XXVI INTRODUCTION
Tégoïsme (1), îl résulte nécessairement de raflaissement actuel de la bourgeoisie contemporaine un moment d'arrêt dans la civilisation.
D'où est venu cet affitissement? comme toujours, du milieu, et c'est une nouvelle confirmation de la loi que nous avons établie. Tant que la bourgeoisie, le tiers état a été tenu à l'arrière-plan par la noblesse et le clergé, il a réclamé et combattu au nom' de la solidarité sociale pour lui et pour les autres classes opprimées. 11 a vaincu, parce que ses adversaires, les nobles, les prêtres et les rois, s'étaient depuis longtemps laissé envahir et corrompre par un égoïsme inintelligeîit qui les isolait de la nation et les rendait indifférents à l'intérêt général. Mais une fois victorieuse du privilège, la bourgeoisie l'a voulu pour elle-même. Elle n'a pas su résister à l'orgueil de son triomphe ; elle n'y a vu qu'un moyen d'exploiter le peuple à son profit. Elle s'est faite classe dirigeante et gouvernementale, et elle a tout dirigé et tout gouverné dans le sens de son intérêt personnel. Elle s'est si bien laissée gagner par la contagion de l'exemple des classes qu'elle venait de déposséder que, pour se faire pardonner sa victoire, elle s'est mise jusqu'à imiter leurs petites manies, leurs vanités, leurs superstitions, leur oisiveté, leurs débauches, leurs dédains du droit d'autrui, leur indifférence, leur dureté pour les souffrances des classes laborieuses, en un mot leur égoïsme, sans comprendre
(1) Il y a là un phénomène moral des plus faciles à expliquer. L'horizon intellectuel de chacun s'étend ou se resserre naturellement à la mesure du rayon visuel de son intelligence. Les esprits étroits ne voient qu^eux-mèmes et ce qui les touche immédiatement; les autres embrassent les idées générales et les grands intérêts de rhumanité. Il y a un égoïsme intellectuel comme un égoïsme moral, et les deux ne font qu^un.