‹ La moraleChapitre 12 sur 71 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

se confiner dans la chimère des causes finaies, à s'égarer dans les fantaisies de ïà priori et à se perdre dans Tabîme de la métaphysique. Mais il est facile de voir qu'il se produit aujourd'hui une tendance tout opposée. Pour nous, nous sommes absolument convaincu que la science de la morale peut et doit se fonder sur les trois lois que nous avons énoncées précédemment, et que, pour la faire entrer dans une période de fécondité analogue à celle qui a renouvelé la physiologie, la physique, la chimie, etc., il suffira de substituer à la méthode fantaisiste qui la paralyse la méthode scientifique qui donne tous les jours de si belles preuves de sa fécondités

Au lieu d'attendre passivement que le hasard crée des milieux favorables à la production des vertus sociales, il faut que nous mettions à les créer nousmêmes toute l'énergie, toute l'obstination possibles, ce qui suppose une réforme à peu près complète des systèmes empiriques que l'Université continue d'appliquer — non pas à l'éducation de nos enfants, puisqu'elle ne s'en occupe en aucune façon — mais à leur instruction. L'instruction bien entendue est une condition essentielle de la morale, car la morale, dans le sens complet du mot, étant une science, exige de qui veut l'étudier et la comprendre un développement préalable de l'intelligence. Nous admettons bien qu'on puisse par l'habitude dresser un enfant à la pratique habituelle de certaines vertus élémentaires, mais cette morale inconsciente est loin d'être toute la morale. La morale n'existe réellement, complètement que dans les esprits assez développés pour en comprendre les raisons, le but, la portée. Il faut donc avant tout que les enfants trouvent dans l'enseignement public tous

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