‹ La moraleChapitre 10 sur 71 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

les temps antérieurs. Par suite de l'expérience acquise, l'humanité n'est plus condamnée à l'inconscience qui a jusqu'à présent retardé sa marche, non plus qu'aux hésitations et aux erreurs qui en étaient la suite. Grâce aux observations faites, la science morale n'est plus réduite à chercher sa méthode et ses lois dans les hasards de la fantaisie individuelle des philosophes et dans les brouillanls de la métaphysique surnaturaliste é

Sans doute on trouve bien encore des gens qui abusent de ce que l'enseignement officiel ne peut se décider à sortir de ces broussailles pour déclarer que la morale ne saurait être une science et qui s'appuient sur l'histoire du passé pour en conclure que les moindres améliorations demanderont également à l'avenir des siècles d'incubation.

C'est une double erreur, fondée sur une observation incomplète des faits et sur la méconnaissance des causes et des conditions du progrès dans l'humsmité. Les sciences, durant une longue série de siècles, depuis le premier moment où l'homme a paru sur la terre jusqu'aux temps modernes, on peut dire jusqu'à hier, n'ont connu que Texpérience. Elles sont restées livrées à ses hasards, à ses caprices, à ses intermittences. D'un autre côté, elles ont de tout temps été faussées par les partis pris chimériques que Tignorance humaine s'entôtait à substituer à la réalité des faits, par la recherche obstinée du pourquoi et la supposition des qualités occultes. On ne pouvait se résigner à ne pas faire partout une part à la théologie ou à l'ontologie. Cette méthode absurde produisit les fruits qu'on en devait raisonnablement attendre. Les sciences demeurèrent stationnaires et les rares

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