XXX INTRODUCTION
Mais en quoi consiste essentiellement cette évolution? Dans Tacquisition d'un certain nombre de besoins nouveaux qui, sans supprimer lés besoins antérieurs, en. rendent la tyrannie moins violente , par cela seul qu'ils en facilitent la satisfaction.
Voilà le fait tel que nous le donne l'observation. En comparant les besoins des races dont la diversité représente les divers degrés de civilisation par lesc[uels ont passé les peuples les plus heureux, nous arrivons à pouvoir établir entré les besoins une hiérarchie certaine au point de vue du bonheur jproduit. Nous insis* terons longuement sur ces constatations de faits et sur ces comparaisons ethnographiques, parce qu'elles seules peuvent nous fournir une base solide et certaine. La science ne saurait se contenter d'affirmations et de raisonnements, quelque spécieux qu'ils puissent étri3.
Nous disons que le but de la vie est le bonheur. II semble h première vue que la chose soit assez manifeste pour qu'il ne soit pas nécessaire de le démontrer. Mais puisqu'il y a des doctrines religieuses et même des écoles soi-disant philosophiques^ qui prétendent faire reposer la morale sur le désintéressement, sur l'abnégation, sur le sacrifice et sur la mortification, nous tenons à démontrer que tous les hommes, même ceux qui prêchent le renoncement, ont pour objectif commun la recherche du bonheur soit sur la terre, soit dans le ciel de leurs rêves. Nous montrerons aussi par de nombreux exemples que ce bonheur s'acquiert par la prédominance progressive de certains besoins nouveaux sur les besoins antérieurs. Quant à la hiérarchie de ces besoins, nous l'établirons également par la comparaison des effets qui résultent du développe-
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ment progressif de ceux qui coïncident avec la production des sociétés les plus heureuses.
Nous attachons un grand intérêt à ce qu'il soit bien constaté que le progrès est chose réelle et qu'il consiste précisément dans la conciliation des besoins, laquelle ne peut s'obtenir que par une hiérarchie fondée sur les faits, qui subordonne les mobiles inférieurs aux plus élevés. C'est en cela que consiste réellement toute la morale.
Une quatrième partie sera consacrée à la morale pratique : la morale dans le mariage, la morale dans la famille, la morale politique, la morale économique et sociale. '