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LES BESOINS RÉSULTANT DE L'ORGANISME

crètent, se multiplient, se remplacent, vieillissent et meurent, sans que le contre-coup de chacune de ces opérations, pourtant essentielles, arrive aux hémisphères cérébraux. Par conséquent, elles n'exercent sur les actes de Thomme aucune influence directement appréciable ; nous n'avons donc pas à nous en occuper ici.

Les besoins conscients, les seuls qui intéressent la vie morale de Thumanité, se ramènent à trois groupes :

Circulation.

10 Besoins nutritifs { Respiration.

Digestion.

Tact.

Odorat.

20 Besoins sensitifs { Goût.

Ouïe.

Vue.

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Les besoins nutritifs s'imposent à tous les êtres vivants, et la place qu'ils occupent dans Thistoire morale de l'humanité est énorme.

Les besoins sensitifs, sauf le besoin voluptueux, sont loin de s'imposer avec la même violence. Les besoins du goût sont souvent très développés chez les enfants, et persistent chez un certain nombre de personnes chez qui les papilles linguales conservent des exigences particulières. L'amour des parfums est très général, mais il ne passe à l'état de besoin que par exception, chez les nations où les gens riches ont l'habitude de vivre au milieu des fleurs et des essences.

L'ouïe et la vue créent des besoins d'un ordre plus élevé.

L'homme plongé dans un silence absolu et dans une obscurité complète y souffre d'un malaise vague, mais très réel. Il ne peut se passer longtemps de l'activité qu'impriment aux nerfs auditifs les mille bruits de la vie et du mouvement universel ; il a besoin de l'excitation qu'apportent aux nerfs

optiques la lumière du soleil et les formes variées des objets qu'elle éclaire.

Sans ces deux sens, Thomme n'eût jamais inventé les arts qui charment et embellissent sa vie. Les besoins artistiques ne sont pas de ceux qui, comme la faim et la soif ou le manque d'air respirable, entraînent rapidement la mort ; mais ils n'en sont pas moins des besoins, non seulement pour quelques natures particulières, comme Mozart ou Michel - Ange, mais pour tous les artistes qui méritent ce nom. On peut même ajouter pour l'humanité tout entière, puisque l'on ne trouve guère de race, si dégradée qu'elle soit, chez qui ce besoin ne se révèle par des manifestations plus ou moins |rudimentaires. Tous les peuples sans exception aiment la musique ou du moins des bruits qui ressemblent plus ou moins à de la musique; presque tous cherchent le plaisir de leurs yeux dans des imitations plus ou moins réussies des objets dont la forme leur plaît ou dans des assemblages de couleurs dont la vivacité réveille et excite leur rétine.

Les besoins que nous avons passés en revue jusqu'à ce moment peuvent être à la rigueur considérés comme des besoins individuels, indépendants de tout état social, égoïstes en un mot.

Les besoins cérébraux, dont nous allons nous occuper maintenant, sont d'un caractère tout différent. Ils se classent . en deux groupes correspondants aux faits affectifs et aux faits intellectuels que nous avons déjà distingués dans le tableau de la page 160 ; ce sont les besoins affectifs et les besoins intellectuels.

On pourrait à la rigueur considérer les besoins affectifs comme tenant le milieu entre les besoins qui se rapportent à la sensibilité et ceux qui dérivent de l'intelligence. Ils proviennent, à la vérité, d'un fait intellectuel, l'appréciation plus ou moins consciente et raisonnée des qualités d'une personne, des conséquences d'un acte ou d'une série d'actes, mais ils se manifestent toujours sous la forme d'un sentiment, te)

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