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CHAPITRE V

Là morale de l'évangile.

Il est de règle de yanter la morale de rÉvangile. Les hommes mêmes qui ne croient pas à la divinité du Christ pensent se faire honneur en en reconnaissant et en exaltant les mérites, a Je ne sais pourquoi, s'écriait J.-J. Rousseau (3* lettre de la Montagne), on veut attribuer au progrès de la philosophie la belle morale de nos livres. Cette morale tirée de l'Evangile était chrétienne avant d'être philosophique. » Il revient à plusieurs reprises sur ce sujet dans ces mêmes lettres, écrites, il est vrai^ quand il commençait à vieillir : « L'Evangile seul est, quant à la morale, toujours sûr, toujours unique et toujours semblable à lui-même... L'intelligence nous dit qu'il convient aux hommes de suivre ses préceptes, mais qu'il était au-dessus d'eux de les trouver. »

Les écrivains catholiques renchérissent encore sur ces hyperboles. « Les hommes, écrit M. Auguste Nicolas (1), ne peuvent abstraire complètement le mal de leurs œuvres, parce qu'ils en portent la source en dedans d'eux-mêmes ; ils ne peuvent que le déplacer : Minima in malis, voilà leur devise.

« Si donc nous trouvons un système de morale absolument parfait, qui, pourvoyant à tous les besoins moraux de l'espèce humaine, en redresse sur lui tous les vices sans transiger avec un seul, et qui soit également bon pour tous les temps, pour tous les lieux, pour tous les hommes, pour tous les mondes réels ou possibles même, si bien que dans le

(1) Études philosophiques sur le christianisme, 5* édition, t. II, p. 317, avec approbation motivée de Ms' Donnet, archevêque de Bordeaux, et une lettre du R. P. Lacordaire à Tauteur.

ciel et jusques au sein de la Divinité son éclat ne pâlisse pas, et qu'il soit parfait, en un mot comme la perfection même et absolu comme la vérité, alors nous serons sortis de la sphère des conceptions humaines et nous aurons infailliblement rencontré Tœuvre de Dieu.

« Or tel est l'Évangile (1). »

Voici maintenant Topinion d'un philosophe moderne , d'une des lumières de la Sorbonne. M. Paul Janet, dans un livre couronné par l'Académie des sciences morales et politiques^ dans son Histoire de la philosophie morale et politique dans t antiquité et dam les temps modernes, 1. 1, p. 214, S15, exprime son admiration dans les termes suivants :

« L'esprit de la morale chrétienne est de demander à l'homme tout ce qu'on peut lui demander ; c'est d'exiger de lui le plus grand effort de dévouement, de sacrifice, d'oubli de soi-même que l'âme humaine puisse, je ne dis pas exécuter, mais concevoir. Cest pourquoi elle est la plus grande morale qui ait \jamais paru. Essayez en effet de concevoir une obligation morale qui ne soit point prévue dans les principes de l'Evangile, une prescription à ajouter à toutes celles qu!il contient, un devoir nouveau enfin, vous n*y parviens drez pas. On peut bien dire que l'Évangile demande trop à

(1) L'homme sujet au mal moral est radicalement incapable d*avoir fait l'Évangile, qui est en opposition radicale avec le mal moral. Donc TÉvangile est divin. Voici comment le prouve M. Nicolas :

« Veuillez bien saisir la rigueur de ce raisonnement : l'Évangile est un ensemble de préceptes crucifiants pour ramener l'homme au souverain bien ; or de deux choses l'une : ou bien l'homme es exempt du mal moral, et alors l'Évangile est absurde comme le serait un remède violent administré à un homme plein de santé ; ou bien l'Évangile n'est pas absurde, et alors l'homme est en proie au mal moral, et dès lors incapable d'avoir conçu l'Évangile ; de sorte que, de cela seul que l'Évangile n'est pas absurde, on doit conclure qu'il est divin : il n'y a pas de milieu. » {Études phUosophiques, t. II, p. 318.)

N'est-ce pas puissamment raisonné? Et il y en a quatre volumes comme cela, tous approuvés par Mk' Donnet et le R. P. Lacordaire l

rhomme, mais non qu'il ne lui en demande pas assez. Il n'en est pas non plus de l'Évangile comme du stoïcisme qui demande trop d'un côté et pas assez de l'autre. Mais TÉvangile nous impose tout l'amour de Dieu, tout l'amour des hommes, tout le courage, toute la patience, toute la chasteté, toute la modestie et l'humilité, en un mot toute la perfection que Ton peut rêver pour l'homme, et non pour un homme qui n'a jamais existé et n'existera jamais, mais pour l'homme véritable, tel que l'a fait la nature. Cette doctrine me paraît contenir la plus parfaite idée de la vertu humaine, et je ne devine pas quel progrès on pourrait faire sur une telle morale. »

On voit que M. P. Janet ne ménage pas les éloges. Qui pourrait se douter qu'après de pareilles exagérations le même écrivain en viendrait à trouver dans cette morale si parfaite de nombreuses et graves imperfections ?

D'abord il reconnaît que cette morale si complète, « à laquelle il est impossible de rien ajouter », n'est qu'une moitié de morale, puisque ce n'est qu'une doctrine de devoir, qui néglige ou sacrifie le principe du droit (1). — Page 215, lignes 15 et 16.

Puis il explique très clairement que cette doctrine, qui a été faite, « non pour un homme qui n'a jamais existé et qui n'existera jamais, mais pour l'homme véritable, tel que Ta fait la nature», a est de bien loin au-dessus des forces de

(1) M. Janet s'efforce de justifier l'Évangile de cette omission en expliquant que, si tous les hommes étaient animés des mômes seutiments d'amour les uns pour les autres, ils n'auraient pas besoin de la notion de droit, « puisque le droit est surtout une défense. » — Sans nous arrêter à cette étrange conception du droit, n'est-il pas absurde de supposer que tous les hommes, sans exception, se laisseront [conduire uniquement par l'amour? Le résultat historique de cette belle doctrine, c'est que les forts abuseront de l'Évangile pour imposer aux faibles le respect de leur tyrannie, et que le premier symptôme de la résurrection des notions morales dans le monde a été la proclamation et la diffusion de l'idée de droit.

la nature humaine » (pages 216, 217, lignes 28 et 29) , c'est-à-dire est parfaitement inapplicable aux sociétés humaines ; par conséquent radicalement fausse et funeste, et ne peut produire qu'une «cruelle et irrémédiable oppression » . (Page 217, lignes 18 et 19; page 238, lignes 14, 15 et 16.)

C'est que, en effet, cette prétendue perfection morale de la résignation chrétienne est précisément le contraire de la moralité, même au point de vue de la charité.

Le chrétien « doit supporter l'injustice et même s'en réjouir » , puisque Jésus a dit : n Heureux ceux qui souffrent injustice à cause de moi. » M. Jariet ajoute : « En droit je n'y suis point tenu. Chrétiennement et religieusement, je dois aimer mes persécuteurs ; en droit, je puis m'en défendre et opposer la force à leur violence. » La vérité morale, c'est que non seulement je puis, mais je dois m'en défendre. Je ne dois pas plus laisser violer le droit en ma personne qu'en la personne des autres. Je dots résister à mes persécuteurs exactement de la même manière et par les mêmes raisons que je ne dois pas laisser persécuter les autres. Je n'ai pas le droit de laisser croire aux méchants qu'ils peuvent impunément fouler aux pieds la justice, non plus à mon égard qu'à l'égard d'autrui, quand ce ne serait que par cette raison que l'impunité est un encouragement à mal faire, à porter atteinte au bonheur, à l'intérêt individuel ou social.

J'ai insisté un peu longuement sur ces citations de M. Janet, parce que je trouve là un exemple très caractéristique de l'influence que peut exercer sur les meilleurs esprits Thabitude d'accepter sur parole des affirmations qui, par la répétition même, échappent à Texamen. Il est convenu que la morale chrétienne est parfaite. M. Janet répète qu'elle est parfaite, et cette inconscience est d'autant plus significative qu'au moment même où il reproduit le lieu commun universel, il démontre lui-même combien cette admiration est loin de la vérité. Mais cette contradiction lui échappe en vertu même de la transformation latente du lieu commun en axiome fondamental.

Là morale db L'évangile. 45

Nous allons à notre tour reprendre Texposition résumée de cette morale si parfaite ; et il nous sera facile de démontrer que Topinion régnante à cet égard est exactement contraire à la réalité.

La première condition, non seulement pour apprécier, mais pour comprendre la morale évangélique, c'est de replacer Jésus dans son véritable milieu, de connaître les circonstances au milieu desquelles il a vécu et de déterminer nettement la pensée dans laquelle il a agi, le but qu*il s'est proposé.

Les Hébreux, comme les Aryas, ont pendant plusieurs siècles adoré la lumière, sous le nom de lah ou labveh. Le soleil et les astres étaient ses ministres. Chaque matin ils offraient un sacrifice au dieu du jour, en invoquant le libérateur, le rédempteur qui devait les délivrer des terreurs et des dangers de la nuit. La régularité de son retour avait fait naître dans leur esprit Tidée d'une alliance, en vertu de laquelle ils pouvaient compter sur son secours, à la condition de le servir et de Tadorer, c'est-à-dire de lui offrir des sacrifices quotidiens. Pendant ces sacrifices, pour activer la flamme, ils jetaient dans le foyer des libations sacrées, l'huile, la graisse des animaux et des liqueurs fermentées, comme faisaient les Aryas pour Agni — ignis — et, à cause de ces libations, le feu du bûcher, bientôt confondu avec le Dieu même qu'il allait réveiller dans le ciel (1), prenait le nom de Maschtah, TOint, le Messie, que les Grecs ont traduit par yjpiCTÔç.

Ce culte antique, dont les traces sont restées manifestes dans tous les anciens livres delà Bible, était accompagné de chants, d'hymnes sacrés. Une partie de ces hymnes primitifs se retrouvent dans le recueil des Psaumes. Il est vrai qu'on

(1) Là est Torigine et rexplication du dogme de la trinité. Dieu est le feu. Mais il y a trois feux identiques de substance, cfxocuoiot, mus différents par le lieu qu'ils occupent : le feu du ciel. Dieu le Père; le feu des nuages, le Saint-Esprit; le feu du sacrifice, le Fils, le Messie — qui tous se réunissent au ciel.

s'est appliqué à en modifier le sens naturaliste par toutes sortes d'artifices, et en particulier par l'addition des points massorétiques, ou points voyelles, qui n'existaient pas dans le principe. Cette addition date du cinquième siècle avant Jésus-Christ, etjfait du texte hébreu lui-même une véritable traduction, qui nous donne l'interprétation des Psaumes à cette époque et obscurcit très sérieusement la pensée des auteurs mêmes de ces hymnes. Maison peut la retrouver, cependant, en écartant ce voile et en rendant aux mots leur sens concret et primitif, au lieu des significations abstraites qui sont évidemment postérieures.

Pendant combien de siècles les Hébreux sont-ils revenus chaque matin invoquer ainsi le dieu du jour contre l'ennemi commun, la nuit ? Cette communauté de haine, autant peut-être que la régularité du retour de la lumière au moment même du sacrifice, contribua à faire naître la croyance à une alliance entre eux et lahveh. Les Hébreux se désignaient sous le nom de peuple de laveh. En échange d'offrandes et de pratiques quotidiennes et déterminées, le dieu s'engageait à venir chaque jour les délivrer de leur ennemie, à les arracher du fond de cette mer, de cet abîme de ténèbres où ils se trouvaient submergés, de les racheter de cette captivité quotidienne qui, sans cela, aurait pu être éternelle. Fidèle à l'alliance, lahveh revenait chaque matin à une heure fixe et renouvelait la face du monde. Les hymnes du Rig-Véda n'hésitent pas même à considérer ces renouvellements comme une série de créations. La nuit, faisant disparaître les objets, semblait les anéantir. Des idées analogues sont exprimées dans quelques-uns des chants hébraïques qui nous sont parvenus, et c'est là ce qui a donné lieu à cette prophétie de la création des nouveaux cieux et de la nouvelle terre que, dans les évangiles et dans les apocalypses juives et chrétiennes, on voit apparaître à la fin. du règne messianique.

Les Juifs, à travers leurs captivités, finirent par modifier peu à peu et oublier le sens primitif des vieux chants du

naturalisme religieux. Il^en surnage quelques idées, les plus frappantes, telles que celles de rédemption, de Messie, d'al* liance, de jugement, de renouvellement du monde, de résurrection, et avec cela ils constituèrent peu à peu des légendes nouvelles où les débris du culte antérieur se trouvèrent plus ou moins intimement amalgamés avec les conceptions nouvelles de la religion ultérieure. Il en résulta ces prophéties et ces apocalypses dont l'unanimité sur certains points principaux a parfois, faute d'explication, étonné jusqu'aux intelligences les plus résolues à ne pas se laisser prendre aux séductions du surnaturel, et par conséquent exerce, par le mystère même, sur les autres une fascination irrésistible. Ces prophéties et ces apocalypses, seules consolations des Juifs, au milieu de la décadence progressive de leur nation, étaient comme un phare qui brillait dans leurs ténèbres. Ils s'y attachèrent avec une passion dont nous ne pouvons avoir d'idée^ nous qui, n'ayant jamais eu la fatuité de nous considérer comme une nation spécialement élue par la Divinité pour dominer le monde, n'avons pas eu, comme les Juifs, là douleur de vivre durant des siècles dans des conditions que rendait d'autant plus cruelles et humiliantes la comparaison de leur situation réelle avec la royauté universelle qu'ils avaient rêvée.

On comprendra que je ne puisse citer ici tous les passages de la Bible où se montrent ces espérances de domination exercée sur le monde entier par lahveh au profit de son peuple. Le nombre en est infini (1).

Voici une citation qui suffira : « Lève-toi, lahveh, vers

(1) Voici les principales indications des Psaumes ou parties des Psaumes qui ont été interprétées dans ce sens :

Ps. XIV, 7 ; xviii, 51 ; xxii, 28, 29 ; xxni, xxix, 11 ; xxx, 12, 13 ; XXXI, 23; XLVii, 2 à 6 ; xLviii, 12 à 16 ; li, 20, 21 ; un, 6, 7 ; liv, 6 à 10 ; LVi, 10 à 15 ; lviii, 11, 12 ; lx, 14; lxi, 9-, Lxin, lxiv, 10, 11; Lxvn, Lxvni, lxix, 36, 37 ; lxxi, 18 à 25; Lxxn, lxxxv, 7 à 15 ; Lxxzix, 4, 5, 21 à 39 ; xci, 10 à la fin ; xcn, 8 à la fin ; xciv, 23 ; xcvi, xcvin, en, 16 à la fin; cxui, cxvin, cxxx, cxxxn, 8 à la fin; czLvn, cxLvni, cxlix.

le lieu de ton repos et l'arche de ta puissance. Que tes ministres se revêtent de justice ; que tes hommes pieux poussent des cris de joie vers toi. Pour lamour de ton serviteur David, ne refuse pas ton Messie. lahveh a fait un serment véritable à David ; il n*en reviendra pas : « Je mettrai sur ton trône un fils issu de toi. Si tes fils observent mon alliance et mon témoignage que je leur enseigne, leurs descendants aussi occuperont à jamais ton trône. » Car lahveh a fait choix de Tsion, il lui a plu d'en faire sa résidence: « C'est là mon lieu de repos pour toujours ; là je résiderai parce que je m'y plais. Je répandrai ma bénédiction sur les provisions; je rassasierai de pain ses pauvres ; je revêtirai de salut ses prêtres, et ses hommes pieux pousseront des cris de joie. Là je ferai croître la force de David, là je prépare le flambeau de mon Messie. Je couvrirai de honte ses ennemis et sur son front brillera son diadème. » (Ps. cxxxii.)

Les écrits qu'on appelle les Prophéties ne sont, pour une bonne moitié, que des commentaires plus ou moins passionnés de la même promesse divine. Les Juifs ne se lassent pas de revenir sur ce rêve. Ils sont toujours prêts à écouter ceux qui leur répètent qu'un temps viendra où lahveh ou son Messie, porté sur les nuages, foudroiera leurs ennemis et établira pour toujours dans une Jérusalem nouvelle les descendants d'Israël ; qu^un jour toutes les nations courberont la tête sous le joug de Juda, et les peuples, aujourd'hui les plus fiers, seront heureux que les Juifs veuillent bien ne pas les écraser sous leurs pieds. Cette hallucination enfantine est demeurée dans l'esprit des Juifs à l'état d'obsession permanente depuis leurs premiers malheurs jusqu'à la destruction de Jérusalem , on peut même dire jusqu'à nos jours, puisque la plupart d'entre eux continuent à attendre sérieusement la venue du Messie et le retour à Jérusalem. Il n'y a certainement pas dans l'histoire de plus étrange spectacle que celui de l'indomptable énergie de ces hommes à qui une erreur de traduction a fait prendre le retour quotidien de la lumière pour une promesse de domination assurée

SOUS le gouvernement direct et paternel de leur dieu; qui depuis plus de deux mille ans vivent de cette seule illusion, à laquelle ils doivent et la persistance de leur nationalité après la destruction de leur nation, et la vigueur de leur résistance à toutes les misères et à toutes les persécutions.

Toutes les prophéties ne sont que le développement plus ou moins clair de ces deux lignes : a Le jour dlahveh sur toutes les nations approche... La maison de Iakob reprendra toutes ses possessions, et la royauté sera à lahveh. » ( Obadiah, 15, 17, 21.)

Le plus grand nombre des prophètes, suivant la -donnée ordinaire des Psaumes — où les lamentations sur|les terreurs nocturnes précèdent les cris de triomphe qui saluent la venue du jour — annoncent que cette révolution sera précédée d'une période d'épreuves terribles. Puis lahveh se lèvera pour sauver son peuple. Les nations seront bouleversées. Israël, après avoir expié ses péchés, redeviendra la nation chérie qui dominera le monde. Jérusalem sera la capitale de Tunivers, et le Messie régnera à jamais sur la terre (1).

(1) Voici les principaux passages des Prophéties où cet avenir est annoncé :

Obadiah, 15, 17, 21. Osée, i, 4 à 7 ; n, 4, 8 à 24; ix, 8 à 16. Michah, I, 8, 9 ; ni, 4, 6, 7, 12; iv^ 1 à 5; v, 6 à 9 ; vu, 13 à 21. loel, 1, 15 ; II, 1 à 11; m, 3, 4 ; iv, 2; v, 4 à 13. Tsephaniah, i, 2 à 19; II, 1 à 12; III, 8, 9, 13, 19, 20. Haggaï, ii, 6 à 10. Zechariah, viii, 3 à6, 20 à 23; ix, 8, 9; xiv, 1 à 21. Malachie, m, 1, 5, 19 à 24. Esale, I, 26 à 30 ; ii, 2 à 22 ; m, 13 à 26 ; iv, 1 à 6; yi, 13 ; viii. 23; IX, 1 à 7; XI, xii, xxyi, xxvii, xui, 1 & 14; xliii, xlix, l, li, lu, 7 à 16; Lin, Liv, 1 à 15; lv, 12, 13; lviii ; lx, 16 à 23; lxv, 17 à 26; Lxvi, 5 à 24. Jérémie, m, 12 à 20: vu, 3 à 8; xvii, 24 à 27 ; xxiii, 1 à 9; XXX, 3, 7 à 13, 16 à 24 ; xxxi, xxxii, 37 à 44 ; xxxiii, 6 à 26; xlvi, 27, 28 ; L, 2 à 8, 17 à 2UÉzéchiel, xi, 16 à 21 ; xiv, 10 ; xvi, 60 à la fin; xviii, 31, 32 ; xx, 33 à la fin; xxviii, 24 à 27 ; xxix, 21 ; XXXIV, 11 à la fin ; xxxvi, 8 à la fin ; xxxvii, xxxix, 7 à la fin (les neuf derniers chapitres d'Ézéchiel sont consacrés à la description du temple futur et à Torganisation politique et ^religieuse de la nation réconciliée). Daniel, ii, 44; vu, 13, 14, 27 ; xii, 1 à 4. Oracle Sibyllin, 1. m, v, 632 à 807. Hénoch, xci, 7 à 17 ; xciii,

50 LÀ MORÂLB.

Depuis le jour où ils ont abandonné le culte direct de la lumière jusqu'àFère chrétienne, ou, pour mieux dire, jusqu'à aujourd'hui, les Juifs ont vécu dansTattente du Messie et du « royaume de Dieu n . On n'a qu'à se réporter aux indications que nous avons notées pour se convaincre que là est la clef de toute leur histoire, et que, sans cette idée de la rédemp> tion, la moitié au moins de la Bible n'existerait pas.

Si maintenant nous considérons le Nouveau Testament, nous verrons que la préoccupation du jugement futur n'y est ni moins exclusive ni moins absorbante que dans les livres antérieurs. Jésus et ses disciples continuent simplement les prophètes. Ils ne perdent jamais de vue cet avenir qu'ils considèrent comme prochain et dont Tapproche leur cause une indicible joie. Le titre seul des Évangiles — la bonne nouvelle — - dit assez quel est leur but, et que leur intention n'a jamais été d'écrire des traités de morale. Leur objet unique est de porter partout la bonne nouvelle qui a été révélée à Jésus et qu'il a résolu de répandre parmi son peuple. Il n'y a d'ailleurs qu'à ouvrir les Évangiles et les Épîtres pour en trouver la preuve à chaque page : u Faites pénitence, car le royaume de Dieu est proche. » Voilà la pensée qui résume tout et qui revient indéfiniment. Nous n'en sommes pas frappés, parce que nous nous sommes habitués à considérer le royaume de Dieu comme une expression métaphysique, tandis que les Juifs la prenaient au sens propre.

a Le fils de l'homme viendra dans la gloire de son père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses mérites. En vérité, je vous le dis : il y en a quelques-uns ici présents qui ne goûteront pas la mort jusqu'à ce qu'ils voient le fils

9]à 14. Similitudes, ch. xxxvii, lxxi» — Les mêmes conceptions se retroavent partout dans la Bible. Voici quelques indications : Ecclésiastique, xxxvii, 28; xliv, 10, 13; xlvii, 3; xlviii, 10. Mac- ■chahées I, ch. ii, 17. Macchabées II, ch. ii, 18 ; xiv, 15; Tobie, xin, 13 à 16 ; XIV, 6 à 10. Judith, xvi, 20, 21. Sapience, m, 8. Baruch, i, 23 à 37 ; v. Esdras, liv. iv, ch. vi, 55 à 60 ; vu, 28, 31, 32, 33 ; xi, 37 ;

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