant, préoccupés de peindre ou de corriger, ils ont peu de goût pour la recherche spéculative. . 160

II. Les philologues et les linguistes, véritables précurseurs d'une science positive dfs mœurs. — Leur méthode rigoureuse et scrupuleuse. — Rôle analogue des sciences économiques et de la psychologie expérimentale. — Influence des théories transformistes. — Rôle capital des sciences historiques. — Conflit apparent et connexion véritable de IVsprit historique avec la méthode d'analyse génétique du XVIII® siècle 173

m. Lenteur inévitable des changementsde méthode. — Exemple pris de la physique du xvi»* siècle. — Causes qui retardent la transformation des « sciences morales ». — Formes de transition où les anciennes méthodes sont encore mêlées aux nouvelles. — Nécessité d'un clivage nouveau des faits. — Raisons d'espérer que la transformation s'achèvera iSl

Page 1