‹ La moraleChapitre 11 sur 71 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

•découyertes qu'elles firent furent surtout Tefiét du hasarda

Un jour vint où ^quelques esprits se défièrent des à priori^ deTontologie, delà métaphysique appliquées aux sciences de la nature. On se mit à observer direc* tement et attentivement les choses et les faits ; on eut ridée bien simple de leur demander, non pourquoi^ mais comment ils existaient, ce qui n'est autre chose que le fondement de la méthode scientifique. Puis pour hâter l'observation on ne se contenta plus d'attendre paresseusement que les choses et les faits se présentassent d'eux-mêmes ; on les produisit dans les conditions les plus variées et les plus propres à l'observation. A l'expérience on substitua l'expérimentation, et grâce à ces deux idées bien simples, observation, expérimentation, on renouvela toutes les sciences naturelles et l'on fit de quelques-unes ces infatigables créatrices qui depuis un siècle, depuis cinquante ans surtout, émerveillent le monde par la multitude de leurs découvertes. Que devonsnous penser aujourd'hui des prophètes de malheur qui, il y a cent ans, déclaraient encore que le progrès est une chimère et qui raillaient la science de sa stérilité?

Les sciences morales ont plus tardé que les sciences naturelles à entrer dans la voie de l'observation directe. Aussi sont-elles bien loin d'avoir produit d'aussi brillants résultats. Ce n'en est pas moins une sottise de les condamner à une stérilité indéfinie. Ce qui est vrai, c'est qu'elles sont restées et resteront stériles tant qu'elles se refuseront & éliminer les causes q^i ont pendant tant de siècles enchaîné la puissance créatrice des sciences naturelles ; tant qu'elles continueront à

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