INTRODUCTION. XXI
On peut en dire autant de la horde, de la tribu, de la cité. Elles sont produites, non pas parle sentiment de la sociabilité, mais par le fait du groupement de familles, qui résulte naturellement de la multiplication du troupeau de femmes et d'enfants réuni autour du madtre. Loin que la société naisse de la sociabilité, c'est la sociabilité qui natt de la société.
m. — Nous pouvons donc établir dès maintenant trois lois qui ne sont que la généralisation rigoureuse de tous les faits observés :
l"" La conduite de Thomme est déterminée par Tefiort pour satisfaire ses besoins, c'est-à-dire par la recherche du bonheur ;
Z* L'effet propre des besoins nutritifs qui prédominent dans les premiers temps est de créer la concurrence vitale, et par conséquent toutes les passions égoïstes et malfaisantes, tandis que les besoins affectifs et intellectuels produisent le bonheur, par cela même que leur satisfaction ne soulève aucune concurrence nécessaire ;
3* L'ordre de prédominance des besoins se modifie à mesure que l'homme, animal essentiellement perfectible, se développe par la création de milieux favorables à ce développement.
IV. — Par conséquent tout l'effort des moralistes et des hommes d'État dignes de ce nom doit être de créer des milieux favorables & la transformation de cet ordre de prééminence, en faisant que la préoccupation de la concurrence vitale et les passions égoïstes qui en résultent n'entravent pas le développement et la satisfaction des besoins affectifs et intellectuels.
Cette tâche n'est peut-être pas aussi ardue que pourrait le faire craindre la lenteur du progrès moral dans